SU% LES COTES
Vous aimez, dLtes-vous, la mer, la grande iman;c D'une âme jamais lasse en ses luttes sans iin ; Sur la rude falaise ou sur le sable fin Regardez-la frapper de rivage en rivage !
Sous les souilles puissants du large, regardez S'enfler la mer immense ainsi qu'une âme iière, Et s'avancer vers vous la houle coutumière (lui submerge les rocs dont les ports sont bordés!
Vous aimez, dites-vous, la nier, le flux des lames Déferlant sur la plage ou battant les caps durs, 'loi que vers un cœur vide ou hérissé de murs Le fiux d'une âme lourde où s'engoulfrent des âmes I
Regardez ! chaque Ilot se cabre en arrivatu, Se brise, argenté au loin la grève aux vastes pentes, Ht jusques à vos pieds meurt en nappes rampantes Dans les acres embruns dispersés par le vent.
SUR LES CÔTES IJl
Tel chaque effort perdu d'une âme soulevée En caresse lointaine expire vainement, Et son parfum amer près d'un cœur inclément Se dissémine encor dans l'air de l'arrivée.
Vous aimez, dites-vous, la mer; écoutez-la Mugir ou soupirer, sauvage ou rendormie, Comme une âme jalouse ou comme une "imc amie Palpitant du secret qui jadis la gonfla.
Hurlement ou sanglot, clameur, plainte ou murmure, Ecoutez-la pousser comme un appel toujours; Telle une âme trop pleine aux chocs stridents ou sourds Contre un cœur insensible ou bardé d'une armure.
Regardez au soleil onduler les flots verts 1 Dans la nuit écoutez la mer, la sœur sublime D'une âme qui se heurte aux confins d'un abîme 1 Entendez-la gronder ou chanter dans ces vers !
Que la strophe vers vous parte comme la houle, S'élève, en charriant les miroirs du passé, Et sur tous les récifs de votre oubli dressé. Comme un embrassement infini se déroule !
Que chacun de ces vers s'en aille tour à tour, (^ommc le flot d'une âme ou de la mer montante, Briser sa rime sourde ou sa rime éclatante ' .'>ntrc un cœur sans mémoire ou fermé pourramcnir!
Li:S AMANTS
Vous aimez, dites-vous, la mer, et les spectacles De son angoisse auguste ivre d'autres échos; \'"v revoyez-vous pas les tumultes égaux D'une àme débordant sur de pareils obstacles?
Mais non ! Q.u'iniporte au cœur, qui s'est un jour duri Le fracas de la mer sur les remparts des cotes? Qu'importe le retour des lames les plus hautes Au cœur indifférent comme le sable aussi?
A l'UVIS DE Cil A VANNES