DE LA FÊTE DE SAINT MATHIAS
(24 février.)
Que savons-nous de ce saint ?
1" Qu'il avait été témoin de la vie et des actions de Jésus-Christ depuis le baptême de saint Jean jusqu'à l'Ascension , et particulièrement de sa résurrection; 2° qu'il fut élevé à l'apostolat préférableunnt a Joseph surnommé le Juste, et parent de Jésus-Christ selon la chair; 3° que le Saint-Esprit lui communiqua les vertus et le zèle commun ans autres apôtres ; h" qu'il prêcha l'Evangile dans l'Ethiopie et la Judée, où après trenie-trois ans de travaux apostoliques, il souffrit trois genres de supplices très-cruels, ayant été lapidé , crucifié et décapité ; 5° l'histoire ecclésiastique nous apprend que les premiers fidèles avaient retenu de lui cette belle maxime, qu'il ne fallait accorder aucun plaisir au corps.
Qu'apprenons -nous de là ?
1° A n'agir point par des vues humaines et naturelles; 2" à consulter Dieu en toutes choses; 3° à ne s'ingérer point dans le sacerdoce, et à n'y ingérer personne sans la vocation divine.
Que doit-on encore considérer ?
La chute de Judas , moins connu pour avoir été l'apôtre de Jésus-Christ, que pour en avoir été le traître, et dont saint Mathias a rempli la place; il avait élé appelé et choisi de Jésus-Christ même, instruit à son école, reçu le pouvoir de prêcher l'Evangile, de chasser les diables, et de faire des miracles. Il avait considéré ceux du Fds de Dieu, sa vie, sa doctrine, ses vertus, ses mystères. Jésus-Christ lui lava les pieds, et l'admit à la participation de la très-sainte Eucharistie, l'ordonna prêtre, cependant il le trahit et il m' perdit. Consolons-nous, dit saint Ambroise, du peu de succès de nos choix, et de l'ingratitude de ceux que nous choisissons, et ne nous scandalisons pas de voir des apostats dans les plus saintes communautés.
Comment se perdil-il ?
11 se laissa aller à l'avarice , aux murmures, aux suggestions du diable qui le
posséda, à l'aversion contre Jésus Christ , h la trahison de son Maître, au désespoir, et à l'impénitence finale : ceux qui l'avaient engagé dans le crime, selon la coutume, ne se mirent pas en peine de l'en retirer, et les faux pasteurs de la Synagogue abandonnèrent aisément cette brebis égarée.
Qu'apprenons-nous de cet exemple ?
1° A nous humilier ; 2° à correspondre à la grâce; 3° à craindre, puisque Lucifer s'est perdu dans le ciel, Adam dans le paradis, et Judas en la compagnie de Jésus-Christ, dans le collège des apôtres, et favorisé des plus précieuses grâces.
Donnez-nous, Seigneur, un zèle si plein de douceur, et une douceur si pleine de zèle, que nous ayons la fermeté d'un juste innocent, qui ne tombe jamais, et la compassion d'un pécheur fragile qui tombe à toute heure, la douceur de persévérance, et l'humilité de la rechute, afin que nous puissions relever les autres, sans tomber nous-mêmes.