SUR LA NATIVITÉ DE JI':SUS-GF1H1ST
monde par leuf MinJitioB : mais tout à coup, à la vue de ce signe de la crèche, ces ignorants sont éclairas et remplis ae science de Dieu; ces luuvrascornn^neeat i '^ûina^lre le prix la leur iiijvreté eti l'aimer ; ces hommes, si vils et siméfiiisaMe selon le moiuie, deviennent les premiers apôtres de Jésus-Clirist, et l'annoncent de toutes parts. C'est ce même signe qui, dan» la suite des temps, a encore formé au milieu de i'Eglise tant de saints pauvres ; et voilà ce qui doit consoler lej oetit» et faire trembler les grands.
2° Dans les mages. Car si l'exemple des pasteurs doit faire trembler les grands, l'exomple des mages les doiliassurer. C'étaient des grands du monde, des sages du monde, des riches lu mon le : miis, parla vertu de ce signe, ces grands s'a|jais?fiit devant Jésus-Christ ; ces sages se soumettent à la sim;diclté de la foi ; ces riches se détachent de leurs richesses, et se loni au uuilis pauvies de cœur. Changement d'autant plus miraculeux, que la grandeur du siècle est plus opposée à l'humilité cbrélîenne, la sagesse du siècle à la docilité chrrlienne, et les richesses du siècle à la pauvreté chétienne. Voilà ce qu a pu opérer le signe de la crèche, et ce qu'il doit encore opérer dans chacun de nous, si nous voulons que ce soit pour nous un signe de saint.
Compliment au rm.
Et ' oc voJfis signum : invenietis infantem pannisinvolulumf ftpc lUum in prmepio.
Voici la marque à quoi vous connaîtrez le Sauveur qui vous est Pdé : c'^t que vous trouverez un enfant emmaillotté et couciié dans «ae crèche. {Luc, ebap. ii, 12.)
SlRE,
Est-il donc vrai que le Dieu destiné pour nous sauver, que le Médiateur des hommes, que le Fil: unique du Père, faisant son entrée dans le monde, y di!it être reconnu par des langes et par une crèclie? Est-il vrai que ce devaient être là les marques de sa venuC; et que ce Messie, dont les proplièles avaient si inagnifiquement parlé, que ce Messie envoyé de Dieu pour un si /mporlant dessein, ne devait être distingué dans sa naissance que par riuimilité et la pauvreté ? Voilà, mes frères, dit saint Augustin, ce qui a causé le scandale desjuits. Ils attendaient un Sauveur; mais ils supposaient que ce Sauveur viendrait dans l'éclat de la majesté ; qu'il serait riclic, puissant, heureux ; qu'il rétablirait visiblement sur la terre le royaume d Israël, qu'il combleiait ses sujets de biens (t de prospérités. Piéveniis qu'ils étaient de cet espérances, on leur a annoncé que ce Sauveur était né dans l'obsciirilé d'une élalde, et c'est ce qui les a non-seulement lioublés, mais choqués, mais révoltés. Ce .«caudale a passé jusque dans le christianisme: l'enfance et la Ci èche d'un Dieu, voilà par où a commencé paiini les chrétiens l'infidélité de l'hérésie. Otez-moi, disait, au rapport de Tei tullien, l'impie Marcion, ôlez-moi, ces langes honteux et cette cicche indigne du Dieu que j'adore: Aufer a nobis pannus et dura prœsepia. Ainsi parlait cet hérésiarque, si injustement et si faussement préoccupé contre les bassesses apparentes de Jésu'- -Christ naissant. Or, ce qui a scandalisé les juils, ce qui a servi de fond à l'erreur des premiers hérétiques, c'est ce qui nous trouble encore aujourd'liui. Car c'est là le signe que notre orgueil combat iulérieureinenL, le signe qui blesse noiie amour-propre et contre lequel il s'élève, le signe que notre raison même a bien de la peine à ne pas condamner ; en un mot, le signe qui devait être, selon le Prophète, et qui
sera toujours pour le monde un sujet de contradiction : Siqiium cui contradicetur '. Cependant, chrétiens, c'est à ce signe qu'est atlaciié noire salut, et c'est de là que dépendent les fruits ae grâce que nous devons retirer de ce mvslore. Il est donc de mon devoir de justifier, si j"ose parler de la so» te, ce signe adorable ; et c'est ce que je vais faire, après que nous aurons rendu à Marie l'hommage ordinaire. Ave, Maria.
Dieu, parlant au roi d'Israël, lui ait: Demandez au Seigneur votre Dieu qu'il vous fasse voir un signe de sa toute-puissance: Pete tibi signum a Domino Deo tuo 2; et sur le relus que fit Achaz de demander ce signe à Dieu, parce qu'il ne voulait pas tenter le Seigneur, le Soigneur luimême lui donna, sans qu'il le voulût, un signe qu'il ne demandait pas: Prvpter hoc dcdiil Domi' nus ipse vobis sitiuum 3. C'est ainsi, chrétiens, que Dieu dans ce mystère en use à notre égard. Pour nous faire entendre que le Messie est né, il nous donne un signe, mais un signe que nous ne demandions pas, un signe que nous n'attendions pas, un signe auquel nous ne pensions pas; je dis plus, un signe que nous ne vou. lions pas et contre lequel il prévoyait bien que le monde se révolterait. Cependant, c'est luimême qui nous le donne, lui-même qui le choisit pour nous: Propler hoc dubit Doini nus ipse vobii signum. Et il est question de savoir si nous avons droit de le rejeter, et si le choi.\ qu'a fait Dieu ae ce signe doit trouver tant de conlradiclion aans nos esprils. Or je prétends que jamais contra diction n'a été plus mal fondée : pourquoi? Parce que jamais signe n'a été plus raisonnable, plus saint, plus divin, ni pai' conséquent plus digne et du choix de Dieu, et de l'approbation des hommes, que celui de la pauvreté et de l'humilité O.e Jésus-Clirist. Ecoutez-en la preuve, qui va faire le partage de ce discours. Le signe que l'ange donne aux pasteurs, en leur annonçant la naissance de Jésus-Christ, est le signe du Dieu Sauveur : Natus est vobis hodie Salvator... et hoc vobis signum^; 11 nous est né un Sauveur, et
' Luc, 1,3*. — • I<,a„ vu. 11. — ' Ibid., U, — ' Luc, U,U J?,
SU!' r.A M'vTIVITS "^r "'^'^T"^r;Ti'-t';'j'
voici 1.1 iniirquc à quoi vous pourrez le rcconnaî(r(\ C'est donc par rapport à l'office de Sauteur que nous devons considérer ce signe. D'où je conclus d'abord que c'est de tous les signes qu Dii'ii ;i!t. jamais donnés aux hommes le plus adiniiahle: pourquoi? parce que c'eslle pignele plus 'laïuiel, et eu même leuips le plus efficace qu' Uieu aitjamais cuij>loyé pour découvrir aux hommes les richesses de sa grâce, et pour leur faire >cnlir les effets de sa niiséricoi'de. Deux qualilés qui distinguent ce signe, signe le plus nalurd.et signe le plus efficace: le plus naturel c'csi-à-dire le plus propre à marquer et h hien faire counailre la chose qu'il sigiiifie; le plus efticace, c'esl-à-dire le plus propre à opérer même ce qu'il signifie. Non, chrétiens, Dieu avec toute sa sagesse ne pouvait aujourd'hui nous donner un signe, ni plus nalurel, puisqu'il nous marque parfaitement ijue le Sauveur est né, et pouniuoi il est né, première partie; ni pluseflîcace, puisqu'il commence déjà à produire dans lesespi it< et dans les cœurs les merveilleux effets pour lesquels le Sauveur est né , seconde partie. Conformité de ce signe avec la qualité de Sauveur, vertu de ce signe dans les miracles qu'il a oiiérés dès la naissance du Sauveur : c'est tout mon dessein.