‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 3 sur 59 · L^ FEE H^^CO'H.'DE · texte numérisé non relu

L^ FEE H^^CO'H.'DE

Très du Gange ou du Nil, de la Seine ou du Rhin ,

La fée Hamonde habite un palais souterrain

Creusé dans les trésors d'une insondable mine,

Et que leur seul éclat de tout temps illumine.

Le regard de la fée a poli les parois

Qui sont des métaux purs à rendre fous les rois,

Des feux cristallisés tels que reine ou tsarine

N'en a jamais paré son front ni sa poitrine,

Et les perçant aussi de ses propres clartés,

Rencontre leurs reflets de partout reflétés;

Et toujours, au milieu des parfaites magies

De miroirs alternés sans fin, les effigies

De toute sa personne adorable lui font.

Auprès d'elle ou très loin dans un vide sans fond,

Une cour innombrable, et de soeurs coutumières

Qui n'osent nulle part se mouvoir les premières.

La fée Hamonde ainsi va d'un pas hésitant,

Comme isolce en l'air spleiidide, et méditant

Sur un secret jadis transmis aux bons génies.

De salle en salle, et plus vivantes, plus unies.

Ses images qui vont s'alignant par milliers

Retracent tout à coup ces gestes familiers ;

Si bien, qu'il est des jours où dans les perspectives

D'un peuple aérien aux foules sensitivcs

Elle s'arrête, et croit, le cœur évanoui,

Que son révc et son corps de fée ensemble ont fui,

Ut tourne lentement, pour chercher autour d'elle

L'être si radieux qui lui sert de modèle.

Mais elle se réveille, et tressaille, et sourit;

lîlle reprend, d'après chaque rite prescrit.

Les incantations qu'à la môme seconde

Son cortège idéal en l'imitant seconde,

Puis, quand elle a rappris les mots sacramentels

Qu'elle oublie à la longue au contact des mortels.

S'évapore à travers la grotte héréditaire.

La fée llamonde alors remonte sur la terre;

De même qu'autrefois, par le chemin plus court.

De village en cité célèbre la parcourt;

Invisible, la nuit, dans les berceaux regarde;

Et, quelquefois, l'enfant qui sommeillait sans garde,

Enveloppé d'un songe aux éclats miroitants.

Ouvre tout pleins des yeux qu'elle charme longtemps.

Et c'est pourquoi, malgré tant de ternes spectacles.

Il est au monde encor de brillants réceptacles

Où l'âme qui s'y cache en vain semble ne voir

Que l'éblouissement dont elle a le pouvoir;

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