LUXE NOUVELLE
Tout palpite alin que tout mélc et fonde En moi ta tendresse, en toi mon espoir. O baiser donne pour un autre monde !
Q.uel nimbe est là-haut sur nos fronts ce soir?
6o LES AMANTS
LUS ÉCUSSO'K.S
v> L o R I N D E a les veux clairs et froids comme l'acier, Qu'indignent les aveux, qu'allument les mains jointL> inie habite l'orgueil comme un donjon princier; Et son regard, pareil au fer d'un justicier. Sait plus loin dans les cœurs enfoncer mille pointes.
Jane a les yeux profonds, obscurs comme les trous Que sur les hauts remparts braquent les couleuvrines. Quand, lourds de voluptés, ils se fixent sur nous. Entre leurs cils serrés flotte un nuage roux. Et deux vides brûlants restent dans nos poitrines.
Alice a dans les \'eux l'éclat des pièces d'or,
Et ce n'est point au cœur que sondent leurs silences.
Ils semblent soupeser quelque secret trésor;
Et sans cesse inquiets, ils oscillent encor.
Comme font les plateaux des parfaites balances.
LESÉCUSSOKS 6l
Les veux pâles d'Hermine ont les vagues clartés
Des cierges dans le jour que le vitrail décalque.
Confesseurs des désirs benoîtement quctés,
Ils leur versent le deuil et les lividités
Des lampes que l'on range autour d'un catafalque.
Les yeux de Julia sont les feux incertains Des lanternes qu'on cache entre d'épais feuillages, Sur le seuil d'une auberge aux buveurs clandestins, Ou ressemblent encore à ces soleils éteints, Embourbés dans les joncs des fiévreux marécages.
.Mais, Hélène! tes yeux sont comme deux gardiens De toi-même ignorés, fils des blancheurs premières; Innocence! ù candeur des chastes entretiens! Quels yeux déjà ternis pourraient percer les tiens, Ces deux grands boucliers faits de pures lumières?
T'IIOT LOI'K
iVloN Ame est un pays plus lointain que la Chine, Ma chère 1 Et c'est en vain que vers moi méchamment Tu tournes tes yeux froids pour y lire un tourment. O femme! trois fois femme! ù cruelle machine! Rallume-les, tes yeux, à ceux d'un autre amant ! Mais n'espère jamais que cet éclair m'émeuve! Si tu veux voir saigner mon cœur, tu perds ton temps. Ton manège est trop vieux, ta ruse n'est pas neuve, Et c'est la loi banale, et je n'ai plus vingt ans. Ton regard glisse en vain par-dessus ton échine. Mon âme est un pays plus ancien que la Chine, Mille fois plus peuplé de jaloux habitants Qui dans un fleuve jaune, en éclatant de rire, Jettent leurs nouveau-nés, comme on dit des Chinois. Trop de monstres caducs grincent dans cet empire. Ma chère! Et je souris de voir tes yeux sournois Comme des fers aigus dardés vers ma poitrine. Mon .âme est un p.ays muré comme la Chine !