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de donner à Elisabeth la mortification d'un refus?
Cette lettre inepte, qui mel bien bas cette fameuse Catherine, nous révèle que l'ambassade devait proposer à la reine d'Angleterre d'épouser Alençon, — pour avoir des enfants, des héritiers? non pas; mais en prenant pour héritier sa rivale abhorrée, qu'eût épousée Anjou.
Combinaison très digne de Bedlam et de Gharenton! Admirable, à coup sûr, pour irriter Elisabeth, qu'on suppose trop vieille pour qu'Alençon en ait des enfants.
Voilà les mains dans lesquelles était la France, ineptes, vacillantes et perfides. Rien n'avançait et rien ne se faisait. Henri d'Anjou, toujours lieutenant -«■lierai du royaume, chef de l'armée, n'était que trop à même d'éluder, de tromper les résolutions de Charles IX. La reine mère alléguait à son fils la nécessité de voir d'abord ce qu'allait faire une armée espagnole que Philippe II préparait contre les Turcs, mais qui ne partait pas.
On permit seulement à des volontaires protestants d'aller secourir Mons, menacé par le duc d'Albe. Cenlis, qui devait les conduire, vint déguisé prendre à Paris les ordres du roi. Le lendemain, on le savait à Bruxelles, la chose était publique. Tant le conseil privé du roi était soigneux d'avertir le duc d'Albe. protestants, livrés ainsi d'avance, furent battus devant Mons; une partie seulement parvint à entrer dans la ville 9 juillet ,
imais petil èvénemenl n'eut de si vastes résultats.
Charles IX, qui venait d'écrire à son ambassadeur à Londres de régler avec Elisabeth le partage des Pays- Bas (Fénelon, VII, 301), écrit bien vite : « La guerre se fera en Flandre, mais pas de mon côté. Du reste, si la reine a des vues sur les Pays-Bas, je n'y mets nul obstacle. »
De son côté, Elisabeth (22 juillet) ne sait plus si elle veut se marier; elle s'aperçoit de la disproportion d'âge.
Ainsi tout est glacé. On avait jeté à Flessingue quatre cents Anglais et cinq cents Français. La France et l'Angleterre veulent les rappeler.
Catherine, enhardie par le découragement de son fils, croit l'occasion favorable pour faire éclater la querelle domestique. Elle pleure, gémit des apartés du roi, de ses conseils secrets avec Coligny. Elle voit bien que son fils la quitte, qu'il n'a plus besoin d'elle.^ Eh bien, qu'on la laisse donc retourner à Florence et y mourir! Elle part en effet, et s'arrête à deux pas. Le roi, qui n'avait jamais rien fait, jamais écrit ni travaillé, qui était habitué à la voir tout écrire, se crut perdu; il ne pouvait se passer d'une telle mère, d'un tel scribe. Il court après, l'apaise et la ramène.
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