‹ Œuvres complètesChapitre 46 sur 111 · I \ SE< ONDE GUERRE CIV1! E · texte numérisé non relu

I \ SE< ONDE GUERRE CIV1! E

connétable, dix mille déjà, ei il attendait un secours

espagnol. Il avait cette énorme ville, fort dévouer. qui lui lit une armée de plus. Les deux mille eurent la témérité de l'assiéger, brûlant tous les moulins, coupant les arrivages.

Tel était le mépris des deux mille pour les cinq cent mille que, recevant le renfort des protestants normands, ils ne daignèrent les garder avec eux; ils les envoyèrent loin de Saint-Denis, où ils étaient, pour affamer la ville de l'autre côté.

Malgré les Parisiens, le connétable s'obstinait à attendre les Espagnols et à parlementer. Cette fois, Goligny ne demandait plus les conditions d'Amboise, mais l'universelle liberté de culte sans distinction de lieux ni de personnes, l'admission égale aux emplois, la réduction des impôts, enfin ce qui contenait tout, les États généraux.

Vigueur indestructible de la révolution. Tellement diminuée de nombre, elle croissait d'exigences, elle devenait politique, faisait appel au peuple.

Le connétable recula de surprise. Mais la plupart des protestants ne soutenaient pas Goligny; ils se seraient contentés de la liberté de culte, ne voyant pas qu'on ne l'a guère sans la liberté politique. Ils s'y réduisirent et n'eurent rien. Paris leur offrit la bataille (10 novembre 1567 .

Un envoyé des Turcs, qui se mit sur Montmartre pour bien voir l'action, fut stupéfait de l'audace des protestants. Quinze cents cavaliers, douze cents fantassins, e'etait tout contre vingt mille hommes. Notez,

dans les vingt mille, six mille excellents soldats suisses et force artillerie, une grosse cavalerie des meilleures compagnies de gens d'armes. Les protestants, au contraire, étaient généralement une cavalerie légère; la moitié n'avait pas d'armures, « suivant les drapeaux pour leur sûreté, remplissant les rangs avec la casaque blanche et le pistolet ».

Le connétable, fort en colère contre les Parisiens qui le forçaient de combattre, les mit au premier rang. C'était un gros corps de bourgeois galonnés d'or, couverts d'armes étincelantes. Troupe superbe, mais peu sûre, et qui, reculant en désordre, devait troubler les Suisses, qu'il mit derrière.

Les protestants étaient en blanc. Le Turc, qui les voyait si peu nombreux charger ces profonds bataillons, dit : « Si Sa Hautesse avait ces blancs, elle ferait le tour du monde, et rien ne tiendrait devant elle. »

Leurs charges, préparées par le feu de quelques excellents arquebusiers, furent menées avec une vaillance désespérée par Gondé et par Goligny. L'Écossais Robert Stuart, cruellement torturé jadis, chercha le connétable, fondit sur le vieillard, qui se défendit bien et lui brisa trois dents. Mais Stuart lui cassa les reins. Anne de Montmorency meurt à soixante-quinze ans. Depuis cinquante, il encombrait l'histoire d'une fausse importance, toujours fatale à son pays.

Ses fils rétablirent la bataille. La nuit venait. Les protestants se retirèrent, mais n'allèrent pas bien loin. Goligny les ramena le lendemain à la même place et brûla La Chapelle.

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