‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 126 sur 132 · IÔ · texte numérisé non relu

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ORVTEUr.S SACRES. DOL'RDALOUK

l'l<;erilnr(>, les réiinnivés pnili'stciil (nfils s(; sont lassés dans le tlieinin de l'iiiiiiu.lé: Lnssoli snmiis in via iniqxiilalis {Sap. V); tandis que les esclaves du inonde nous rendent eux-niémcs lémoigna;;e qu'il n'y a pour eux dans la vie qu'amertume, que trouble, qu'afllictiond'espril : Expeclavimus pncem. et ecre turbalio {Jcrem., XIV); ces élus de Dieu nous assurent tout au contraire qu'ils n'ont jamais trouvé qu'en Dieu la source des vraies «onsolalions; que plus ils ont eu soin de se mortifier pour lui, plus il leur a /ait sentir lonclion iiiléiieure de la grâce, et que celte \ie. qu'ils ont |)asséc dans les prati(iues les jilus sévères du christianisme, bien loin de leur avoir paru dure et fiichcuse, était pour eux comme une béatiludcanlicipée. Pourquoi nous obstinerons-nous à nclcseiyias croire, et quel iiilérét auraient-ils eu à nous tromper? Mais si nous les en croyons, pourquoi nous opiniâlrerons-nous à être plutôt mallieurcux avec le monde, qu'à chercher dans Dieu notre véritable bonheur?

Ce n'est pas que j'ignore de combien de Iirétcxtes la nature corrompue lâche à se prévaloir, pour nous éloigner de la sainteté. <Jn dit : Le moyen ilc vivre en tel ou tel état, etde s'y sancliller? prétexte delà condition; on dit : Je suis détourné par mille autres soins qui m'occupent, et ([ui ne me donnent point de relâche : préloxic des aff lires; on dit: J'ai un lempérament délicat, que le moindre effort altère, et que je dois ména- ^L'r : prétexte de la saiilé; on dit : J'ai des passions vives qui m'entraînent , et auxquelles je ne puis presque résister: prétexte des dispositions intérieures; on dit : J'ai des engagements ijui in'allachcnt, et mon cœur est pris : prétexte de l'habilude ; enfin, que ne dit-on pas? mais, quoi qu'on dise, je prétonds qu'un troisième effet de l'exemple des saints est de nous ôler tout prétexte dont notre lâcheté cherche à se couvrir et â s'autoriser. Car je le veux, mon cher auditeur, vous êtes dans des conditions dangereuses ; mais, dans ces mêmes conditions, n'y a-t-il pas eu des saints, et même n'y en a-t-il pas eu dans des conditions qui les exposaient encore à <le plus fréquents et à de plus grands dangers? Vous èles obligé de va(iuer à des emplois fatigants et embarras^^anls ; mais, dans ces mêmes emplois, tant d'autres avant vous ne se sont-ils pas sanctifiés? Avez- >ons moins de loisir pour penser à vousiiiêmc , que saint Louis sur le trône : et , lorsqu'il gouvernait son royaume, qu'il passait les mers, qu'il commandait des armées, qu'il donnait des batailles, lui était-il plus libre qu'à vous de se recueillir, et de se défendre des distractions du monde? Vous êtes faible, et d'une complexion (]ui vous engage à bien des ménagements, et qui vous met hors d'état d'agir; mais combien de saints, surtout combien de vierges déjà faibles par elles-mêmes, encore plus affaiblies par les abstinences , par les jeûnes, par de longues veilles, par de continuelles austérités, par tous les exercices de la pénitence et do l'ahnéKalii 11 chrétienne, n'ont pris néanmoins

jamais aucun relâche, et, selon la parole de l'Apôtre, ont fait de leurs corps des hosties vivantes ? Vous avez des passions à vaincre; mais en avez-vous de plus difficiles à surmonter que des millions de pécheurs et de pécheresses , qui, |)ar de salutaires violences, aidés de la grâce, ont triomphé de leur cœur, et en ont réprimé tous les mouvements? Enfin , vous êtes dominé par l'habitude, vous êtes enilurci dans le péelié, vous êtes surchargé de dettes devant Dieu , vous êtes coupable à ses yeux d'un nombre infini d'offenses , et d'offenses très - grièves, vous n'osez plus rien attendre de sa miséricorde. Ah! mon cher frère, souvenez-vous des saints, et vous a]iprendrez qu'il n'y a point d'habitude si invétérée que vous ne puissiez détruire, qu'il n'y a point d'attachement si étroit que vous ne ()uissiez rompre, qu'il n'y a point d'état de péché d'oiî il ne soit en votre pouvoir de sortir, et qu'en quelques désordres que vous soyez tombé , vous n'avez point encore tellement éloigné Dieu de vous , que vous n'ayez des moyens prompts et sûrs [ our le retrouver, et pour vous réconcilier avec lui. Car, conibien y al-il eu de saints pénitents, qui , à certains temps de leur \ie, ont été dans les mêmes habitudes que vous, ont été aussi redevables à la justice de Dieu que vous, ont eu autant de sujet, el peut-être même plus de suj(}t que vous de se défier de sa miséricorde et de désespérer de leur retour? Cejiendant ils sont revenus, ils se sont convertis, ils se sont remis dans leur devoir, ils s'y sont perl'i clionnés, ils s'y sont élevés à la plus sublime sainteté. Est-ce que la grâce était plus puissante pour eux qu'elle ne l'est pour vous? est-ce que les trésors de la divine miséricorde, si abondants pour eux, sont épuisés pour vous? non sans doute, el, dès (lue vous voudrez en faire l'épreuve comme les saints , vous trouverez toujours un Dieu patient pour vous atlciulre, un Dieu prévenant pour vous rechercher, un Dieu bienfaisant pour vous combler de ses grâces, un Dieu tout-puissant pour opérer en vous des miracles de conversion et de sanctification. C'est ainsi qu'il renverse tous vos prétextes par l'exemple des saints, et c'est en cela toujours qu'il est admirable : Mirabilis Deus in sanctis suis. Mais en quoi vous êtes condamnables, chrétiens, c'est de ne pas profiter de cet exemple. Qu'aurez-vous à répondre, quand Dieu, dans son jugement dernier, produira contre vous ces glorieux prédestinés, et qu'il vous demandera compte de l'affreuse dilTérencc qui paraîtra entre eux et vous ; entre leur pénitence et votre obstination, entre leur courage et votre lâcheté; entre leur zèle, leur ai tivité, leur ferveur et votre mollesse, votre indolence, vos froideurs ; entre leur sainteté et les abominalions de votre vie libertine et corrompue ? car voilà le jugement de comparaison que vous aurez à soutenir, et qui vous convaincra, qui vous confondra, qui vous réprouvera. Prévenons-le, mes chers auditeurs; et, ( (im]irenant (lu'il ne lienl iju'à nous de dé-

MYSTE'.'.ES. SEliMO.N XXII. roilî LA FETK DE TOUS LES SAINTS. 137;

cl r.iiilic, que Dieu réserve à ses s.iinîs, n'aura pour terme que rélcrnilé bieiiheurt'uso, où nous conduise, etc.

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