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OSATELRS SACRES. BOL'RDALOIE.
oui, dnns le mouvement de son indignation, il avilit dit : 0 generatio increclula, /jiiaindiii vos paliar {Marc, IX) ? Car c'est ainsi que riîvangilc nous les dépeint; et tel était même, après la résurrection du Fils de Dieu, la disposition où ils se trouvaient encore; puisque Jesus-Christ, en se séparant d'eux et montant au ciel, leur reprocha leur incrédulité, et la dureté de leurs cœurs. Sont -ce là des sujets capables de profitera l'école du Saint- Esprit, et d'y être admis? Oui , répond saint Clirysostonie, ce sont là les sujets que le Saint-Esprit choisit pour en faire ses disciples. S'ils étaient mieux disposés, ils ne lui .seraient pas si propres. S ils étaient plus .•spirituels et plus raisonnables, il ne tirerait pas de leur conversion toute la gloire qu'il en veut tirer : il lui en faut de ce caractère pour montrer ce qu'il est et ce qu'il peut. Jésus-Christ vient de les quHter, en leur reprochant le déplorable état où il les laissait. Voilà justement le fonds que cherchait l'esprit de vérité pour fiire éclater sa puissance. De ces incrédules, il fait les appuis de la foi ; et de ces ignorants, les docteurs de toutes les nations, afin qu'il n'y ait personne sur la terre qui ne puisse prétendre à la qualité de disciple du Saint-Esprit, et dont le Saint-Esprit ne puisse être le maître. Car, s'il l'aélédesapôtres.dequinelesera-t-ilpas?
Vousme demandez jusqu'à quel point il les persuade : jusqu'àles résoudre à mourir pour la confession des vérités qu'il leur enseigne jusqu'à les préparer au martyre et à leur eu inspirer des désirsanlenls; car c'est pourc>la que CCS disciples de la vériié reçurent la plénitude de l'esprit. Or, en matière de persuasion, l'esprit même di' Dieu ne peut pas allerplusIoin.Si Platon, dit saint Chryjoslome, eût eu la présomption d'exiger de ses sectateurs ce témoignage de la créance qu'ils avaient en lui , s'il avait voulu qu'ils soutinssent sa doctrine jusqu'à l'eflusion de leur sang, bien loin de s'altaclier à lui, ils en auraient conçu du mépris : pourquoi ? parce qu'il ne les persuadait qu'en homme, et qu'en effet la persuasion qui vient de l'Immme ne va pas à beaucoup près jusque là. Tirez donc celle conséquence, et raisonnez de la sorle : Le Saint-Esprit révélant aux disciples du Sauveur les vérités cvangéliques, leur révèle en même temps que la foi de ces vérités sera pour eux un engagement au martyre ; que, pour croire et pour soulcrir ces vérités, il leur en coûtera d'être maltraités, accablés, sacrifiés comme des victimes ; et il les persuade à cette condition ; maniue visible et incontestable que c'est l'esprit de Dieu.
Au reste, chrétiens, ne pensez pas que tout ceci ne se soit accompli qu'une fois, ou ne l'ait été que dans la pi>rsonne de ces premiers disciples ; car saint Luc , en termes exprès , nousassure quele miracle dontje parle se renouvelait tous les jours dans l'Eglise naissante, que le Saint-Esprit descendait sur les fidèles, tantôt quand on leur conférait le saint baptême, tantôt quand on leur imposait les mains, tantôt quand ou leur annonçait lajia-
role du salut ; et ([ue par là on voyait grossir de jour en jour le nombre des croyants , c'est-à-dire, le nombre de ceux qui étaient persuadés comme l'avaient été les apôlres : Augebatur credenlium in Domino mulliludo [Ad., V) : or, ce qui arrivait alors avec ces signes éclatantsque saint Luc rapporte, c'est, malgré la perversité du siècle, ce qui arrive encore aujourd'hui , quoique d'une manière plus simple; c'est ce que nous avons vu nousminnes plus d'une fois, et ce que nous avons admiré, lorsque des esprits libertins et obstinés dans leur libertinage ; que des mondains, des impies , des incrédules qui vivaient au milieu de nous, touchés de cet esprit de vérité, ont renoncé à leur impiété, se sont soumis au joug de la religion, ont commencé à connaître Dieu et à le glorifier; car ainsi le monde est-il devenu chrétien; ainsi des ténèbres de l'infidélité, s'est-il converti à la lumière pure de la foi ; et ainsi l'esprit de Dieu, selon la parole de Dieu même , a-t-il rempli tout l'univers : Spiritus Domini replevil orbein tcrrnrum (Sap., V).
.Mais ((u'a fait le démon, ce prince des ténèbres, ennemi des œuvres de Dieu cl jaloux de sa gloire? pour combattre ce miracle , il s'est elTorcé, et il a même trouvé le moyen de pervertir l'univers par un esprit tout contraire à l'esprit de vérité ; je veux dire par l'esprit du monde, qui, se communiquant et se répandant, a défiguré toute la face de la terre, que l'esprit de Dieu avait saintement et heureusement renouvelée : je m'explique; car voici, mes chers auditeurs, le désordrede notre siècle que nous ne pouvons assez déplorer. Tout l'univers est aujourd'hui rempli de l'esprit du monde, et on peut dire que l'esprit du monde est comme l'esprit dominant qui conduit tout. En effet, c'est l'esprit du monde que Ion consulte dans les affaires, c'est l'esprit du nio:'.de qui règne dans les conversations , c'est l'esprit du monde qui fait les liaisons et les sociétés, c'est l'esprit du monde qui règle les usages et les coutumes. On juge selon l'esprit du monde, on parle selon l'esprit du monde, on agit et on se gouverne selon l'esprit du monde ; Icdirai-jc ? on voudrait même servir Dieu selon l'esprit du monde et accommoder sa religion à l'esprit du monde. Et parce que l'esprit du monde est un esprit de mensonge, un esprit d'erreur, un esprit d'imposlure et d'hypocrisie, par une conséquence nécessaire, et que l'expérience même ne nous fait que trop sentir, de là vient qu'il n'y a rien dans le monde que de faux et d'apparent. Faux plaisirs, faux honneurs, fausses joies, fausses prospérités, fausses promesses, fausses louanges : voilà pour les biens extérieurs; fausses vertus, fausse prudence, fausse modération, f.iusse justice, fausse générosité, fausse probité : voilà pour les biens de l'esprit; mais ce qui est bien plus indigne, fausses conversions, fausses dévolions, fausses humilités, fausses pénitences, faux zèles pour Dieu, et fausses cliarilés pour le prochain : voilà pour ce qui regarde le salut. De là vient que les hommes du monde, pleins de cet esprit, semblent n'avoir poiut d'autre élude que
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SIYSTEIIES. SEKMON X. rOlT. I.V FKTi: DE LA l'ENlT-COTE.
irimposer aux nuires cl do se tromper eiixinèiiies , que de cacher ce qu'ils sunl el de montrer ce qu'ils ne sont pas; de là vient que, selon l'Apôlrc, le monde est une scène où tout se passe en figures, où il n'y a rien de solide ni de réel, où la (laiterie est eu crédit, où la sincérité est oïlieuse, où la passion soutenue de la ruse et de l'arlifice, parle hardiment, où la vérilé simple el modeste est captive et dans le silence. Pernicieux esprit, qui , à mesure qu'il s'empare du monde, y l'ait éclipser les plus vives lumières, nonseulement du christianisme el de la religion, mais de la droile raison. Cependant je le ré- I èle, c'est cet espril du monde qui s'insinue et qui s'introduit partout. On ne se conlente jias de l'avoir pour soi : on le communique, on travaille à le répandre. Un ])ère l'inspire à ses enfanis, il leur en fa il des leçons, il leur en donne des règles; il les élève selon cet esprit, il les avance selon cet esprit, cl en les conduisant selon cet esprit, il se damne avec eux selon cet esprit. (]e n'est pas seulement dans les palais des grands que cet esprit du monde exerce un souverain eenpirc , c'est dans les conditions particulières , c'est parmi le peuple : le dirai-je'.' c'est jusque dans les plus saints étals, jusciuc dans l'Eglise et dans le clergé. Car je vois, par exemple, dit saint Bcrnar<l, et je le vois avec douleur, que tout l'empressement et tout le zèle lies ministres de l'Eglise consiste à faire valoir leurs droits, à s'ender de leur dignité, à jouir de leurs revenus et à en abuser : ainsi parlait-il de son temps. On sait bien, ajoulail-il, que ce n'est pas l'esprit de Dieu, mais l'esprit du monde qui leur inspire ce zèle ambitieux et intéressé. Voilà donc l'esprit du monde placé jusque d.ins le sanctuaire. Vous me direz que les religieux même n'en sont pas e\empls, el que dans la profession qu'ils font de renoncer au monde, ils ne laissent pas souvent d'en conserier encore l'esprit : je lésais, cl c'est ce qui me fait trembler, quand je viens à rentrer dans moi-même. Mais si j'en dois Irerulilcr pour moi, quelle sûreté peul-il y avoir pour vous"/ cl si ce mallieureux espril du monde peut aveugler et séduire un humnie séparé du monde, que ne doivent pas craindre ceux qui, parla nécessité de Irur état, si'lrouveiil expusès à tous les dangers el à toutes les trniationsdu monde'? tjuoi qu'il in soit , chrétiens, reprenons ; et, par le miracle qu'a opéré dans les apôtres le Saint-Esprit . reconnaissons ce que nous sommes devant Dieu. A en juger par les effets, cet esprit de vérité, dont je viens de vous faire \oir les merveilles el les prodiges, a-l-il été jusqu'à présent un esprit de vérilé pour nous, et, s'il ne l'a pas été, à quoi devons-nous l'imputer , sinon à l'cndurcissenienl et à la dépravation de nos cœurs '? Quelque profession que nnus fassions , comme chrétiens, d'clre les disciples de cet esprit de vérité, nous a-l-il réellement persuadé les véiités du christianisme"/ nous les a-l-il fait goi'.ter"? nous a-t-ll mis dans la disj)Osilion sincère et elficaec de les praliciuer "? Nous adoruns en sjéi u'alion ces vérités , u;ais y
conformons-nous notre conduiTe? nous en parlons peul-élre éloquemmeiit , mais nos mœurs y répondent-elles '? nous en faisons aux autres des leçons, mais eu sommesnous bien convaincus nous-mêmes'? croyons nous, d'une foi hien vive, qu'il faut, pour être chrétiens, non - seulement porter sa croix, mais s'en faire un sujet de gloire ; qu'il faut, pour suivre Jésus-Christ, renoncer intérieurement, non - seulement à tout, mais à soi-même; qu'il faut, pour lui appartenir, non-seulement ne pas llatler sa chair, mais la crucifier; qu'il faut, pour trouver gràre devant Dieu , non-seulement oublier l'injure reçue, u)ais rendre le bien pour le mal '.' Croyons-no^is , sans liésiler, tous ces points de la morale évangélique, et pouvons-nous nous rendre lémoignage que nous les croyons aussi solidement de cœur, que nous les confessons de bouche"? Les apôtres, au moment qu'ils reçurent le Saint-Esprit , furent prêts à mourir pour ces vérités; sommes-nous prêts, je ne dis pas à mourir nousmêmes, mais à faire mourir nos désirs déréglés et nos passions? suivant cette règle, y a-l-il lieu de croire i\uc l'esprit de vérité nous a dé!ronq)é de mille erreurs qui causent tous les desordres du monde; (ju'il nous a désabusés de je ne sais combien de fausses maximes (]ui nous pervertissent; qu'il nous a dessillé les yeux sur certains chefs où nous nous formons des consciences qui sont autant de sources de damnation? s'il n'a rien l'ail en nous de tout cela, quelles preuves avons-nous que nous l'ayons reçu ; el , si nous ne l'avons pas reçu, à qui nous en devons-nous prendre, encore une fois, qu'à nous-mêmes ■? Peut-être, pour excuser l'aveuglement criminel où nous vivons, osonsnous dire que ce sont les lumières du Sainl- Es|)ril qui nous maiu]uent, et rejeter sur lui l'iniquité de nos erreurs. Mais, comme esprit de vérité , il a bien su nous ôlcr ce vain piétexle, et nous convaincre, par les reproches qu'il nous fait si souvcnl dans l'Ecriture, (|ue nos erreurs viennent uniquement de nos résistances à ses lumières; que si nous sommes toujours aveugles, c'est que, toujours incirconcis de cœur, toujours indociles et opiniâtres, nous ne voulons pas l'écouler, et qu'au mépris de ses inspirations , nous ne suivons |ioint d'autre guide que l'esprit séducteur du monde, qui nous corrompt el qui nous perd : Dui-u en vice et incircumcisis cordibus, vos scmper Spiritiii sancto resislitis. Au lieu que nous voudrions rendre le Saint-Esprit lui-même responsable de notre aveuglement , par le refus qu'il ferait de nous éclairer, comme esprit de mérité, il nous fait convenir malgré nous que la cause de notre aveuglement, c'est que nous ne pouvons supporter la vérité qui nous reprend, el que nous abusons par orgueil de celle qui nous Halte : Dura ccriiec et incircumcisis cordibus, vos seinper Spirilui sancto resislitis. Ah I mes chers auditeurs, no faisons pas cet outrage à l'esprit de grâce, (le vouloir nous justifier aux dépens de la tiiâc: même. Préservez-nous de ce désordre,
Il il.
ORATEURS SACRES. liOL'RDALOlE.
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A ilivin Rsprill et pour cela, faitos-noiis conii.illre vos voies. Kiiscism'z-ii"»'* »f '1'"^ vous «iiscijîiiiilt's aux apAlros. Faites que nous «•omiiienrioiis L'ii(ii);'i èlre vraiiiiciil vosiliscljiles ; el soyiz pour nous, iion-seulenienl un e>;pril de >éiilé, mais uu esprit tle saiiUelé : c'est la seconde partie.
SECONDE PARTIE
Comme nieu est absolument et souverainemi'iit saint, parce qu'il est saint par liiini(''me, aussi l'ispril de Dieu, ])ar une [>ropriélé, même personnelle, est-il ajipelé dans rEcriture, non - seulement l'Esprit -Saint , mais l'esprit sanctificateur, c'est-à-dire, source et principe de sainteté dans t^ms les objets à qui il se communique. Ce n'est donc pas sans raison que le Sauveur du monde, sur le point de monter au ciel , et p.irlant du Saint-Esprit qu'il devait envoyer sur la terre, se servit d'une expression bien mystérieuse en apparence, quand il dit à ses disciples : Que ce divin esprit leur tiendrait lieu d'un second baptême, el qu'au inOMienl (jue ses promesses s'accompliraient en eux, ce «lui devait arriver peu de jouis après, ils seraient baptisés dans le S linl-Esprit : i'os nulem bnpiizithiimni Spirilii xaiirlo, non pust vutllos hos (lies (Acl.,l). Car l'effet propre du baptême est de purifier et de sanctifier; et le Saint-Esprit étant particulièrement descendu pour purifier les cœurs des hommes , quelque mystérieuse que paraisse cette expression , elle ne laissait pas d'être, dans l'intention de Jésus-Clirist , très- naturelle. .Mais il est maintenant question d'en bien pénétrer le sens; et, puisque ce baptême; du Siint-Esprit a été généralement promis à tous les fidèles, il s'agit , pour vous et pour moi, d'en reconnaître l'excellence d'une part, et de l'autre les obligations. Deux jioinls d'instruction dont vous allez comprendre la conséquenie , et que je vous prie de uoublier jamais.
Il est donc vrai que le Saint-Esprit descendant sur les apôtres , fut comme un baptême solennel, dont chacun d'eux sentit l'impression salutaire; et c'est ce qui a fait dire à Terlullien que ces bienheureux disciples furent alors comme inondés de l'esprit de Dieu : Spirilu Dei intindatos {Terl.). Parole emphatique, mais qui dans le fond se réduit littéralement à la promesse du Sauveur: Vos aulem baptizabimxni Spiritasanclo ; puisque dans l'usage des premiers siècles du christianisme on baptisait par immersion, qui était une espèce d'inomlalion. Or, qu'est-ce que d'être baptisé dans le Saint-E-.prit, sinon acquérir, en recevant le Saint-Esprit, une pureté toute céleste et toute divine? Je sais , chrétiens, que les apAlrcs, dès leur vocation à l'apostol.it , avaient été baptisés par Jésus- Christ ; et je sais que, par la vertu de ce premier baptême , ils étaient déjà purs devant Dieu, selon te témoignage de Jésus-Christ même : £■; vos mundi estis [Joan., Xlll ). Mais aussi vous n'ignorez pas que ce premier baptême, confère aux apôtres, av;iii été le baptême de l'eau; au lieu ((ue le seconde dont le Saint-Espi il, ]iar son incITiiblu
mission et par sa présence immédiate, Ichi im|irima le caractère, fut. d'une façon toute particulière, le ba|)tènie du IVu ; différence que le saint précurseur avait annoncée, en parlant aux Juifs du Messie, en leur disant : Ipse vos bnptiznhil in Spiritu sancto, et igin [MdUh., 111) : C'est lui qui vous baptisera dans le Saint-Esprit et dans le feu ; différence qui se vérifia pleinement, lorsque le Saint-Esprit, en forme de langues de feu, se partagea el s'arrêta sur chacun des disciples : El (ipparucnml illis dispcriilœ linfjuœ tun^ (junin ii/nis . scdilf/tie supra sinoulos corum {.\cl., 11). Pour(!Uoi ce symbole du feu? pour mar(iuer, dit saint (^lirysostome , que, comme le feu a une vertu infiniment plus agissante, plus pénétrante el plus puissante que l'eau; aussi, par la venue du Saint-Esprit, les cœurs des hommes devaient être purifiés d'une manièrj bien plus parfaite qu'ils ne l'avaient été par le premier baptême de Jésus-Christ, l'ài effet, après le baptême de Jésus-(^hrisl, les apôtres, tout sanctifiés et tout regénérés qu'ils avaient été par ce sacrement, ne laissaient pas d'être encore trèsimparfaits. Selon le rapport que nous en f.iil l'Evangile, quoicjue baptisés par Jésus- Christ, ils étaient encore ambitieux, intéressés , jaloux; on voyait encore parmi eux des dissensions, et ils tombaient dans des faiblesses dont celle grâce, quoique sanctifiante,du baptême du Fils de Dieu, ne les avait pas enliwrement préservés. Mais à peine outils reçu II' Saint-Esprit, qu'ils deviennent des hommes lout spirituels, des hommes détachés du monde, des hommes au-dessus de tout intérêt , des hommes , non-seulement saints , mais d'une sainteté consommée, des hommes plein de Dieu et vides d'eux-mêmes, en un mot, des hommes parfaits et irrépréhensibles. Ils ne sont plus, dit saint Chrysostome, cet or do la terre, grossier et informe. Ici que la terre le produit, mais cet or purifié et éprouvé, qui a passé par le (eu: Itjne examiniilitm, probalum tcriœ , puranlum seplu~ plum (Ps. XI). Or, le feu par ou ils ont passé , c'est, ajoute saint Paul, notre Dieu luimême : non plus notre Dieu irrité, cl faisant éclater comme autrefois le feu de sa colère sur les pécheurs ; mais le Saint-Esprit répandant avec profusion sis dons cl ses grâces , et consumant par le feu de son amour tout ce qu'il y a dans ses élus d'impur et de terrestre : ûcus enim nostcr ignis consumcns est {llebr., XII).
Nouiez -vous savoir, ciiréliens , jusqu'à quid degré de perfection et de pureté alla Cl- baptême de feu? Ne vous scandalisez pas de ce que je vais dire, puisque c'est une vérité des plus constantes de la foi. Peut-être croyez-vous que ce baptême se termina, dans les apôtres, à leur ôter certains restes de leurs premières attaches ou au monde , ou à eux-mêmes : vous vous trompez; j'ai quelque chose encore de plus important à vous déclarer. El quoi ? le voici. Car la pcrtcrtion de ce baptême de feu alla jusqu'à purifier leurs cœurs d'un certain genre d'attache qu'ils avaient eue et qu'ils conservaient
WVSIKIIK.?. Sr.UMO.N \. l'Ol R l.\ ÏMi'.