‹ Œuvres complètesChapitre 82 sur 84 · L.V FEMME nu CHEF · texte numérisé non relu

L.V FEMME nu CHEF

M.ilheur i moi! mes fils sont morts!

L.'i! làl Regardez-les, yeux froids! Jusqu'à la garde L'égorgeur a trempé son fer dans leurs chers corps ! O Kcndélann ! tes yeux sont grands ouverts, regarde !

Tous les trois égorgés d'un coup, subitement !

Malheur ! Ils sont morts, tous les mâles ! L'abominable nuit emporte au loin leurs râles ! l:t dans mon sein gonfle s'engouffre un hurlement !

Quand j'accourais, criant : « I^àche, qui vit esclave! » L'aurore à leurs berceaux empourprait ses rougeurs I

En leur portant ta tête, ô brave I J'accourais! Ils sont morts, eux, les futurs vengeurs!

Q.ui donc les vengera, puisqu'il n'est plus, leur pcre? Qui donc te vengera, si tes fils sont partis? Qui me vengera, moi, lionne sans petits. Seule, sans màlc et sans repaire?

Mes lîls! Horreur! ils ne voient plus!

Tous les trois sont muets ! En vain je les appelle ! '- Je ne veux pas prier, les bras irrésolus! Je ne veux pas gémir au fond d'une chapelle!

J'irai! Vers les vivants je tournerai ton front, O chef! partout, sans clameurs vaines!

Mes yeux feront bouillir un sang chaud dans les veines I Je montrerai ta face, et tous ils me suivront!

J'embaumerai ta tùte illustre et vénérée!

— Qu'il se lamente, lui, le barde aux cheveux blancs ! —

Criant : « Debout ! » par la contrée, J'irai! j'cnll.immerai les débris des vieux clans!

Des villages marins aux huttes sous les chênes J'irai! Des plus tremblants je ferai des héros! Ivendélann 1 Des fuyards je ferai des taureaux Qui beuglent en brisant leur chaînes!

J'en ferai des tigres sans peur.

Féroces, je le jure, ami, tu peux m'en croire, I3errière moi lancés aux pistes du vainqueur. Ta tête pour drapeau sur cette pique noire !

Je lèverai l'armée au coeur dur, sans retard!

J'irai du val à la montagne!

Et comme un tremblement du vieux sol de Bretagne Nous passerons demain, moi portant l'étendard!

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