‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 12 sur 132 · IS · texte numérisé non relu

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ceFils qi;i, (iimiqiu' anéanti dansune crt^clie, ôlait aussi puissant que lui, à^nX à lui, et, s;ins usurp.ilion, Diou conimo lui?Commcnt, encore une fois, aurait-il pu no lacreplcr pas celto pénitence d'nn Dieu? el, salisf.iit (lar la pénitence d'un Dieu, comnii'nl auraitil pu rejrlir in nôIre?

Tel est donc d abord, mes cliers auditeurs, le fruit précieux de la naissance dun Dieu sauveur : noire paix avec Dieu par la pénitence. Mais du nste ne nous y trompons pas : et pour approfondir par rapport à nous cotle même vérité, quand je dis par la pénitence, j'entends par une pénitence sincère, solide, efficace; jcnicnds par une pénitence fer- V( nte, exiicle, sévère : car il n'y a que cellelà seule qui soit capable de nous réconcilier avec Dieu, et de pacifier nos consciences devant ))ieu, parce qu'il n'y a que celle-là seule qui ait de la conformité avec la pénitence de Ihomme-Dieu. Une pénitence imparfaite, liède, languissante; une pénitence lâche, où le pécheur s'écoute, se llatle, se ménage; une pénitence commode, et que l'on veut accorder avec toutes les douceurs de la vie ; une pénitence qui ne crucifie point la chair, qui n"hu;iiilie point l'espiil ; une pénitence stérile et sans œuvres, c'est une pénitence vaine : et une pénitence vaine, 1) en loin d'apaiser Dieu, outrage Dieu; bien loin de calmer nos consciences les déchire de mille remords ; bien loin d'en faire cesser les inquiétudes, est elle-même le sujet des reproches inlérieurs les plus piquants et des plus cruelles alarmes. 11 nous faut, dit saint Chrysostome, une péniten' e q'ii puisse être unie à eello de Jésus-ChrisI, Uiie pénitence qui puisse être le supp épient de celle de Jésus-ChrisI, une pénitence' dont le pécheur puisse croire et se rendre témoignage qu'elle accomplit, comme parle l'Apôtre, ce qui maïujueaux soiifîrances de Jésus-Christ: or, pour cela, il faut qu'elle ait tous les caractères ijue je viens de uKirqiier, sincérité, solidité, intégrité, sévérité; il qu'ainsi elle participe à toutes les qualités de la pénitence de Jésus-ChrisI.

Si telle a été la vôtre et si, dans l'esprit de celte vérilabie pénitence, vous avez eu le bonheur d";ipproehi'r dignement des sain!s mystères, c'est, mes clicrs auditeurs, ce qui doit aujourillini vous consoler cl de quoi je dois vous félieilcr.A'ous êtes en paix avec Dieu; vous avez trouvé grâce devant Dieu. Dieu a ratifié dans le ciel la senlen<e d'absolution que le ministre de son sacrement a prononcée sur la terre en votre fiveur. On vous a dit, comme à ce paralytique de l'Evangile ; Allez, ne péchez plus : Eccr sanus faclus es , jam noii peccarr [Joan., V). Mais .lussi , vivez en repos sur tout le passé ; il viius est remis. Heureux état 1 état prélérable à toutes les fortunes du monde ! je suis «^n paix avec Dieu. Dieu était mon enneMii, et j'étais ennemi de Dieu; mais enfin, voilà Dieu réconcilié .svec moi et me \oilà rceoncilié avec Dieu, l'aix de Dieu, que le Saint- Fspril compare à un repas soniplueux, à un repas délc.eux, tint elle remplitl'âme d'une

onction abondan'e (l consolante; paix de Dieu, souverainement désirable au pécheur, puisque par elle le pécheur rentre auprès de ])ieu, dans tous les droits de l'innocence et de la justice.

Que si néanmoins , mon cher audi'eur, vous êtes assez malheureux pour n'avoir fait qu'une pénitence défeelueuse et pour être encore malgré vo're pénitence dans le désordre du pé'ché, édiulez ce que je vous annonce ; el tout mnllienr. ux que vous êtes, ce que je vous annonee doit vous inspirer une iiumblo el une généMuse confiance:

Convericrc ad Dominum Deum tuui)) [Lamen.V (]onvertissez-vous à votre Dieu. Faites pénitence , et en la fai-^ant . conformez votre pénitence à la pénitence de l'enfant Jésus; unissez votre pénitence à la pénitence de l'enfant Jésus. Touché de ce que lui ont coulé vos péchés , ressentez-les comme lui , pleurez-les comme lui ; joignez vos larmes à ses larmes , votre douleur à sa ('ouleur, et je vous réponds, de la part de Dieu, d'une prompte el d'une parfaite réeonriliation. Telle est la grâce qui vous est offeile. Serezvous assez aveuglés , assez insensés , assez réprouvés pour la refuser? Cependant outre 1.1 paix où nous rentrons avec Dic'i, le mystère de Jésus-Christ naisant noas apprend encore à conserver la paix a\ec nous-mêmes,; el c'est le sujet de la seconde partie.

SECONDE PARTIE

L'homme en était réduit à ce déplorable état, d'être dans une continuelle guerre avec soi-même, et de ne pi uvoir se donner la paix à soi-mêinc; et (c qui semble bien étonnant dans l'affreuT de-ordre où il était tombé par le péché, il ne lui fallait pas moins un médiateur pour le réconcilier avec luimême que pour le réconcilier avec Dieu. Or, de là je cimclus que Jésus Christ est encore, par celte mêni" raison , le prince et le Dieu de la paix : Princcps pacis ; puisque dans le mystère de sa naissance, il nous appiend et par bs cx'-mides qu'il nous donne et par les leçons qu'il nous fait, le secret inesîioiable d'entretenir la paix avec nousmêmes. Serrel que nous avons tant d'intérêt à décinnrir, el qu'il nous est si important de sav<iir; mais qu'il n'appartenait qu'à ce Dieu naissant de nou< ré\éler.

En effet, jusque-là les hommes l'avaient ignoré, cet art tout divin. Séduits et aveuglés par le dieu du siècle, ils s'étaient faussement persuadés qiuï le plus sûr moyen de trouver la paix du cœur était de satisfaire ses désirs , de conlinter sou ambition, de rassasier sa cupidité ; et pour cela d'cire honoré et distingué lians le monde, de s'enrichir et de vivre dans l'abondance , de se pousser, de s'élever, de s'agrandir : ainsi l'-ivaient cru cl le croyaient tanl de mond lins. Or, en raisonnant de la sorte, nonseulement , dit l'Ecriture, ils s'étaient trompés, mais en se trompant ils s'étaient rendus malheureux : Contritio et infelicilas in viis eonim {Hom., XIII). Pourquoi '? parce qu'en raisonnant de la sorte ils ii'.ivaient pas connu le chemin de la paix : h! limn pncis

1^3 FKEMIEP, AVÊNT. SF.UMON V!. SUR I,\ NATIVITE DE J.C l.:,l

non ec(j7:^vcruU. An !iou du repos intniiMir dons iiKullés et outragés. Dion prcnnnl plni-

et ilii taliiic qu'ils si' prom Itaiciil dans leur sir, dit saiiil Chrysostonio, à punir noire (u-

opulenre *H dans leur élévation, ils ne trou- gueil par notre orgueil même, et se servant

valent que trouble . ()U0 chagrin , qu'alllic- (le noire amour-propre pour nous faire soiif-

(ion d'esprit : Contritio et infclicilds {lliiil.). l'rir, quand, par un excès de délicatesse etdr

Tel était le sort des partisans ilu monde; et sensibilité, dont notre orgueil est le prineipe,

plût au ciel, mes diers auditeurs, (jue ce ne nous ne voulons rien soulTrir. Si nous étions

fût pas encore aujourd'liui le \ôlri' ! Iiumbies , el humbles de ccpur, nous serions

Qu'a fait Jésus-t'hrist ? Il est venu nous à couvert de lous ces chagrins. Au milieu des

enseigner le chemin de la paix que nous conlradiclioos et des adversités, l'humilité

cherchions et ^\u^' nous ne eor.naissions jias. nous tiemlrail dans nue situation Iraïuiuillc.

Lui-même, (|ui,dans l'Evangile, s'est ap- Que!()ue injustice tiu'on pût nous faire et que

pelé le chemin : Ego suiii vin {Juan., XIV), 1 Ou nous fit, l'humilité nous con'<o!erait, l'hii-

il est venu nous servir de guide et nous mon- milité nous affermirait, l'humilité câlinerait

Irer la route par où nous pouvons immnn- ces orages, réprimerait ces nuiuvements dé-

quablcmcnt arri\erau ternu' de celle bien- réglés ([ui boukMerscnt un-' âme , si je puis

licureuse paix. Lui-même qui s'est appelé et ainsi ni'ex|)rimer, et qui lui causent de si

qui est en clTel la vérité : lùjo sum vcrihis grandes ;git liions.

(IbiiL), il est venu nous désabuser des er- Ah ! chrétiens, nu'^lilons bien ce point imrcurs grossières dont nous nous étions lais>é portant. Examinons bien et demandons-nous prévenir à l'égard de celle paix. Lui-même, à nous-mêmes ponniuoi nous nous trouqiii est la\ie : Jù/n sum vilu {lliid.), il est blons si aisément ? pour(]noi au moindre venu nous faire goûter ce ijui pouvait seul soupçon d'un mépris souvent imaginaiie, nous mettre en possession de celte paix. Tout nous nous [liquons si vivement? pourquoi, cela, comment? l'.n nous déconvrani , dans sur un vain rapport d'une par.)le dite contre le mystère de ce jour, les diux sources \è- nous par imprudence et par légèreté, nous rilables de la paix avec nous-nu'uies, sa\oir : nous affligeons, nous nous alarmons , nous l'humilité du cieiir el la pain reté du cœur ; nous irriU>i\^'? Qiuire Irisiis rs (iniiiia imn, et et eu détruisant, dans ce même mystère, les f/uarc conlurlias me [Ps. XLI) ? C'est la (ities- (leux grands obvtacles à celle paix tant dési- tion que se faisait à lui-même le | io|ibèle rée, et néanmoins si peu commune, i|ui sont royal, (tquc peut se faire à toute heure noire orgueil d'une part et de l'autre noire rhomme superbe avec beaucoup plus de suatlachemcnt aux biens de l;i terre : ]'enicii!i jet. Pourquoi, mon âme, êtes-vous triste, cranijelizavit paeem. Ne perdez rien d'une et d'où vient que vous me troublez? Nous instruction si solide el si édifiante. n'en trouverons point d'autre raison que ce Oui , c'est dans ce mystère qu'un Dieu fonds d'orgueil avec lei|uel nous sommes nés homme, en naissant parmi les liommer, et que nous .ivons toujours entretenu, bien nous prêche liautcuicnl par so ; exemple, loin de travailler à le détruire. N'oilà, homce qu'il devait dans la suite établir pour l'on- mes du siècle qui m'écontez, ce qui vous demeiit de loiitc sa doctrine : Discile a me, rend incapables de goûter cette paix, qui, de quia milis sum et Intiiiilis corde: et invrnidis votre aveu néanmoins, est après votre salut rei/iiiem nnimalius vrslris [Hfadb., NI] : Ap- le souverain bien. \'ous la désirez prél'eraprenez de moi que je suis humble de cœur, blemenl à tout, puisque vous ne désirez tout et 11 nez I our certain ()ue par là vous trou- le reste que pour y parvenir. Cciiendanl, verez le repos de vos âmes. Oracle, dil s;iint vous n'y parvenez jamais; ne vous en prenez Augustin, d'où devait dépendre, non-seule- qu'à vous-mêmes , à cette ambiiion (jui vous ment nolie sainteté, mais notre féiicilé dans possède et à laquelle vous vous êtes conune la vie. Car il est évident, mes f. èr: s, ijuc ce livrés ; à cette ambition qui. malgré tant do qui nous empêche tous les jouis de liouver biens dont Dieu vous a comblés ilans la vie, ce repos de l'âme si Cblimaide, el s,.ns quoi vous empêche d'être jamais contents de ce tous les autres biens de la vie nous lievicn- que vous êtes, et vous porte toujours à vounent inutiles , c'est l'opposition que nous loir être ce que vous n'êtes pas ; à celle amavnns à l'humililé chrétienne. Ueconnais- bition qui, par la plus monstrueuse iiigralisons-le avec douleur et gémissons-en de- tilde envers la l'rovidcuce, vous fait compleivanl Dieu ; ce qui fait perdre si souvent la pour rien toul ce que vous avez et lou;ours iiaix à notre cœur et ce qui nous met dans ;.spirer à ce que vous n'avez pas, jusqu'à l'impuissance, de la conserver, c'est l'orgueil vous fatiguer pour cela sans relâche, jusqu'à dont nous sommes remidis el qui nous ende; vous crucifier vous-iiiêmes ; à celle ambiiioii cet orgueil, qui nous fait croire en tant ijui fait naître dans voire cœur tant de bas-; d'occasions qu'on ne nous rend pas te (lui ses et de Ininleuses jalousies ; qui, des pronous est dû , qu'on n'a pas pour nous assez Sjiérités d'aulrui, vous fait de si amers sujets dégards, qu'on ne nous considère pas au- de douleur, qui vous jette en de si violents tant que nous le mentons. Car de là nais- transporis ([uand on s'oppose à vos desseins; sent les mélancolies el les lri->lesses, de là qui vous inspire de si mortelles aversions les désolations et les désespoirs, de là les ai- iinand on traverse vos entreprises : je le régreurs et les emportements : les tristesses, pèle el je ne puis trop forlemeiil vous l'imqiiand nous nous voyons maltraités; les i\c.>- primer dans l'espril, ce'st là que le mal réespoirs, (iiiaihl nous nous croyons méprises ; siJe; c'en est là le juineiiie el la racine, l.ca cmpoiie:iiei)ts, quand nous nous [iréicii- Ouaud voiis aurez une houne fois îc:io:(C

iSS , ORATEURS SACRES. BOURDALOUE. 15S

à roKc passion'; qiinnd, par une modôrntion qni est par excellence le don de Dieu, il faut

chrétienne et sap-e, vous saurez vous tenir ('Irc liumble, et sincèrement huiulile, et soii-

<!ans le ranfi où Dieu vous a pliicés; quand, dément humble : Discite a mv quia mitis sxnn

par une justice que vous ne vous rendez pas a hitmilis corde, et invenielis requiem unima-

et qu'il faudrait vous rendre, vous rccon- bits vcsiris.

naîtrez que Dieu n'en a que trop fait pour Car c'est là, mes frères, dit saint Bernard, vous : dès Ità vous posséderez ce trésor de la ce que la sdfresse de Dieu incarnée , a prépaix que vous avez en vain eher( l;é jus- tendu nous déchirer dans cet auguste nijsqii'à pré-enl, parce que vous ne l'avez pas tèro. Parce que nous sommes charnels, et cherclié où il est ; c'est-à-dire, dès là vous comme tels, accoutumés à ne rien comprenhénirez Dieu dans votre condition, sans en- dre que de charnel , le Verbe de Dieu a bien vier celle d^s autres. Dès là, soumis à Dieu, voulu lui-même se f;iire cliair, pour venir vous ne penserez plus qu'à vous sanctifier nous apprendre sensiblement, et selon l'exrians votre étal, sans courir éternellement pression de ce Père, charnelleni( ni, que l'huaprcs un fantôme que vous vous figurez mililé est la seule voie qui conduit à ce repos comme un bonheur parfait, mais dont la du cœur , si salutaire et même absolument chimérique espérance ne sert qu'à vous si nccessairepour notre sanctification. Quand |i;uru^enter. Dès là, contents de votre for- ce ne 'erait donc, conclut saint Bernard, que lune, vous en jouirez paisiblement et avec pour nous-mêmes, rendons-nous aujourd'hui action de grâces ; vous ne \ous appliquerez dociles aux enseignements de ce S.iuveur, et qu'à en bien user , et vous ne craindrez rien écoulons-le ce Verbe divin, au moins dans autre clio-e que d'en faire un criminel abi s. l'élat de sa ch.nr : Quia nihil prœter cartiem Dès là , charges de IcLibissement de vos fa- audire potcras, ecce Vcrbum caro facium est , milles , après avoir fait en chrétiens tout ce audias illud,vel in carne [Bernard.). Mais ce qui dépendra de vous pour y pourvoir , yous n'est pas assez.

vous en reposerez sur cette aimable Provi- 1! nous fait encore, chrétiens, une seconde dence, dans le sein de laquelle, comme dit leçon non moins importante. Car, quelle est l'Apôtre, nous devons jeter toutes nos in- l'autre source de ces combats intérieurs et quiétudes, comptant et pouvant compler de ces guerres intestines qui nous déchirent avec assurance ijue si nous lui sommes (iiiè- si cruelb ment? Convenez-en avec moi. c'est les, elle ne noiis manquera pas : Omnrm sol- la cupidité, l'envie d'avoir un malheureux et licitiidinan rc^i/am projicifnlcs in cum ( 1 damnable attachement aux biens de la terre. J'elr., 5 ). Dès là, aflranchis de la serviîut'e Vous y cherchez les douceurs de la vie, et et de l'esclavage du monde, vous attendrez l'ardeur extrén.e qui vous brûle en fait le tout de Dieu ; vous ne mettrez votre appui, tourment de votre vie. En effet , quels soins volreconfi.in(C(;u'er. Di( u;\ousenlrerezd.Mis empressés pour les acquérir ! quelles peines la sainte e! li( urcuse liberté des eefanis de pour lesconserverl quelles frayeurs au moin- Dieu ; tous les nuages se dissiperont, toutes dre danger de les perdre! quels désirs insales tempêtes se calmeront, et un moment de liab'es de les augmenter! qisels chagrins de celle paix si crête, que ^ olre orgueil a tant de n'en avoir pas a^sez pour salisf;iire, ou à vos fois troublée, veus dédom.magera bien des prétendus besoins, ou à vos dépenses superfaux avantages où il visait , et ries vaines fines! quelle douleur, quel accablement, prêlentions (jui vous exposaient à de si fà- quelle consternation, quand malgré \ous ils cheux retours et à de si rudes combats. vous échappent des mains, et qu'une mau Or , voilà pourquoi Jésus-Christ vous dit vaisé affjiire , qu'un accident imprévu vous aujourd'hui, apprenez de moi que je suis les enlève! quelle honte de tomber par là, humble de cœur: Discitc a me , quia mitis non-seulement dans la disette, mais dans SU})} et himulis corde. Et ne regardons pas l'huniiliation ! que's regrets du passé! que;l s cette humilité de ccrur comme une faiblesse : alaruies sur le présent! quelles inquiétudes ç"a été la >ertu d'un Dieu ; et c'est la vertu sur l'avenir, au milieu de tant de risques iné (les forts, la vertu des sages , la vertu des v itab'es dans le commerce du monde, au iniâmes sensées et par-dessus tout la vertu des lieu de tant de ré\olu!ion> et de revers dont élus de Dieu. Apprenez la donc (écoulez tou- vous êtes témoins, et à quoi tous les jours jours votnm.'iîtie). etapprcnez-ladenioi. puis- vous vous trouvez vous-mêmes exposes! qu'il n'y a que nu i de qui \ eus puissiez l'ap- Le remède, c'est le détachement évangéliprendre et que leutela philosophie n'a point que. Donnez-moi un homme pauvre de cœur, été jusque là. Apprenez-la de moi, qui ne rien ne sera capable de l'altérer : c'est à-dire, suis venu que pour vous en faire des leçons donnez-moi un homme vraiment détaché des et qui, pour vous la mieux [lersuader ,' me biens sensibles, àquelqueépreu\equ"il plaise suis humilié et anéanti moi-n'.t'me. C'est-à- à Dieu de le mettre, dans l'ad\ersité comme dire, apprenez <le moi que cc-sont deux cho- dans la prospérité, dans l'indigence comme ses incompatibles , que la pais et l'orgueil; dans l'abond.ince. il jouira d'une paix proque votre cœur, quoi que vous fassiez , et fonde. Usant de ses biens comme n'en usant quoi (pie le monde fasse pour vous, ne sera pas, cl, selon la maxime de saint Paul, les jamais content, tandis que lavanité, que l'am- possédant comme ne les possédant pas. il bilion , que l'amour de la gloire y régnera; sera disposé à tous les événements. Tranpar conséquent , que pour Irouwr sur la quille comme Job, et inébianhible au milieu terre le ccnt-^c cl le point de la félicite hu- des calamités du monde, il se soutiendra par n'aine ; qtie pour avoir cette paix de l'âme , la grande pensée dont ce saint homme était

rREMIEFx AVE.NT. SERMON VI. SUR L\ NATIVITE DE J.-C.

pénélrc cl qui consorvail le ca'me dans son anio : SJ bona fuscc/ninus de manu Domini, mnla qunre non s-.isiipiamns ? [Job. II.) Si nous avons reçu les biens de la main du Si'igneur, potirnuoi avec la môme soumission n'en recevrons-nous pas les maux? Dans les disj;ràccs et dans les pertes, préparé romme jnb à les supporter, il dira avec lui : Dominns dedit, Vominns abftnlit {Job. 1). C'était le Seigneur qui me les avait donnés, ces biens ; c'est lui qui me les a Aies : il ne m'est rien arrivé que ce qu'il a voulu; que son nom soit à jamais béni -.SU n^nnen Damini brnriliclum [Ihiil.]. Solide et ferme soutien, res- S'iurci' contre les malheurs do la vie, toujours prête et qui ne peut jamais manquer.

Or. c'est ce que volreSnuviur vient aujourd'hui vous a;prenilre, par nn exemple bien pins propre encore à vous convaincre et à faire impression sur vos esprits que celui de Job. C'e>t C(; que vous prêche l'établc, la crèche, les l.inges de cet enfant Dieu : //oc fi'ibis prwdicnt flnbulum, hoc damnt prœsrpe, hoc pitnni ei-nnr/rliznnt (liernard.). C'est lui qui vous appr;>pd que les pauvres de cœur sont heureux, et qu'il n'y a même dans la vie que les pauvres de cœur qui soient heureux et ((ui le puissent être : Beiili pauperes spirilii [Malth. V ; qu'un»^ pailie donc, mais une partie essentielle de notre béatitude sur la terre, est d'avoir le cceur libre et déftagé de rattachement aux biens de fortune. Il ne eonunence pas seulement à l'enseigner, mais à le persuader au monde. Et en efleî, à peine a-l-ii paru d.ins le monde avec toutes les marques de la pauvreté dont il est revêtu, que je vois des pauvres; re sont les pasteurs noM-spuicincnt sinunis et résigné^, îiiais bénissant, mais glorifiant Dieu d.ins leur élal : des pauvres qui, louches de ce qu'ils ont vu en Belhléem. s'en retournent, quoique pauvres, comblés de joie ; des pauvres coiilenls de leur sort, et no portant nulle envie aux riches de Jérusalem, paice qu'ils on! connu, dans la personnelle ce divin enfant, le bonheur et les [irérogatives infinies de leur condition : Iitrerersisnnt pastores (jlohficanles et laudnnie<! Deum { Luc. II). .\ peine a-l-il paru dans l'étable, que je vois des riches : ce sont les mages qui, bien loin de mettre leur cœur dans leurs richesses, viennent mettre leurs richesses à ses pieds; qui se font, en sa présence, un mérite de les mépriser, d'y renoncer. île s'en dépouiller. Les uns et les au Ires heuri ux, parce qu'en se conlonnanl à ce Dieu pauvre, ils ont trouvé le chemin de la paix.

Crèch'^ adorable de mon Sauveur, c'est loi qui me fais aujourd'hui goûter la pauvreté que j'ai choisie; c'est toi qui m'en découvres le trésor; c'c^l toi qui me la rends précieuse et vénérable; c'es! loi qui me la fais préférer à tous les établissements et à toute l'opulence du monde. Confondez-moi, mon Dieu, si jamais ces sentiments, seuls dignes de vous, seuls dignes de ma prolessioii et si nécessaires enfin pour mon re[ios, sort-iieni de mon cœur. Vous les y a\ez conservés jusqu'à prés.Mit, Seigneur il vous les y conserverez. Cei'eiiijan» celle paix avec nous-mcmes. tout

avantageuse qu'elle est, ne suffit pas encore si nous n'y joignons la paix avec le prochain; et c'est la troisième inslruclion que nous devons tirer de la naissance de Jésus- Christ, comme vous l'ullcz voir dans la dernière partie.

TROISIÈME PABTIK.

La paix avec le prochain est le fruit de la chariié; et la charité, selon saint Paul, est l'abrégé de la loi chrétienne. Il ne faut donc pas s'étonner si le même a| ôtre nous a marqué, comme un des caraeléres les plus essentiels de l'esprit chrétien, le soin de conserver la paix avec tous les honunes ; puisqu'il est évident que tous les hommes sont compris sous le nom de prochain : Si ficri pntest, riitod ex vobis est, cum omnibus hominibus pacern habmtpf {Eo/n. XII). Si cela se peut, disait-il aux llomains en les inslruisanl et en les formant au christianisme; si cela se peul , et autant qu'il est en vous, vivez en paix avec tout le monde : voilà l'esprit de votre religion, et par où l'on reconnaîtra que vous êtes les disciples de celui q'ni , dès son berceau, a élé le prince et le Dieu de la paix.

Pesons bien ces paroles qui sont substanliclles : 5i' fieri potesl, si cela se peut : l'iuipossibililé, dit saint Chrysoslome, est la seule excuse légitime qui puisse devant Dieu nous disculper, quand nous ne vivons pas avec nos frères dans une paix et une union parfaite; et hors l'impuissance absolue, toute autre raison n'est qu'un vain prétexte dont nous nous llallons, mais qui ne servira qu'à nous confondre au jugement de Dieu. Quud ex vobis est, autant qu'il est en vous : en sorte que nous puissions sincèrement protesler à Dieu, que nous puissions nous rendre à nous-mêmes témoignage , qu'il n'a jamais tenu à nous , jamais dépendu de nous, que nous n'eussions avec nos frères cette paix solide, fondée sur la charité; l'ayant ardemment désirée, l'ayant de bonne foi recherchée, ayant toujours élé préparés et d'esprit et de cœur à ne rien épargner pour y parvenir. Cttm omnibus hominibus, la paix avec Ions, sans en excepter un seul : l'exclusion d'un seul suffit pour nous rendre prévariciteurs, et sujets à toutes les peines dont Dieu menace ceux qui troublent ou qui rompent la paix. Rompre la paix avec un seul, c'est, selon Dieu, qeelque chose d'aussi mortel que de violer un seul conuuandemenl. La paix avec tous, un seul excepté, nous devient donc inutile pour le salul ; et ce seul que nous exceptons doit s'élever pour demander vengeance contre nous au dernier jour. Cum omnibus hominibus, la paix avec tous les hommes, même avec ceux qui y sont pins opposés et qui ne la veulent pas : les forçant par notre conduite à la vouloir; et, à l'exemple de David, gardant un esprit de paix avec les ennemis de la paix : Cum his qui odcrunt pacem, ermn parificus (Ps.CXIX). Car, comnieajoute saint (Jirysoslome, vivre en paix avec des âmes pacifiques , avec des esprits modérés, avec des humeurs sociables, à peine serait-ce une vertu de philosojdie et de païen ; beaucoup moins doit-elle passer pour une vertu sur-

»59 OHATKURS SAf.MS BOURDALOUE

nnlorolift cl chrélionnc. Le niérilo do la charité, disons mieux, le devoir de la rh.irilé est c!c conservr'i- la paix avec des hommes difficiles, filclicux, emportés: poiir(]iioi? parce tju"il peut arriver, et parce qu'en clTct il arrive tous les jours que les plus emportés el les plus fâcheux, les plus dilficilesel les plus chagrins, sont jusienieni ceux avec (]ui nous devons vivre dans une plus élroile société; ceux dont il nous est moins possible de nous séparer; Ci'ux à qui, dans l'ordre de Dieu, nous nous trouvons allacliés p;ir des liens plus indissolubles. Il faut donc, dit ce saint docleur, que, par rapport même à ces sortes d'es|irits, nous ayons un principe de paix sur quoi puisse èlre solidement établie la tran- (luillité du commerce que la charité chrétienne doit maintenir entre eux et nous.

Or, quel est-il ce principe? le voici : une sainte conformité avec Jésus-Christ naissant. Entrons dans son cœur, prenons-en les senlimenls, lâchons à nous mettre dans les mêmes dispositions que lui, contemplons son élable et approchons de sa crèche ; remplissons-nous des vives lumières qu'il répand dans les âmes, el comprenons bien surtout deux choses. Premièremenl, c'est un Dieu qui, pour témoigner aux honmies sa charité, commence par se dépouiller pour eux de tous SOS intérêts. Secondement, c'est un Dieu qui, pour gagner nos cœurs, nous prévient, sui- \ant le langage du prophèti", de toutes les l'éiiédictions de sa douceur, et qui s'atlendrit pour nous jusqu'à se revêtir, tout Dieu qu'il est, de notre humanité; disons mieux el dans un sens plus propre à mon rujet, jusqu'à devenir personnellement pour iious, comme parle l'Apôtre, la bénignité el l'humanité même : Apparuit bcnitjnilns cl launanilas (Tic, III). Deux moyens qu'il nous présente pour entretenir une paix éternelle avec nos frères : dcsinlércssc.i.cnt et douceur. Dépouillons-nous, eu faveur de nos fières, de certains intérêts ([ui nous dominent ; soyons, à l'égard de nos frères , doux et humains : plus d'inimitiés alors, plus de divisions, paix inviolable , paix inaltérable. Quel bonheur pour moi et quel avantage pour vous, si je jjouvais, en finissant, vous persuader ces deux devoirs si indispensables dans la religion que nous professons el si nécessaires dans tous les étals de la vie! Ceci demande une réllexiou toute nouvelle.

C'est, dis-je, un Dieu qui, par amour pour nous, el pour lénioigner aux hommes son immense charilé, se dépouille de tous ses intérêts ; qui, île maître qu'il était, se fait obéissant; de grand qu'il était, se fait petit; de riche qu'il était, se fait pauvre : Qnanlam proptcr vos rgoius faclus est , cum cssct dires ( II Cor. , VIÏl). Et je prétends que ce désintéressement est le plus prompt et le plus infaillible moyen |)Our concilier les ccrurs, et pour nous unir tous dans une paix solide et durable.

Car, comme raisonne saint Bernard, prétendre vivre en paix avec nos frères, sans qu'il nous en coûte rien, sans vouloir leur s.icrifier rien, sans jamais leur céder en rien,

sans nous i.ncommoder pour cnx ni nous relâcher sur rien; nous tl.itler d'avoir celle charité <hrélienno, qui rsl le lien de la paix , cl cependant être toujours aussi entiers d;ins nos prétentions, aussi jaloux de nos droits, aussi déterminés à n'en rien rabattre, aussi vifs sur le point d'honneur, aussi attachés à nous-mêmes; abus, mes chers auditeurs : ce n'est pas ainsi que le Dieu de la paix noua l'a enseigné. Il ne fallait point pour cela qu'il vînt au monde, ni qu'il nous servît de modèle. Nous n'avions sans lui que trop d'exem- ))les de cette charilé intéressée. Il était inutile que ce Dieu fait homme nous apportât un commandement nouveau. De tout temps, les hommes s'étaient aimés de la sorte les uns les autres, et cette prétendue charilé était aussi ancienne que le monde ; mais aussi le monde, avec celte charité préiendue, n'avait jamais été ni ne pouvait jamais élrc en paix.

C'est l'intérêt, chréliens, qui nous divise Otez la propre volonté, disait saint Jîernar;!, il n'y aura i)lus d'enfer ; el moi , je dis : Otez l'intérêt propre, ou plutôt la passion de l'inlérêl propre, el il n'y aura plus, parmi les hommes, de tlissensions, plus de querelles, plus de procès, plus de discordes dans les familles, plus de troubles dans les communautés, plus de factions dans les étals :1a paix avec la charité régnera partout ; elle régnera entre vous et ce parent, enire vous et ce frère, cette sœur; entre vous et cet ami , ce voisin , ce concurrent. Dès que vous voudrez pour lui vous déporter de tel et tel intérêt qui fait contre vous son chagrin, dèslà, vous aurez avec lui la paix, et souvent même, selon le monde, la paix que vous aurez avec lui vaudra mieux pour vous que l'intérêt qu'on vous disputait et à quoi vous renoncez. Détachés de nos intérêts, nous ne contesterons avec personne, nous ne nous brouillerons avec personne, nous ne romprons avec personne, et, par une infaillible conséquence, nous goûterons les douceurs de la société, nous jouirons des avantages de la pure et sincère charité. Semblables aux premiers chréliens, n'ayant tous qu'un cœur et qu'une âme, nous trouverons dans celle union mutuelle une béatitude anticipée, et comme un avant-goût de l'élernelle félicité.

Or, à la vue de Jésus Christ , pouvonsnous avoir d'autres sentiments que ceux-là'? Si nous sommes chréliens, je dis vrais chréliens, nous faut-il un aulre juge que ce Dieu Sauveur, et un aulre tribunal que la crèche où il est né , pour vider Ions les difi'éronds qui naissent entre nous et nos frères? Un chrétien, rempli des idées que lui inspire un mystère si touchant, voudrail-il appeler de ce tribunal , et aurait-il peine à remettre aujourd'hui tous ses inlérêls entre les mains d'un Dieu qui ne vient an monde que pour y apporter la paix? Voilà, mon cher auditeur, ce que je vous demande en son nom. Si votre frère n'a pas mérité ce sacrifice , souvent très-léger, que vous lui ferez do votre intérp' , Jésus-Christ le mérite pour lui. Si votre frère est mal fondé dans ses pré-

in riiKMIF.R AVENT. SERMON VI. SIU LA NAIIVITI': HE .1. C. 1Û2

lonlions , ot s'il n'ost pas jiisto que vous lui dans Téclal de la ma;,Mii(i(('iu-f' royale ; niaiii

cédiez, au moins esl-il jusie que vous cédiez en naissant de la sorte, i! n'aniMit élé (pie

à Jésus-Clirisl. Cf que vous refusez à i"un , respeclé, que révéré, que redouté, cl il vou-

donnez-Ie à l'autre; ce que vous ne voulez lail être aiuié. Or, pour être aiuié, il devait

pas accorder à voire frère , donnez-ie à la s'abaisser jusqu'à nous ; pour être aimé ,

(harilé et à Jésus-Christ. Par là, vous aclié- il devait être semblable à nous; pour être

icrez la paix, vous rachèterez à peu de frais, aimé, il devait soulTrlr comme nous. Et c'est

et par là même vous la conserverez. pourquoi il a voulu naître dans l'élat de fai-

Mais peut-être s'agil-il de toute autre blesse et d'abaissement où ce myslèrenous le

chose entre vous elle prochain; [leutèlre, re\)v6se\\le : Sic nasci roliiil, (/ni twliiil (iiniirL

iiulépendammeul de tout intérêt , ce qui vous Après cela, chrétiens, alTeelez des airs dédai-

divise, n'est ce de votre part (ju'une (ierté gueux et hautains envers les autres : Iraitcz-

qui l'a cho(iué, qu'un emportement qui l'a les en esclaves , avec empire , avec dureté,

irrité, qu'une parole aigre dont il s'est senti et non pas en frères, avec patience , avec

piqué , que des manières dures dont il s'est bonté: rendrz-vous inllexibles à leurs priè-

tenu ofl'en-é, qu'un air de hauteur avec le- res, insensibles à leurs besoins. N'est-ce pas

quel vous l'avez traité"? Si cela est, il ne dé- démentir votre relii;ion? n'est-ce pas même

pend, pour le satisfaire, que de vous adoucir violer les droits de l'humanité? Je serais in-

;\ son égard, que de lui donner certaines fini, si j'entreprenais de développer ce point

marques de votre estime, que de lui rendre de morale dans toute son étendue,

certains devoirs, que de le prévenir par (luel- Quoi qu'il en soit , mes chers auditeurs,

ques démarches qui le ramèiieront infailli- voilà la sainte et divine paix que nous de-

blemcnl et l'atlarh.'ront à vous. vous capit ilement désirer , cl ({iii ne nous

Je ne le puis, diles-vous ; j'y sens une op- coûtera jamais tiop, à quelque pris qu'elle position invincible, et je n'en viendrai ja- vous puisse être vendue : la paix avec nos mais là. Uenirez , encore une fois , rentrez, frères, et, sans exception, la paix avec tous mou cher auditeur, dans l'elable de Belh- les hommes : Cum omniljus honiinibiis pdcrm léem : vous y verrez le Dieu de la paix in- habcntcs. .Mais quel est notre aveuglement carné et humanisé ; ou plutôt, vous y verrez et le sujet de notre confusion ? Le voici. Dans dans sa personne la bénignité même incar- les temps où D eu nousalllige par le fléau de née, la grandeur même de Dieu humanisée. la guérie, nous lui demandons la paix, et Je le répète: vous y verrez un Dieu qui , dans le cours de la vie, n'oiis ne travaillons à pour vous attirer à lui, n'a point dédaigné rien moins (]u'à nous procurer la véritable de vous rechercher ; (jui , par une coudescen- paix : c'est-à-dire, nous demandons à Dieu dance toute divine de son amour, s'est fait une paix qui ne dépend pas de nous , une même comme une gloire de vous piévenir. paix qui n'est pas de notre ressort, une paix S'il eût attendu que vous, pécheur, vous, pour la conclusion de laciuelle nous ne pouson ennemi et son ennemi déclaré, vous eus- vons rien; et nous ne pensons pas à nous sicz fait les premiers pas pour retourner à procurer ce!le (jui est entre nos mains, celle lui, où en ctiez-vous , et quelle ressource dont nous sommes nous-tnêmes les arbitres, vous restait pour le salut ? Cependcint, mal- celle dont Dieu nousa(hargés et dont il gré l'exemple de votre Dieu, vous vous faites veut que nous lui soyons responsables. Nous et vous osez vons faire je ne sais (juel poir.t faisons des V(cux, afin (]Lie les puissances de d'honneur de n'aller jamais au-devant de la terre s'accordent entreelbs pour donnerai! votre frère pour le rapprocher de vous , et monde une paix quemille diflicultcs presque pour l'engager lui-même à revenir. Malgré insurmontables seinldenl (iuii(iuefois renia loi de la charité, d'ailleurs, même après dre coiiime impossible; ei i,ou, no vou'ons avoir été l'agresseur, vous conservez contre pas finir de pitoyables dilîérerds dont nous lui descandalcuxet d'élernelsresseiitinients : sommes les maîtres, (ju'il nous serait aisé de n'est-ce pas renverser tous les principes du terminer, que notre seule <jbstinatiou fochristianisme,et vous exposer à de terribles mente : et ces puissances de la terre, si dillimalédiclions du ciel? ciles à réunir, sont souvent |dus tôld'acioid

Vous y verrez un Dieu qui, pour vous ga- que nous ne le somii;es les uns avec les augner, vous comble des bénédictions de sa très. Cette paix eut; e les couronnes, malgré douceur; un Dieu qui, pour se rendre plus tous li's obslael s quis'y opposent, est plus!(')l aimable, quitte tout l'appareil delà majesté, conclue (|u'uii procès (jui l'ait la ruine et I i et qui s'humanise, non-seulement jusqu'à désidation de toute une famille n'est accoinparaître,mais jusiiu'à deveniren effetliomme mode. Ah! Seigneur, je ne serais pas un ficonime vous; un Dieu qui, sous la forme dèle ministre de votre parole, si, dans un d'un enfant, vient s'attendrir sur vous de jour aussi solennel que celui-ci, où les anges compassion, et pleurer, non pas ses misères, vos ambassadeurs nous ont annoncé et promais les vôtres. Car c'est ainsi, dit saint mis la paix, je ne vous demandais au nom Pierre Chrysologue , qu'il a voulu naître, de tous mes auilileuis celle paix si tiésirce parce qu'il a voulu être aimé : Sic nasci vo- qui d<jit pacifier tout le monde chrétien ; cette luit, qui voluil amari [Petr. Chrysol.). Parole paix dont dépend le bonheur de l.mt de natniichanle et digne de toutes nos réflxiousl lions ; celle paix pour bniuelle votre Eglise C'est ainsi qu'il a voulu naître, parce qu'il a s'intéresse tant el avec lanl de raison ; cetli! voulu être aimé. Il aurait pu naître, et il ne paix que vous seul [loiivez donner, et qui tenait qu'à lui de naître dans la pompe et désormais ;:e ik ul être "lUe ro-.!\rai;c de

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ORATEUr.S SACRES. DOURDALOUE. (.Gi

iiiiraculouse ot do volio rœur, de la grandour do son ânio, de son d^-

ïntro providoiK absoliio puissanco. Je n'aurais pas , connue ministre de votre parole, le zèle que je dois avoir, si, à l'exemple de ros proplièli s, je ne vous disais aujourd'hui : Da pnccm , Domine, suslinrnùljua te, ut prophctœ tul fidèles inveniuntur. D.Hinez la pais, Seigneur, à votre peuple, afin que ce ne suit pas en vain que nous l'avons onf;ai,'c à apaiser voire colère pour Toblenir. Donnez-lui la paix, puisque enlro les prosporilés, quoique luimainos cl touipoieilcs, qu'il lui est permis d'ospéror, la paix est colle qui vient plus iniuiédialenicnt do vous, ot qui peut le plus contribuer à. voire gloire. Mai^ je serais, ô mon Diou! encore plus prévaricateur de mon minislèie,si, piorerabieuicnl à celte paix, toute nécessaire ot tout importante qu'elle est, je ne vous demandais pour moi cl pour cous qui m'écouleul colle qui doit nous réconcilier avec vous, oollo qui duil nous réconcilier avec nous-mémos, colle qui doit nous réconcilier avec nos frères : celle qui doil nous réconcilier avec vous, par une généreuse ot sainte pénilenco; celle qui doit nousiéooncilier avec nous-mêmes, par un vrai délaoliomentet une sincère humilité; celle qui doit nous réconcilier avec nos frères, par une tendre et cordiale charité.

Ramassons en doux mots tout ce mystère, el finissons. Le Seigneur et le Diou des armées, qui vient au monde pour y faire régner la jjaix, el qui veul élre aujourd'hui glorifie par toute la terre, on qualité do roi pacifique : Magnificalus est rex pacificus super faciem universœ terrœ [Eccl. offic.) : voilà, sire, ce que chante l'Eglise dans celte auguste solennité; voilà co que nous célébrons. Modèle admirable pour voire majesté, el que je lui propose ici avec d'autant plus d'assurance, que je sais que c'osl le modèle qu'elle se propose elle-même et sur lequel elle se lorme. Car, sans oublier la sainteté de mou ministère, et sans craindre que l'on m'accuse de donner à votre majesté une fausse louange, je dois, comme prédicateur do j'Evangilo, bénir le ciel, quand je vois, siro , dans votre personne uu roi conquérant cl le plus con luérant dos rois, qui met néanmoins toute sa gloire à être aujourd'hui reconnu le roi pacifique, et distingué comme tel entre tous les rois du monde. Je dois, on présence de ci'l auditoire chrétien, rendre à Dieu de solennelles aclioas de grâces, (juand je vois dans votre inajosté un monarque victorieux et invincible, dont tout le zèle est de pacifier l'Europe, dont toule l'application est d'y travailler et d'y contribuer par ses soins, dont toute l'ambition est d'y roussir, et qui par là est sur la terre l'image visible de cidui dont le caraclèro est dèlro tout ensemble, selon l'Ecriture, le Dieu des armées et le Dieu de la paix.

Colto paix est l'ouvrage de Dieu; et nous reconnaissons plus que jamais que le monde ne la peut donner : mais noire confiance, sire, esl que, malgré le monde même, Diou se servira de votre majoslc, de sa sagesse, de ses lumières, de la droiture de son

sinléressement, pour donner celte pais au monde. Ce qui nous console, c'est que votre majesté, suivant les règles de sa religion, no f lit la guerre aux ennemis de son état que pour procuier plus ulilomenl et plus avantageusement cette paix à ses sujets. Ce qui nous rassure, c'est que, dans les vues qui la font agir, toutes ses conquêtes aboutissent là ; et qu'elle no gagne des balaillrs, qu'elle ne force dos villes, qu'elle no Uioniphe partout (jue pour parvenir plus sûremont et plus prompleineut à cette paix. Ce qui soutient nos espérances, et au même temps, ce qui augmente notre vénérati m et notre zèle pour votre majesté, c'est que son amour pour son peuple l'einporlera toujours on ceci par-dessus ses intérêts propres ; ot que touchée (le co motif, il n'y aura rien qu'elle ne sacrifie au bien de cette paix : qu'ainsi, en véritable imilateur du Dieu des armées et du Diou de la paix, vous aurez, sire, l'avantage , après avoir été le héros du mom'c chrétien, d'en être encore le pacificateur. Car voilà ce qui metlra le comble à vos travaux héroïques ; voilà ce qui couronnera voire règne, voilà ce qui achèvera votre glorieuse destinée.

Accomplissez mes vœux , Seigneur; ou plutôt, bénissrz les intentions de oc roi pacifique et conquérant, qui sait si bien se conformer aux vôtres. Donnez-nous parlai colle paix que vous nous promoltoz aujourd'hui parle ministère de vos anges : el , s'il était vrai (jue vous lussiez cnccuo irrité contre les hommes, si los péchésdcs hommes méritaient cnoore les fléaux de votre justice, permettez-moi. Soigneur, de vous faire ici la prière que vous fit autrefois David, et de vous dire comme lui dans le même esprit : Dissipa génies quœ bella vulunt [Ps. LXV'II). Dissipez ces nations opiniâtres qui veulent la guerre. Renversez leurs desseins, rompez leurs alliances , rendez vaines leurs entreprises , troublez leurs conseils. Souffrez que j'ajoute avec le mémo pro[dièle : Effunde iram tuam in génies quœ te non nnverunt, et in régna quœ nomen tuum non invocaverunt [Psalm.

LWVHI). S'il faut , ô mon Dieu, que votre colère éclate , répandez-la sur ces nations qui ne vous connaissent point, el sur ces royaumes qui n'invoquent point votre nom ; c'est-à-dire, sur ces nations où la vérité de votic religion n'est pas connue, et sur ces royaumes où l'hérésie a aboli la pureté de votre culte. Mais par un effet tout contraire, répandez votre miséricorde sur ce royaume chrétien, où vous êlcs invoqué , servi, adoré en esprit el en vérité. Répandoz-!a sur ce monarque qui m'écoute, et qui, plus zélé pour votre gloire que piur la sii'uno, mot aujourd'hui à vos pieds, non-seulomcnt son sceptre ot sa couronne, mais toute la gloire de SOS con(]uêtes , pour vous en faire nn honnnage comme au Diou de la paix ; qui , pour le bien de voire l'église, préfère cotte paix à l'accroissement de son empire ; et qui, au milieu de ses ^)rospérilés cl du succès de ses armes, ne refuse i>as pour elle de se re-

If.5

SECOND AVENF. SLIUION 1. 1>E LA SAINTETE.

lis

liUluT de SCS uroils. Dans des disposilioiis si saillies , que iic doil-il pas allomlrc de vous; el ([licls effets, ou plulôl (imls miracles de proleclion n'avons nous pas dioil de nous pi-0!nelli-e pour lui? C'est riioninie de voire droite. Seigneur; étendez sur lui votre inaiu, auiniez-le de voire es|irii, remplissezle de vos lumières, forlifirz-lc de \otre t;ràle : Fiat wavus luti super virum dexleriv luw. (/'.S-. 1,\X1X.) Tandis que vous le soutiendrez, toutes les ijuissances du monde, quoi-

que liguées el conjurées, ne iirevatidront pas coulrc lui; et avec voire divin secours, nous ne doutons point, ô mon Dieu , (|ue nous n'obtenions enfin cette paix salutaire ([ne nous vous deuiaiulons comme un des fruits de la naissance de iiore adorable Sauveur, et connue un mo^eu (jui nous aidera à mérili'r la bienlieuieusc^ et l'élernelle paii dont vos élus jouissent dans le ciel. J,vous la souhaite, mes chers auditeurs, au nom , etc.

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