Chapitre XXXI, p. 477-482. — Sur les sottises de Catherine
Il est singulier de voir combien elle restait Italienne, hors du point de vue de la France. Son orthographe suffirait pour montrer qu'elle s'était bien moins francisée qu'on ne l'a cru : « En priant Dieu vous donner cet que vous désirés... corne je dit has Boiuvin... » (Lettres m#s., 27 mars 1570.) Sa petite politique italienne eut le résultat d'isoler parfaitement la royauté, refoulant les protestants vers Elisabeth, les catholiques vers Philippe II. Son conseil à Henri III « de se faire fort », d'imiter Louis XI, etc., est plus que puéril, dans son épuisement Financier et l'embarras d'une guerre qu'elle a provoquée étourdiment, malgré les conseils de Monlluc, des Vénitiens. Puis elle crie tout à coup au roi : « Sans
la paix, je vous liens perdu. » (Lettres mss. des 28 sept. 1574 et 11 déc. 1575.) — La lettre inepte du 5 juin 1572 que j'ai citée plus haut, page 350, est ms. dans Bréquiyny, t. XXXIII.
Chapitre XXXIV, p. 512. — Don Juan, Philippe IL MM. Mignet et Ranke, très favorables à Don Juan, ont rapproché, résumé d'une manière lumineuse Lout ce qu'on en a dit. — Pour Philippe II, ils ne me paraissent pas sentir assez que, quoique lent et médiocre, ce fut de plus en plus un demi-fou. Je pense surtout à ses rêves sur la couronne impériale, celles de Pologne, de Danemarck, ses expéditions à contre-temps en Barbarie (Cf. Groen et Charrière, III, 336.) Ce n'était pas seulement Granvelle ou Spinoza qui tâchaient de le retenir, mais le duc d'Albe qui, en 1569, lui expose l'énormité de l'entreprise sur l'Angleterre. (Gonzalès, Documents, IV, 517, 521.) Plus tard, au fort de ses embarras, le duc d'Albe frémit de le voir se lancer dans la guerre des Turcs. « Il est poussé pas les prêtres », dit-il (ap. Gachard), — tenté du diable (ap. Charrière). Quant aux fameuses apostilles de Philippe II sur les dépêches, elles n'étaient pas de lui. « J'ai la preuve, dit Gachard (I, p. lxii), que c'était le secrétaire Çayas qui ordinairement en rédigeait la minute. » — Pour la ruine de l'Espagne, cf. Ranke, sur les finances, et Weiss, dans son excellent livre sur la décadence espagnole. — La statue de Philippe II à Bruxelles se voit au mur latéral de Sainle-Gudule.