MYSTERES. SERMON W. SUR L'ANNONCIATION
luiun, co quotl castilalem amnveris {Judi(h, XV ) : Parce que vous élicz pure dans un ticgré de perfeclion qui surpassait niéine la pureté des anjïes, vous avez eu la force dal tirer du ciel le Verbe divin, et de l'incorporer à notre chair. Ideo «i.s- bcncdicln in œternum ( Ibid. ) : C'est pour cela que nous nous liuniilions devant vous, pour cela que nous vous donnons le tribut de louanges qui vous est dû, pour cela que nous vous bénissons, el que tous les siècles après nous vous béniront. Mais, d'autre part, n'prenons, chrétiens, el ajoutons ce que le sage et zélé Mardocliée dit à la reine Ksther, lorsque, pour l'exciter à prendre la défense des Juifs, menacés d'une ruine prochaine, il lui remontra que si Dieu l'avait élevée sur le trône, c'était plus pour sa nation que pour ellc-ménic : L'tquis novil, titrum idcirco ud regnum vc- 7ieris, ut in tali tempore pm-aieris ( Lsther., IV)? Non, ô glorieuse Mère de Dieu I nous ne craindrons point de le dire, car nous le savons, que si le Seigneur vous a distinguée entre toutes les femmes; que s'il vous a lionorée de la plus éclatante dignité, c'est pour no'js : el \oilà ce qui, dans tous les élats de la vie, dans toutes les conjonctures et tous les lemps, nous fera recourir à vous avec confiance. Nous vousexposcroiis nos besoins, nous implorerons votre iiiterci ssion, et vous écouterez nos voeux, et vous les présenterez à votre Fils, cl vous y joindrez les vôtres, el vous ferez descendre sur nous toutes les grâc?s divines.
N'en douions point, mes chers auditeurs; cl, puisque nous avons une telle ressource auprès de Dieu, apprenons à en profiter. On vous prêche sans cesse d.ins la chaire la sévérité des jugements de Dieu , on vous dit tout ce qui peut vous intimider el vous effrayer; ce sentiment est bon, et je dois travailler moi même à vous imprimer profondément dans l'âme une crainle chrétienne et salutaire ; mais, de s"en tenir là ; de ne vous faire entendre que les menaces du Seigneur; de ne vous faire voir que les dillicullés el les obstacles qui se rencontrent dans la voie du salut; de ne vous la représenter, celte voie, que comme un chemin semé d'épines et presque impraticable, c'est un ex(ès qui ne corrige rien el qui ne va qu'à décourager et i désespérer. Je dois donc, en vous faisant craindre, vous faire espérer; en réprimant votre présomption , soutenir votre confiance; je dois vous faire connaître les moyens que la miséricorde di\ine vous a fournis, et les secours qu'elle vous a ménagés ; je dois vous consoler, vous animer, vous fortifier. Or, s'il y a un mystère capable de pr(iduire ces heureux effets, n'est-ce pas celui-ci"? pourquoi? non-seulement parce que c'est le mystère d'un Dieu fait homme, inais d'une vierge devenue mère de Dieu ; el, en ()ualilé de mère de Dieu, spécialement engagée à veiller sur les hommes, à s'intéresser pour les hommes, à les aider de tout son pouvoir, el à leur servir d'avocate et d'asile. Vous me direz que celle confiance dans la jfruiccliou de Marie iteut autoriser nos dé-
sordres, et diminuer en nous le zèle de 'a [lénitenre : mais je réponds, moi, (jne si c'est une vraie confiance, bien loin de refroidir ce zèle, elle l'allumera. Faites-en vousmême l'épreuve, et vous le vernz. Vous verrez, dis-je, si, tiévoués à la plus sainte des vierges, vous n'apprendr<'z pas à haïr le péché, si vous ne vous sentirez pas portés à 11' fuir p.ir une exacte vigilance, et à l'ex- |)icr par une sévère pénitence ; si de vives lumières ne vous éclaireront pas, pour vous en faire concevoir l'énormilé; si de solides réflexions ne vous loucheront pas , pour vous en faire craindre les suites affreuses, et ])Oiir vous lis faire éviter; si mille attraits particuliers, mille grâces intérieures ne vous appelleront pas à la sainteté. Car voilà les fruits ordinaires d'une solide cl religieuse confiance dans la protection de la Mère de Dieu. Combien de justes ont été par là maintenus, et onl persévéré ? combien de pécheurs ont été convertis, cl se sont sauvés? Je le ré- ]>èle, combien de justes ont été maintenus et ont persévéré? c'étaient des justes, mais des justes chancelanis dans leur état d'innocence eldejiistice,desjustesassaillis delà tentation, combattus par leurs passions, presque vaincus par le monde, et sur le point de céder enfin el de tomber, si Marie, dans des conjonctures si périlleuses, n'eût été leur soutien ; et comment ? non par elle-même, mais par une grâce victorieuse que son intercession leur a obtenue, el qui les a préservés. Combien de pécheurs onl été convertis , et se sont sauvés? c'étaient des pécheurs, et des pécheurs de longues années, des pécheurs d'habitude; il n'y avait plus, ce semble, de salut pour eux : cl, chargés de dettes, ils commençaient à désespérer de la miséricorde divine. Mais ils se sont souvenus que Marie était la mère des pé(hi urs : ce qu'ils ne croyaient pas pouvoir demander par eusmémes, ils l'ont demandé par elle, et ils onl été exaucés ; dans un heureux moment la grâce les a changés, cl, de pécheurs qu'ils étaient, en a l'ait des saints. Miracles dont ils ont rendu mille témoignages; et c'est à ces exemples qu'il faudrait s'attacher, et non point à d'autres plus rares, dont on voudrait quelquefois lirerdesi injustes conséquences. Car, telle est en effet notre injustice : parce qu'il s'en trouve peut-être quelques-uns qui, consacrés en apparence au service de la Mère de Dieu, n'en mènent pas dans la pratique une vie plus réglée, de ces exemples particuliers, on pense avoir droit de tirer ilcs conséquences générales contre le culte de la Vierge, et l'on ne considère pas que c'a été, cl que c'est tous les jours pour des millions d'autres, un principe de conversion el de sanctification. Ah 1 nies chers auditeurs, dans un siècle où les dangers sont si fréquents, et les besoins si pressants, ne nous privons pas du secours qui nous est offert. De cet autel, si j'ose le dire, el de ce tabernacle où Jésus Christ repose, il fait encore aujourd'hui, par proportion et pour nous, ce qu'il fit sur la croix pour son hien-aimé disciple. Voilà votre mère, lui dil-iU en lui moulraw
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Rîarip : Ecce mulcr liia {Jumi., X ); et , dès cfUe lieurt!, ce disciple que Jésus-Ciirisl aimait, conimenç.i à rc^'arder Marie et à l'honorer coiiinic sa mère : L'a- il la liora, accepit enm (liscipnliis in sua { Jbid. ). C'est ainsi que nous la pouvons regarder nous-mêmes. Heureux qu'elle daigne bien nous recevoir au nombre de ses cnfanis ! Nous reconnaîtrons bientôt que ce nest pas en vain qu'elle porte le lilrc de mère des liommes, si, de notre part, ce n'est p;is en vain que nous portons l;i (]ualilé d'enfants de Marie. Mais achevons ; et voyons comment ce mystère nous élève à la dignité même d'enfants de Dieu : c'est le troisième avantage ([ui nou? revient de l'alliance du Verbe avec la chair, et le sujet de lu dernière partie.
TUOISIEME PARTIE.
C'était une erreur des païens, et une erreur aussi grossière que présomptueuse, de se figurer qu'ils étaient les enfants des dieux, parce qu'ils mettaient en effet au nombre des dieux leurs ancêtres. .Mais celle erreur, quoique grossière, comme remarque saint Au- ;,ustin, ne laissait pas de leur inspirer de I auls sentiiii-iits ; parce qu'il arrivait de là ('lUe, se confiant dans la grandeur ou dans la prétendue divinité de leur origine, ils entreprenaient des choses difficiles et héroïques avec plus de hardiesse; ils les exécutaient avec plus de résolution, et en venaient à bout avec ])lus de bonheur : Et sic aniir.us divivœ slirpis^ Iuluciiiin gcrens, res magnas prœsiimcbal audacius, aijebnt vehcmenlius, el implcbal ipsa fclicilale securius {Aiig.). Ne dirait-on pas que, parmi ces ténèbres du paganistne, il y avait dès lors quelque rayon ou quelque conuiiencemeiit du christianisme; el ne senible-t-il pas (jue la l'rovidencc, qui sai( piolîler du mal même, se servait des erreurs des hommes pour préparer dejti le monde à la vraie religion? Oui, répond excellemment saint Augustin, il était de l'ordre de la préiiestination et du salul de l'homme, (|ue riiomme fût un jour persuadé ((u'il était d'une extraction divine : et voilà pourquoi iJieu, par un elïet de sa grâce toule-puissanle, a voulu que cette persuasion ne fût ni f.iusse ni téméraire. C'était dans les païens une vanité, mais le mystère que nous célébrons nous a fait de cette vanité une sainte et adorable vérité. Ceux-là se flattaient en se donnant une si haute origine, el nous, si nous avons une moindre idée de nous-mêmes, nous nous méconnaissons, nous nous déshonorons, nous nous dégraJons. Car écoulons le disciple bien-aimé;et quoique, dans un autre discours, j'aie déjà employé le même témoignage pour établir la même vérité , souffrez que je le reprenne et que je ïous le propose dans un nouveau jour. Ecoutons, dis-je, le disciple bien-aimé, et, sans rien perdre de l'humilité chrétienne, apprenons de lui à connaître notre véritable noblesse. Voyez, mes frères, nous dit-il, dans sa première épîlre canoniipie, voyez quel amour le Père céleste nous a mar(iné, de vouloir que l'on nous appelle et (jue nous soyons eu cQ'cl eufunls de Dieu ; Vidclc quakm r.la-
ritatem dédit nubis Putir, nt fdii Dci numinemur et siinus [Juan., 111). il est vrai que saint Jean parlait en particulier aux fidèles -.(ni ont cru en Jésus-Christ, et qui l'ont reçu : mais ce qu'il disait en particulier aux fidèles, et ce qui leur convient spécialement, je puis en général, et dans un sens plus étendu, l'appliquer à tous les hommes. Car c'est à tous les hommes, selon ^expr^s^ion de ce bienaimé disciple, que le pou\oir d'être enfants de Dieu a été donné sans différence de mérites, sans distinction de qualités cl de sexe, aux petits aussi bien qu'aux grands, aux pauvres aussi bien qu'aux riches, aux sujets aussi bien qu'aux rois : Dcdit cis polcstulcm filios L'ei ficri IJoan.. I).
Or, je prétends que cette filiation, ainsi établie, esl une suite naturelle de l'incarnation, et le troisième effet de l'alliance du >erbe avec notre chair : Et Verbum caro fuctuinest [Ibid.]. Car le ^'erbe divin n'a pu se revêtir de la chair de l'homme, sans contracter avec les hommes la plus étroite affinité : et, du moment qu'il nous a ainsi unis à lui, en sorte que nous ne faisons plus avec lui qu'un même corps , ce n'est point une usurpation pour nous de dire à Dieu, dans un sens propre et réel, que nous sommes ses cnfanis : Et fdii Dei nominemur el simus {Joan., £11). C'est en ce sens que Clément Alexandrin, pariant du mystère d'un Dieu fait homme, el relevant les a\ antngcs infinis que nous en retirons, s'est servi d'une expression bien forte, lorsqu'il a dit que Dieu se faisant homme, a fait des hommes comme autant de dieux : non pas, après tout, que nous soyons enfants de Dieu dans la mémo perfection que l'Hoinme-Dieu ; il l'est par nature, et nous le sommes par adoption ; mais cette adoption divine ne nous ennoblitelle pas assez? Dieu, tout Dieu qu'il est, pouvait-il nous élever plus haut, et y avait-il pour nousune distinction liliis glorieuse à espérer? Ce n'est ni par le sang, ni par le ministère d'aucun homme, que nous sommes montés à ce point de grandeur : le penser de la sorte, ce ser;;it ne pas connaître, et la bassesse naturelle de l'homme, et l'excellence de la dignilé dont nous avons clé honorés : Non ex sangitinibus, ncque ex volunlule cariiis [Joan., i). Mais toute la gloire de cette naissance .'■piriluelle nous vient de la volonté de Dieu, de la prédestination de Dieu, du choix et de la gi'âce de Dieu. Car, pour m'en tenir toujours à notre mystère, si nous sommes enfants de Dieu, c'est par ce Dieu-Homme, qui dans un même homme a su si bien réunir et allier ensemble sa di\inilé et notre humanilé; Et Verbum caro faclum est. Ainsi, dit saint Chrysostome, le Fils unique de Dieu est devenu (ils de l'homme, afin (]ue les enfants des hommes devinssent enfants de Dieu. J'.t ne demandez |)as, ajoute saint Augustin, comment les hommes ont pu naître de Dieu, puisqu'un Dieu lui-même a pu cl voulu naître des hommes.
Voyez doiic, encore une fois, jusqu'à quel excès s'est portée la charité de votre Dieu . Yidcte ijualcm ehurilalein; mais voicz eiisuilc
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quelles consi-quoncos s'cnsuivciil do l.'i; voyez de sa mnjeslé, el \icii( demeurer nvee nous* le que vous devez à Uieu comme cfilaiits de à un Dieu qui, pour réparer l'injure faite A Dieu, cl ee que vous vous devez à vous- sou Père, se réduil jiisiiu'à la l'orme d'un mêmes: ee que vous devez à Dieu, (lui vous homme, jusqu'à la l'orme d'un ese!ave,jus- |iermel do l'appeler votre l'ère, el qui l'esl en qu'à la l'orme d'un pécheur'.' .\li ! mes frères, elTet ; ci> que NOUS vous devez à vous-mêmes, comprenons, si nous le pouvons, par l'obéisqui pouvez vous ilirc enlanls de Dieu, el (|ui sauce de cel Homme-Dieu, comhien sont saavez à soulenir une si noble qualité, et à erés les droits du l'ère qui nous a donné l'être, n'en pas dégénérer. Deux, points qui me el (|ui nous donne encore dans ce saint jour fournissent une morale bien solide et bien comme une nouvelle naissance , en nous imporlanle. adoptant au nombre de ses enfanls. Comprc- Ce que vous devez à Dieu : car, puis(|u'en nous par les anéantissements de ccl Hommevertu de ce mystère el par l'alliance du Verbe Dieu, de quel prix esl la gloire de Dieu, lo avec notre chair, nous avons le même Père souverain auteur de tous les êtres, cl douque le Verbe incarné ; je dis aussi (jue nous blemcnl notre Créateur, soil selon la nature (levons, à l'égard de ce Père lout-puissani, soit selon la grâce, .'\lais de là même jugeons tenir par proportion la uiênie conduite que ee (juc c'e>l pour un homme, surtout pour uu l'Homme-Dieu, el prendre les mêmes senli- ciirélicn, (|ue de refuser à ce premier maîlre nienls, c'esl-à dire que nous devons a> or l;i soumission elles services que nous lui dela même obéissance aux ordres de Dieu, et voiis par tanl de litres ; jugeons ce que c'est le même zèle pour la gloire de Dieu. En effet, (jue de s'attaquer à lui el de l'insulter, eu si le Fils de Dieu prend aujourd'hui dans les voulant secouer le joug d'une déiendance si chastes entrailles de Marie une ehau- sem- incontestable el si légitime ; jugeons ce que blable à la n(V.re, c'est, liil l'ApiJtre, [lonr c'est que d'abandonner ses intérêts, que de obéir à son Père, pour se conformer aux vo- s'opposer à ses vues, que de s'obstinei- conlrc lonlés de sou Père, el pour accomplir ses ses ordres ; el cela tandis qu'on est ailorateur adorables desseins : el, s'il s'humilie jusqu'à du monde, tandis qu'on ne man(iuc à rien de s'aiu\intir lui-même, c'est pour l'honneur de loul ce qu'exige le monde, tandis qu'on enson Père, et pour lui rendre toute la gloire treprend tout el qu"on su|)porlc loul pour le qui lui avait été ravie. Or, voilà notre mo- monde. Si je suis le Seigneur cl votre Père, dèlc. Etre soumis à Dieu, garder fidèlement disait-il autrefois à son peuple, où est l'iionel constamment la loi de Dieu, glorifier Dieu neur que vous nie rendez"? UOi est honor par une vie digne de Dieu, c'est ainsi que )«eu.s (.l/a/acA, 1)'? où est le n'specl que vous nous le reconnaîtrons pour Père, Sans cela me devez'.' ubi est limor meus [lOid.)'! Or, la que sert-il de lui dire ce que nous lui disons plainte qu'il faisait à son peuple, il jieut bien néanmoins tous les jours : Notre Père qui nous la làire à nous-mêmes ; mais avec celle ^les dans les cieux , si nous nous révoltons terrible menace, que si mniutenanl nous ne conlrc lui sur la terre, ?i nous le renonçons l'honorons pas comme père, nous le craindans la pratique el le traitons en ennemi; drons un jour comme juge ; que si mainteque sert-il de lui dire : Que votre nom soit nanl nous ne sommes pas soumis à sa loi, sanclifié, qu'il soil connu et honoré dans nous serons un jour soumis à ses ehàlimcnls; tout l'univers , si nous le blasphémons el le que si maintenant notre vie ne sert pas à le faisons blasphémer aux autres '.' Car ce que glorifier comme Dieu sanclilicaleur, notre j'appelle , selon le langage de l'Ecriture , elernellc réprobation après la mort scrblasphénicr le nom du Seigneur, c'est outra- vira à le glorifier comme Dieu vengeur. ger le Seigneur même par nos dciéglemcnis Car voilà, mes cliers auditeurs, l'aiTreux réel nos désordres : et ce iiue j'appelle le faire tour à quoi il faut vous attendre de la part blasphémer aux autres, comme saint Paul le d'un père si indigneuienl méprisé cl si juslereprochait aux Juifs : Per vos blasplicmnlar ment irrité.
nomen Z>f(' (/?o;>i.. H), c'est les séduire par Je dis plus, et c'est par où je finis. Outre nos paroles, les engager par nos exemples ce que vous devez à Dieu, (|ui vous permet dans nos habitudes criminelles, et les cor- de l'appeler votre père, cl qui l'est eu elTel, rompre par nos scandales. Que sert-il de lui voyez encore ce que vous vous devez à Axrb : Que vulr(' vo!onté soil faite, si nous ne vous-mêmes, qui pouvez vous dire enfanls suivons rien moins en toutes choses que la de Dieu, et qui avez à soulenir une si noble yoloi.lé de Dieu, toujours violant sa loi, lou- qualité el à n'en pas dégénérer. Comme il jours njurmurant contre sa providence, tou- y a dans le monde, cl selon les principes de jours disposés, malgré ses promesses et ses la philosophie humaine, une fierté raisonmenaces, malgré ses défenses et ses comman- nablc et sage, qui, sans vous faire dédaigner déments Us plus exprès, à écouler la passion personne, vous inspire néanmoins des scnet à la satisfaire, quoi qu'elle demande '? Je timents généreux et dignes de voire naissait que, puur garder inviolablemenl la loi sancc cl de votre rang , je puis ajouter que, de Dieu, que nour donnera Dieu parla sain- dans la religion même que nous professons, télé de nos moeurs toute la gloire (|u'il attend et selon les règles de la morale évangéds nous, il faat qu'il cji coûte. Mais, chré- lique, il y a une fierté sainte et toute chrétiens, vous eu doit-il jamais autant coûter tienne, qui, sans nous enller, nous remet qu'il en coûte .lujourd'hui à un Dieu ; à un sans cesse devant les yeux le caractère dont Dieu que son Pèi.o envoie, et qui, suivant la nous sommes revêtus, et nous engage à y uiissiop. qu'il ava, t rcene,. descend du Irône conformer nos œuvres. C'est ainsi que le
Vim
ORATEURS SACRES. BOIRDALOUE.
prince des apôlrrs rcptéscntriit aux fidèles qu'ils étaient un peuple choisi et distingué : Vos aulem yenns clectum ( I Pelr., 11 ) ; un peuple conquis : Popiilitsaciiuisilionis (Ibiil.); une nation sainte, élevée à l'Iiouneur du sa- CiTdocc royal : Ri-i/dlc sacerdotium , (jens snncta ( Ibid. ]. C'est ainsi (jue le docteur des gentils faisait souvenir les Ephésions qu'ils étaient les enfants de la lumière ; d'où il concluait qu'ils devaient donc se comporter cl vivre en enfants de la lumière : Ut filii lacix ambulale ( E plies., V ) : et c'est, clirétiei'.s, ce que je veux conclure moi-même, en Vous disant que vous êtes enfants de Dieu. C ir des enfants de Dieu doivent-ils penser ou agir comme des enfants du siècle '! est-il une contradiction plus sensible? eu est-il une plus criminelle et plus damnable ? des enfants de Diru prévenus de toutes les idées du siècle, cl du siècle le plus profane, n'estiinantquccc (|ue l'espritdu siécleleur lait estimer, n'aim iut que ce (jne l'esprit du siècle Il ur fait aimer, ne craignant et ne fuyant que ce que l'esprit du siècle leur fait craindre cl haïr ; des enfants de Dieu sujets à tous les vices du siècle, et du siècle le plus corrompu, aux ressentiments cl aux envies, aux colères et aux emportements, aux impostures et aux trahirons, aux désirs ambitieux et à l'orgueil, à l'a varice, à la mollesse, aux débauclies et aux plaisirs les plus infâmes : est-ce là ce qui leur convient '? est-ce à cela qu'on les doit reconnaître, ou plulrtt n'est-ce pas là leur honte ? n'est-ce pas pour eux un opprobre '? Qu'un homme d'une certaine distinclion dans le monde, soit par la place qu'il occupe, soit par le sang dont il est sorti, ait commis une action lâche, c'est une tache que rien presque ne peut effacer. De quel a'il le regarde-t-on, et de quel reil se regardc-l il lui-même, quand il vient à considérer d'un sens rassis la faute ((u'il a faite cl qui le couvre de confusion ? Or, est-il moins honteux à des hommes nés de Dieu, adoptés de Dieu, enfants de Ditîu, de s'asservir à leurs sens, de se rendre esclaves de leurs passions, de se laisser dominer par les brutales cupidités de leur chair, de se porter à toutes les injustices qu'inspire une avare et insatiable convoitise, de nourrir dans leur cœur des haines secrètes et invétérées, d'y concevoir les plus noirs desseins pour se tromper et pour se vendre les uns les autres; de n'écouter jamais, je ne dis pas la religion, mais môme l'équité naturelle, la bonne foi, la raison'? lîsl-ce pour former un tel peuple que le Fils unique de Dieu est venu sur la terre, et qu'il a voulu denn urer parmi les liommes ? ou n'est-ce pas pour former un peuple parfait, un peuple exempt de la corruption du monde, un peuple affranchi de ces malheureuses concupiscences par où le péché s'est introduit dans le monde et s'y établit tous les jours : un peuple chrétien, non-seulement de nom, mais de pratique et d'action : Parare Domino picbcm pcrfcclam (Luc, 1 ) '? Ouvrons donc, mes frères, ouvrons les yeux de la foi ; et, découvrant avec les yeux de la foi notre dignité, sancljflés
comme nous le sommes par l'alliance d'un Dieu, ne retombons pas dans nos premiers égarements ; ne faisons pas, de la glorieuse qualité que nous portons, un vain titre qui nous déshonore lorsque notre conduite le dément. Si, m'adressant ici à tant de grands qui m'ccoutent, j'avais la témérité de leur dire que leur conduitedémeut leur grandeur, leur naissance, leurs ancêtres, leur rang; ils prendraient ce que je dirais pour un outrage, et combien y seraient-ils sensibles ! Ne le soyons pas moins au juste reproche qu'un peut nous faire, que nous nous rendons indignes du plus beau de tous les noms, qui est clui d'enfants de Dieu. Vei bc éternel et consubslanliel à votre Père, Dieu connie lui, mais homme comme nous, c'est vous qui nous l'avez acquis, ce beau nom, et c'est par vous que nous sommes parvenus à ce point d'élévation. Ne permeltez pas que nous venions jamais à en déchoir : surtout ne permettez pas que nous perdions le fruit de cette rédemption surabondante dont vous voulez être vous-même le prix. Et vous. Vierge sainte, puisque c'est dans votre sein que ce grand ouvrage est aujourd'hui commencé , aidez nous à le soutenir et à y mettre toute la perfection qui doit dépondre de notre fidélité et de nos soins. (ï'esl ainsi qu'après avoir vécu comme de dignes enfants de Dieu, nous aurons part à la gloire des élus de Dieu, où nous conduise, etc.