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CROISEE OUVERTE

Qu'elle est belle ! — Un vol blanc sur le clavier roucoule, Et des accords d'odeurs mêlent leurs tourbillons. Mots d'amour oubliés, sortez de nous en foule ! — Des doigts d'anges au loin font chanter les sillons !

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■ i; ctoilo d'or plus bril'.iin Xcnis annonce la Xuit sereine.

Ah! tournons-nous vers l'Orient Pour voir venir la douce reine!

l'Ile arrive des chauds jardins D'une odalisque paresseuse ; Lentement, par de bleus gradins,

Moine la Nuit mvstérieuse!

1:11c ondule en nous caressant, Fascinante comme une aimée; Aux lueurs fines du croissant, Nous sourit la Nuit bicn-aimée!

1:11e liltre et ravonne en nous, V.i notre âme en elle s'abrite ; inie porte au front les bijoux D'une sultane favorite.

Elle a les claires profondeurs Des yeux de la houri docile ; Elle épand au loin les odeurs D'un paradis d'amour tranquille!

54 LKS AMANTS

SILE'KCE

le silence lamentable Des bouches qui volaient l'une :\ l'autre Jadis 1 Au tournoiement des mots par l'orgueil interdits, Sa main toucha ma main, dans l'ombre, sous la table. O le regard inévitable!

O le regard inévitable Q.ui détourna nos yeux autrefois aimantés! l'our les baisers perdus, pour les mortes clartés, Nos doigts se caressaient lentement sous la table.

O souvenir inoubliable!

O souvenir inoubliable Qui nous fermais la bouche et nous voilais les yeux ! Souvenir! Souvenir! Appel impérieux!

Nos doigts s'entrelaçaient longuement sous la table.

O fierté vainc et misérable !

O fierté vainc et misérable dui sépares les cœurs plus que les abandons! O mystère ! ô tendresse ! 6 douceur des pardons due nos mains échangeaient malgré nous sous la table,

Au fond d'un silence ineffable!

SExnn.^T)!:

i-iA coupe OÙ sans regret tu versas l'afTreux vin Reste la coupe d'or d'un échanson divin !

I.a nuit qui scintillait quand nous nous séparâmes Reste l'Ame étoilée où montaient nos deux âmes!

La lleur qui mourra loin de tes profonds cheveux Reste l'œillet béni qui servait les aveux!

Le vent qui passe et prend le baiser qu'on oublie Reste le messager du serment qui nous lie!

L'oiseau mélodieux que tu n'écoutas plus Reste le rossignol des jours où je te plus!

Le socle où je dressais ta statue infidèle Reste le piédestal d'une image immortelle I

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