‹ Œuvres complètesChapitre 32 sur 64 · PIERRE CORNEILLE · texte numérisé non relu

PIERRE CORNEILLE

Sonnez, fanfares I Quelle sublime tête! quel poète superbe, quoique inégal I

En morale, les plus belles vertus et les plus belles actions du monde ne vous empêchent pas d'être pendu le jour où vous finissez par commettre quelque crime avéré. Il n'en est pas de même en littérature. Les chefs d'oeuvre, n'en eussiez-vous fait qu'un, font absoudre et pardonner d'avance tous les crimes que vous pourrez commettre ensuite. 11 n'y a que le bon qui compte, le mauvais ne compte pas. Je crois même qu'il ajoute un certain poids à la renom mée et à l'autorité de l'homme qui en augmente son bagage.

Pensez-vous que le grand Corneille gagnerait quelque chose à n'avoir pas fait la série de déplorables tragédies qui ont marqué sa longue vieillesse ? Non, il y a, dans cette lutte obstinée du titan vaincu, je ne sais quelle grandeur qui achève et couronne.

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