‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 131 sur 139 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

C'était par l'intégrité d'une vie irrépréhensible, que saint Paul exhortait les premiers chrétiens à donner aux païens et aux infidèles une idée avantageuse de la religion de Jésus-Christ ; et quand je parle aujourd'hui d'un homme qui, par sa conduite, honore la vraie religion, j'entends un homme parfait dans sa condition, attaché inviolablement à ses devoirs, aimant la justice, praUquant la charité, d'une probité recomme, solide dans ses maximes, réglé dans ses actions, maître de ses mouvements et de ses passions : pourquoi î parce qu'il n'y a que la

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Traie religion qui puisse former un sujet de ce caractère. C'est son ouvrage ; il ne faut donc pas s'étonner si elle s'en fait honneur: et parce qu'il est d'ailleurs impossible qu'elle se fasse honneur d'un sujet à qui ce caractère ne con- ■vient pas, sans cela il n'y a point de religion, pour sainte qu'elle soit en elle-même, qui ne tombe dans le mépris, et qui ne passe pour hypocrisie.

11 faut la garantir de ce reproche ; et pour la soutenir avec mérite devant Dieu, il faut, dans le sens de l'Apôtre, la pratiquer d'une manière qui lui attire même l'approbation, l'estime et le respect des hommes. Voilà ce que j'appelle l'honorer. Or c'est ce qu'a fait admirablement le prince dont j'achève l'éloge ; ou plutôt, c'est ■ce que la religion catholique a ftiit excellemment en lui, puisque c'est par elle, et suivant ses lois, qu'il a été un prince accompli dans tous ses devoirs de prince, c'est-à-dire tidèle h son roi, zélé pour le bien de l'Etat, plein de -charité pour le peuple, appliqué à l'éducation -des princes ses enfants, sage dans le règlement de sa maison, juste envers tou», et, quand il s'agissait de l'être, au-dessus de lui-même et ■de l'intérêt ; modeste dans la prospérité, inébranlable dans l'adversité, égal dans l'une et l'autre fortune. Ma consolation est de voir qu'à toutes ces marques vous reconnaissiez le prince ■deCondé, et que, sans autre disccurs, ces traits, quoique simples, vous le représentent au vif. N'ai-je donc pas eu raison de dire, que sa conduite avait été l'ornement de sa religion ; et pnis-je vous mettre devant les yeux un sujet plus propre à vous instruire de ce qu'une religion pure el sans tache doit opérer dans vos personnes , ;: proportion de ce que vous êtes ? Vous l'allez apprendre, et c'est par où je vais finir.

Henri, catholique d'esprit et de cœur, aussi bien que de profession et de culte, crut qu'après Dieu il devait en donner la première preuve à celui qui, selon la parole de l'Ecriûire, est par excellence et par prééminence le aiinistre de Dieu sur la terre : Begi quasi prœfellenti . 11 s'attacha au roi , non par une politique intéressée, mais par une sincère fidélité, dont on sait qu'il faisait gloire de servir d'exemple et de modèle. (Combien de fois déplora-t-il ce temps malheureux où, la minorité de Louis XIV ayant donné lieu aux dissensions civiles, il s'était trouvé malgré lui entraîné par le torrent, et forcé par sa destinée à suivre un parti qu'il n'aurait jamais embrassé, si sa raison, quoique séduite, De lui en avait répondu, oom-

me du plus juste et du plus avantageux au souverain ? Combien de fois, dis-je, revenu à soi, condamna-t-il son erreur ? quel zèle ne témoigiia-t-il pas, non-seulement pour se confirmer lui-même dans la maxime qu'il garda depuis religieusement, et dont il ne se départit jamais, d'avoir en horreur tout ce qui avait l'ombre de parlialité, mais pour faire aux grands du royaume ces leçons salutaires qu'il Icurfaisait, quand illes voyait exposés à de pareilles tentations ? Il s'était égaré par surprise, et son égarement même se tourna pour lui en mérite par les heureux effets de son relour.

Quelle vertu sa présence seule n'avaitelle pas pour apaiser les soulèvements populaires ? et avec quelle docilité ne voyait-on pas les esprits les plus mutins plier sous le joug de l'autorité royale, du moment que le prince de Coudé s'y inléressait ? où paraiss:dt-il plus éloquent, plus animé, plus ferme, plus inflexible, que dans les occasions où il s'agissait de faire exéculcr les ordres du roi ? avec quelle force les appuyait il dans les parlements ? quel poids ne leur donnait-il pas dans les provinces et dans les villes dont le gouvernement lui était confié ? Jamais homme n'eut taut d'empire sur les esprits des peuples, pour leur imprimer l'ohéissance due à l'oint du Seigueur. Il la prêchait par ses actions encore plus que par ses paroles; mais ses paroles, souteniics de ses actions avaient une grâce invincible pour la persuader. Sa devise et sa règle était celle-ci : Jteum timete, regem honorificate i ; Craignez Dieu, dont le roi est la vive image ; et honorez le roi, dépositaire de la puissance de Dieu : c'est ainsi que ce grand prince [uatiriuait sa religion ; disonsraieux, c'est ainsi qu'il édifiait et qu'il glo. rifiait môme sa religion. Ce n'est pas tout.

Par le même principe, il aima l'étal ; et si le ciel, pour nos péchés, ne l'avait ravi dans la conjoncture où il nous était devenu souverainement nécessaire. Fiance, ma chère patrie, lu n'aurais pas essuyé les calamités dout sa mort fut bientôt suivie, et dont Dieu, par un sévère jugement te voulut punir. Vous m'entendez. Chrétiens , et , sans que je m'explique davantag-e, le souvenir encore récent de nos misères passées ne vous oblige que trop à convenir avec moi de la perle intiuie que fit l'Etat en perdant le prince de Coudé. Les troubles de 1648 nous la firent senlir et nous comuiençàmes à comprendre le besoin que nous avions de lui, et combien sa personne nous était [trécieuse, par les maux qui nous accablèrent dès

» Petr., II, IT.

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que nous en fûmes privés. Chacun avouait (et c'était la voix publique, plus sûre que tous les éloges) que, si le prince de Condé avait vécu, nous ne serions pas tombés dans ces malheurs.

En effet, le prince de Condé était celui sur qui l'on pouvait dire que roulait alors la tranquillité et la paix et la paix du royaume, qui la niaintenail par sa prudence, par sa modération, par son crédit, par la créance qu'on avait en lui, par la déférence des ministres à ses sages avis, par l'officace et par la vigueur de son zèle ; en nu mol, qui, connue un ange tutélaire, préservait la France du fléau de la guerre intestine dont l'oiage se formait déjà, mais qui demeura comme suspendu, taudis que Dieu nous conserva ce prince dont dépendait notre repos. C'était un homme solide, dont toutes les vues allaient au bien, qui ne se cherchait point luimême, et (|ui se serait fait un crime d'envisager dans les désordres de l'Etat sa considération particulière (maxime si ordinaire aux gi'ands qui ne voulaient entrer dans les affaires que pour les finir, dans les mouvements de division et de discorde que pour les calmer, dans les intrigues et les cabales de la cour que pour les dissiper; un hounne dont les partis contraires n'avaient ni éloignement ni défiance, parce qu'ils étaient convaincus que toute son ambilion aurait été d'en être le pacificateur; qui cent fois les a réunis par la seule question qu'ils avaient de la droilure de ses intentions, sur laquelle ils se trouvaient également d'accord ; qui, sans être aux uns ni aux autres, ne laissait pas d'èti'e à tous, parce (ju'il voulait le bien de tous ; un homme enfin à qui l'Elat était plus cher que sa propre vie, et qui aurait tout sacrifié pour le sauver. En dis-je hop ; et ceux à qui le prince dont je parle était couuu, peuvent-ils m'accuser d'exagération ? Ur voilà, encore une fois, ce qui s'appelle faire honneur à sa religion ; et quiconque bien instruit des choses conçoit la religion d'un prince, doit par là l'estimer et la mesurer.

J'ai dit que le prince de Condé avait eu pour le peuple un cœur de père, une affection tendre, des entrailles de bonté et de miséricorde : qualités, dit saint Augustin, qu'on adorerait dans les princes delà terre, s'ils voulaient s'en prévaloir, et dont le Dieu jaloux a souvent permis qu'ils ne fussent pas touchés, peut-être, dit «e saint docteur, afin que l'honneur qu'on leur rendrait n'allât pas jusquà l'idolâtrie. Jamais paince usa-t-il mieux de celte qualité, et s'en fit-il une vertu plus épurée que celui dont

je tâche ici, mais dont je ne puis que faiblement vous marquer tous les caractères 1

Il était populaire, non point par bassesse, mais par grandeur d'âme ; non point par vanité, mais par charité ; non poiut par ambition, mais par compassion , c'est à-dire, il n'aimait pas les peuples pour en avoir le cœur et la bienveillance ; mais il avait la bienveillance et le cœur des peuples, parce qu'il les aimait. Et c'est ici où, me citant moi-même pour témoin, je pourrais, par ce que j'ai vu, confirmer hautement ce que je dis : témoignage de l'enfance, mais pour cela même témoignage non suspect, puisque c'est de là que, selon le Saint- Esprit même, se tirent les louanges les plus pures et les plus irréprochables. J'ai été nourri. Chrétiens, dans l'une de ces provinces dont le prince de Condé était, ne disons pas le gouverneur, mais le tuteur, mais le conservateur, mais, si j'ose ainsi dire, le sauveur ; et je sais, puisque l'usiige pardonne maintenant ce terme, jusqu'à quel point il y était adoré : heureux de pouvoir, dans un âge plus avancé, donner aujourd'hui des marques de la vénération qu'on m'a inspirée pour lui dès mes tendres années ! Quelle joie ne nous apportait- t-il pas, lorsque, quittant Paris et la cour, il venait nous visiter ? 11 suffisait de le voir pour oublier tout ce que la pauvreté etladitlîculté des temps avaient fait souffrir. Il n'y avait point de calamilô publique que sa présence n'adoucit. On était consolé de tout, pourvu qu'on le possédât ; tant on était siir de trouver dans lui une ressource à tout ce qui pouvait affliger. Son absence, au contraire, nous désolait ; et quand il n'était pas content de nous, et qu'il nous voulait punir, il n'avait qu'à nous menacer qu'on ne le verrait pas cette année-là. La moindre de ses maladies causait dans tout le pays une consternation générale ; et ce qui marque qu'elle était véritable, c'est qu'après trente-sept ans on y pleure encore et on y pleurera sa mort. De combien peu de princes en pourrait-on dire autant ?

Il était populaire, non pas comme certains grands qui affectent de l'être, sans être ni obligeants ni bienfaisants. 11 ne l'était qu'à juste titre, et il ne voulait être aimé des peuples qu'à condition de leur faire du bien. Populaire, que pour leur obtenir des grâces, que pour solliciter leurs intérêts, que pour représenter leurs besoins ; populaire, que pour être parmi eux l'arbitre de leurs différends, que pour terminer leurs querelles, que pour les empêcher de se ruiner ; les regaidaut comme ses eulaats, dl

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croyant leur devoir cette application d'un père charitable : Dieu lui avait donné grâce pour cela. Populaire, que pour être leur consolation et leur secours dans les nécessités pressantes. L'ennemi entre dans la Bourgogne, et en même temps la peste est à Dijon : il y accourt. On lui remontre le danger auquel il s'expose : il n'en reconnaît point d'autre que celui auquel il est résolu de remédier en soulageant cette pauvre ville. On lui dit que le mal y est extrême, et que le nombre des morts y croit tous les jours : C'est pour cela, répond-il, que j'y veux aller ; car que deviendra ce peuple dont je suis chargé, si je l'abandonne dans un si éminent péril ? Tel était le langage des Charles Borromée ; mais ce n'était pas le langage des princes. Ce fut pourtant celui du prince de Condé, qui, dans ces occasions, s'innuolant lui-même, faisait l'ollke de pasteur, et égalait par son zèle les prélats de l'Eglise les plus fervents. Est-ce honorer sa religion que d'y procéder de la sorte ?

Je serais infini, si de ces devoirs généraux passant aux particuliers, je vous le représentais comme un autre Salomon, réglant sa maison et sa cour, en bannissant le vice, ni souffrant ni scandale ni impiété, en faisant une école de vertu pour tous ceux qui la composaient, et y maintenant un ordre que la reine étrangère de l'Evangile, aurait peut-être plus admiré que celui qui l'attira des extrémités de la terre. Le plus aimable mailre qui fut jamais : il y paraît bien par les monuments authentiques de reconnaissance que ses serviteurs, après l'avoir même perdu, lui ont érigés. Le prince le plus fidèle à ses amis : nous en avons encore des témoins vivants. L'honune contre lui-même le plus droit et le plus équitable, se retranchant pour payer ses dettes (écoutez, grands, et instruisez-vous d'un devoir que quelques-uns goûtent si peu ), se retranchant pour payer ses dettes, et aimant mieux rabattre de sa grandeur que d'intéresser la justice ; n'ayant jamais su ce secret malheureux de soutenir sa condition aux dépens d'aulrui ; et, dans le désordre où il trouva les affaires de sa maison , s'étant mesuré à ce qu'il pouvait et non pas à ce qu'il était, persuadé, malgré le dérèglement de l'esprit du siècle, que ses dépenses devaient au moins être bornées par sa conscience. Car voilà, encore une fois, ce que je soutiens être dans un prince les ornements de la vraie religion : or vous savez s'ils conviennent au prince de Condé. Je serais, disje, infini, si je voulais m'étendre sur tous ces chefs. Mais satisferais-je à ce que vous atten-

dez de moi, si j'omettais, en finissant, celui qui tout seul pouvait lui tenir lieu d'un juste éloge, et dont je suis siîr que vous allez être touchés î Ecoutez-moi :je n'ai plus qu'un, mot.

Dieu lui donna des enfants ; et selon la promesse du Saint-Esprit, ses enfants ont été sa gloire. Comment ne l'auraient-il pas été, puisqu'ils ont été la gloire de la France, de l'Europe et du monde chrétien ? Mais ils ne s'offenseront pas quand je dirai que s'ils ont été la gloire de leur père, leur père, le meilleur et le plus digne de tous les pères, avait auparavant été la leur. C'est lui-même qui les forma ; il n'en fallait pas davantage pour rendre sa mé moire éternelle : c'est lui-même qui les forma, et il compta pour rien dé les avoir fait naître princes , dans le dessein qu'il conçut d'eu faire,si j'ose parler ainsi, des modèles de princes, en leur donnant une éducation encore plus noble que leur naissance. Y réussit-il î n'en jugez pas par le rapport que je vous en fais, mais par les précieux fruits qui nous en restent et que vous voyez de vos yeux.

Le héros qui m'écoute, l'incomparable fils qu'il nous a laissé, vous l'apprendra bien mieux que moi. Vous savez ce qu'il vaut, et ce qu'il a fait, et vous confessez tous les jours que ce qu'il a fait est encore moins que ce qu'il vaut. Sa présence et sa modestie m'empêchent de le dire : mais vous empêchent-elles de le penser? et empêcheront-elles la postérité de l'admirer , Laissons là ces exploits de guerre dont l'univers a retenti, et dont il n'y a que lui-i.ème qui ne soit pas étonné ; ces prodiges de valeur qui ont fait taire devant lui toute la terre, ces journées glorieuses dans lesquelles il a tant de fois sauva le royaume et l'Etat. Il est ici au pied des autels, pour faire hommage de tout cela h sa rehgion, et il n'assiste à cette funèbre cérémonie que pour apprendre où doit aboutir enfin tou| l'éclat de sa réputation. Un mérite encore plus solide dont il est plein, celte élévation de génie si extraordinaire qui le dislingue partout, cette capacité d'esprit dont le caractère est de n'igno* rer rien, et de juger en m;iîlre de toutes choses ; ces vertus du cœur que les gi-ands connais, sent si peu, et par lesquelles il est si connu ; cette facilité à se communiquer, si u\antageuse pour lui, et qui, bien loin de l'avilir, le rend toujours plus vénérable ; ce secret qu'il a trouvé d'être aussi grand dans sa retraite, qu'il l'étail à la tête des armées : cent choses que j'ajouterais, plus surprenantes et plus admirables dans lui que ses conquêtes : voilà ce que j'appelle les fruits de cette éducation de prince qu'il a reçue

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et qui fait encore aujourd'hui tant d'honneur à la mémoire du prince de Condé. Et ne vous étonnez pas de ce que j'ai attendu à la fin de mon discours à vous en parler : c'eût été d'abord achever le pané^-rique du père, que de prononcer le nom du flls.

C'est pour ce flls et pour ce héros que nous faisons continuellement des vœux ; et ces vœux, ô mon Dieu, sont trop justes, trop saints, trop ardents pour n'être pas enfin exaucés de vous. C'est pour lui que nous vous offrons des sacrifices : il a rempli la terre de son nom ; et nous TOUS demandons que son nom, si comblé de gloire sur la terre, soit encore éait dans le ciel. Vous nous l'accorderez, Seigneur • et ce ne peut être en vain que vous nous inspirez pour lui tant de désirs et tant de zèle. Répandez donc sur sa personne la plénitude de vos lumières et de vos grâces. Répamlez-là sur toutes ces illustres têtes qui l'accompagnent m : sur ce prince, le fondement de toutes les espérances de sa maison, IMiéritier, fiar avance, de son courage et de toutes ses héroïques qualités, de sa hardiesse à entreprendre de grandes choses, de son acti\ité à les poursuivre, de sa valeur à les exécuter; des rares talents de son esprit, de la délicatesse et de la finesse de son discernement, de sa pénétration dans les affaires, de son génie sublime pour tout ce qu'il y a dans les sciences de plus curieux et de plus recherché : sur cette princesse selon son cœur, l'exemple de toutes les vertus, et l'idée de tous les devoirs que la cour révère, et qui ne s'y fait voir que pour l'édifier : sur ce petit-fils, sa consolation et sa joie, déjà le miracle de son âge, et bientôt la copie vivante de son père et de son aïeul : sur cette jeune princesse, dont le mérite répond si bien à la naissance, et pour laquelle le monde n'a rien de trop grand, si le ciel lui donne une alliance digne d'elle : sur ces deux princes, que la mémoire de leur père nous rend si chers, et que leur propre gloire, qui croît tous les jours, BOUS fait regarder comme ces nouveaux astres qci portent leur nom *, et qui brillant près du soleil, auquel ils semblent comme attachés, et dont ils suivent le mouvement, marquent heureusement leur destinée : sur cette digne épouse du premier, en qui la nature a préparé un si beau fonds à tous les dons de la grâce, et qui a tous les avantages aussi bien que les engagements pour donner à la piété du crédit et du lustre par son exemple.

* Etûiles noUTellement découvertes, et appelées dans ie globe céleste Astre de Bourbon , qui sont tout proche du soleil et qui ne •n âoignsDt jasiais. Striomia tyitra,

Remplissez-les tous, 6 mon Dieu, de cet esprit de religion dont je viens de leur proposer un modèle si propre à les toucher, et si capable de les convaincre. Faites qu'ils en soient pénétrés ; et à toutes les grandeurs qu'ils possèdent selon le monde, ajoutez-y celle d'en faire dea princes prédestinés, puisque hors de là tontes leurs grandeurs ne sont que vanités et que néant. Pour nous, mes chers auditeurs, profitant de ce discours, et nous attachant à la règle de saint Paul, que le prince de Condé pratiqua si parfaitement, honorons notre religion. Ne nous contentons pas de l'aimer, ni d'être même zélés pour elle : honorons-la par la conduite de notre vie, et souvenons-nous que l'un des grands désordres que nous devons craindre est celui de la scandaliser. Quid enim podest, disait un Père de l'Eglise, si quis catJwUce credat, et gentUiter vivat ? Que sert-il d'avoir une créance catholique, et de mener une vie païenne ? Et moi je dis : Que sert-il de faire profession d'une vie chrétienne, et de manquer aux devoirs solides dans lesquels elle doit consister ! Car voilà, mes Frères, ajoute ce saint docteur, ce qui scandalise et ce qui déshonore en nous la religion. On se pique d'être chrétien» et on n'est rien de tout ce qu'on doit être dans sa condition : c'est-à-dire, on se pique d'être chrétien, et on n'est ni bon père, ni bon maître, ni bon magistral, ni bon juge ; comme si tout cela pouvait être séparé du chrétien, et que le chrétien fût quelque chose d'indépendant de tout cela. On est catholique de culte, et l'on n'est ni fidèle, ni équitable, ni soumis à qui on le doit , ni complaisant à qui Dieu l'ordonne. Voilà, dis-je, ce qui décrie la religion. Préservons-nous de cet abus. Comme la vraie religion nous sanctifie devant Dieu, glorifions-la devant les hommes. Une vie remplie de nos devoirs est l'unique moyen d'y parvenir. Soyons tels que l'Apôtre nous voulait, c'est-à-dire des hommes irrépréhensibles, et capables par notre conduite deconfoudre l'impiété; et soyons tels que le monde même nous veut, et qu'il exige que nous soyons, pour être exempts de sa censure. Il faut, pour l'un et pour l'autre, commencer par les véritables devoirs les accomplir tous, n'en omettre aucun, nous" en faire une dévotion, et régler par-là tout le reste. Nous faire une dévotion, et régler par là tout le reste. Nous faire une dévotion de nos devoirs, voilà, chrétiens qui m'écoutez, ce que l'impiété même respectera dans nous, ce qui fera honneur à notre foi, ce qui ne sera point soupçonné d'hypocrisie, ce qui n'aura rien d'équivoque pour donner

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