‹ Œuvres completesChapitre 87 sur 296 · DU DIMANCHE DES RAMEAUX · texte numérisé non relu

DU DIMANCHE DES RAMEAUX

Quand Jésus-Christ entra-t-il en Jérusalem pour y commencer sa Passion ?

Le dimanche des Rameaux, auquel jour on portait les agneaux, qui suivant la Loi devaient être immolés pour la pâque des Juifs le vendredi suivant.

Qu'est-ce que cela signifiait?

Que Jésus-Christ l'Agueau de Dieu venait accomplir les figures, et par son sacriGce se mettre en la place des anciennes victimes. Qa'arriva-t-il en ce jour?

Les Juifs portant des palmes et des rameaux d'olivier, jetant des cris d'allégresse et de joie, sortirent au-devant de Jésus-Christ monté sur une ânesse, et puis sur un ânon qui n'avait encore porté personne.

Que signifiait cette entrée triomphante ? Ces palmes et ces branches d'olivier signifiaient : 1° les trophées que le Fils de Dieu, par sa Passion, devait remporter sur le péché, le diable et la mort; 2° la paix que ce roi pacifique venait, comme la colombe, annoncer au genre humain ; 3° la miséricorde divine et l'effusion de la grâce qui découleraient du pressoir de la croix ; k" le remède, ou l'huile mystérieuse dont ce pieux Samaritain guérirait nos plaies ; 5° les œuvres de charité dont il faut que nos mains soient pleines, et les victoires que nous devons avoir remportées sur nousmêmes; le dépouillement du vieil homme, le retranchement des convoitises, et le sacrifice parfait de nous-mêmes, si nous voulons avoir part au triomphe du Fils de Dieu, et aller à la rencontre de ce céleste Epoux au jour du jugement ; 6° ces troupes qui précédaient et qui suivaient, l'ancien et le nouveau peuple, dont l'un promet, et l'autre suit le Sauveur; T ces deux animaux déliés sur lesquels Jésus-Christ monta successivement, le Juif accoutumé au joug, et le gentil jusqu'alors indompté, qui devait tour à tour être soumis à sa loi. Aussi futce au milieu de cette célèbre fête que quelques-uns de ceux-ci, qu'on peut nommer leurs prémices, s'adressèrent aux apôtres, et les prièrent de leur donner accès auprès de lui : Nous voulons voir Jésus, leur direntils : paroles qui marquaient le désir pressant qu'ils avaient de le connaître, et l'ardent amour qu'ils auraient un jour pour lui, et que ce jour qui devait être le leur s'approchait et était attendu d'eux avec impatience. Aussi à cette requête, Jésus-Christ tressaillit de joie et dit : L'heure vient que le Fils de l'homme sera glorieux par tout l'univers, et l empire du démon détruit : et si je suis une fois élevé de terre j'attirerai tout le monde à moi. (Joan. xn, 32.) Et pour lors on entendit cette voix du ciel : Je vous ai déjà glorifié par la religion du peuple juif, et je vous glorifierai encore de nouveau (Ibid., 28) par la conversion du peuple gentil ; 8° et cette entrée glorieuse au temple, l'entrée de la nature humaine dans le ciel, que Jésus- Christ lui rouvrait, et dont Jérusalem était la figure, de quoi nous voyons une image dans la procession et la cérémonie que l'Eglise fait à la porte de nos temples. Qu'upprenons-nous encore de cette fête ? V La vanité des grandeurs, et l'inconstance des hommes, aujourd'hui ce n'est que gloire et qu'éclat, vendredi ce ne sera qu'ignominie et que douleur ; 2° la modestie du Sauveur, et l'exemple édifiant qu'il nous donne ; car

OElvuks c.oupl. de df. la Chétardi

il prend soin de mêler les humiliations avec la pompe, pour confondre l'orgueil des hommes : ce roi se sert d'une monture, mais c'est un vil animal d'emprunt, il souffre les acclamations, mais c'est de la populace; il se fait accompagner de ses disciples, mais ce sont de pauvres pêcheurs; il tolère ceux qui le louent, mais ce sont des enfants; il triomphe, mais il permet aux Juifs de l'insulter.

DE Là SEMAINE SAINTE.

Comment appelle-t-on cette semaine?

La grande semaine, ou la semaine sainte, ou la semaine peineuse.

Pourquoi ces noms-là?

A cause, 1° de la sainteté et de la grandeur des mystères que Jésus-Christ, par ses peines et ses travaux, y a opérés pour la sanctification du monde, et dont la grâce se renouvelle toutes les années dans l'Eglise ; 2° des exercices de pénitence et de piété qu'on redouble.

Que devons-nous faire pour bien passer cette semaine ?

1° Jeûner plus exactement; 2° dire adieu aux compagnies ; 3° faire une confession extraordinaire ; k° assister aux Ténèbres et à tout l'Office, et en lire quelque explication ; 5° visiter avec dévotion les églises ; 6° penser et repenser à la Passion du Sauveur ; 7° mortifier sa chair, gémir, prier, garder le silence et la solitude de cœur.

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