SERMON XVIII
Sur la purification de la Vierge.
Poslininin iiniileli sunl dics piirgalionis ejus secuniluni Il gcni MoNsi, tiiloiunt illiiiii in Jcrusaleni, ut sistt'renl enrii Uoniiiin.
I.e iciiips de lu purificntion rie Marie élanl uccompli selon, lu lui rie Moïse, ila iwrtèieiU l'enfunl à Jérusalem, pour le préseuter uit Seirineur (S. Lue, cit. II).
Sire, C'était une figure que ce qui se pratiquait parmi les Juifs dans la cérémonie de ce jour, où i Is présentaient à Dieu le premier-né de chaque fimille; et c'est dans la personne de Jésus-Christ, présenté par Marie au Père éternel, que cette figure a trouvé son entier accomplissement, puisque ce divin Sauveur, selon l'expression de saint Paul, est par excellence le premier-né de toutes les créatures. Mais en ceci, chrétiens, il est arrivé quelque cliosede bien singulier et de bien remarquable pour votre instruction. Car, au lieu que les autres figures , s'accomplissant en Jésus- Christ, ont cessé pour nous , celle-ci , nonseulement a subsisté, mais a vccxx comme un nouvel accroissement d'obligation <iu'eile u'a- [Quarante et une ';
or.ATians saches, bourdalole.
v;iil pas du temps do MoïsC. C'cst-à-dire que Dieu veut que , dans la loi de grâce , aussi liien et inéuie encore plus que dans la loi (:>crilc , nous nous présenlions à lui pour lui élre consacrés ; et voilà ce que l'Eglise a prétendu nous déclarer en nous mettant des cierges dans les mains, comme des symboles du sacriliee que nous devons faire de nos persunncs au souserain auteur de notre être. Car, si nous l'avons bien compris, telle est la [leiisée qu'a dû nous inspirer ce mystère. Nous a» DUS reconnu que nos vies , comme celle cire sanctifiée par la bénédiction des lirêlres, devaient être employées au service du Dieu (jue nous adorons , et consumées pour sa gloire. Nousa\ons bautcmenl p.roleslequc nous appartenions à Dieu , et que nous ne voulions plus être désormais qu'a Dieu ; ou si ce n'est pas ainsi que vous l'avez conçu , il est du devoir de mon luinislère de vous le laire comprendre et de \ous iusUuiie à loiid d'un point aussi important que celui-là. \ lerge sainte, c'est vous qui, dans la piesciiialioii de votre Fils , nous meltez de^ant les yeux le grand modèle que nous devons iiniler, obtenez-nous encore les grâces nécessailes pour apprendre à profiter de son exemjile ; et daignez écouler la prière que nous vous faisons en vous saluant : Ave, Maria.
Peul-êlre , cbréliens , n'avez-vous jamais fait toute la réflexion qu'il faut au mystère i[ue célèbre aujourd'hui l'Eglise; cl peut-être, lie vous attachant qu'à l'extérieur de cette cérémonie, ne vous éles-vous jamais appliqués ù en pénétrer le fond. C'est donc à moi lie \ous en donner toute l'intelligence nécessaire , el voici sans doiite un des sujets les jiius importants que j'aie jusqu'à présent iraitésdans cette chaire el que j'y puisse traiter; car il s'agit d'étudier le christianisme <!aiis ses premiers éléments, selon le langage de l'Apôlie; il s'agit d'étudier Jésus-Christ même, et de l'imiter dans une des plus granités et des plus saintes actions de sa vie, qui (Si sa présentation. Nous avons paru comme lui dans le temple du Seigneur, el celte l'ète, *|ui était la fêle des Juifs , est encore plus la "jôlre; mais il est question de voir comment nous la siilennisons, et si nous en avons bien j)ris l'esprit; de là dépend votre édilieation et la mienne, et sans cela je ne satisferais qu'imparlaitemenl à ce que dcuiande ici de moi i/.on ministère. Comprenez, s'il vousplaîl, le tiesscin de ce discours. Jésus-Christ dans le leinple se préseule à Dieu; pourquoi '! pour recoiiuaîUe et pour honorer le domaine de Dieu; car voilà ce qui nous est expressémeiit marqué dans ces paroles de mon texte: l't iiiUietU cuin Dumino ; pour l'olTrir au Seigneur, c'est-à-dire, au souverain uiailre de toutes choses. Or, c'est ainsi, mes chers audileurs, (|ue nous avons dû ou que nous devons nous olîrir nous-uiêmes ; et, pour vous exjiliquer eu trois mots toute ma pensée , je liouve que ce suprême domaine de Dieu a liois (jualités principales et trois caraelèns qui le distinguent; c'est un domaine essentiel, c'fsl un domaine universel , et c'est un domaine éltruel. Domaine essentiel , fondé sur
la nature mêiiiecie Dieu ; domaine universel, qui, sans excei>tion et sans bornes, s'élend à tout; eiiOn, domaine élernel , qui n'eut jamais de commencement el qui ne doit jamais avoir de fin. Sur cela je reprends et je dis : Domaine essentiel que nous devons reconnaîlre, comme Jésus-Christ, par une sincère oblalion de nous-mêmes: ce sera la première partie; domaine universel que nous de\ons reconnaître, comme Jésus-Christ , par une entière oblalion de nous-mêmes : ce sera lu seconde |)arlie ; domaine élernel que nous de\ons reconnaître, comme Jésus-Christ, par une |jrompte oblaloii de nous-mêmes : ce sera la conclusion. Trois points de morale d'une conséquence iiilinie et que je vais développer.