LES GERMES
LES GEXV\CES
1^ r. jour où j'ai senti germer en moi ce rêve,
A l'écart j'ai planté la greffe d'un rosier.
« Mon jeune espoir aura pour sœur la jeune sève,
Me (lisais-je; et mes yeux pourront s'extasier
IJc voir éclore un jour une rose pareille
Au bonheur dont mon rêve un jour sera fleuri,
A la Heur dont mon âme est la précoce abeille. »
Les rayons adorés depuis n'ont plus souri
A ce rêve émondé dans sa métamorphose.
Mais le rosier son frère a grandi sans péril,
S'est paré d'émeraude éclatante, et la rose.
Par le plus frais matin d'un radieux avril,
A, splendide, au soleil entr'ouvert ses pétales.
Ce qui germe en un cœur, Nature, comme en toi
N'a point dans tes saisons d'éclosions fatales.
Q.ue ta fleur ironique obéisse à ta loi.
Li;S AMANTS
Et, pareille aux bonheurs d'ici-bas, soit llctric ! Toute la vie en nous un long espoir porté, Dans la fertile mort, son unique patrie, lîclora largement pour l'immortalité I
VOIX d'ombri: 75
VOIX T)'0V\C'BTIE
V> " EST une ombre qui parle et la nuit seule écoute.
Va 1 Sans te retourner ;\ sa voix, suis ta route !
Ce n'est plus un amant, puisqu'on disparait mieux
Que dans la fosse au fond d'un cœur insoucieux;
(^e n'est pas un ami, puisque rien ne le tue,
Le démon suscité par l'idole abattue ;
Non, c'est un étranger, moins encore, un passant,
Un inconnu, quelqu'un qui tout prés est absent.
Qui voit tes pleurs couler et qui plus lourd s'arrête,
l'-n secret surchargé de ta douleur secrète ;
(^ar il n'en saura rien et n'en doit rien savoir.
.Mais il sait que l'orgueil est l'amer abreuvoir
Où toujours le rellet de jadis se redresse ;
Que toujours un cœur tendre y reboit la tendresse ;
Et que la vision éplorée aujourd'hui
Y brille i jamais chère et radieuse en lui.
Il sait qu'il reste au loin, dans un pays sonore, L"écho que ta souffrance avec ta joie ignore. In que, mc-mc au carcan de l'amour enfermé, ( Ichii qui n'aime plus n'avait jamais aimé.