PAN ET LA SYRINX
Ce conte parut d'abord dans la Revue Indépendante, d'avril 1887.
La comparaison des textes de cette revue et de l'édition originale des Moralités Légendaires ne révèle aucune variante, à l'exception de la tournure plus gouailleuse : Quandvous aurez fini! au lieu de: Quand aurez-vous fini? (cf. p. 190).
Selon toute vraisemblance, c'est la dernière en date des Moralités Légendaires ; c'est, en effet, le seul des six contes où ces sortes de couplets dont Laforgue a parsemé sa prose soient écrits non pas en vers réguliers mais en vers libres : ce qui semble bien indiquer que Pan et la Syrinx est contemporain de la période où le poète, préoccupé d'un assouplissement de
la métrique, empruntait aux Fleurs de bonne volonté la matière des poèmes aujourd'hui réunis sous le titre de Derniers Vers.
Nous possédons, d'autre part, parmi les manuscrits de Laforgue, une enveloppe qui, adressée de la main de miss Lee (future madame Jules Laforgue), à : M. Jules Laforgue, 4, rue Laugier, Paris, porte fort lisiblement l'indication postale : Londres, 5 octobre 86. Sur cette enveloppe Laforgue a jeté au crayon cette phrase : « Immortel et jeune, Pan n'avait pas encore vraiment aimé comme je l'entends. » Premier jet, évidemment du quatrième paragraphe du texte définitif : « Immortel et jeune, Pan n'a jamais aimé comme lui et moi l'entend jns ».
En octobre 1886, Jules Laforgue travaillait donc encore à ce conte. Celui de Hamlet allait paraître le mois suivant à la Vogue, où les quatre autres avaient été précédemment publiés. Il est probable qu'il venait d'entreprendre Pan et là Syrinx lorsqu'il jetait ainsi cette esquisse au crayon sur l'enveloppe reçue de sa fiancée, et qu'il ne l'acheva qu'au miment où la Revue Indépendante, très désireuse de publier un nouvel ouvrage de Laforgue, put obtenir ce conte. On peut donc approximativement lui attribuer comme dates de composition : octobre 1886-mars 1887.
Remarquons encore que l'expression assez particulière « solo de lune » qui se trouve à la première page du conte est également le titre d'un poème achevé et publié à la même époque (25 octobre 1886) par la Vogue, poème qui figure aujourd'hui parmi les Derniers Vers (poème VII).