‹ Œuvres completesChapitre 89 sur 296 · SI · texte numérisé non relu

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vos humiliations, auparavant que de goûter à ce vin nouveau que vous promettez à vos élus, quand vous les aurez introduits dans la terre promise, et fait asseoir à cette table célesle, dont les déliées spirituelles ne se trouvent que quand on tourne le dos aux voluptés sensuelles.

Une femme égyptienne jette un œil de convoitise sur le chaste Joseph, qui veut dire Sauveur; il s'ecfuit d'elle, et ne lui laisse entre les mains que son manteau, dont cette méchante se sert pourl accuser et pour le perdre.

Que nous représente celte malheureuse.

Seigneur, sinon la Synagogue infidèle qui ne chercha en vous, son Sauveur si désiré, que des biens charnels? vous lui échappez, ô Epoux chaste, au milieu de ses embraseements impurs, et elle ne retient de vous qu'un vêtement enrichi de frange, c'est-àdire Jes ornements de votre Loi, dont elle se sert pour vous combattre et pour vous condamner.

Le sépulcre.

Que firent les Juifs après que le corps eut été îtiis dans le tombeau?

L'entrée en étant fermée avec une pierre d'une grosseur extraordinaire, ils la scellèrent avec du fer, ils y mirent leur sceau, et entin des soldats pour le garder soigneusement pendant trois jours.

Pourquoi tant de précautions ?

De peur, disaient-ils, que les disciples de Jésus-Christ ne vinssent enlever son corps en cachette, et ne publiassent ensuite qu'il lût ressuscité ainsi qu'il avait prédit qu'il ferait le troisième jour après sa mort, mais en effet la Providence le permit ainsi, pour rendre par là le mystère de la Résurrection plus incontestable et plus éclatant.

Quelles réflexions devons-nous faire sur la Passion du Sauveur?

1° Combien la malice du péché que nous commettons si aisément est énorme, puisque pour être expiée elle a eu besoin d'un tel remède; 2° combien la justice de Dieu est sévère, puisqu'elle a exigé une telle satisfaction; 3° combien la valeur des âmes est grande, puisqu'un moindre prix que le sang d'un Dieu n'aurait pas suffi pour la racheter; 4* combien puissante a été la vertu de la croix, puisque par elle, la mort, le diable et 1 enfer ont été vaincus et dépouillés, et le péché détruit.

De quels sentiments devons nous être touchés, voyant Jésus dans les souffrances ?

1" De compassion, 2° de reconnaissance, 3" de confiance, 4° d'imitation, 5° d'amour, b° de contrition, que le cœur se fende de douleur pour en faire sortir le péché.

Quelles vertus éclatent davantage dans la Passion du Sauveur?

1° L'humilité, 2° l'obéissance, 3° la patience, 4° la charité, 5° la douceur : car quelle patience a plus souffert? quelle humilité s^est davantage abaissée? quelle obéissance s'est soumise à des choses aussi difficiles? quelle douceur a été aussi inaltérable?

queile charité a donné plus de sang? Toute chair avait corrompu sa voie, Jésus-Christ la purifie par l'immolation de toute la sienne.

A quels vices ou quelles blessures spirituelles trouve- t-on particulièrement la guérison, considérant Jésus-Christ en croix, comme autrefois les Israélites mordus des serpents, le serpent élevé dans le désert ?

A tous : car, 1" quelle avarice ne sera pas guérie par cette nudité ?2U quel orgueil par cette humiliation ? 3° quelle luxure par cette flagellation? 4° quelle colère par celte douceur? 5° quelle envie par cette bonté? 6° quelle paresse par ces travaux? 7° quelle intempérance par ce fiel et ce vinaigre?

Quel est encore le grand profit de ces vues ?

De rendrenos souffrances méritoires, en les acceptant avec amour, et les unissant à celles du Sauveur. Car est-ce adorer utilement la grandeur qui nous a été méritée par tant d'humiliations, que de n'imiter pas l'humilité qui nous a procuré tant de grandeurs, puisque, après tout, le fond de la religion consiste à imiter ce qu'on révère? On se prosterne dès qu'on entend l'Apôtre qui dit : Que tout genou fléchisse au nom de Jésus. Mais, qui renonce à son orgueil, quand on entend le même Apôtre dire : Entrez dans les mêmes sentiments qu'a eus Jésus-Chri>t humilié, anéanti, obéissant, et obéissant jusqu'à la mort de la croix ? On veut bien adorer Jésus -Christ crucifié, mais qui veut être crucifié avec lui? Respecter sa croix, mais qui veut souffrir et porter la sienne? Admirer son obéissance, mais qui se soumet? On solennise la mémoire de sa mort et de sa résurrection, mais qui meurt à soi-même et qui mène une vie nouvelle ? C'est ainsi que la Passion est, l'une source de tous bons sentiments; 2° un modèle de toutes vertus ; 3° un remède à tous vices ; 4° un fonds inépuisable de tous mérites, mais pour les vrais imitateurs du grand modèle exposé sur le Calvaire.

De quoi devons-nous avoir de la douleur et de la confusion?

De ce que, 1° par les péchés que nous avons commis, nous sommes cause de la mort de Jésus-Christ ; 2° par l'abus que nous avons fait de ces grâces, nous avons rendu vain et inutile le fruit de sa Passion; 3° par notre indévotion nous avons profané les sacrements par lesquels les mérites de sa mort nous sont appliqués; 4° par nos scandales nous avons perdu le prochain, pour lequel Jésus-Christ est mort.

Quelles doivent être nos dispositions ?

1° Le soleil s'obscurcit : bannissons la joie, et que la tristesse et le deuil paraissent sur notre visage; 2* la terre tremble : frémissons de crainte à la vue, 1° de ce grand sacrilège, 2° de nos péchés , 3° de la justice de Dieu , 4° de la rigueur de ses jugements : 3° les pierres se fendirent : brisons nos cœurs par une contrition parfaite; 4° le voile du temple se déchira : ôlons tout respect humain, et mettons bas tout prétexte et toute consi-

déralion terrestre; 5° les sépulcres s'ouvrirent : ouvrons nos cœurs et nos bouches dans ia confession ; 6° .les morts ressuscitèrent : sortons de la semaine sainte animés du désir de mener une vie sainte et céleste.

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