‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 109 sur 132 · MYSTF.RE>. SERMON XIV. SLR L'ANNONCIATION DE I.A VIERGE · texte numérisé non relu

MYSTF.RE>. SERMON XIV. SLR L'ANNONCIATION DE I.A VIERGE

r.iit du Dieu cl la grâ( c de leur conversion . p.ir le souvenir efficice du danger qu'ils ont couru : L't bcneficiuin Dei, salutim suam scilicet, memoriapericnli honorant {Tertull.). Faisons encore plus:conMne Marie, nenous contentons pas d'honorer la grâre en la conservant, mais lionorons-la en lui laissant toute son aclion ; honorons - la en lui faisant |irendre lous les jours de nouveaux accroissements , et en lui disposant pour cela nos cœurs.

C'est dans cette sainte résolution , ô glorieuse Mt^re de mon Dieu ! que nous vous présentoi s nos va-ux ; et que, touché d'un zèle partie ulier comme prédicateur de l'Evangile , j'ose vous présenter les miens , nonseulement pour attirer sur lous mes auditeurs les effets de votre protection, mais afin que Dieu, (lar votre intercession toute-puissante, sanctifie lauguste mariage qui fait main'enant le sujet de notre joie (1). C'est votre ouvrage, sire, cl par l'intérêt (lue l'Kgiise et la religion , aussi bien que l'Etal, y doivent prendre, le devoir de mon ministère m'oblige ici à vous en féliciter. Le jeune prince ((ue vous élevitz, et que la Providence a destiné pour être, dins la suile des temps , assis sur le troue , formé par vous , était déjà le prodigi' de sou âge cl l'admiration de la cour. Dans la première Heur de ses années, capable de juger de tout, intelligent, savant, pénétrant, plein d'une solide raison , et, ce qui est encore plus, d'une solide religion , aimant le bien, ajanl en horreur l'injustice et l'impiété, né avec des inclinations toutes rojales, éejuitable, humain, généreux , ce prince était déjà parvenu à être, non plus l'espérance , mais la consolalion de Votre Majesté. Il lui fallait une princesse digne de lui : Votre Majesté l'a trouvée. Nous la voyons , et j'ai l'honneur d'être le premier qui, dans le haut rang où elle nous paraît aujourd'hui . lui annonce les vérités (lu salut. Il me suffirait, pour faire en deux mots l'éloge de ci^^tte princesse, dedireciuc Votre Miijeslé l'a préférée à'toutes les princesses de l'Europe ; et que , toute jeune qu'elle est , el!e a su gagner voire estime. Mais il n'est |>as ici question de faire l'éloge de la princes e, il s'agit de rendre grâces à Dieu de nous l'avoir donnée, et de lui faire connaître à elle-même les desseins de Dieu sur elle. Elle nous a apporté la paix, et par là sa I ersoune nous doit êlre chère ; ni.iis nous nous en promettons encore queliiui' chose de plus important. On admire eu elle (les (jualiles qui la rendent parfaite selon le monde; on est charmé de ses manières, de la vivacité de son esprit , de la maturité de son jugement, de celte science du monde si avancée , de ce talent qu'elle a de savoir plaire à qui elle doit plaire ; mais pour moi (jui ne dois avoir égard (ju'à ce qui la rend parfaite selon Dieu, je bénis le ciel de nous avoir donné dans sa personne une [irincesse chrétienne, une princesse qui, insiruite de la

(I) Le P. Bourdalijuc lit ce coiii) linKiil ail roi ili'iix jeur! H'iè:) id niiiiagrf de Mgr. leiluc ilc Bourg.igiie.

religion qu'elle professe , fera son capital da ia pratiquer ; qui , occupée de ses devoirs, n'aura rien, sire, plus à cceur que de seconder le zèle (le Votre Majesté, que de se conformer en toutes choses à si's intentions , que de mériter les bonnes grâci'S de monseigneur, que d'édifier le prince son époux, que de servir de modèle à toutes les princesses de la cour, que de leur inspirer, jiar sa conduite , l'amour de la vraie piélé, que de leur en donner le goût ; une princesse qui , s'élevant au-dessus de la vanité, emploiera le discernement et les lumières dont Dieu l'a pourvue , à démêler la vérilé d'avec le mensonge, à éloigner de soi la flatterie, à se préserver de l'erreur, à ne pas donner dans le piège des passions d'autrui, a être en garde contre l'intrigue, à ne se pas laisser séduire par la médisance , à bannir le libertinage de sa maison , à en exterminer le viie , à y maintenir la probité , à y faire craindre et honorer Dieu ; uue princesse dont bientôt les exemples seront plus puissants (juc toutes mes paroles pour éiablir dans celle cour le règne des vertus ; et qui, marchant sur les pas de ces grandes reines et do ces vertueuses princesses dont la mémoire toute récente est encore parmi nous en bénédiction , sera comme elles la protectrice déclarée des intérêts de Dieu , la mère des pauvres , le refuge et l'asile des malheureux. \'oilà, plus que son rang, ce qui me la reiul vénérable, et ce qui me fait dire comme le serviteur d'Abraham, lorsque, voyant pour la première fois l'épouse du fils de son maître, il s'écria dans un transport d'admiration et d'action de grâces : Ipsa est mulier, r/nnm prœparavit Dominits filio dotnini mei [Gcncs., XXIV) : Oui , la voici , celle que Dieu , par son aimable providence, a choisie pour être l'épouse du fils de mon seigneur: FiHo Domini mei. Ces paroles d'Eliczer furent une espèce de prédiction , qui s'accomplit dans la suile par l'abondance des grâces que Dieu répandit sur la maison d'Abraham et sur le mariage d'Isaac. Faites , ô mon Dieu ! que ces mêmes paroles, appliquées à notre invincible monarque cl à son auguste famille, siiienl suivies des mêmes effets ; et, puisque vous êtes l'auteur de cette glorieuse alliance qui vient de melirele comble à notre bonheur, versez sur les deux royales personnes qu'elle a unies d'un lien si sacré, vos plus singulières faveurs, non-seulement parles prospérités lemporelles dont ils mérilent d'êlrc comblés, mais encore plus abondamment par les grâces du salut, qui seront pour l'un et pour l'autre le principe d'une éternité bienheureuse, que je leur souhaite, au nom du Père, etc.

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