‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 54 sur 59 · LES YEUX DE NYSSIA 2C · texte numérisé non relu

LES YEUX DE NYSSIA 2C

— Les nymphes de ce bois sont dans l'herbe enterrées, Les nymphes dont toujours palpite le reflet S'éternisant sous l'eau dans sa blancheur de lait, Comme celui des fleurs qu'elles ont admirées.

Par un charme attirées.

— Sous l'éternel éclat de tes grands yeux polis. Mille rêves pareils au mien, mille pensées Reluisent. Je crois voir les flammes renversées Des amours que les bords de ces yeux sous leurs plis

Roulent ensevelis.

- Lentement ces reflets ont tari toute sève, Et tout revit sous l'eau si tout meurt sur les bords. Ces images ont pris la vie à tous les corps. Arbres, nymphes et fleurs, qui penchés sur la grève Ont contemplé leur rêve.

— Nyssia, que me fait ce lac mystérieux

Dont tu parles ? Vers moi tourne enfin tes prunelles I Je sens que tout mon être absorbé passe en elles, Et que mon âme entière a plongé sous les cieux, Nyssia, de tes yeux. »

Et Nyssia sourit : « Vis ou meurs, que m'importe ! Dit-elle, maintenant que tressaille à son tour Dans mes yeux l'immortel reflet de ton amour. Oui, c'est vraiment ion âme, au fond de cette eau morte. Ton âme que j'emporte I »

Et l'eau se referma sur elle ; un souffle erra Longtemps au bord du lac, le souffle de son rire. Et moi, je vois au fond mon reflet qui m'attire Et qui, lorsque ma vie à la fin s'éteindra, Sous l'eau me survivra.

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