SOI% T>'OCTO'£%E
A Cahilh VtCendés.
N long frisson descend des coteaux aux vallées; Des coteaux et des bois, dans la plaine et les champs, Le frisson de la nuit passe vers les allées. — Oh 1 l'angelus du soir dans les soleils couchants 1 — Sous une haleine froide au loin meurent les chants. Les rires et les chants dans les brumes épaisses. Dans la brume qui monte ondule un souffle lent; Un souffle lent répand ses dernières caresses, Sa caresse attristée au fond du bois tremblant ; Les bois tremblent ; la feuille en flocon sec tournoie, Tournoie et tombe au bord des sentiers désertés. Sur la route déserte un brouillard qui la noie. Un brouillard jaune étend ses blafardes clartés; Vers l'occident blafard traîne une rose trace, lit les bleus horizons roulent comme des flots, Roulent comme une mer dont le flot nous embrasse, Nous enlace, et remplit la gorge do sanglots.
lyO LES LÈVRES CLOSES
Plein du pressentiment des saisons pluviales, Le premier vent d'octobre épanche ses adieux, Ses adieux frémissants sous les feuillages pâles. Nostalgiques enfants des soleils radieux. Les jours frileux et courts arrivent. C'est l'automne.
— Comme elle vibre en nous, la cloche qui bourdonne ! L'automne, avec la pluie et les neiges, demain Versera les regrets et l'ennui monotone ;
Le monotone ennui de vivre est en chemin 1 Plus de joyeux appels sous les voûtes ombreuses; Plus d'hymnes à l'aurore, ou de voix dans le soir Peuplant l'air embaumé de chansons amoureuses 1 Voici l'automne! Adieu, le splendide encensoir Des prés en fleurs fumant dans le chaud crépuscule ! Dans l'or du crépuscule, adieu, les yeux baissés. Les couples chuchotants dont le cœur bat et brûle, Qui vont la joue en feu, les bras entrelacés, Les bras entrelacés quand le soleil décline !
— La cloche lentement tinte sur la colline. — Adieu, la ronde ardente, et les rires d'enfants. Et les vierges, le long du sentier qui chemine, Rêvant d'amour tout bas sous les cieux étouffants I
— Ame de l'homme, écoute en frémissant comme elle L'âme immense du monde autour de toi frémir I Ensemble frémissez d'une douleur jumelle.
Vois les pâles reflets des bois qui vont jaunir; Savoure leur tristesse et leurs senteurs dernières. Les dernières senteurs de l'été disparu ;
— Et le son de la cloche au milieu des chaumières ! —
SOIR d'octobre 171
L'été meurt ; son soupir glisse dans les lisières. Sous le dôme éclairci des chênes a couru Leur ràle entre-choquant les ramures livides. Elle est flétrie aussi, ta riche floraison, L'orgueil de ta jeunesse ! et bien des nids sont vides. Ame humaine, où chantaient dans ta jeune saison Les désirs gazouillants de tes aurores brèves. Ame crédule! écoute en toi frémir encor. Avec ces tintements douloureux et sans trêves, Frémir depuis longtemps l'automne dans tes rêves, Dans tes rêves tombés dès leur premier essor. Tandis que l'homme va, le front bas, toi, son âme. Ecoute le passé qui gémit dans les bois ! Ecoute, écoute en toi, sous leur cendre et sans flamme, Tous tes chers souvenirs tressaillir à la fois Avec le glas mourant de la cloche lointaine ! Une autre maintenant lui répond à voix pleine. Ecoute à travers l'ombre, entends avec langueur C^es cloches tristement qui sonnent dans la plaine, Qui vibrent tristement, longuement, dans ton cœur !
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L^ iiuin.E
A uivmsle ViUiers th l'IsU-^dam.
L'esprit mystérieux au vague ou bref chemin
Qui par moments nous prête un regard surhumain,
Le Rêve, m'a montré ce que n'a vu personne :
C'était, sous un air lourd qui jamais ne frissonne.
Un continent couvert d'arbres pétrifiés,
Si puissants, que jadis lorsque vous triomphiez,
Vieux chênes, auprès d'eux vos chefs les plus robustes
Et les plus hauts à peine auraient fait des arbustes.
D'énormes ossements perçaient de tous côtés.
Pareils à de grands rocs affreux qu'auraient sculptés
De durs géants, jaloux du féroce prodige
De la création à son premier vertige ;
Et c'était quelque part, aux confins ignorés
De la terre ou peut-être au fond des flots sacrés ;
Et le plus effrayant de ce monde effroyable
C'était, au centre et hors des épaisseurs du sable.
Un temple ruiné, mais colossal encor
Mille fois plus que ceux de Karnak et d'Angkor!