CHARLES 1\ CONTRE PHILIPPE II
ambassadeur, et poussèrent vivement les Français à profiter des embarras de L'Espagne pour s'emparer des Pays-Bas. (Charrière, III, 532.)
Voilà ce que revoient les pièces les plus secrètes, aujourd'hui publiées. La cour de France travaillait réellemenl contre l'Espagne.
Que voulait Catherine? La grandeur de ses enfants, rien de plus. Dans sa parfaite indifférence à tout le reste, elle eût vu volontiers le duc d'Anjou époux de Marie Stuart et chef des catholiques, roi d'Ecosse (et bientôt de France?). D'autre part, le duc d'Alençon époux d'Elisabeth et chef des protestants.
Chose curieuse! Autant les catholiques de France craignaient le mariage du duc d'Anjou avec Elisabeth, autant le craignait Coligny, pour une raison, il est vrai, opposée. Il pensait qu'un tel mariage mettrait la guerre civile en Angleterre, que les catholiques anglais en tireraient une audace extrême pour Marie contre Elisabeth. Il ramena à son opinion son frère, l'ex-cardinal Odet, qui avait d'abord donné aveuglément dans cette idée.
Ce qu'aurait voulu Coligny, c'eût été de faire épouser à Elisabeth le petit Henri de Navarre, de marier le protestantisme français au protestantisme anglican. La difficulté était l'âge, tellement disproportionné. Elle âgée déjà, lui enfant.
La cour de France, inquiète cependant, renouvela une idée d'Henri II, celle de marier Henri de Navarre i Marguerite, sœur du roi. Charles IX était très ardent pour ce mariage. Sachant que l'obstacle était Henri
de Guise, aimé de sa sœur, il dit froidement : « Nous le tuerons. » Et il en donna l'ordre. Guise eut peur, et épousa une autre femme le lendemain.
La sincérité de Charles IX parut encore aune chose. Les moines ayant lancé la populace de Rouen contre les protestants, dont plusieurs furent tués, le roi y envoya Montmorency, qui pendit quelques catholiques. C'était la première répression sérieuse.
Elle paraît avoir décidé Coligny. Il ne disputa plus. Il en crut Téligny, son gendre, et la plupart des protestants. Il crut le roi sincère (et le roi Tétait sans nul doute). Il crut surtout l'intérêt visible de la couronne de France.
Une lettre de Catherine apprend à Londres l'étonnante nouvelle : « Nous avons ici l'amiral à Blois. » (27 septembre 1571.)
Pas grave et vraiment hasardeux. Dans ce même mois de septembre, cette cour s'était signalée par un assassinat cynique, exécuté en plein jour. Un Lignerolles, homme du duc d'Anjou, essaya de servir le roi et de l'éclairer sur son frère. La mère et le fds parvinrent à faire croire à Charles IX qu'il trahissait des deux côtés, et il le leur abandonna. Ils le firent tuer devant tout le monde, de façon à constater qu'il ne fallait pas se jouer à se mettre entre eux et le roi.
Ce fait sinistre disait le fond que l'on pouvait faire sur un homme comme Charles IX et prophétisait l'avenir.
COLIGNY k PARIS 33.(