‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 13 sur 132 · SERMON PREMIER · texte numérisé non relu

SERMON PREMIER

POL'n LA FÊTE DE TOUS LliS SAINTS.

Sur la sainlcté.

Miraliilis Deus in s.nncUs suis.

Vieu eu udmiidhle dans ses saitils (Ps. LXVII).

Sire , à considérer Dieu dans lui-même , nous ne pouvons dans lui-même l'admirer , ]iarce qu'il est trop élevé au-dessus de nous et trop grand, (^.oitime nous ne le cnnuaissons sur la terre que dans ses ouvrages, ce n'esl aussi sur la terre . à proprement parler, que dans ses ouvrages ([u'il est admirable pour niius. Or, l'ouvrage de Dieu par excellence, ce sont les saints ; el, par conséiiuenl, disait le prophète royal, c'est surtout dans ses saints qu'il nous parait digne de nos admirations : Mirabilis Deus in sunclis suis.

En effet, de quelque manière que nous envisagions les saints, Dieu est admirable en eux ; el quand je m'en lieiulrais au seul évangile de ce jour, qu'y a-t-il de plus admirable que d'a\oir conduit des houuues A la possession d'un royaume par la |)auvrcté ? que de leur avoir fait trouver la consolalityn et la joie par les pleurs de l'adicrsité, que de les avoir élevés par les humiliations au comble de la gloire ; et , pour me servir de l'expression de saint ,\mbroise, de les avoir béatiliés par les misères mêmes ? Car voilà , si je puis user de ce terme , les divins paradoxes dont le Sainl-Esprit nous donne l'intelligence dans celle solennité , el que nous n'aurions jamais pu comprendre, si les saints que nous honorons n'en étaient une preuve sensible ; voilà les miracles que Dieu a opérés dans ses élus : Mirabilis Deus in sunctis suis.

J'ajoute inéanmoius, mes chers auditeurs, après saint Léon, pape , une chose qui me semble encore plus propre à nous InUt lier , par l'intérél que nous y devons prendre comme chrétiens. Car Dieu , dit ce Père , esl particulièrement admirable dans ses saints, parce qu'en les glorifiant il nous a pourvus <run puissant secours , c'est celui de leur protection; et qu'en même teni|is il nous a mis devant les yeux un granil modèle, c'est l'exemijle de leur }'n: : Mirabilis in su7icl(s

suis, in quibus nobis et prwsiiUum consliluit, cl exemplum {Léo, in nalali S. Luurcntii). in m'attache à cet exem|de des saints, pour établir solidiinent les im|iortaules vérités (jue j'ai à vous annoncer; et sans rien dire du secours que nous pouvons attendre d'eux, et que nous en recevons, je veux vous l'aire admirer Dieu dans la conduite (|u'il a tenue en nous pr(q)osant ces illustres prédestinés , dont la sainteté doit pidduire en nous de si merveilleux elTels pour notre saïutilicalion. Aierge sainte, reine de tous les saints, puisque vous êtes la !\Ière du Saint des saints , vous eu qui Dieu s'est monlré souveraincnieiit admirable, puis(]ue c'est eu vous el par vous ([u'il s'est (ait homme et ([u'il s'est rendu semblaMe à nous , (ailes desieiidrc sur moi ses grâces. Il s'agit d'inspirer à mes auditeurs un zèle sin(ère,un zèle cftiraee d'.iC(iiiérir cette sainteté si peu goûtée, si peu connue , si |)eu prati(iuée dans le monde, el toutiCuis si nécessaire pour le salut du monde. Je ne puis mieux réussir dans ci Ile entreprise, qui; |iar votre intercession ; et c'est ce que je vous demande, en vous adressant la prière ordinaire : Ave, Maria.

En trois mots j'ai compris, ce me semble, trois sujets de la [ilus juste douleur, soit que nous soyons sensibles aux intérêts de Dieu, soit que nous ayons égard aux noires; quand j'ai dil i;ue la sainteté si nécessaire pour notre salut était peu gnûlée , peu connue et peu pratiquée dans le inonde. Maisji" prétends aussi vous consoler, chrétiens, quand j'ajoute (jne Dieu, par son adorable sagesse, a su remédier eRîeacemenl à ces trois grands maux, eu nous mettant di vaut les yeux la sainlclé de ses élus, cl en les prédestinant pour nous servir d'es.einple. Je m'expli(iue.

Cette sainlclé que Dieu nous commande, et sans laquelle il n'y a point de salut pour nous, par unedéplorable l'alalité, trouve dans les esprits des hommes trois grands obstacles a vaincre, et qu'elle a peine souvent à surmonter; savoir, le libertinage, l'ignorance et la làche!é. Parlons plus daireuiuiit et plus simpleinenl. Trois sortes de chrétieas dans le monde, par ra\euglement où nous jette le péché, el par la corruption du monde même, sont mal disposés à l'égard de la sainteté, tjr les libertins la ceusureul. cl !«--

!67 ORATEUUS SACHES. BULKDALOUE. «68

client à l.i décrier ; les isnoranis la prenneiil aanctnin propositum, et remeiUum pœnce suce

mal, et dans TtKage qu'ils en l'onljOU pour arbilranlur, si nemo sil sanctas, si turba sil

mieux d're, qu'ils en croient faire, ils n'en pireuvtiiim. si omnibus dctrahalur [llirron .

ont que l'ie fausses idées ; enfin, les lâches la Ep- lib. l,Epist. k^,juj!-ta cdilionem Cani-

rcgardeiit comme impossible, et désespèrent sii). Ce Père parlait en particulier de cer-

d'y parvLMiir. Les premiers, malins cl crili- tains esprits prétendus foris, qui, léméraire-

ques , la rcMulent odieuse, et de là vient ment cl saiis respect , blâmaient la conduiie

qu'elle est peu goûtée; les seconds, gros- do sainte Paule et le courage ((u'cllc avait

siers et charnels, s'en forment des idées, non eu de quitter Rome, pour aller clicrclicr son

selon la vérité, mais sidon leur goûl ou se- salut dans la rctr.iile et dans l'éloignemcnt

Ion leur sens, et de là vient quelle est peu du monde. Ces paro'cs sont rem.:ir(|uables ,

connue; les derniers, faibles et pusillani- et d'autant plus dignes d être pesées, qu'el-

mes, s'iu rebutent, et y renoncent dans la les expriment ce que nous voyons lous les

vue des iliflicullés qu'ils y rencontrent, et de j:>urs arriver dans notre sièvla : Lacérant

là vient tju'elle est r;ire et peu prali(juéc. sanctuin propositum; parvc qu'ils nùsonr.onl

Trois dangereux éeueils à éviter dans la voie en mondains, disait saint Jérôme, ils déchi-

du salul ; mais éeueils dont nous nous pré- cent par leurs railleries, et même par leurs

serveronâ aisément, si nous voulons profiler médisances , tout ce que les serviteurs de

de l'exiMnple des saints. Dieu font de plus édifiant et de plus louable

Car je soutiens, et voici le partage de ce pour honorer Dieu : Et remedium pœnœ stuc

discours, je soutiens que l'exemple des saints arbilrantur, si nemo sit ianc^fs. Us croient

est la plus invincible de toutes les preuves leur libertinage bien à cou\crt , quand ils

pour confondre la malignité du libeilin, et ont la hardiesse de soutenir (]u'il n'y a point

pour justifier contre lui la vraie sainteté. Je de saint sur la terre ; que ceux qu'on estime

soutiens que l'exemple des saints est la plus tels , ont, comme les autres, letirs passions

claire de toutes les démonstrations, pour cou- et leurs vices et des vices même grossiers ;

fondre les erreurs du chrétien séduit et que les plus gens de bien sont, comme eux,

trompé, et pour lui faire voir en quoi cou- dans la voie de perdition; et qu'on a droit

sisle la vraie sainteté. Je soutiens que rex'ui- de dire de tout le monde, que tout le monde

pie des saints est le plus efficace de tous les est corrompu et perverti. Non-seulement ils

motifs, pour confondre la tiédeur, beaucoup soupçonnent que cela pciil être, mais ils

plus, le découragement du elirélien lâche, et s'assure.t que cela est, et, d.ms celle suppo-

pour le porter à la pratique di' la vraie sain- silion aassi extravagante que m.'.lignc, ils i-e

lelé. De là n'aurai-je pas droit de conclure consolent : romuic si l'alTciUse opinion qu'ils

que Dieu est admirable dans ses saints, lors- ont de tout le genre humain, élail la justili-

qu'il nous les donne pour modèles '? Mirnbi- cation de leur iniquité, et devait les guérir

Us Ueus in sanctis suis. Je parle, encore une de tous les remords intérieurs qu'ils auraient

fois, à trois sortes de personnes, dont il est infailliblement à essuyer, si le monde leur

aujourd'hui question do rectifier les senti- faisait voir des hommes vraiment vertueux,

mentssurle sujet delà sainteté chrétienne ; cl dont la vie exemplaire fût un reproche

aux libertins qui la combattent, aux ignu- sensible de leur impiété et de leurs désor-

rants iiui ne la connaissent pas, aox lâches drcs ; El remedium panœ suœ urbilrunlur,

qui n'ont pas le courage de la pratiquer : et, si omnibus delrabatar. Prenez garde, s'il

sans autre raisonnement, je miintre aux pre- vous plaîl, à la pensée de ce saint dor-

miers iiue, suppo é l'exemiile d s saints, leur leur.

libertinage c^t insoutenable; aux seconds, La première injustice que le libertin f.iil que leur ignorance est sans cxcusi';aux à la sainteté chrétienne, est de ne la vouloir derniers, que leur lâcheté n'a plus de pré- pas reconnaître , c'est-à-dire de prétendre texte. Trois vérités que je vais développer : que ce que l'on appelle sainteté, n'est rien appliquez-vous. moins dans les hommes que sainteté; que puEMiÈBE PARTIE. (luis les uus c'cst vauité , dans les autres C'est de tout temps que la sainteté, et singularité, dans ceux-ci dé|>il cl chagrin , même la plus solide et la plus vraie, a été en d.nis ciix-là faiblesse et petitesse de génie; butte à la malignité des libertins et à leur cl, malgré les dehors les plus spécieux, dans censure; c'est de tout temps qu'ils lont corn- plusieurs imposture el hypocrisie. Car c'est lialtuo comnio ses plus déclarés ennemis; et ainsi , mes clicrs auditeuis , qu'on en juge c'est pour cela qu'ils ont tâché de se persu.i- dans le monde, mais particuliéremcnl à la der et de persuader aux autres, qu'il n'y cour : dans ce grand monde où vous vivez , avait point dans le monde de vraie sainteté , d ms ce monde que je puis appeler l'abrégé ou qu'ils ont .lu moins affecté , en la conl'oii- du monde. Monde profane, dont la nialidanl avec la fausse, de la décrier : deux ar- gnilé, vous le savez, est de n' idinetlre point lilices dont ils se sont servis pour détendre, de vraie vertu, de ne convenir jamais du el, s'ils avaient pu, pour autoriser leurliher- bien, d'être toujours convaincu (jue ceux linage contre la sainteté chrétienne, qui (|ui le font ont d'autres vues que de le faire , néanmoins a toujours été et sera toujours de ne pouvoir croire qu'on serve Dieu puredevant Dieu cl devant les hommes leur cou- meut pour le servir, ni qu'on se converiissâ damnation ; deux artifices que saint Jérôm(> |)urement pour se convertir, de n'en voir aua subtilement démêlés dans une de ses cun exemple qu'on ne soit i)rét à contester , épiires, oîi il s'en explique ainsi : Lacérant de critiquer tout, et à force de critiqaer loul,

ib"') SKCONf! AVt-.NT. SKUViON I. [)K l.A S.\1>TKTK. {70

de r.e liouv r plus vUw qui édifio. Rlalijjni- quelque pré.-;onipli;pi!x que | usso t'iro le li-

lé , ri'preinl saint Joioine, injuriclise à Dieu lurliii, gi> du niotulc, januiis il ne se Miiiticii-

ri pernicieuse aux iiounnes : ne penlez pas dra ciMiIre ceil.iins exemples iiié|ii(irlKil)l(s

eelle léllesian. qui vous |ieulélre iiilinimenl (pie Itieu, dans tous les teinjis Kii a opposés,

uli'c el salutaire. el cpi'il lui op|)Os;'ra toujoins pour le co:i-

Mali^nilc injurieuse à Dieu, puisque par lnmlii'. Celle nuée de témoins dont parle sain'

là l'on Ole à Dieu la (;loire qui lui est due, l'.nil , cette innombrable multitude de saints

en attribuant à tout autre qu'à lui les (cu- dnnl nous honorons la glorieuso mémoire)

vrcs dont il est l'auteur, eomtnc nous appio- est en faveur de 1 1 sainteté tlirelienne un ar-

nons de l'Kvangile que les pharisiens eu pumont trop plausible, el une preuve trop

usaient à l'éRnrd du Fils de Uieu. Car que éclatante et trop forte pour pouvoir être af-

faisaienl-ils '? ils inipuiaienl à l'art inagiiiue faiblie par toute I impiété du siècle. Il y a

les miracles de ce Dieu-homme ; ils disaient dans le monde des hypocrites, je le sais, et

(|u'il ( hassait les démons par la puissance peul-éire trop pour n'en pas gémir moi-même.

i\c Bécizebut , le prince des ténèbres. Et iiue Niais l'impiété du sié( le peut-elle se pré\ aloir

f/iil-on à la cour'.' On veut, et l'on veut sans de l'hyiiocrisie pour en tirer cette dangercu^u

dislinciion. (fu'un intérêt secret y soit le res- conséiiuence, qu'il n'y a point dans le monde

s irl, le molil de tout le bien (lu'on y prati- de vraie sainteté? Au contraire, répond iii-

qiie, de tout le culte qu'on y rend à Dieu , génicusement saint Augustin , c'est de là

de toutes les résolutions qu'on y prend de même qu'elle diiil conclure qu'il y a une vraie

incui'r une vie chrétienne, de toutes les con- s lintete, parce (juil se trouve des saintetés

versions qui y paraissent, de toutes les ré- fausses; et la raison qu'il en apporte est

firmes qu'on y npeiçoil. On veut qu'une; sms réplique : parce ((ne la fausse sainteté,

basse el ser\ile politujue eu soit le primipc ajoule-t-il, n'est rien autre chose (]u'une imi-

tt la lin. Ou dit il une àmc lourliée de D.eo, talion de la vraie, comme la licliou est une

et qui coiimience de bonne foi à régler .•■e-i imitation de la \érilé.

mœurs, que le prétenil linéique chose, qu'il lui effi l, ce sont les vraies vertus qui, par

y a du uiystèie dius sa coiuluile , que ce l'abus qu'on cu a fiiit , en voulant les imiter,

changement est une scène qu'elle donne, ont produit, contre l'inteiilon de l)iiu,lcs

mais que Dieu y a peu de part. Or, l'un n'est- fauss;'S vertus. Le démon, père du mensonge,

il pas semblable a l'autre'? el si le langage s'élant éUidié à co[iicr, autant (ju'il a iiu,les

des pharisiens a été un blasphème contre œuvres de Dieu , il a pris à ijiclie de contre-

Jésus-Chrisl, celui du monde qui juge et qui f.iire la vraie liumililc [lar mille vains fan-

décide de la sorte, e>t-il moins injuste et l<5mes d'humilité, la \ raie sévérité de l'Evan-

nioins criminel'? gile par l'appan nie sé\éril^de l'hérésie, lu

Malignité pernicieuse aux hommes, puis- vrai zèle par le zèle jaloux, l,i vraie religion

que le mondain se prive ainsi dune des pir lidolâlric et la superslition. Témoiguage

grâces les |)lus touelianti s, el, dans l'ordie tvideul, dil saint .\uguslin, qu'il y a donc

delà prédcstiiiaiiou, des plus efficaces, quiesl une vraie religion, un vrai zèle, une vraie

le bon exemple; ou plutôt, puisque, autant sévérité de ma'urs , une vraie hiiriiililé de

qu'il dépend de lui, il anéantit à son égard cirur; en un mot, une vraie sainteté, puisqu'il

celte grâce du bon exemple. Ces conversions e^l impossible de contrefaire ce (lui n'est pas,

dont il est témoin, et (lu'ou lui propose pour et (jue les copies, quoique fausses, supposent

le faire rentrer eu lui-mè;iie, n'ont plus d'au- un modèle.

Ire effet sur lui ipie d' lui faire former mille Or, ce principi' él.ibli , qu'il y a nue vrnia

raisonnements, ihilb' jugements lémcraiics sainlelé , l'iiiipieté du siècle la plus maligne

el mal londes ; que de lui faire profaner Cl! demeure désarmée el sans défense. Que celle

qu'il y a de plus saint parles railleries les siinlelé pure el sans reproclii; soit rare

plus piquantes, et souvent même par les dis- parmi les hommes, qu'elle se rencontre eu

(Ours les plus impies. Dieu le permet pour peu de sujets, cela ne favorise en aucune

sorte le libertin. Quand il n'y en aurait dans le monde (ju'un seul exemple, il n'eu fau-

D'où il arriveque, bien loinde tireraiieun fruit drait pas davantage pouv faire sa condaui-

desexemplesqu'iladevanl lesyeuï.il s'enilur- nation : el Dieu, par une providence toute

cil le cœur, il se confirme dans ses désordres, spéeiale, dispose lellemenl les choses que cet

il deineuredans son im[)énitence, il s'y obstine exemple, seul si vous le voulez, ne manque

et se rend encore plus incorrigible. .\u lieu que jamais; el que, malgré l'iniiiuilé, il y en a

lésâmes fidèles marclienlavcc simplicité dans toujours quebiu'nn que le mondain lui-

Ics voies de Dieu ; profitent du bien qu'elles même, de son propre aveu, ne peut s'empô-

supposent bien, au hasard même de s'y trom- cher de rcconnaîirc.

per ; s'édifient des vertus, (luoique douteuses, Oui, mon cher aulilcur, si vous êtes assez

qui leur paraissent vertus ; de ces exemples liialheureux pour élre du nombre de ceux à

luèiue contcslés se fout des le<;i>ns et des rè- (lui je parle ici el que je combals; ce seul

gles : heureuses qu'il y en ait encore; et, sans li.imme de bien (|ue vous connaissez , et qui

pensera les (onibatlre, béiiissaul Dieu de ce est, dites-vous, l'uiiiiiue en qui vous croyez

qu'il les suscite pour sa gloire, pour le bien ot (huit vous voudriez répondre, c'est celui-là

(le ses élus, el pour la confusion du lilier- luêoie qui s'élèvera contre \ ous au jugemeni

tin.ige. di- Dieu. Lui seul il vous fermera la bouche.

Car je l'ai dil, clirétiens, el je le répèle : Ditu n'aura qu'à vous le produire, pour voiis

OiiATii u< s.4i;r.£s. .\1V. [Sis.}

punir en lui cet esprit d'orgueil (iiii le porte a s'ériger en censeur si sévère de la sainteté.

^^^ oratlirs saciies. uoiROALOut:. {-2

convainrre malgré tou< Jn prodii;i('us cja- goû'er le^ n^rômonfs du inonda; ni faiblesse, renipnt où vous jiuiez véiu, el"p)iir ("aire pnisqiiVIle hura lail prendre les plus v'énop.Trailre à lout l'univers la vanilé, la fai- reuse- résolutions, el SDul^Msir les plus hcruï- Messe, le désordre de voire libertinage, lui ques entreprises; ni petitesse de génie, puisvain pour votre justificalion voudri z-vous qu'eu si'uiTraut, en m ur.ini, en s'ituuiolant alléguer rhvpocrisie de laul de mauvais cbré- pour Dieu, ils ont fait voir une grandeur tiens. S'il y a eu dans le monde des bvpo- dàmo (juc riufi'lélilé même a admirée ; ni criles vous dira Dieu, vous n'avez pas dû liyi'ncrisie , pnisiiuc bien loin de \ouloir pour cela cire un impie. Si plusieurs ont par Sire ce qu'ils n'élaieul pas, tout leur soin abusé de la sainteté île mon culte , il ne fal- a été de ne p.is paraître ce qu'ils étaient, lait pas vous purler à un csi es tout opposé. Des honmcs que le cbris'ianisme a foruiés , ni Vous livrer au gré de vos passions. Car il et dont la sainleti- ineonleslai lemeul rccoun'élait pas néeessàire que vous lu'isiez l'un nue, est d'un ordre si su;iérieur à tout ce que ou l'autre : entre l'bypocrile et le libertin, il la pliilosopbie pa'ienne. je ne dis pns, a pra - V avait UQ parti à suivre , et mémo un parti tiqué, mais a ciiseir,né, mais a imaginé, mais iionorab!e , c'était d'être clnéùvU et vrai a voulu feindre, qu-, dans l'opinion de saint chrélien. Que ceux que vous av-'z traités de Augustin, l'exemple de ces beros chrétiens, faux déviils, l'aient été ou non, c'est sur quoi dont nous sulennison-- la fête, est une des ils seront jugés : mais votre cause , qui n'a preuves les p'us in\i!;cibles qu'il y a un rien de commun avec eus, n'en a pu devenir Dieu, qu'il y a une religiim. qu'il y a une meilleure, faut de faux dévots, de dévols grâce suruatuielle qui agit eu no is. Poursuspects qu'il vous plaira, en voici un, après quoi? parce qu'une s.iintelé aussi émirenio tout , que vous no pouvez récuser; en voici que celle-là ne peut être «ortie d.u for.d .un qui vous confond, et qui vous confond d'une nature aussi corrompue quelat.ô^re. pour vous-même. Car c- juste que V'us avez parce que la phibisophie et la raison ne vont vous-même respecté. C' juste eu qui vous point jusque-ià, parce qu'il n'y a donc que <nvcz reconnu vous-même tous les caractères la grâce de Jésus-Cbrisl qui puisse ainsi «l'une p;é!é sincère et solide, que ne l'avez- élever les hommes au-dessus de toute Ihuvous imiié, tt pourciuoi ne vous étes-vous maniîé, et que c'i'st par conséquent l'œuvre pas formé sur ses exemples'? de Dieu. Voilà (e que célèbre aujourd luii Cela, dis-je, suffirait pour faire laire l'im- l'Eglise militante dans cette auguste solenpiélé. Ce serait assez de ces saints , quoique nite qu'elle cous scre à l'Kgii-e triomphante, rares et singuliers , que Dieu nous fait voir Voilà de quoi le rid est rempli. Exemples sur la terie ; de CiS saints qui non-seulement mémorables dont l'impiéié n'elTacera jamais glorifient Dieu, mais ont encore le bonheur !e souvenir, et contre lesquels elle ne présente glorifiant d'étregéuéralemeutapprouves crira jamais. Exemples couvaineanis au\des hommes ; de ces saints dont la vertu est si quels il faut que le liiicrlinagccède, et qui conunie, si simple, si pure, si hautement et ?i fondront é'eruellemcnt i'oigueil du monde, universellement c;inonisée, que le libertinage Miracle de votre gràee, 6 mon Dieu, dont je même est forcé de les honorer. Car il y eu a, me sers ici, pour répandre au moins dans la et quelque réprouvé que soit !e momie, il y cour du plus chrétien de tous les rois, les en a au milieu de vous ; vous savez bien le-^ sentiments de re>pecl et de vénération ilus à démêler, et vous ne vous tromp-z pas dans la vr.iie [liélé. Hiureux si j'en pouvais bannir le di*cerueu:ent (juc vous en failes. cet esprit mondain , toujours déclaré contre -Mais je dis bien plus ; et. pour un juste ceux qui vous servent, ou plutôt. Seigneur, dont l'exemple pourrait suffire. Dieu m'en loujours déclaré contre votre serv ice même! découvre aujourd'hui une multitude innoni- Heureux si je pouvais le détruire dans tous brabic.et me f uinilaut..nide preuves contre les cœurs ; si je piuivais détromper l' utos les vous, il m'ouvic le ciel; et, m'élcvaut au- iiersoniies qui m'ecouleat , et leur faire une dessus de la terre, il me montre ces troupes fois comprendre combien ces inju>t<'S préd'élus qu'une sainteté éprouvée, purifiée, jugés, dont on se laisse si aisément prévenir, consommée, a fait monter aux plus hauts et où l'on aime tant à s'entretenir, sont rangs de la gloire. Des hommes, dit saint cai ables de les éloigner, et les éloignent en Chrjsoslume (induction aiiiuirable et dont eO'et do vous!

vous devez être touchés), des hommes en qui La seconde injustice du libertin à l'égard

la sainteté n'a été ni temperamenl. puis- de la sainteté, ne consiste plus à la dé-a-

qu'elle a réformé, change, détruii dans eux vouer, mais à la décred.ter, à la rendre

le tempér.iment ; ni humeur, pui-c|u'elle ne odieuse en lui imputant îles défaut- prétcn-

les a sancliliés qu'en e:rubalt,int , qu'eu ré- dus, et en les employant contre elle pour la

primant, qu'en mort:fi mt sans cesse l'hu- noircir. Car, comme remarque le savant

nieur ; ni politique, puisqu'elle les a dégages chancelier Gerson, homme entre tous les

de tout'S les vues humaine-i : ni iulerél , autres très-péuéirant et Irés-éclairé dans la

puisqu'elle les a fait renoncer à tous iulé- science des mœurs, la sainteté chrétienne

réls ; ni vanité, puisqu'elle les a en quelqte n'est point respon-able des imperfei'tions de

sorte aoéantis, et qu'ils ne se sont presqtie ceux qui la pratiquent. Si celui qui s'adonne

tous sanctifiés qu'en se cachant dans les au culte de Dieu a encore ses faiblesses et

ténèbres; ni chagrin, puisqu'elle les a delà- ses passions, il les a [larct? qu'il est ho urne,

ches, sèp-iréi du monde. Ii;;siu'ils étiieiit et non |!arce qu'il est pieux, lîien loin que la

plus en élit de jouir dos prospérités et dj piété les fonunte et les autorise , elle est !a

<73 sr.roNn avf.nt. ;^ri;MuN i. df. l\ s\iNTi.Tr. i:i

prcni ^l'r à I< s lui ieiiroriit>r, ot o!Ii^ uc cosso cico ou l'ilUilo ds vi'i(;i!; cliii'-iiiMinrs. D'où jnniais lie les conitiaUro.SU'l!e ir< n riomplic il s'ciisuil ipir leur .-Jim l^firalion , en jiisli- |).is toujours , el si ios passions rc'uiin)tl! iil liant le parti de l.i pieté, doit doiu; rouvrir (]ucli|uernis ^ur elle, loi est noire desordre d'im élerr.el ojiprobre le lilierliii ([iii enlreel non pas .0 sien. Il y a plus, et esl-il jusli> prend de la rendre iiiéprisahle. Leur siècle, cl'e\iL;er de la \raie piéle, parce (lu'elie est (]noi(itu' per\erli, les a reconnus et publiés en elle urmuo parlaile el divine, (|ue da- Iris (|ue ji' vous les dépeins. Cotunie tels, les l'ouï e'. Il' nous rende des lionunes parfaits? sièclt s snivanis les or.t lié.ililiés el oanonises : (^ouiu c (lie ne pré.-unie point de pouvoir c'est sur le témoignage du niou<!e entier que faire dans cette vie des sair.ls iinpeccaldcs, nous leur reniions en ce jour un culte solenaus^i ne doil-on pas s'en prendie à elle si nel; c'est pour cela dit llùrilure, <iuiis sont ceux (]ui s'ciijiagcnl à suivre ses voies sont devant le trône de Dieu, parce (|u'ils ont été encore sujets aux fja;;ili!és liuin.iines. lie- sans lâche devant les lioiunies : .S'/ue »î(ici(/,-i lever riioniii;e de ses tliules, riiiitnilier dans eniin sunt nnlc Ihrinuim Dci. {Apoc.,W\]. la uie d.' SOS misères, lui faire trouver dans Serons-nous assez injustes pour leur disses passions uièine la matière el le fond de puler tout à la l'ois el leur sainteté et 'eur ses mérites, c'est à (juoi ellelravaille.de gloire? Mais se ons-noiis en niêii;e temps (;ui>i elle rcpoiid , et non pas d'affi ancliir assez aveugles pour ne |).:s découvrir tonte I lionirne de tous | celles , ce (|ui ne convient la f,iili!es-.e de l'impiété? Keprenons : Le liqn'à l'état des bicnlieui eux. herlin cond)al la sainteté chiètienne, el je

Or, voici néanmoins l'auliC elTel de la in.i- vous ai fait voir que rcxeinple des sainU li|;nitc du monde. Un homme, pour obéir à rend sonliberlinajze insonlenable. L'ignoi'.inl Dieu, el en vtu- de son salu!, ])rei)d il le parti ne connaît pas la sainteté chrétienne, el je de la |)iété ? dès-là on ne lui | anlonne plus vais lui montrer que l'exemple des saints rien, et l'on esl délerminé à lui faire des rend sou ignorance inexcusable. C'est la seciimesde tout, dès là il ne lui esl |)lus per- coude [ ai lie. mis d'.ivoir ni (lassion ni imperfiCtion ; on si;com)i; PvnTir. veut qu'il soit irrépiéiii nsible. e! s'il ne W si 11 ne faut pas douter ijne saint P.iil , écrip,is , on on accuse la [liele même. Malignité, vaiil à 'l'imolbéi' son disciple , n'eût en \ ue ajoute saint Jérôme, la plus inique. Car en- les derniers siècles de l'Iiglise , el en parti- Un, si la piété doit être exposée à la censure cuiier celui où iiuus \ivons , quand , parmi du monde, au moins la cen-ure du monde K s abus (ju'il coiidamiiait cl (lu'il rciiiarqiiail rloll-elle être équitable, el s'il ne veut pas même dès-lors dans le cliristianismc , il délai faire grâce, au moins doit-il lui f.iire ju^- plorait surtout l'avenglem lit de certaines lice. Pour(iuoi donc ces pré\ciiliiius contre âmes séduit'S qui éludi.'iient sans ee-so la elle? Pourquoi ces suppositions, en lui ini- religion, el (]ui no (larvenaicrit jam.iis à la pulant comme propre ce qu'elle rejette elle- scieiue de la religion ; qui en apprenaient même comme condamnable? l'ouniuoi celle tous I; s jours les maximes et les préceptes, .aversion secièlc envers ceux ijui l'ont em- et (jui n'en compç^uiicut jamais l'essentiel brassée? Pourquoi ce penclianl à les railler, ni le fond; qui s'ejuiisaiont en spéciil liions à les abaisser , à empoisonner leurs actii us pour s'y leiidre habiles , mais (lui m' l'enles plus innixentes et leurs plus droit'S in- tendaient jamais , parce que jamais elles tenlions, à diminuer U'ur> bonnes qualités, n'en veiiaionl à la pratique ; en un mot , qui, à exagérer les mauvaises, si quehiuefois therchanl en apparence le royaume de Dieu, ils en font paraître? Lst-co ainsi que nous ne le Irouvai.nl point en ilYct, parce (lu'elles en usons avec le reste des homii;es, et l'alla- le cherchaienl sans le connaî re ; loujims ihemenl au service de Dieu a-l-il qiie'que éloignées de la scdide piété, parce qu'a\ee, chose qui doi\e attirer 1.' méjiris el la haine? loute leur étude, ell< s ne s'claienl jamais Je pourrais m'en tenir là pour la (Onfnsioii formé une ju>le im.ige de l.i piété : Scmpc de l'im;) c : mais l'Kglisc va plus loin. E. le disccntes , et nuniiuiim lul scinilidin verituli.< lui oppoe, dans la personne des saints , et pcrvcninlcs (Il Tim., l\\). C'était un des pour ur.o conviction plus enlièrc, surtout maux dont ce grand apôtre menaçait l'Eglise p us sensible , des lioiiimcs tels (]ne les cou- de Dî< u ; el n'est-ce pas ce que nous voyons cevait saint Paul, el tek en effcl qu'ils ont aujourd'hui? Quelque spirituel et quelque paru selon l'idée de cet apôtre, édiliant le ralliné (jue se |>ique d'être le siècle où nous monde, el servant de modèles au monde ; des sommes nés, avouez-le , mes chers audihommcs irrépréhensibles, au sens uio i;e (jne leurs, (jaun des abus qui y règne dav.-intage 1(' monde les veut el que le libertin les de- esl de se laisser pié\enir des erreurs les mande; îles hommes en qui la pieté n'a été ni plus gro>sières sur ce qui regarde la vérilablu présomptueuse, ni hautaine, ni aigre, ni cri- piété et la sainteté chrétienne. J'en appcllo liqiie , ui o[)iniâtre , ni dissimulée, ni ja- à vos connaissances, el je suis certain que louse , ni bizarre, ni iutriganlo , ni domi- vous on convenez déjà avec moi. Raille. Les uns, ne perdez pas ceci, font consister

CesontlàceuxqucrEg'ise oppose au liber- la sainteté dans ce qui est selon leur sens ,

linage.Ces bienheureux, dont elle honore la el les autres dans ce (jui est selon leur goût ;

mémoire; ce sont ces hommes parlaitsqu'elle les uns dans des choses extraordinaires et

nous met devant les yeux. Sujets par eux- singnlières , cl les autres dans des choses

fnéiKCS à tous les vices des autres, ils ne s'en extrêmes el outrées; les uns dans ce qui

sont ou préscr\ésou corrigés, que pHrlcxer- éclale el (jui briilj, et b s autres dans ce qui

OUAihl'US SACUF.S. ni.'LT.DAI.Ol E.

ro

(■ffrnir cl i]»i nbiito. Les uns se l.t fi^uri'iit luirs (le leur él;it. i-l l''s aulros se la propi)seiit au-delà de leurs forces el de leur pouvoir; les uns rimngiuent conlr.iire aux bimséanccs et au\ règles qu'il l'iul observer dins le uioiide ; el "les autres s'en font des pians opposés à leurs obligation-» nièuie les plus étroites, et à leurs engigemeuls particuliers par rapport au monde : les uns l'atlathenl à certains moyens aux(iuels il-i se bornent per.daiit qu'ils négligent la lin , el li's autres la réduisent à des idées vagues de la fin dont ils se repaissent, pendant qu'ils négligent les ni 131 ns. Quel champ, chrétiens, et quelle matière à nos rellexious !

Or, je dis que Texemple des saints confond toutes ces erreurs , qu'il nous démontre sensiblement (lue la sainteté ne consiste poiiil en tout cela . r.e dépeml point de tout tel.i , n'est rien moins, ou idu'ot est iiueli]uc cliose do meilleur et de plus raisonnable ([ue (oui cela. Pourquoi? parce que les sainls , parleur exemple, nous |irêclient aujourd'hui une vèrilé, mais une vérité touclianle, une vérilé éddi iiite, une vérité cous )lante ; savoir, qu'indépeudamnient de noire sens ou 'de noire giût, (|ue sans l'éelat de ceriaines epuu'cs ou leur austérilé, que sans sortir de notre condiiinn ni quilter les voies coinniuncs , que sans prendre di'S moyens particuliers ni se proposer une autre fin (jne celle mène qui nous c4 marquée dans la situation nié-.ente où nous nous trouvons, loule la sàinieé, la vraie sainleié, est de remplir ses devoirs , et de les remplir dans la vue de Dieu ; d'être parfallenieut ce que l'on doit êlre , et de l'être selon Dieu ; de se conduire d'une manière din;ne de l'clat où l'on est appelé de Dieu.'^'érité à iai]uelic note raisiui se soumet d'abord, et qu'il suffit de comprendre pour eu èlre persuade; vérité que tout s les l'crilures nous ont ensei'^nce , mais dont nous a\ois encore une preuve [dus évidente dans ces grands modèles que Dieu nous présente aujourd'hui.

Cardans ces molèles. qui sont les sainls , détrompé de toute illusion, je vois clairement et di-lincteinent ce que c'est que d'élrc sailli ; et je le vois sans effort, sans embarras de préceptes , comme si 1 1 sainteté ellcir.éme se découvrait à moi , cl devenait sensible pour moi. Kl puisqu'il n'est rien hors de Dieu de plus excellent, rien de plus divin iju'uiie sainleié de ce caractère , c'est-à-dire, une sainleié fondée sur les devoirs, réglée par les devoirs, renfermée dans les devoirs; dès ([lie je l'envisage de la sorte , tout révolté que je puis èlre contre mes devoirs, je inc sens forcé à lui donner mon cslime; et telle estime dont je ne puis me défendre, m'en f ail naître un amour secret , dont je me liéfenils encore moins. Je dis : voilà ce que je devrais être, voilà ce que ma raison , ce que ma conscience , ce e,ue ma religion me reprocheront toujours de n'être pas ; je le dis. et l'aveu que j'en fais est pour moi un témoignage inl'<iillible que c'est donc là, et là seuicmeiii que se réduit ce que nou; appelons sainteté.

Non, chréliens, ces bicnlieureux dont nous soleiini-oiis la féli^ ne sont point précisément devenus sainls pour avoir fait dans h; mniide el [loiir Dieu di's choses cxlraordinaires et éclalanles. S'ils en ont l'ail, dit saint Bernard, et si l'hisloire de li'ur vie les rapporte , ces œuvres éclalanles et exlraordinaires pouvaient bien êlre des effets el d'S écoiilemenls de leur sainteté , mais elles n'en ont jamais élé ni le fond ni la mesure. Ils les ont faites, si vous voulez, parce qu'ils élaienl saints ; mais ils n'ont jamais êle sainls parce qii ils les faisaient; el en effel , ils pouvaient èlre saints sans ci'la , cnuime avec cela ils auraient pu ne l'être pas.

Ils poiivaienl êlre saints sans cela. Combien de ])rédeslinés, maintenant heureux et paisibles possesseurs de la gbiire, n'ont jamais rien fait sur 1 1 lerre (|ni leur ait atliré ladmiralion, ni qui les ail dislingués I |{t i:s pouvaient avec cela n'êlre pas sainls. Combien de réprouves, victimes de la justiee de Dieu et livrés au feu élernel. ont f.iil sur la terre des aciions de veilii à qu >i les lio rimes ont applaudi, peiulanl que Dieu les conilamnail,el peut-ê le pour ces vcrlus mêmes pretenilues lesrejelail ! S.iinls sans c(da : ainsi l'ont élé des millions d'eliis, dont les noms sont écrits dans le ciel, quoique inconnus dans riCglise même. Dieu, comme remarque saint Augustin, a pris plai-ir à les sanclller dans l'obscurilé d'une vie commune, d'une vie cachée; et quand il les a introdniis dans son royaume, il ne leur a point dit : Entrez, servileurs lîJè!es, parce que vous avez fait poar mi>i de grandes choses, mais parce que vous avez é;e fidèles dans les plus petites : Quia in patica fnisli futelis [Maltfi., X\\"). Hien moins que sainls, nu plulôl, réprouves avec cela : ainsi doit-il arriver à ces malheureux qui diront à Dieu : Seigneur, n'avons nous pas prophétisé en votre nom? n'avoiisiious pas chassé les démins? mais à qui Dieu répondra : Je ne vous ai jamais connus. et je ne v ous connais point encore. Prophèt -s cl faiseurs de miracles t.inl qu'il vous plaira : ce n'est point par là ([U" je fais le discernemi'iit et le choix de Ceux qui m'aiipartienneni.

r,e que je dis, chrétiens, est tellement vrai, q!ie Mare, la plus sainte des créatures, est néanmoins celle donl 1 i'Ivangile, par un dessein parliculier de la Provid( née, a moins publié de miracles. Que dis-je? et fail-il même menlion d'un seul? En marquc-t-il un seul de Je;in-Ba|ilisle, le précurseur de Jcsus-Clirisl? Et n'est-ce pas à lui touti fois que le Sauveur du monde rendit ce glorieux témoignage, qu'entre les enfants des bommes nul n'avait été, devant Dieu, ni plus grand ni plus saint? Dison^-en autant de mille autres choses avec lesquelles on confond tous les jours la sainteté; autant de ces austérités que le monde admire, et qui, selon la judicieuse remar([ue de l'évêiiue de (lenève. ne sent tout au plus que des moyens pour all( r à la sainleié, mais nullement la sainteté même. Il y a dans le ciel des sainls du 1 leraier ordre ([ui n'ont jamr.is été par pro-

r,- SfX.O.Mt A\L;.NT. i>E:iV.M:> l. I'K la sainteté. 17S

Cession ni solila'fos ni anslt-ri's : IcSiinl i!cs nl);in(ionn^s ; cl.cii s.^lisf.li^;lllt ;i im i!(Miiir,

saints iiii-inoinc. k' Fils Je Dicn, lu' l'a point ils en auiiiicnt >iolL' nn aiilie. .Mais p.uciî

oie, ou (lu moins ne la point paru; cl pciil- ([u'ils elaiciil saints, ils ont ^arde toiilc la

être l'on fer (Sl-il pliin de [lénilenls, dana- loiet rempli toiiU'jnsli(C. l'aire iiu'ilstMaicnt

rliorètos qn»' la vanité a perdus. saints, ils ont allie dans leurs personnes les

Par où di)nc les sainis fonl-ils devenus choses, ee semble, les plus op|)Osées et les

saints, et eu quoi proprement e(uisislc le plus dillleiles à coneilier : l'aiilorilé a vee la

fond (le leur sainlelé'? .\!i ! diréliens, e'e^l cliarilé, la poliliciue avec la sineérilé, l<s

ici qu'il est (le \olre inli'r("'I de m i'coiiter : honneurs du siècle a\ec 1 liiimililé, l'appli-

car voici en deux mois \olre instruction et cation aux alï.iires avec la piélé. Parce (ju'iU

uilrc consolation. étaient saints, ils ont niainlenu dans h;

Ils n'ont él(' saints (luepirre (lu'ils ont monde leurs i'.in;is a\ec modestie, leurs

rempli leurs de\()irs, cl ils ont rempli leurs droits avec dt'sinteiessemeni, leur rcpnla-

de\oirs paire (]u'ils él.iicnl saints: deux lion a\ec un vrai mt'pris et un entier dela-

< lio'-es dont l'em liaÎMCmenl porte a\ ec soi un chement d'cux-mcMiK s. Parce qu'ils élaient

cacictère de raison et de veiili- qui se l'ait sainis , ils ont (Mii humbles sans bassesse,

sentir. Saints, parce (ju'ils oui rempli leurs grands sans bailleur, siiuères sans impru-

devoirs, c'est à-dire, pan e iiu'ils oui su par- dence , piutlents sans duplicilé, zelc'-, sans

laileinent accorder leur condiiion a\ ec leur cni|)oilemenl, courageux sans li^nu'iitt', don v

religion ; mais en sorte i|ue leur religion a et pacili |U<'S sans pu>illanimik'. Parce qu'ils

loiijours ele la rc'gle de leur condition, cl élaient siinls , ils se sont [xissedés eux-

«;uc jamais leur coiidilioa n'a prév.ilu .iiix mêmes, ou plnlcil ils se sont délies d'eiix-

m.iximcs de leur religion. Sainis, iiaice qu'ils mêmes dans l,i prospérité; ils ont complu

ont rendu à cl-icnn ce(|ui lui était dû : riinii- sur Dieu et ils se sont sonteniis par la loi

neur à qui élail dû riionm ur, le Iribul à qui dans l'adversité. Je serais inlini, si je voulais

était dû le Iribul , l'obéiss.im e à ceux que épu ser ci tie matière cl pousser plus loin

hieii leur avait donnés pour mailres, la ( om- ce détail.

plais ince i\ ceux dont il devait enirelenir Ouoi (tu'il en soil, mes chers auditeurs, le la société, l'assistance e\ ceux qu'ils devaient bonheur de ces glorieux predotincs e^l diî secourir, le soin à ceux dont ils devaient i é- n'avoir jamais séparé leur peiTectiou de leurs |)ondie ; à tous, 1,1 justice el la cb.irité, parce de\oii s ; (lisons mieux leur bonheur est de (ine nous en sommi s a tons rede>aldes. n'avoir jamais cminu d'aulre |ieileclioii que Siinls, parce qu'ils ont honoré p,ir leur cou- celle qui les .illachait à leurs devoirs. Pourduite, les niinislèn s lien! ils él.iient ( b.irgés, quoi saint Louis est-il au nombre de ceux I 'S dignités dont ils étaient revélus, les jila- que nous iiiMiqnoiis aujourd'hui'? Parce qu'é- (• s où Dii'U les av.iilniis; parce «[u'ils ont tant roi, il s'est ilignemenl acquillé des desacrilié leur repo-, leur saule, leur vie aux voirs d'un roi. Ll pmirquoi s'est-il digneemplois qu'ils avaient à remplir, aux tra- ment aciiuillé des devoirs d'un roi? Parce vaux (]irils avaient à soutenir, aux fatigues ((u'il a éle un s.iint roi. 11 n'y a (]u'<à consul- ((n'ils ilevaieiit essuyer, ;iux (b.igrins cl aux 1er son histoire, et vous en (-(uivieiidrez. Or, (iiiiuis qu'il leur f.ill.iil dévor<'r. Saints, par- ce que je dis de ce sainl roi, je puis le dire (e (|u'ils ont préléié en toutes choses l.i cui- égaicmeiil el par proportion dt' lonslesaulres science à l'inlérèl, la, probité à la fortune, saints. Tel est le fondement de leur gloire et 1.1 vérité à la llallerie; parce (|u'i!s ont eu île do leur béalilude ; celte lidélité à leurs dela sincérité li.ins liurs p.iroles, de la droiture voirs, Cl' zélé pour bîurs devoirs, ce renoncedans leurs actions, d,- l'éiiuilé il, ins b urs ju- ment à tout |>our se rendre parfaits dans g-meiits, de la bonne foi d.ins leur commer- leurs devoirs. C'est là ce que Dieu a réeouice. Sainis, p.iic • (Ic:l\ soumis à Dieu, ils se j cnsé dans les justes ([u'il a choisis , cl il ne sonl tenus dans l'ordre où Dieu les voulail, faut pas s'en étonner, iiuisqiie c'est là jiréci sans s'élever, sans s'ingérer, sans s'inquiéter, sèment ce qui leur a coulé et ce qui a clé le s.ins se plainilrc, contents de leur étal, ne sujet des sacrilii es (lu'ils ont faits à Dieu, el Iroublanl point celui des autres, n'eiiviaiil le des victoires iiuils oui remportées sur «u\boiihcur de personne, fidèles à leurs amis, mêmes. C.ir, pour ne ni.iiKjuor à aucun de généreux envers leurs ennemis , recoiin.iis- ses devoirs, il laul en bien des occasions se sants des bienl'.iils qu'ils reeev aieiil, patients luoitilier, se renoneer, se faire violence, daiislesm.iux.mililiaiillesinjures, supportant 'Poule autre perfection que celle-là n'aurait les faibles : car celoutquejedis élail renfermé eu rien |iour les sainis de difficile; aussi dans l'étendue lie leurs devoirs, el il leur làl- loule aiilre pei-lection (lue celle-là n'aiiraill.iit tout re qneje (l:s pour être saints. eile pas été digne de la couronne ((ue Dieu

Mais j'ajoute que, pane qu'ils él.iient leur prép.ir-iil. s linls, ils ont rempli tous ces devoirs ; .iiilre l'^t voilà, chrétiens, le mystère que nous princii)e d'une vérité iiiconleslable. l-ai ellel, ne voulons pas comprendre. Nous voudrions il n'y avait (|uc la sainliié(|ui pûl être en eux une sainteté à noire mode, une sainteté senne disposition générale el efficace au par- Ion nos vues, selon nos désirs, c'esl-à-ilire, l.iit aceompiisseiiient de toutes ces obliga- une sainteté qui ne nous coûtai rien; rar lions. Sans la sainlelé , ils auraient suci OUI- une telle sainte:é, pour rigoureuse qu'elle lé en mille reneonlr.'s aux tentations /lu- paraisse ou (lu'elle [uiisse éire d'ailleurs, mailles ; leur' probilé cl leur droiture, ( ii je nous devient dès lors aisée. Mais Dieu vent tic sais combien de pas glissaiils, les auraient (juc notre sainlelé consiste Jaiis nos devoiis,

179 OIUTEl'RS SACRES, n :UPJ)ALOUE. iSO

fl nos devoirs nous caûtcroht loujmirs. Hors XXX)? O"' <'■'' ''Wis poiirrn s'é'evcr jns-

•le nos dt'voirs, ce qui imiis seiulili' saiiili'é (ju'.iu cii 1? qui de i:oiis pourra jiaivotiir à

n'est qu'un fanlôiiie lie saiiilclé, iiiii ne |Mut (iiie lelle perltclion'.'' Mais I>ieu nous ap-

sorvir ni à glorifier Dieu, ni à édifier les lioin- pnnd bien aujourd'lMii à Icuir un aulre lan-

n-ics ; qui souvent nicme ne-.! propre qu'à ^'i^' •; car il nous produit un million de saùils

nourrir l'orgueil et à nous cnller. Au lieu (juc ipii oat élé dans le monde ce que nous ne

la vraie sair.lclé , celle sauilelé coniniLine voulons^tas qu'un y puisse être, qui cnl f.iil

dans un sens, mais si rare dans l'aulre, porte iliii^i le monde ce que nous désespérons d'y

avec soi une certaine bénédirliou dont Dieu pouvoir laiic, qui ont trou\6 la sainlelé

tire sa gloire, dont les liomnus se sentent dans le nioude, et qui l'y ont Iriunée là

louches et qui nous tient nous-mènies, saii-s n.èinc où elle a de plus grands obsiades à

osleuiatinn , sans f.islc, dans la règle, et surmonter. Or, si par là Dieu nous ferme la

nous préserve de mille abus. .l'achève, cl buui lie d'une part, il nous ouvre le cœur de

.■il)rès avoir parlé au liberlin et à l'ignoranl, l'antre : comment? parce qu'il ranime notre

il me rcsic à faire \oir au chrétien lâche que, espérance, et qu'il nous fait coiniaître, par

supposé l'exemple des saints, sa lâi iielé est ces exemples, que nous pouvons tout en ce-

sans prétexte : c'est la dernière partie. lui qui nous fortifie , et que si nous sonunes

TRoisiKME rAUTiK. pcciieurs, il ne lient qu'à nous, tout pé-^

11 fallait, chrcliens, une au>si grande au- ch: urs ((ue nous somines, de devenir saints, loiile (jue celle de Dieu, pour commander C'est ce qui acheva la conversion île cel à des honur.cs, je dis à des hommes pc- incomparable docteur de Tliglise. saint Auchenrs, il'ètre saints et de l'être dès cette giislin. Une seule ihose l'arrêtait , vous le vie: Sancli eslote, quonlam ego sanclus sum savez, mais celte seule dUiicuUé lui parais- { Levit., W ) : Soyez siints p.irce que je sait insurmoalai)le et siispenitiiten lui toutes suis siinl. 11 fallait tout; l'autorité d'un les Ojiérations de la gi àee. Dieu lui disait inflomnie - Dieu , pour dire à des hommes térieuremcnlqu'ilen viendrailà boul,niaisinmoudains: Soyez (larfails comme voire l'ère térieurement il se répondait à lui-même que céleste est pariait : Estote ergo perfecli, .m- c'était un effort au-dessus de son | ouvoir. eut Piller vcsicr cœlcslis pcrfccliis csi [i\liiiih.. Dans celte contestation, si je puis parler de V). C'est ainsi néanmoins que Dieu parlait la soiie, dans ce combat entre Dieu et lui, à son peuple dans l'ancienne loi. et c'est il demeurait toujours ennemi de Dieu et louainsi (|ue Jésus-Uhrist nous a parlé dans la jours esclave de lui-même, c'est-à-dire, tonloi de grâce. Mais ce précepte si sublime et jours esclave de sa passion et de son p6si relevé, ce précepte di\ in, il s'agit de savoir thé. Enfin la grâce viclorieuse de Jésussi nous pouions l'accomplir, et si, dans la Clirisl lui livra un dernier assaut et ce derfaiblesse extrême où le peehé nous a réduits, nier assaut i'emporla. Ce fut dans celle mer- Dieu n'en demande point trop de nous. Non, veircusc visiiui que lui-même il nous a dénies rhers aiulitenrs, et je prétends en cela crile. Il crut voir la sainteté avec un visago que Dieu n'exige rien qui passe nos forces. niajeslueux, qui se présentait à lui, qui lui Appliquez-vmis, car voici une des plus iui- fiisait de pressants reproehes, qui lui mon- [lorlantes instructions, et le dernier efi'et de trait un nombre presque infini de vierjjes i'exem[dc ((ue Dieu nous [U■o[)o.^e d.ais ses dont elle êait accompagnée, et semblait lui saints. dire, pour exciter son courage et pour ré-

Je diî donc (iue, malgré les relâelunienls veiller si ( oniianre : Tu nun potci is giiod

de l'esprit corrompu du siècle, malgré noire ''■/( ft islœ {AugH!'t.,C«nfcss.,lib. Vlli,c. 11)?

fragilité et tous les obstacles qiM nous envi- lit quoi ! ne pourrc z-vous pas ce que ceux-

roHuent , rexem|)le des saints nous est une ci et celles-là ont pu ? Celte voix, chrétiens,

preuve convaincante que la sainteté n'a rien lut la voix de Dieu, et comme la voix de

d'impraticable pour nrius et d'impossible; Dieu renverse les cèd; es et brise les lochers :

qu'elle n'a rii'u même de si difficile et de si IDr l-'uiniiii (-(nifringcntis ccdros { Psal.

rigoureux, dont elle ne porte avec soi l'a- XX\'I!I), Augustin n'y put résister. Cet es-

doucisscnienl, et, par une conseijaence né- prit droit qu'il avait coiiscrvé jusque dans

cessaire, qu'il ne nous reste aueiiii prélexte ses [)lus grands égarements, ne put tenir

pour colorer notre lâcheté et pour nous dis- contre une telle conv iction ; il se laissa per-

culper devant Dieu, si uous ne travaillons su.ider, il se laissa loucher, il se détermina

pas à nous sanctifier, et si en elTet nous ne à vouloir et à vouloir en effet ce qu'il n'avait

nous sanctifions pas : Sdncti esloîe. encore voulu qu'en apparence, et désormais

Nous mettons la sainteté au rang des clio- il le voulut si paifailemenl, si efficacement, ses impossibles ; dangereux artifice de l'a- que rien dans la suite n'ébranla son cœur mour - propre, pour nous eniretenir dans et la fermeté de sa rés duiiou. une vie iâeiie. dans une vie même déiéi;lee. Or, ci- qui n'elail pour Augustin qu'une fi- Nous nous la figurons, celle sainteté curé- gure, est aujounlhui pour vous, mon cher tienne, dans un degré d'elêvatimi où nous auditeur, une vérité. Ce n'est pas la saincroyoïis lu^ pouvoir jamais atteindre, el, par lelé en idée, mais le Dieu niêinc de la sainune pusillanimité d'esprit dont nous voulons lelé qui vous parle dans celte fêle et qui que i)ieu soit responsable et (;ue nous reje- vous dit : Hegarde, pécheur, el vois ces tons sur lui en la rejetant sur noire fiiblesse, âmes bienheureuses que j'ai rassemblées do nous di-OMs comme l'Israélite ju'évai icalcur : la terre, et dont le nombre surpasse les êtoi- \juis iivflrumvulcladc<j:luinusi:nuta'e llitul., les du ciel. Hegarde ces généreux athl'iles

131 SECOND A\i:>ir. SEUMON I. 1>K 1,.\ SAl.NTETL'. 18Î

(Itii, l'.oiir ;iviiir ilii;noinrtit coiiiballii, pour loi, (aiit tir saiiils à (|inc;' joug a pani c!ou-î,

av'iir saiiilfiiH'iit Iniiiiné leur courso, pos^è- cl qui oui l'ail Icuis dclii'i s ilc celle l<ii, anc-

(liMil la couroniu' (!<• justice ([u'ils ont nié- ItMit loulcs mes |i!ainles el coïKlamuenl lonie*

rilée. Ce ()u'ils ont l'ait, p(uir(nu>i ne le pour- mes lâchetés, 'l'ellemenl (|ue l'exeinp'c d'un

rastu pas? pouri)uoi ne le teras-lu |)as? /;i saint est pour moi, ce (ju'élait dans la \)tiu

tu non polcrisqnifd (,<(( et istœ f sée do Teilullien, l'evemple de .lésiis-t'.lirisl

Je ne sais, cliielieiis, si vous pensez a\()ir une conwctiou eulièie el sans ré[ili(iue : Suplus de lumières ()ue saint Anf;uslin, ou plus Itilio luliiis (nuiculhitia.

(le force d"espril Ouoi (ju'il en soi!, voilà ce (Tesl par là même que saini Paul enjjagraiv

(|iii le ronveiti; el ce qui peul-étre ne vous les premiers lidèles à la pratique des plus ri-

couverlira pas. Mais, mallienr à vous! car ^oureu\ de\oiis du tlirislianisme. Sans lent

ee(|iii ne (era pas voire conversion, fera votre Iraeer de lonj;s piéeeples, il leur propos;iit

foufusion , fera voire condamnation ; cl si de {grands e\( liip'es. Depuis Aliel jiisciu'a

jamais vous éles léproin es de Dieu, rien ne Mo'ise, et de]iuis !\l<iise jnsqu'auv proplièles,

jiistiliera plus sen-ililemeut à votre- é;:ard la il leur niellait lîeiani les jeux tous les jus-

sévérilé de ses arrèls que la vue di! tant de les de l'Ancien Teslainenl; ces jusles, i a-

saints, hommes comme vous, et par consé- (liés dans des eavcnies, errants dans des so.

quenl faildes comme vous, mais à <|ui tout liludes; ces jusles, exténués de jeûnes, ac-

csl devenu [lossihle, sans avoir eu toulelois cables de [lénitenccs ; ces justes , accusés,

ni plus de iiiojcns ni plus de secours (lUC calomniés, condamnés, lourmenlés, morts

vous : Non pdicris riiuid isti el intwï pour la foi; ces justes (nllu dont le monde

Ce n'ist pas que j'if;nore (juil y a des de- n'elait pas (lii;ne : Qiiibtis (lifjitus nun erat voirs pénibles el laborieux dans la i)raliiinc mundas [ll,b.,\\). Kh bien, mes frères, coude la s.iinlelé. J'avoue que le diemin qui ciuait l'ApoIre, qui peut donc niaiiilenant mène à la perleclion évani;élique et élioil nous retenir '.' Forliliés de ces exemples, ([ue ( t <iu'(Mi j trouve des croix ; m.iis outre (juc i.o courons-nous dans la carrière qui nous Dieu sait bien nous en leiiir compte, il est est ouverle? Et puisque nous sommes les eiide la loi que nous avons au-delà du né(es- l'anls des saints, à quoi tient-il que nous ne saire pour les porter, puisque iio^s avons soyons sainis comme eux? mémedeciuoi les aimer, cl quand le Saint- Or, ce raisonnement de saint Paul doit INpiit ne m'en assurerait pas, l'exemple des encore a^oir une l'orie parlieulière et hule taillis rn est une démoiislialion. nou\ele p^ xir nous; puisque (elle inlinie

Ttrlullieii, parlant d- Jésus-Chrisl, disait mullitude de saiiils, loiinés dans la religion que l'exemiile de et t Homme Dieu était la de Jésu^-llii isl, a bien grossi celle nuci' d(j s<dulion universelle de toutes les dilliciillés lémoins dont pirlail le mailre des (ienlils. d'un chiélien : Sidiitio toliiis (liflicult<ilis Car,qu(> poinonsnoiis dire, siirtoiil à la Clirislus (Tertull.). Kl la raison qu'il en ap- vue de lanl de niarl\rs, nous dont la foi portail, c'est ijuil n'y a poinl de dillnullé n'est plus exposée à la \ iolencc des persédans la vie du elienne (jue l'exi niple de Je- cutions? nous, donl Dieu n'épiotue plus la sus-Cllirist ne nous doive adoucir, ou mène consl.ince |)ar les lourments? nous, comme (|ue l'exemple (le Jésus-Clirisl ne doive faire dit saint Cyprl'ii , (jui pouvons élre sainis évanouir et dispar<.ilre. lin sorte qu'après sans elTusinn de sing? Ne sonimes-nous cet exemple seul, nous ne pouvons former pa-, je ne crains poinl de m'expriiner de la nulle dillicu'lc contre l'observai ion de la loi sorte, ne sommes-nou< pas les plus misérade Dieu, puisque cet exemple seul, si nous hies des hommes , si les diiticullés nous raisonnons bien, doit nous rendre toul, mm- elonnent? Ne faisons-nous pas oulrage à 1 1 seulement supportable, mais facile, mais ai- grâce (!(■ noire Dieu, si nous pensons (]u'el!e niable : Solidio lolius difficuUntis Cltiistu.^. ne puisse pas nous soutenir dans des peines Toutefois, (|iioi qu'en ail dit Terlullien, il res- souvent très-légères ,a[irès iiu'elle a fait troulait une dilliciil-e bien essentielle (luel'exeni- vcraux sainis des douceurs sensibles au milieu pie de Jésus- Christ ne détruisait pas, parce des plus cruels sup|)lices et de toules les hor- (lu'elie éiail prise do Jésus-Christ même; et rciirs de la mort? Soliiiio laliiis difficulliilif. <|uoi? c'est queJesus-Clirisl ayant élc exempt Non, mes frères, nous n'.i\ons plus de préde nos faiblesses, saint par nalure el la lou- texte, car, encore une fois, (juel prélexle le-piiissanee même, il étail bien plus en elal poiii rions - nous avoir que l'exemple des diie nous de faire ce qu'il a fait, et de souf- sainis ne détruise pas? Nous sommes ecciifiir ce (juila soulTert. Ainsi, malgré l'exem- pés des soins du monde, les sainis ne l'ontpie de ce Dieu-Homme, nous aurions Imi- ils pas été? Nous nous lrou^oIls dans des jours droit, ce semble, de nous relraiuliir occasions dangereuses, les saints ne s'y sonîsur noire impuissance et de l'apiiorter pour ils pas lioiivés?l,e lorrenl de la coutume nous excuse: mais à qui était-ce de le\er tous entraine, les saints n'y ont-ils pas résisté? Le nos prélexles? Aux sainis. niauvaisexem|)lc nous perd, les.sain's ne s'en

Car, quand je vois des hommes sembla- sont-ils pas préservés? Nous avons des pasllcs à moi, de même nalure ((ue moi, fragi- sioiis, les saints n'en ont-ils pas eu de plus viles comme moi, qui iiour Dieu ont Ionien- ves? Nous sommes d'un lempcramenl délicat, lrepris,qui pour Dieu ont lout soulTert , el les saints étaicnl-ils de ferei de bronze? Ditestout soulîert avec joie, je n'ai plus rien à re- moiun obslacledusalutiiu'ils n'aient poinleii pondre. En vain je voudrais me plaindre de à comballre? Dile^-moi une épreine par où la pcsuuUur du joug ( t de la sévérité de la ils n'aiuit poiul passé? Ditcs-uioi une tenta-

Î83 ORATLl ns SACIUS. nOL'RD.VLOï.E. ISl

ficn qu'ils li'.iic'iil point suriiionli'o? Conipa- emplois ; cl qui nnn-sriilomriit s'y seul sniic-

lons notre él;il avec liMir élal , nos devoirs liliés, mais, ce que je vous prie de i)ien re-

avcc leurs devoirs, nos d ingers avec leurs mar(]iiir, qui s'en sont servis paiir se sanc-

dangcrs , cl dans l'égalilé paiTai(e qui se lilier. l'arcourez tous les ordres de ces illus-

trouve là-dcssiis entre eu\ et nous, voyons très préilc-.lincs : vous en trouverez qui ont

si nous avons de quoi jusiifier rénonnc con- vécu coinine vous auprès des prinrcs, et (|ui

Irariété qui se rencontre d'ailleurs entre leur n'ont jamais mieux servi leurs princes, (juc

lie et la nôtre; c'csl-à-dire, entre leur fer- quand ils ont été plus altacLés à leur reli-

veur cl nos relikliements , entre leur inno- gion et à Dieu. Vous en trouverez qui se

ccnce et nos désordres, entre leurs austéri- sont signalés comme vous dans la guerre,

tés et notre mollesse. Qu'allèguerons-nous cl peul-élro plus que vous, parce (lue la

à Dieu pour notre (Icfinse, «luanil il nous les sainteté, bien loin de les affaiblir, n'a f.iil

■■onfrontera ? Servaient-ils un autre maîlre quaugmenler en eux la vertu niiliiairc et la

que nous? Crojaient-ils un aulri' Evangile vraie bravoure. \'ous en trouverez qui onl

que nous? AltenJaien'.-ils une autre gloire nianié comme vcis les alTaires, et si vous

que nous? S'ils l'ont aclielée plus cher que n'êtes pis aussi sainis (ju'eux (ne vous offen-

nous, c'est sur quoi nous devons trembler, sez pas de ce que je di~), qui les ont ma-

jiuisqu'il est certain qu'à qiiebiuc pii\ niées plus dignement et plus irréprocliable-

qu'elle leur ail élé ^en(kle, elle ne leur a ment (|ue vous. Vous en trouverez (jue leur

point trop coulé, cl que, dans sa juste valeur, probité seule a mainlenus à la cour; qui

tî'.le excède encore infiniment tout ce ([u'ils s'y sont avancés sans avoir recours aux ar-

ont fait, cl lout ce (]ue n^us ne f.iisons pas, lilices de la pollt;(]ue niondiine, et qui n'ont

mais que nous devrions faire pour l'avoir, dû le créd.t qu'ils y avaient qu'à leur droi-

.l^Iais, api es tout, dites-vous quelquefois, ture et à leur piclé. lui un mot, vous en commentaci'oriler la sainteté clirétienneavec trouverez qui onl été tovit ce que vous êtes, les engagements du monde? comment élic et (|ui de |)ius ont élé sainis. .•^aint, et vivre en certains étals du monde? L)a\, chrétiens, il y en a dans le ciel, et ce ("omment ? 11 est bien étrange que vous ne le sonl ceux-là que vous devez spécialement sachiez pas encore, ayant tant d'intérêt à le honorer. A'oilà vos patrons, et tout ensemble savoir, et il est bien indigne que vous li- vos nio:lèles. Les sainis que la cour n'a gnoriez, ayant dû ré'ulierel le méditer Ions point perveitis, et qui ont triomphé jusque les jours de votre \\e. Mais Dieu veut vous ilaiis la cour de l'iniquité du monde, ce sontl'apprcndreen ce jouretvotis le faire voirdans là c; ux d uit viuis devez étudier la vie, parce ses saints. Vous vous figurez que voire état a que c'est la science de leur vie qui doit réforde roppiisilion,ouquil est même a bsi du ment mer la vôlie. Qu'ont-ils fait quand ils étaient incompatible avec la sainlelé, erreur Si cela à ma place, el que feraient-ils s'ils étaient eiictait, ce que vous appelez \olre état de\ien- core mainlcn;inl dans le pas glissant oii ma drait un crime pour vous, el, sans autre rai- condition m'expose ? C'est ce que vous deson, il faudrait , par un devoir de précepte, vcz vous demanibT à vous-niêmcs, et sur le (initier cl y renoncer. Mais puisijue c'est quoi vous devez régler loulesvos démarches, votre état, puisque c'est l'elat que Dieu Dans les autres saints, vous louerez et vous vous a maniué, vous offensez sa providence bénirez Dieu ; mais dans ceux-ci vous apet vous faites tort à sa sageese, en le regar- |irendrez à vous convertir vous-mêmes et à danl comme un obstacle à votre sanelilica- voiissau\er. C'est en cela que la providence lion. Il n'y a point d'état dans le u onde ([ui de notre Dieu est également aimable et adoiie soit el (|ui ne doive être un état de sain- rable, de nous avoir donné, dans ses élus, lelé. 'rertullicn sembla vouloir l'aire là-dcs- autant d'idées de sainteté qu'il en fallait pour sus une exception, quand il douta si les com.ioser cette variété mystérieuse dont Césars, c'est à dire si les empereurs et icux l'épouse de Jésus-Christ, ()ui est l'Eglise, qui gouvernaient le monde , i)ouvaienl être lire, selon le prophète, son plus bel orne- < hrétieus ou si les (■liréliens pouvaient être ment: Circuiiiilald vnrictate { Ps . XLH' ). Césars; mais on convient qu'il eu douta mal, C'i'st pour cela, ajoute saint Jeiôme, que jiuisque rexpérieuce a fait connaître qu'il Dieu donnant sa grâce, et selon les sujets n'y a point eu d.ins tous les siècles de su- (jui la leçoivent, lui laissant prendre des jcls plus nés pour l'empire, ni [dus propres formes dilTérentes : l\hillifonnis gratin Dei à commander, que ceux ([u'a lorniés pour (I l'ct., \\), a fait des saints de tous les cacela le chiisliaiiisme. racières, autant ([ue la diversité des coiufi-

Cei)endaut , sans parier des Césars ni de.s lions, des complexions, des génies, des t.:-

t mpereurs, (|ui (jue vous soyez. Dieu vous lents, des inclinations, l'exigeait pour la

iaoutre bien dans celle so'ennilé (ju'il [leut |ierfeetion < t pour la sanctification de l'u-

> avoir eutie la sainteté et votre elit une ni\ers. C'est dans celle vue qu'il en .1

alliance parfaite. En voule/-\()us ê:re cou- choisi de pauvres et de riches, d'ignorants

■ aiucu ? Entrez en esprit dans cet auguste et de savants, de loris d de faibles, dans le

temple de la gloire, où lègnml a^ec, Dieu mariage et dans le célibat, dans la robe et

tant de bienheureux. \'iius y verrez des d.iiis l'épée, dans le comi;ierce du monde et

sijints (|ui ont tenu dans le monde les nié- dans la retraite ; (lu'il a pris plaisir à former

mes rangs que vous tenez aujouri^l'hui , «lui les plus grands sainis, dans les états mêmes

se sont trouvés dans les mêmes engagements, où la saiutelc parait avoir plus de diflicullés

\!iiii!cs iiiciues alTiiies, dans les :i:Omes à vaincre j des [irodi^cs d'iiumililé jusque

18.^ SECOND AVi; NT. SV.MMS U. SIT; Li: JK.I.MKNT DIJi.MLIi. |g$ Siir lo li<^ni>, (l'iiiisl.-rilo jnsqu'Hii niilitni des puiss.ince qno Dieu leur a dniti;,'/ : l'er me (iolices, (il- rcriioillniiciil vi (l'allciilioii sur /-((jci rci/iiani {l'ror. \ III). C'esl par cUe que soi-mùiiu' jiisi|iie ilaiis l'ciuhanas et le lu- les souv.rains s'ac<niiiic'iit envers leurs suluulle lies soins lem|orels: (luilleur a l'inMiii j.U dos devoirs (jne Dieu leur a ini|iOîiCs. Lu à Ions (les irrâres de voralion, îles grâces do un mot, c'est par la s.iinlele chrétienne (]ue persLMérance. des remèdes contre le péciie, les rois sont les images de Dieu, les miuisdes moyens de salut proportionnés à ce 1res de Dieu. I( s hommes de Dieu, et voilà «iU'ils étaient cl au 2;<'nre de vie qu'ils cm- sire, ce que Dieu vous dit |)ar m i liouche, cl lirassaienl ; (t qu'enfin, par un secret do ce qu'il vous a dit depuis tant d'années (luo prédestinalion que nous ivi pouvons a-sez j'ai llionnenr de vous annoiu cr sa s.iiutc paadmirer, il n'a pas voulu (in'il y < ûl une rôle. VoJre majolé l'a reçue, elle l'a honoscule i)rofessi<in dans le monde qui n'eût rcc comme la parole du Toui-ruissant et du SCS saints glorilics et reconnus comme saints. Itoi des rois, ce sera pour elle une pande de Pourquoi ? non-seulement afin (lu'il n'y eût \ie et du salut elernel, que je vous soupersonne dans le monde qui eût droit d'im- iiaile etc. pulcr à sa proIVssion les relâ< licments de sa <îFlt\10\ II vie, mais afin qu'il n'y eût iiersonne à qui sa

profession même ne présentât un poitrail r i r. le rni:Mii:R nnivNCUE de i'avent.

»ivantde la s.iinlcté (jui lui est projjre. l- i ■ i ■

Celle morale regarde également tou. eux Sur Irjmjnnen! dcnitcr.

qui m'ccoulenl, mais j'ai la consolalion, Ei-.,ni si^iu i ,s,|p. ci lm,:i, , i si;-il,s, e; in utHs (.r^-s-

-sire. eu la piécliant de\aill voire mijesle, muj ;;rii!i..m...^.r,-M-fiililiii^ lii>iMi.iii,iispr;c limorr, ci i'\-

do Ironvcr dans son cœur et dans la gran- inciaiioiic, (|ii:c sn|i i\uiiiiiii nmvcisoorlil.

dcur de sou âme, tout ce (ine je puis ilésiier ^' .'/ "'"'" ''<'•■( M';/"C.'i (/««.s te aolcil , daii:i la lime et dans

de plu< fa\oralile cl de plus avanlageiix pour '''' '^"l!"'- '',' *"'■/' '"''T'' !'"''' l"'")''<',\s''""" f""^ '" '''"'- ,,'.,.■ ., • n . /^ • 1 !,:enii,luiii : (le tiorle aie tca liûiwiii'sseclieioiil (le p tir, (tans la lui lane goûter a ellr-meme. (, ir je parle /•„„,.,„,. ,,,.5 „„„j; Uuni lotu rumers sera men.câ (S. Luc. a un roi dont le caractère particulier est d'à- cliap. \\i. voir su se rendre tout pos>ilde cl même facile, quand il l'allul exécuter des cnircprises, Siue, c'est par l'arcomplissemonl de celle ou pour la gloire de sa couronne, ou pour la prédiction du Kils de Dieu, quijdoitcommenccr gloire de sa religion. Je parle à un roi qui, l'alTrensecalaslr(q)licde l'univers. iTest dans pour triompher des ennemis di- son clat,a ces phénomènes prodigieux que l'évangile fait des miracles de valeur (jne la postenlé de ce jour nous donne l'idée de l,i plus étonne croira pas, parce tju'ils sont plus vrais nanic révolulion : /i/"it«f .«i'/da ; il y aur;i des (lue vrai^emlilahles ; et qui, pour triompher signes dans le ciel et sur la terre. Signes védc s ennemis de l'Eglise, fait aujourd'hui des nérables , puisque c'est Jésus- Christ liiimirades de zèle (lu'à iitinc croyons-nous même qui nous les a marqués, comme les ru les voyant, tant ils sont au-des>us de nos présages de s(Ui dernier avéneii cul. Signes espérances. Je parle à un roi suscité et choisi salutaires, puisqu'il a niétendu parla ré~ de Dieu piiùr des ciioses doul ses augustes veiller noire foi dû profond assoupissement ancêtres n'ont pas même osé former le des- où elle est ensevelie. Signes terribles, pusscin, pane que c'était lui qui seul en pou- que non-si ulement les hommes en sèchovait être l iul à la lois et l'auteur et le cou- ront de peur, mais (inc les vertus mêmes des sommaleur Ce zèle pour les intérêts de F)ieu cieux eu seront ébranlées, et pour le vrai culte de Dieu, c'est, sire, ce Tout cela est vrai , dit saint Jean-Chryqui sanciifie les rois, et ce (;ui devait être le sosloine; mais après lout, ces signes , quoilerme d- votre glorieuse destinée. Car puis- que vénérables, (juoiiiue salutaires, quoique que \olre majesté élait au-dessus de tout terribles, ne seront néanmoins que les préce qu'il y a de grand dans le monde, puis- iiaratil's d'une action emore infiniment plus qu'elle ne pouvait plus croître selon le monde, digne de nos réflexions, encore infiniment puisqu'elle avait comme épuise la gloire plus essentielle à noire salut , encore infinidu monde, il élait pour elle d'une heureuse nii iit plus redoutable, qui est le jugement iiécessilé qu'elle consicrât désormais à Dieu de Di.ïu. Kt c'est , chrétiens, de c- jugement cl sa vie et ses héroïques travaux, de Dieu que le deioir de mon minisière m'o- Dieu vous a donné, sire, par droit de nais- blige auj<iurd'hui à vous parler. Jugement sance , le plus llorissant royaume de la de Dieu, dont la pensée a fait trembler les terre, et il vous en prépare un aulro dans le saints, et d'où, selon l'expression de \'\ciel, qui est le royaume de ses élus. C'est poire, le juste même à peine se sauvera. Juentre ces deux royaumes que votre majesté geiucnl de Dieu, dont j'entreprends de jnslise trouve comme partagée, mais avec celle lier l'équité et la sainteté, en vous faisant différence, qu'elle doit regarder le premier voir sur quoi sera fondée son extrême et comme le sujet de ses obligations, et le se- inévitable sévérité. Soutenez-moi, Seigneur, cond comme la récompense deses \ erlus. Oi', et me donnez les forces nécessaires pour elle n'apprendra jamais mieux le secret de bien Iraili-r un point et si solide et si imporles accorder ensemble, je veux dire de bien tini. Mais donnezen même temps à mes aug( uverncr l'un et de mériter l'autre, que dileiirs toute la soumission et la d(jcilité que dans les maximes de la sainteté chrélienne. demande voire sainte parole ; car, renonçant Car c'est par elle, dit l'IIcriture, que les sou- ici à mes faibles raisonnements, ce n'est qu'.i vcrains cïcrcciU tur leurs sujeig i'ab.olue votre parole que je m'altùclic ; cl c'est voire

1S7 ('UVTLUHS SACRES. nOURDAI.OlI' . 188

seule pnro'c qui fera la prouvi' do loiit ce Mais (l'av<;ir à suliir un ji^gom'^pl qui , à la q 110 j'ai à (Il 10 (Il lis co il i si ours. l'uMnpiisscz- eu ii lu si un du moniio, ^ cubera Dieu ol les élus Dioi (le volro esprit ; ol (lui", par voUo gràio, de l'ieii. Ah ! mes eli'is aiulilours, c'est ce la grande vd-rilé que j'annoiiei; lasse sur les i|iii doit l'aire le sujet t'teiiicl de ikjs méditacœurs toute l'iuipressiou (;u'elle y pi ul cl lions, aussi bien (jue de nos craintes. Or, ce (lii'rlie j doit faire. C'est pour cela (|iie j'iiii- sont cependaiil les deux points de foi (|ue plure votre secours fiar l'intercession toute notre évangile nous propos;'. Apiiliijuizpiiissante de Marie : Ave Mmia. vous, encore une lois, à les bien co!ii|iren- II est de la loi clirélienne, (jue Dieu, qui de. Un jugement (jiii vengera Dieu, autant est l'être absolu el souverain, a fait pour lui- que Dieu mérite d être \engé et qu'il pcal riiêine tout ccqu'il a l'ait ; et la inèinc foi no'is être vengé. Un jugenienl (|ui vengera les enseigne, que Dieu , sans déroger en rieu à élus de Dieu des injustices du monde, aussi la souveraineté de son ôlrc , a fait encore p'eineiiicnt et aussi aullieiiti(iMenienl (ju'ils toutes cliosos pour les prédestinés et les élus. en peuvent el (lu'ils en doivent être vengés. Il s'ensuit donc, concliit saint (]lirjsostonie, "Noilàtout mon dessein: je vous demande raisonnant sur ces deux principes, que, une l'a>orable attention, (luand Dieu s'est (lélerininé à juger le monde PHtMiÈRE partie. en dernier ressort, c(Mnnie il le jugera à la Parce que U', n^ondo sera parvenu au cointin des siècles, il a eu deux vues et deux in- Me de rini(]iiite, le jour de la vengeance arlentions principales : l'une, de se faire jus- rivera; c'est ainsi que s'explique ri'>riturc : tice à lui-même ; et l'autre , de la faire à ses )'c)iu't dies uliionis {Jcrcm., XL^'1). Et parce élus. que les lioinmos auront achevé de remplir I.a conséquence est infaillible, et c'est A la mesure de leurs crimes, Dieu, i|iii jusquecette consequonce que je m'arrête : d'ab >rd là avait élé le Dieu riche en miséricorde, ne liarcc qu'elle m'a paru la plus solide cl la pouvant plus soiilTrir l'affreux désordre où plus propre pour servir de fond à l'inipor- lui paraîtra l'univers, commencera enfui à tant discours que j'.ii à vous fiire. lui voici se faire justice. \'o:là sur (luoi le prophète l'ordre el le partage : Diei , jaloux de sa royal a fomlé la nécessité de ce jugemenl gloire, jugera le monde pour se faire justice redoutable que je vous prêche aujourd'hui : à lui-même ; cl voilà pourquoi Jésiis-Chrisl, Exurçir, Dcus, el jiidica causdin liiain {P.-al. (lui doit comme Fils de Dieu présidera ce LWIII). Levez-vous, Seigneur, disail-il à jugement, viendra avec toutes les marques Dieu, p'eiu d'un zèle ardent jiour sa gloire, de la puissance et de la majesté divine : \'c- et jugez vous-même voire propre cause : Mevicl cum poleslotc mm/na ri majestnle. C'c&l mor eslo impropcrinram tiicnun, eorum qicw ma première proposition. Dieu, lidèle à ceux nb iiifipientc sitiil loin die [Ibid.). Souvenezqui le servent, jugera le monde pour faire vous des outrages (ju'a osé vous faire et que justice à ses élus ; cl de là >ient que Jésus- \ous fait encore à tous momenls l'impie et f.hrist parlait toujours à ses disciples de ce l'insensé, afin qu'ils ne demeurent pas êterjugomenl comme d'un point qui devait par nellement impunis. Deux choses par où le avance les consoler , en les assurant que ce S liiil-Esprit nous donne à connaître en quoi serait le jour de leur gloire et de leur salut: consislera la rigueur du jugement de Dieu, Ilis aulem fici i iiiciiiirnlihiis, nspi'.ilc el le- deux pensées cap.ibles de nous en imprimer rate cnpihi veslra , qnoninm (ipprupiiir/uat l'idée l,i [dus vi^e et la plus touchante. Dieu rcdeitijilio vcstr(i[Luc. X\lj. C'est ma seconde s'élèvera pour juger lui-même sa cause, Dieu proposilion. se souviendra eu général des outrages que Veriiés adorables et (|ui cour rennent en lui font maintenaiil les hommes, mais en deux mots ce qu'il y a de jilus essentiel dans parlii ulier de ceux (pie lui font certains homle jugement de Dieu. Tout le reste n'en est mes insolenls dans leur impiété, certains que les préliminaires , dont nous ne laissons pécheurs scandaleux dont le caractère est pourtant pas, pour peu de religion que nous d'insulter à Dieu même avec plus d'orgueil, ayons, d'être efl'ravés. Mais pourquoi ces Kntions donc, mes cliers auditeurs, dans ces préliminaires du jugement universel nous deux pensées el tirons-en des conséquences paraissent-ils si terribles el pourquoi en dignes de notre foi, mais surtout salutaires el effet le sonl-ils ? Je vous en ai dii les deux prati(|ues po'ir la réformation de nos mœurs, raisons. Parce (|u'ils doivent aboutir à un Dieu s'élèvera pour juger lui-même sa jugement qui sera la dernière justice que cause. En effet, pendant celle vie il en a lais- Dieu se rendra à lui-même : vous le verrez se à daulres le soin; occupé à répandre ses dans la première partie. Parce (ju'ils doivent grâces el à fiire luire son soleil ans^i bien être suivis d'un jugemenl qn\ sera, aux dé- sur les méehants que sur les bous, il laisse à peiis des réprouves, la plus parfaite el la ceux qui sont en place, el (jui ont en main plus éclatante justice (lue Dieu rendra à ses l'autorité, le soin de maintenir ses droits, élus: je vous U^ ferai voir dans la seconde. C'est pour cela qu'il a établi des |)uissances Sans cela, ni l'obscurcissement du soleil, ni sur la terre : car le prince, dit saint Paul, est la chute des étoiles, ni luis les autres si- le ministre des vengeances de Dieu, et ce gnes, avant-coureurs du jugement dernier, n'est pas en vain qu'il porte l'épée, puisijue n'auraient rien pour les pécheurs mêmes de c'esl (lour la cause de Dieu, bien plus que bi lormiilable. Sans cela j'allendrais Iran- pour la sienne, qu'il s'en doit servir. Il est le quillcment celte révolution générale, qui ministre de Dieu, pour faire rendre à Dieu doit [irécéder la venue du Tils de l'iloimue. ce qui lui esl dû cl pour punir ceux qui vio-

189 Si;( OM» AVlNT. SLiniON II. Slli !.!•: JlGK.Mli.NT DLli.MKii. l'iO

Icnl sa loi : Dri ininislcr est, rindrx iii iram p.ir \^ roniiivonc^, pnr l,i f.iuss > priiilciue ii</tii iiKiluDi (liiil (Itoiii., Xlll;. Ali ta ni cju'il v a iiir la i tiirii|iliu!i cl ia | ■ it'v.i rira lin ii de ceux tlaiis le iiioiulc (le soMS l'raiK, do niag;.s!ials, <iiii k'.s (li'vauMil'pmiif et (iiic Dieu avait pie- <!(' supiTiiMiis. (le prélats, d,- jngt'--, ic sont piiM'S p(!iir le> piiiiii! Coiiibicii de ^at■|•i!^•J;('^, aillant d'iiotujni's «iiiriics di's inU-ièts île iiniihii'n (U- siaiidaU's, ciniiliieii (II' i ici s alio- Dii'u, et dans les m liiis tic (|iii Ditu a mis sa minables, conihien de |é(liés, el de pe» lie,

cause. Si son no ii est lilasplicmé. s: son culle I; s [dus iiion>lriieiix el les | lus inràines, dont

est pioraiié, il leur en demande jusiice, et on ne voit nul cliàiiiii' ni, el donl les auleur>,

c'esl à eux à lui eu faire raison, (l'est pour à la lionle de la relii;ion, maicliciit iiiipuné-

tela qu"il a donné aux piélres, dans la loi de ment el lèle levée I l'.nmideii d'impies nou-

gràce , une juridiction si aliso'ue : car les seulement épar|;iiéi et méiiay;és, mais res-

prctres, dit saint Clirysosloine, eu vertu du pectés cl honorés, mais dans leur iuipiéle

pouvoir qu'ils ont de releuir les pécliés et de, même loues el applaudis, et tout cela au

les romcltre, sont, dans le tribunal de la pé- mépris de Dieu! Ou'un grand de la terre soit

iiiieuce, comme les arbitres de la cau-e de olïensé, tout conspic à le saiisfaire, et il u'v

Dieu et de ses droits les plus sacrés ; et Dieu, a point d'assez piompie justice fioiir réparer

ru leur accoid.uil ce pouvoir, leur a dil, à la la moindre injure (pi'il préteml avoT n eue.

lettre ci sans reslriction : Jud'u-alc inier me Ne s'af;it-il (]iiede l'idleuse de Dieu , eu iilille

el vincain nicam (/>«(., Vj: S lyez juf;es cnire conjonctures tout est l'.iilile, loul esl laujiuis-

moi el ma vi^ne, c'est-à-dire, soyez jugcsen- saiil. (Jiiel(|ue (d)li|;..lioii qu'on ail de repii-

tre moi cl miui peuple, entre moi et ce, pé- mer le liberlinaue (luand Dieu s'y trouve seul

clieurs qui V ieunent, pioslernés à vos pieds, iméressé, ou dissimule, ou temporise, ou

conl'essrr les désordres de leur vie. Obligez- mollil, on a des eg irds, el par là le liberli-

les à m'en faire de légitimes répaialioiis ; nage, maigre la sainlelé dis lois, prend lo

imposrz-leur pour ce'a des peiiu-s propor- dessus.

tionnécs : tout ce que vous délierez sur la (h'i est aujourd'hui dans le monde ce zèle terre sera dé ié dans le ciel; mais prenez bien <Ie la cause <le Dieu, ce zélé doni brûlail Dagarde qu'en exerçant ce ministère c'est ma vid et d^'Ut tout chrelieu ilcil brûler, s'il ue cause que vous jugez, aussi bien que leur veut se rendre iiuligiie du nom qu'il porte? cause, el même encore plus (]ue leur cause ; où est-il et où l'exerce-l-ou"? Eu combien de Judicnie inler me et iinram mrnm. reiieonlres ne cède-t-il pas à la |)oliiique C'e>t par la même raison que, lorsqu'il s'a- nioudaiiie el n'cst-il jias alTaihli par le resgit de nous réconcilier avec Dieu, Dieu, par |iecl hnm.iin? Le dirai-je? dans le Iribuiial un excès de bonté, quo. que nous soyons alors même de 1 1 pénitence, tout sacré qu'il est, l.a parties contre lui, veut bien nous prendre cause de Dieu ne court pas souvent moins de pour juges entre lui el nous-mêmes. Car la risque. Ouels abus n'y eomuiet-t-on pas? pénitence, remarque saint Augustin, consi- avec quel, e facilité n'y absout-on pas quel- Ocrée dans le pécheur, n'est rien autre chose quel'ois les plus insignes cl les plus endurcis qu'une justice que le pécheur rend à Dieu pécheurs? (jnelle distincliou n'y l'ail ou pas aux dépens de soi-même, comme si Dieu nous de leurs [lersonnes cl de quelle indulgence avait dit. el il esl vrai, clirélieiis, qu'il nous n'y use-t-iui pas pour s'accounnoder à leur l'a dit : Faiti s-moi justice de vous-.'uêmes el délicatesse? Aul el'ois on y proiédait avec n'attendez pas (]ue je vienne «laiis le jour de une sé'-cntc de discipline ijui henorait Dieu la colère me la l'aire maigre v ous ; ctmvain- aux dépens du péclieur, uiainlenaMl vous «us, par le lémoignagc ife vos consciences, diriez que loul le secret esl il'y ménager lo que vous êtes coupables devant moi, aiincz- pêcheur aux dé[iens de Dieu. A mesure quo vous pour moi d'un saint zèle contie vous- 1 iniquité s'est aicrue, la [lénitence s'est mimêmes , condamnez-vous, punissez-vous, tigee eu comparaison de ces siècles fervents exécutez-vous vous-mêmes, afin ipie je ne où elle était dans sa vigueur; par une malvous juge i>as. Car c'esl la condaion qu'il heureuse [)rescri]ilion, elle n'est plus cpie i;o::s offre; d'où le grand apôtre concluait lombre de ce qu'elle a été. A peine nous sans hésiter (]ue si nous nous jugions noLis- resle-t-il des traces de ces canons si vénéralênies <le bonne foi nous ne si rions jamais bies ijui, pour des péchés aujourd'hui cou

jugés de D.eu : Qtiod si vosmrlipfds dijudi- nuins, oiiloiuiaient d^ s années entières de

riireintis, nu7i utii/ue jiidicarcmur (1 Cor, XI). satisfactions, e' de satisfactions rigoureuses.

Telle est, dis-je, durant celte vie la conduite Cipendaiit Dieu n'a point i hangé el ses droits

lie Dieu : il uoas laisse juger sa cause et il immu ibles el êlermls subsislenl toujours,

veut bien s'en reposer sur nous. .Mais n'imputons point à d'autres qu'à uous-

M lis qu'arrive-t-il ? .\li ! ehreliens, ce que uiénies ces relâchements de la pénitence;

nous ne pouvons jamais assez déplorer, el ce c'esl u'uis-mêmes, chiéliens, riconnaissons-

doil être pour nous un des plus infiillibles le avec douleur, c'est iious-mêmis qui, par

pré-ages de la rigueur du jugemcut de Dii u, la durelé de nos cœurs, forçons en quelque

le voici : celle cause de Dieu, mise ejilre les sorte les ministres de Jesjs-Chrisl à avoir

mains des liommes, par un elTet de leur inli- pour m us, dans le saint tribunal, ces c'>ii-

dé ité esl tous les jours initignement traitée, descendances el ces mén igemenls dont nous

fiililemenl soutenue, honteuseineut aban- répondrons encore plus qu'eux, cl qui l'.e

donnée, lâchement trahie. Je m'explique: peuvent aboutir qu'à notre perdition el à no-

Combien de crimes, el même de crimes enor- tre ruitie. C'est nous qui, par nos arliliees,

ri..',, l'jlei éi dans le mund ' ^i ir la ueylijjcii.-,', Ucuveuï le moyeu d'cucrv cr leur zèle cl do

OIWTF.L'IîS SACRES. HOIROALOLE.

corrompre même leur fidùlilo: c'i'sl nous qui, in.ilgrc eux, les cng;igeons à èlrc soiivful les r.iulcurs de nos desordres, et p;ir eonséciuenl qui sommes d.ins la cause de Dieu les premiers prévaricateurs.

Or c'est eu celte vue, je le ré()èle que David sollicilail Dieu avec un saint empressement de prcnilre lui-même sa cause eu main, quand il lui disait : Exurgp, levezvous. Seigneur : Judica cniiscmi luam { Ps. LXXIII ), mellez-vous en devoir de juger vous-même voire cause, et ne vous eu fiez plus qu'à vous-même. Jusqu'il présent vous avez élé le Dieu palient el le Dieu fort : Deus forlis et paliens ( Ps. \'1I ) : et comme lel, vous avez soulTirt avec une tranquillilc qui nous doit surpiemlre, que vos inlérèls dans le monde fussent trahis par ceux, mèaies qui en doivent èlrc les défenseurs cl les vengeurs: il est temps d'y pourvoir, el d'aj)porter r<'niède à un alms si déplorable. ^Il mur eslo , souvenez-vous. Seigneur, que voiis avez .ilTaire à des rebelles , qui se prévalent contre vous de vos plus divins allribuls, et qui prennent votre patience pour indolence, cl votre force pour faiblesse. Exurr/e, Icvez- A ous, el montrez-leur que, maigre vos lenteurs passées, vous savez enfin vous rendre une pleine justice. Or voilà, chrétiens, ce que Dieu fera dans le dernier jugement. Oui le (lit ? lui-même, par ces paroles de l'iicrilure, aussi terribles qu'elles sont énergiques : Cum arripufi'it judirium matins iiiea. rcddam iillioncmjiostibus mcif {Deul.. XXXIl ;. Ouaud j'aurai repris ce pouvoir déjuger, (|ui m'appartient à titre de souveraineté ; quand je l'aurai ôté aux hommes ([ui eu abusent ; quand, lassé de le voir entre leurs mains, je nie serai mis seul en possession de l'exercer par moi-même : Cîim arripiierit judicimn innnus mea ; c'est alors, dit Dieu, que je rentrerai dans mes droits, c'est alors que ma cause seia victorieuse, c'est alors que je ferai sentir à mes ennemis le poids de celte vengeance sans miséricorde que je leur préparc : Beddam nltii^nrm liostibus mcis.

De là vient que ce jour fatal de^tinépour le jugement du monde, dans le langage des pri)pliètes , est appelé par exi ellence le jour du Se'gncur : Dirs Dumini [Zuch. \\\ , Mnlacit. '6). Pourquoi'? Parce (jue c'est le jour où Dieu, oubliant tout autre intérêt, agira hautement el uniquement pour sou intérêt propre. Tous les autres jours auront été, pour ainsi dire, les jours des hommes , parce que Dieu jusiiu'alors aura semblé n'avoir eu de i)uissancc que pour les iiommes, de providence (]ue pour les honuoes , de lionlé et de zèle que pour les hommes : mais à ce jour, à ce grand jour, il commencera à être puissant pour lui-même, bon pour lui-même, zélé pour lui-même ; et c'est pourquoi il déclare tjue ce sera son jour : Dies Domini.

C'est ici votre heure, disait le Fils de Dieu parlant aux Juifs conjurés contre lui, et qui venaient pour l'arrêter ; c'est ici votre heure, cl la puissance des ténèbres: litre p.?; Iwr/t oritrn, c! pvieflas (cnebranim {S. Lue, XX!I).

Ainsi , mondains el mondaines qui m'écoulez,pourr,iis-je vous dire aujourd'hui: Ce sont ici Vus jours, el si vous voulez, vos beaux jours, vos heureux jours ; ces jours que vous donnez à Vds divertissements et à vos plaisirs ; ces jours où enivres du monde, vous ne pensez qu'à en goûter les fausses joies ; ces jours où dans un profond oubli de tout ce qui regarde lesalu', vous n'êlcs occupés que des desseins el des vues de votre ambition ; ces jours que vous passez dans les parties de jeu, dans les intrigues cl l 's commerces : ce sont vos jours, et, dans l'erreur où vous êtes que ces jours ne sont faits que pour vous, au lieu de les remplir de bonnes couvres el de vos devoirs, vous les employez à des cpuvres de ténèbres et à satisfaire vos désirs : l/we es! Iiora rcf(rti , ri potfstas (enebritrum. Mais attemlcz le triste jour où tous ces jours se doivent terminer: comme vous avez votre temps, Dieu aura le sien ; et le temps de Dieu, c'est celui que Dieu prendra pour vous juger : Cum accepero trmpu/t, ei/o jiistilids jiidicabo ( Ps. LXXIV ): lorsque j'aurai pris mon temps, ajoute-t-il , je jugerai non-seulement les injustiies que l'on m'aura faites, mais les fausses justices qu'on m'aura rendues ; non-seulement 1rs crimes commis contre moi, mais les fausses pénitences donl ils auront été suivis ; nonseulement les péchés, mais les contritions appareilles et inefficaces, uiais les confessions nulles cl infructueuses, mais les salisfaclions imparfaites et insuffisantes. Parce que mon temps sera venu, je jugerai les jugcnienls mêmes, ces jugenirnis faux cl erronés que le pécheur aura faits de lui-même, eu se flatlant, eu s'excusanl, en se justifiant : Cum aeccpero lempus, ego jttslilias judienbo.

Aussi, chrélieus, il i>'apparlient (ju'à Dieu d'être en dernier ressort et sans appel, jng-,'. cl partie dans sa propre cause. Les rois de la terre les plus absolus, ou ne prétendent pas avoir un tel droit, ou du moins n'en usent pas. Si, pour des iistérêts [larliculiers, ils ont avec un de leurs sujets (|ui Ujue dilTérend à vider, par une équité digne d'eux, ils veulent bien se déiiouiller de la (jualilé de juges, et prendre celle de sim|)lcs parties, pour s'en rapporter à un jugement libre, désintéressé cl hors de soupe in. Ainsi le pratiquent les princes vraiineut religieux ; et pour nolro consolation, nous en avons vu des exemples qui ont mérite nus éloges. Mais les mêmes raisons qui dans de pareilles conjonctures obligiut les rois de la terre à se relâihcr de leur souverain pouvoir, obligeront Dieu, au contraire, (|uand il jugera les pécheurs, à ne rien rabattre du sien ; el ces raisons sont si solides, qu'il suffit de les bien concevoir pour en êlre louché el pénétré.

Car Dieu, dit sainl Chrysostonie, jugera lui-même sa cause, parce (|ne sa cause ne peut êlre parfaitemenl jugée que par lui. Il la jugera, parce qu'il n'y a que lui capable de connaître à fond l'injure qui lui est l'.iile par le péché. Il la jugera parce qu'il faut être Dieu comme lui pour comprendre jusqu'où va la malice du pcclie , cl qu ll<i

195 SCCOM» AViM. SKKMON II SU; l.K .11 C.F.MKNT M;i;Mi:ii. 114

eu iloit i''i"o la peine, la dijinilc iiifiiiie n'a pas ^oiihi ri'coiinaîlrc. M a in iié Dieu do rôlrc (II- Difti él.iiil rcsx'iiliclU' ino- ])aico iiii'il a dit dans son (d'iir • s'il y a un suie di' rtiii l'I tic l'anlrc. Coininc Dieu, il s(; Dieu, ou ce Pieu ii"a pas \u, on eo Dieu a viMiçiera lui-inènie, parce (;u'ii ne peut cire oublié le niai (jnci'.ii commis : /,'/\z'(7 iii corde pleinement vengé ((lie jiar lui-même, i^arre aiio .- ohlilus est l)etis: ovcriit fiieiem sinnii , ijuc lout autre (jne lui-mènu' ne le \eni;erait ne lideiit. (/',«. 1\). ()utraf;c à la i'roviileuce (|u'à (liMui ; jiarce (|u'il n'v a point de tri- ([u'il a conihatlne, et à qui il a prétendu se bnnal au-dessus de lui; point de juge auvsi soustraire. Il a irrité Dieu, parée qu'il a dit éclairé, aussi intégre que lui, dont il pût al- dans son cu'Ur : quand ce Dieu dont on me tendre celte vengeance complète qui lui est nu'nace aurait \i\ num [u'-clié, cl qu'il s'en (lue. Il se vengera, poursuit saint (Ilirv-o-- souviendrait, il ne me re( liercliera pas, ni li'tme, parce qu'il ne convient (]u"à lui délie ne me damnera pas jiour si peu de diose : sailli, d'é'.re louable, d'être irreiiréliensil.le lli.iil in corde fuo : n«n reijHiret. Outrage ,i dans ses vengeances. Ow voi'à pourquoi il la jusiice vindicative (\ • Dieu, que l'impie a a dit : Milti vindicla [llom. XII) : c'est à moi méprisée, et dont il a làcbé de secouer le que la vengeance est réservée, à moi (jui joug. Ouc l'er i Dieu '.' .\pprenez , cbrelieus , siis iion-s u'emeni la modérer, mais la saiic- pourquoi le jugement de Dieu est nécessaire, lifier; et non pas à riiomine(|ui s'en t'iit nu il quelle en doit éUe la lin; peu'-éire iii^ crime lorsqu'il entre|)rend de l'ex r. er. f.'n l'avez vous jamais compris. Dieu, iirilede oITe', quand rhomine se venge, il s'empoile, ces liois outrages , dont il aura con-^ervé le il s'aigril, il se passionne, il salisf.iit sa ma- souvenir, en fera éclalerson ressenliment. Car lignilé, il s'abandonne à la lérocilé, il ne il viendra pour ai liever de convaincre l'imgardc dans sa vengeance nulle proporlion; jiie qu'il y a un Dieu. Il viendra [lour forcer pour repousser une légère offense qu'il a l'iini)ie à reconnaîlre que ce Dieu n'a rien reçue, il en fait une atroce dont il s'applau- ignoré, ni rien oublie des jilus secrets dédit. L'ordre veut donc que ce soit par aulriii sorilres de sa vie. Il viendr.i pour confomlie (in'il soit vengé, parce «luil csl trop aveugle l'impie, en lui faisant voir (jue ce Dieu, eaet Irop injuste pour sc bien vengi r lui-même : nemi irréconciliable du péclie, n'est |)as pins mais c'est à Dieu, encore une Ibis, de se ven- capable de sonlTrir élerncllenient le péclieur ger par liii-mêuie, parce (]u'il est la sainlelé dans rimpiinilé, (jne de cesser Ini-mêuiC même : Milti lindictn. Sainle vengeance, qui délie Dieu. A (pioi peU'-ons-nous, si nous ne corrigera Ions les excès des noires. N'en- méditons pas continuellement ces inijuirpeance adorable, qui n'aura pour objet que tanli's véri.és '?

le péché, et (jui, formée dans le cteur de Dieu , par un pur zèle de la jusiice qu'il se

Dieu, ne sera pas moins digne de nos res[)ects doit à lui-même, réiabliii dans le cii'iir de

<ine la sainteté même de Dieu, ('e ne sera l'impie cette notion de la !)i\ inilé, (]ue l'aveii-

donc pas , concluait saint r.hrysustome. par gbinent du péché y avait cITacée. C.ir c'est

une ostenUition d'aulorilé, mais par une pour cela iiu'aprés avoir c!é un Dieu cai lie

absolue nécessité, que Dieu s'élèvera pour dans le mysière <le son incarnation, cjui est

juger lui-même sa cause, et c'est lout le le myslèie ile son humililé, il se produira, sur

mysière de cetledivinc parole : /fri(rr;c, Z>c((s', ci' tribunal redoutable où l'iivangile de ce

el jtidica cntisnm tuam. {Ps. LXXIIlj. jour nous le représenle, avec tout i'éclal do

Allons plus avant, et suivons la pensée du la gloire ^ t de la maji sté. C'ei-t [pour cela qu'il

prnphèle. Souvenez-vous, Seigneur, ajoute- paraîtra accompagné de tous ses anges, et

l-il, des outrages ([u'oii vous a faits : Memar qu'il assemblera devant lui toutes les na-

cftu iinproperiontm liiunim. A'oyons donc t. oiis ; que les hommes en sa présence demcu-

luainleiiant et en [larliiulier quels sont ces leront pâmés de fr.iyeur, cl que les astres

outrages que Dieu surtout, en jugeant le ])ir leurs éclipses, que les éléments par leur

inonde, se souviendra d'avoir reçus de l'im- désordre même et leur confusion , rendront

pie et de l'insensé, et dont il tirera une jiisle Imininage à sa suprême puissance. Pourquoi

vengeance : Eurum (jiiœ ab insijtirjile suiil v iendrat-il avec cet appareil 1 1 cette |)ompe ?

tula die- David nous les a m.irqués ans psaii- l'.iur avoir droil, ré|iOiid cxcelletmneni saint

mes ncnvièuie et treizième; et c'est ici où (.lu ysostome , dédire aux alliées, soit de

j'ai besoin do loule votre rellevion. l'uiir- créance s'il y en a, soit de mirurs, le monde

quoi, demandait ce s.iinl roi, l'impie a-t-il in est |dein , ce qu'il leur avait dit déjà par

irriié Dieu? Propter qnid irritavil iinpius la bouche de Moïse, et ce qu'il leur dira en-

i^cK'H (/'.«. IX) '? parce (lu'il a dil dans son core plus aulbeutiijuement : \'idtlc (/nod ego

cœur ces trois clioses outrageuses à Dieu, i-im sulus , el nnn sii aliiis Deus pnrler me

dont sa raison n'est jamais demeurée d'.ic- /'?»/., XXXIl). Ueconnaissezenlinqueje suis

cord , et contre lesiiuclles saconscieiue a Dieu, puisque, malgré vous, tout l'univers

toujours intérieuremi ni réclamé ; mais (jue combat aujuuid'liiii pour moi , et condaiiiiie

son impiété n'a pas laissé, malgré toutes les l'exlréme lolie (jui vous en a fait douter,

vues de sa raison, de lui suggérer, jusqu'à lieconnaifsez (|iic je suis votre Dieu, puis-

y faire consenlir sa volonté dépravée. Ecuu- qu'avec loule la fierlé de voire libertinage,

lez, el ne perdez rien de ceci. vous n'avez pu éviter de tomber entre mes

L'insensé el l'impie a irrité Dieu, parce mains, et qu'il faut, malgré vous, que vous qu'il a dit dans son coeur : il n'y a (loint de subissiez i.i rigueur inflexible de mon juge- Dieu : Dixil insipicns tn corde sua : iiun €.•■1 iiieiil. U connaissez (|ue je suis seul Diev . />tiii (/'s. XIII]. Outrage à la Diviiiilé, i;u'il puisque lous es grands du monde, dunl

«a On.VTF.l'US SACRES. DOURDYLOUP:. l'.iG

vous vous èles f.iil tîcs divinités, ol dont lanl Itiiil cela n'est-il pas mis on réserve, et cnininn

lie fdis vous avez été idolâlri's, sont mainte- scfUé dans le s lié^ors de ma colère- ? Nonne

liant anéantis drvanl moi: Vtdele qmnl ego lnec condihi sunt apuil me. rt sirjnata in llie-

sim solus. Paroles du Uculéionome (jui dans snuris meh (Deul., XXXII)? (ir te sont ces

le jugement dcriiier se véi ilieioiil à l.i lettre, trésors de eolèie (jue Dieu ouvrira (|uanil il

et qui jamais n"auront été d'une eonvitlioii viendra ju'^'er le monde, et c'est ainsi (ju'il

si sensible qu'elles le seront alirs. se vengera de l'injure que lui aura l'aile l'

Car dans cette vie les grands, c'est Dieu pécheur eu le croyant, ou phil('il en voulant même qui le dit, sont coninii' les dieux de la le croire un Dieu aveugle, un Dieu sans terre : Éryo (/(',r!: />'/i>sn■.'.(/^-■. LXXXl): et ce providence, un Dieu semltlable à ces ido'es sont, dit saint Clirysusio ic, ces dieux de la (jui ont des yeux , mais pour ne point voir, lerie qui empêchent tous les jours (jue le Jinfin, [larce que l'insensé aura dit dans Dieu du ciel ne soit connu pour ci- (ju il est. son cœur : quelque connaissance que Diiu A lorce d'être éldoui de leur graiuleur, ou puisse avoir de mes crimes, il ne me recheronldie celui dont ils ne sont que les images : chera pas, ni ne me répiouvcra pas pour si à force de s'attacher à eux, et de néire oc- peu de chose ; Dieu, chrétiens, se l'era un decupé que d'eux, on ne pense plus à celui qui voir particulier de mettre sa justice et sa régne sur eux. Mais dans le dernier juge- sainteté à couvert de ce hlasphèiuc, et coniiiient, ces dieux de la terre humiliés serviront meut ? par rai)plication (]u'il aura à condamencore à l'impie d'une démonstration palpa- ner les crimes de l'impie dans la plus étroite Ide qu'il y a un D'cu au-dessus de ces pré- rigueur, à ne lui en passer, à ne lui en partendus (lieux : Esceisns super omnes Dcoa donner aucun, à les punir sans rémission, et (l's. XL\'l) : c'est-à-dire, un Dieu ahsolument autant qu'ils sont punis>ahles ; en un mot, à Dieu, uniquement Dieu, éteriudlement Dieu. lui l'aire sentir tout le poids de ce jugement Elrvnbitar Dominas soins in die iUa [Isa. Il) : sans miséri{ orde, dont la se. île idée l'ait fré- Kn ce jour-là, dit Isaïe, Dieu seul sera grand niir, mais qui demanderait uu discours enet paraîtra grand. Tmit ce qui n'est pas Dieu tici' pour vous le l'aire concevoir dans toute sera petit, sera bas et rampan!, sera coniuie son étendue et dans toute sa sé»érilé. Jugeun atome, comme un néant devant ce sou- ment sans miséricorde que Dieu alois e\erveraiii Ktre : Tuinriuain nihihnn anie te [Ps., cera ; mais surtout qu'il exercera à l'égard LXXXni). C'est-à-dire, en cejour-làtu'utesles de ces |)échés où le mondain et le lilcilin, graiuleurs humaines seront abaissées, toutes pour pécher plus impur. ément, aura eu l'inliS f(uMunes détruites, tous les trônes reii- solence de se l'aire à son gré un système île versés, tous les titres effa es, tous les rangs religion, en se figurant uu Dieu selon ses deroiifoiidus : Di<'U seul ^'elèvl■ra, Dieu seul sirs, un Dieu condescendait à ses faiblesses, léguera : Elcvabilur Dominus solus. Ce n'est un Dieu iiululgetil et comaiode, dont il couippas assez. lait de n'être jamais recherché : Dixil eniui.

farce que l'impie aur.i dit dans son cœur : in corde suo : non rerjuirct. Car c'est particuou Dieu n'a pas su ou il a oublié le mal que lièreiueul contre ces pécheurs et contre l'alj'ai fait; Dieu, pour la justiiicalion de sa Icnl.itde leur orgue il, que Dieu arnier.i tout providence, monlrer.i qu'il a tout su et ([u'il le zèle de sa (olére ; pourquoi '! parte qui! se souviint de tout. Car c'est pour cela que, s'agira de justifier le plus adorable de ses .itdaus ce jour de lumière, il découvrira tout tributs, qui est sa sainteté : Quiiuiam veri/i:ce (jue l'impie se 11 iltail d'avoir caché dans tem rciinirei Duminns, cl ntrilinel (dtnndanles ténèbres, (^est pour cela qu'à la face de Itr facicnlibus stipci biiun {Ps.,\W). toutes les nations, il révélera toute la turpi- \'oilà, pécheurs ((ui m'eeoiitez, ce qu'il y tude du pécheur et toute son ignominie : ces a pour vous de plus trrilde dans le jugepéchés houleux et humiliants; ces péchés meut de Dieu : uu Dieu oll'eusé qui se saiisdont l'impie lui-même, au moment qu'il les fer.i, un Dieu méprisé qui se \engera. Voilà a commis, était obligé de rougir; ce s péchés ce qui a saisi d'elTroi les plus justes même, dont il eût été au désespoir d être seulement M.is du reste, rassurez -vous, et tout pésou|içonné; ces péchés (ju'il n'eiil osé avouer cheurs que vous êtes, consolez-vous ; puisau pins discret et au plus sûr de ses amis ; que dans ([mdque état ([ue vous soyez, vous ces péchés qui l'auraient perdu, dans le avez encore une ressource, et une ressource monde, de réputation et dhouurur, et dont infaillible, qui est la pénitence. Aimalde péil sentait bien que le iepro;he lui eût été uitence, disait saint Dernard, en vertu de lanioins supportable <;uc la mort même. Dieu quelle je puis prévenir, le jugeiuenl de Dieu! les fera connaître : Ucrelabo pndendu tua in Et umi je dis, chrétiens : heureuse pénitence fiieie tua, et ostendaia ejeiilibus nuditalcm pir où je puis venger Dieu, apaiser Dieu, satunm (.V(i/(., 3). Non, non, lui dira t-il, je lisfaire Dieu ; en sorlc (juc, ([uand il viendrii n'ai point détourné mon visage de tes crimes. pour me juger, il se trouve déjà satisfait et <jiud(|ue horreur qu'ils me lissent, je les ai vengé par moi, et qu'il ne soit plus obligé à vus; et pour ne les point oublier, je les ai se venger et à se satisfaire par lui même. 11 écrits, mais avec des caractères (|ui ne s'elïa- est, vrai, mes cl'crs auditeurs, il f;:ut pour ceront jamais, dans (v livre de vie et de mort cela ijuc lujtre iiénilence ait tous les caracque je produis aujourd'hui, 'l'aut d'actions tères d'une pénileiue solide ; qu'elle soit làche^ et infâmes , tant de rriponneries secrè- exacte, qu'elle soit fervente, ([u'elle soit el'les, tant de noires perfidies, tant d'abomina- (icace, qu'elle soit sévère et pnq)oi lioiiné<' à lions cl de désordres dont lu vie aélé souillée; la grièvelé de nos iiéchés, ausbi bien qu'.i

197 SF.COND AVENT. SiaiMOiN 11. bl li IK Jir.lOir.NT OFUMIR. , |9S

leur nuiltiJuilc, parce que sans cola Dion ne que j'ai pour eux. Dii'ii, d.ins !(> jii"rm<>iit

si-rail ni s.ilisr.iil ni veiim'. .Mais, peul-il nous (loriiicr. se fera juslicc à iiiiirn'ini' : \uus l'a-

l'ii Irop (oùlcr, quand il s'a;;it de nous pré- voz \ii. (hrcliciis ; c! il me reste à vous faire

server du jugenienl de Dieu; et pouvdus- voir quelle justice il rendra à ses élus : c'est

nous jamais nous plaindre qu'on exisje trop la secuiide partie,

de nous, quand il est question de nous re- seconde PinriE coneiler avec Dieu irrité contre nous"? Il est

vrai que ce Dieu de gloire nous jugera s;lon Je l'ai dit : c'est une vérité inconlestable, le jiigcnuMit que nous aurons t'ait de n(Uis- cl (pii nous est eN[iresséin('ut marquée dans mêmes dans la pénitence, et que si nous nous riiciilure, que Dieu a l'ait toutes ilioses pour sonunes épargnés, il ne nous e|).irgucra pas : ses élus : ipie pour eux il a créé le monde, Siln parcenli ipse non j)(init ( Aiii/usi.) dit que pour eux il le conserve, que sans eux il saint Augusi in: mais aussi. par une légle toute le <lélruirail, (jiie tous les desseins de sa prorontraire, s'ensuil-il de là tiue si je ne ni'é- videiice roulent sur ( ux, et (|ue dans l'ordre pargne pas , Dieu m'épargnera ; i]ue si je di- la nature, de la gràc<' et de la gloire, tout ne me pardonne pas, il me pardonnera ; que aboutit et se réduit à eux : l'roplrr clectos. il si ma pénitence est rigoureuse, son jugement faut néanmoins recnnnaître que celte parole, me sera favoraliie ; enfui (jue si je me lais si avanl.igeuseaux élus de Dieu, ne doit projustice, il me l'era grâ(C. Or, cju;^' |iuis-je dé- preimiil s'accomplir- (|ue dans le jugement sircr de plus avantagi'ux pour moi? Ahl Sci- dernier. Eu elTet, d't saint l'Iirysosloine, s'il gneur. je serais indigne de vos miséricordes, n'y avait point d'autre vie (pie celle-ci, et si si cette condition me semldait dure, ou plutôt jamais Dieu ne devait juger le monde, il sesi je n'euvisagi ais p is la |iéiii'eiice la plus rait diitici!<' de comprnidre en quoi ses élus sévère comme l(> souverain bonheur de ma auraient été si favorisés cl si prniiégiés ; et \ ic : et je serais non-seulement le plus lu- bien loin de con\enir (jue Dieu eût tmit (ait juste, mais le plus insensé des hommes, si jiour eux, on aurait sou\iiii li. u de crwir(? je prétendais, par une pénitence lâche cl que ce serait plutôt pour eux (|u'il p.iraîtrait molle, me garantir de volie redoutable juge- n'avoir rien fait, ou du moins avoir trés-peu nient. fait: car enfin, pendant celle vie, les élus, C'est ainsi, ncclicurs, que vous devez rai- qiioicin'elus de Dieu, ne font dans le monde sonner; et ()uand, parmi m)us, il y aurait de nulle (igureqtii les distingue, ni qui maïqiio CCS esprits gâtés el corrompus, dont limpielé pour leurs ]iersonnes «es égards si p.irticuserait allée jusqu'à ne plus coiinailre Dieu, liers de la Providence. Auconlraiic. par une je ne pourrais pas m'cmpéclier de leur dire conduite de Dieu bien surpr( nante, el qui! encore : écoulez, mes frères, vous dont le sa- David confesse a\oir clé pour lui un sujel île lut me doit éirc plus cher que ma vie, et linlalion et de Irnuhle, pendanl celte \ ie, Ic-s pour la conversion de qui je ino sens, si je clus de Dii u, qui sont les justes, bien loin l'ose dire, un zèle tout divin; vous pour qui, d'être connus pour tels, par la maligriilédii s'il m'était permis, je voudrais, à l'exeuiiile monde, sont souvent décriés el conlonihis de r.'\pô!re, être moi-même anathèiiie ; écou- a\ec les hypocrites, l'endant celle vie, les tez aujourd'hui la vois de Dieu, et n'euiliii- élus de Dieu, (jui sont les humbles, bien lo u cissez pas v.'s cœurs. Ce Dieu que vous avez d é:re honorés et respectés, sont souvent méméioiiuii, a encore jiour vous des gràcrs de prisés et insultés. Pendant celle vie, les éli.s réserve. Comme sou bras n'est pas raccdurci, de D.cu, qui sont les pauvres, bien loin d'éil est ciieoie prêta se laisser lléchir par vo- lie soulagés, sont s;)uv.nl rebutés et abiii- Ire pénitence et par y: s laiims. La longue donnés. Pendant celle v e, les élus de Dieu, fiatieiice avec laiiueil." il vous a su|)por.és qui sont communément les l'..ib!es, bien lo u jusqu'à présent, vous en doit êlre une preuve d'être protégés, sont souvi ni accablés et opconsolanle, el coii:nie un gage assuré, l'out primés. Or, tout cela est bien éloigné de celte juge qu'il est, malgré vos egaiemenls, il a favorable prédilecliou que Dieu, selon sa proeiicoie [loiir vous toutes les tendresses d'uu messe, doit avoir pour eux. Il est vrai, répère, et du |)èi e le p'u- chai ilable. C'est dans pond saint Clirysoslomc , mais c'est justedi's pécheurs et des libertins comme vous ment ce qui prouve la Aérilé, l'infaillit)ililé, qu'il se plaît à faire éclater les richessi'S de l'absolue et indispensable nécessite du jugcs.'i miséricorde : quelque scandaleuse (|u'ait ment de Dieu : c-ir poiirtiuoi le ImIs de Dieu, été votre vie, vous pouvez être (et qui sait si en (|ualiléde souverain juge, vieiidra-t-i! à les plus impies d'entre vous ne sont point la fin des siècles? pour faire justice à ses élus ceux qu'il a choisis pour cela), vous p;)uv(z, sur ces (luatrc chefs. Oui, il viendra poiiC dis-je, devenir des \ases délecliou. K,i|)pto- venger les justes, je dis, les vrais justes, in -chez-vous de lui ; et par une humble cou- les séparant des hy pociiles, et f.iisaiit p Mir Tcssion de l'alTreux aveuglement où vous a j.imais cesser le règne de riiy|iocrisie. li vienconduits !e péché, mettez-vous en état, quoi- dia pour venger les humilies, en glorifiant que pécheurs, de trouver grâce devant Ini. dans leurs personnes riiiimilité, et en cnu- Vtitre conversion fera sa gloire et l'édifica- fondant les su[)erbcs qui n'auront eu pour lion de son Eglise. C'est donc de votre paît, elle que du mépris. Il viendra poin- venger mou Dieu, que je parle ; et je ne crains pas les pauvres, qui par la duiele des riches, audc [lousscr trop loin les idées que je leur ronl langui dans la misère, mais aux gcmisdonne de voire divine clémence, puis(iu'elle sements de qui il montrera bien iju'i! n'a pas surpasse encore infiniment toute la cbarilé été insc-isibic. Il viendra pour vcuger les

!?)) ORMFLRS SACRES. nOURDALOUE. 21!)

f.iil)Irs dt' Iniil ce que l'iniiiuilo, I.i violinco, H). P.irrclli' f.il.ile et (lL'(isi\ o sép-irnUon d.i

l'alius lie r.iutorilé leur .'iiira f.iil iii(li;;iii- lion i;r;iin iTtivec ri\ raie (éroulcz l'orndo de

rneiil soiilTrir. (^,;ir ce soiil l;'i. mes cliers .lU- Job, (|iii s'accomplira à l.i leldc e( (iiii sera

(iiteurs, par rapport aux |iréil(s(iiiés. les fins une partie ilc la jusiife que Dieu renilra à

principales poiitciiioi l'Iv rilure nous l'ail en- ses élusi), par Cille fatale el iléi isive séjiara-

lemlr.e que le Uieu vengeur paraîtra. Appli- lion, la joie de l'hypoi rite finira, son e^pé-

quez-vous donc ; et, poin l'inléièt que liia- rancc périra. Funeste, mais |i:sle mrnare

cun de vous y doit prendre, redoublez votre qi;e lui lait le S linl-Ksprit : l:t fjniiiliiun lu/-

attention. porritirad insliir puiicti et spes Injpocrita' pc-

II viendra pour venger les justes, j'entends ribi! {Job., W).

toujours les justes de lionne loi, en 1rs se- Caria joie de l'hypocrite était d'imposer

parant des hypocrites; comme le berger, dit cl cependant d'être honoré et re-pcclé. Sa

il liii-mcmc dans l'I'lvangile, sépare les brc- joie était d'avoir dans le monde un certain

bis d'avec les boucs : première justice qno crédit, qui ne lui coulait qu'à bien faire

Dieu rendra à srs élus. Car, encore une fois, son personnage, et qu'à bien jouer la

durant cclto vie tout est mêlé et lonfondu, comédie. Sa joie était d'élrc parvenu, à force

la \ertu avec le vice, l'innorenee avec le de dissimulaiion, à recevoir l'hommage et la

rrime, la vérité avec l'imposlure, la religion Iriliut des plus pures \crUis, et à jouir saiu

avec l'hypocrisie, et dans ce mélange le juste mérite de ti.us les avantages du vrai mérite,

soutire," el l'impie triomphe. Voilà ce que Job apiielail les pros|iérilés, les

(Juand au reste je parle de l'hypocrisie, joies, le régne de riiypocrisii-. Mais dans le ne pensez pas que je la borne à cette espèce dorn:er jugement , ce règni; ib; rhyporri>ie paiticulière qui consiste dans l'abus de la sera détruit, ces prospériiés de 1113 pociisie piété, cl qui fait de faux dévots. Je la prends s'évanouiront, ces joies de riiy[ioei isie se dans nn sens plus étendu et d'autant plus changeront en des al'lliclions morleiles. Elles nti'e à votre instruction, (]ue peut-être mal- n'étaient fondées que sur l'erreur dis âmes gré \ùus-niêincs, serez vous obligés de con- simples, séduites et éblouies par un taux venir que c'est un vice qui ne vous est que éclat. Aiais celte séducliou des âmes sim|ili's, trop commun. Car j'appelle hypocrite, qui- tronii:ées jusqu'alors. :iiais eniiii désabusées conque, sous de spécieuses apparences, a par la lumière de Dieu, après avoir été à le secret de cacher les désodres d'une vie l'hypocrite une frivo'c consolation, se tourcriminelle. Or, en ce sens, on ne peut dou- nera pour lui, disons-mieux, contre lui en 1er que l'hypocrisie ne soit répandue dans opprobre et en confui-ion. L'espérance de toutes les couililions, et que parmi les mon- I liypocrite c!ait qu'on ne le connaitrait ja- (iaiiis il ne se trou\e encore liien plus dim- mais à fond, cl qu'éternellement 'e monde pasteurs ( t d'hy|iocriles (]ne parmi ceux que scrail la dupe de sa damnable politique ; et nous nommons dévots. En cITet, combien son désespoir au coulrairc sera de ne poudans le momie de scélérats travestis en gens voir plus se déguiser, de n'avoir plus du téd'honneur 1 combien d'hommes corrompus nèbrcs où se cacher, de voir malgré lui le et pleins d'iniquité, qui se produisent avec voile de son hypocrisie levé, ses artifices détout le faste et toute l'ostentation de la pro- couverts, el d'èti e exposé aux yeux de toutes bile ! combien de fourbes, insolciitsà vanter les nations : Spcs /ii/pucritœ pcribit. Les anleur sincérité 1 combien de traîtres, habiles à lies pécheurs coiinus dans le monde pour ce sauver les dehors de la lidélilé et di' l'amitié ! ([u'il^ élaient, en cela même qu'ils auront été combien de sensuels, esclaves des [tassions connus, auront déjà été à moitié juges et les plus inlâines, en possession d'alTecter la déjà par avance auio il essuyé une partie de ])uriîé des nneurs el de la pousser jusqu'à la l'humilialion que leur doit causer le jugesé^érité 1 combien de femmes libertines, lié- meut de Dieu : mais l'hypocrite à qui il taures sur le chapitre de leur réputation , et dia ipiiter le masque de cette fausse gloire, quoique engagées dans un commerce lion- dont il s'était toujours paré; mais celle tcux, ayant le talent de s'allirer tonte l'estime femme qui aura passé pour vertueuse el dont d'une cxac!e et parfaite régularité ! .Au cou- les commerces viendront à être publiés; mais traire, combien de justes, faussement accu- ce magistral que l'on a cru un exenijile d'insés et condamnés 1 combien de serviteurs de légrilé cl dont les injustices seront nii>es Dieu, parla malignité du siècle , décriés el dans un plein jour; mais cet ccclésiaslique calomniés! combien de dévots de bonne foi, réputé saint , à qui Dieu reprochera hautetraités d'hypocrites , d'intriganis et d'iniô- ment sa viedissolue; mais ce prétendu homme ressés I combien de vraies vertus contestées, d'honneur, dont ou verra toutes les fourbecombien de bonnes œuvres censurées, coin- ries; mais cet ami sur qui l'on comptait, dont bien d'intentions droites mal expli(iuées et les lâches trahisons seront éclaircies et véricombien de saintes actions empoisonnées! fiées ; mais (|uiconque aura su l'art de troni- Or, c'est-là, dit sainl Cbrysosttime, ce que per et qui alors se trouvera dans la nécessilc Je jucremenl de Dieu dévoilera ; en sorte que affreuse de faire une réparation solennelle à chacun sera connu pour ce qu'il est, que cha- la vérité : ah! chréliens c'e>t pour ceux là cun paraîtra ce qu'il a été, que chacun tien- (]ue le jugement de Dieu aura queliiue chose dra le rang qu'il doit tenir. Les secrets des de bien désolant.

consciences seront révélés; et alors dit l'A- La chose n'est que trop vraie : mais par

prtlrc, chacun recevra la louange qui lui sera une raison tout opposée, c'est ce qui rendra

ûue -.El tune laus ci il unicuiijitc n L'to (1 Cor., le jugement de Dieu noii-sculcuieut suppor-

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