SERMON XXIII
Pour te jour delà commc'morulion des morls.
Aiiii^n, amen dioo vobiî, (juia venil linra, el riunc esl, (|ii;inilo iiioi'Uii ail lient vueeiii Fiiii Dci : et ciui uiidiernil, \ivenl.
Je vous ith en vérité que l'Iienrc e.it venue, et c'est celleci un les morts eulcmlront l'i voix du Fils de Dieu, et oit ceux qui l'eiUenUroiit vivront (S. Jean, cit. V)
C est un mystère que Jé>us-Christ nous propose aujourd'hui dans l'Evangile, mais un mystère qui, même aj)rès la déclaration (jue Jésus-Christ nous en a faite, a encore son obscurité, puisque les Pères de l'Eglise ne s'accordent pas sur le sens de ce passage: les uns ont cru, et c'est la pensée d'Origène, qu'il fallait lenlendre de la résurrection générale, où en eiïel li s nioits, pour comparaître devant le tribunal du Fils de Di( u, el pour recevoir leur dernier ariêi, sortiront de leurs sépulcres; d'antres, comme saint Cyrille, l'ont explii]ué desrésurreelions particulières, c'esl-à dire des miracles qu'opérait le Fils de Dieu, losqu'en MrUi d'une seule parole il ressuscil ait les morls ; saint .\ugiistin l'a pris dans le sens moral de la résurrection spiriluelbï el de la justification des pécheurs, qui, de morls qu'ils étaient |iar le péché, sont vivifiés par la grâce inlé- I icnre de Jesns-t^hi i>l et par la ver'.u de son .sacremenl. Trouvez bon, chréliiMis, que, dans un tel partage de senlimnis, je m'attache à ce (lui me parait le plus coalorme à 1 esprit de 1 Eglise; el que, sans entrer plus avant dans la discussion île ce myslèie, je me contente de l'appliquer à la fêle ((ue nous célébrons. Venit lioni, el niinc esl, quando r.iortui. iiud.cnt vocc.n Filii Dei : c'est en ce j nir (jue les morts ont mtendu la voix du Fils de Dieu, parée qui- c'est en ce jour qu'on a offert pour les morts dans toutes les parli.s du luouJe le sacrifice sulcnutldu corps
«!'3 .MYSTKItES. SEilMON XXIll. l'OlJK LE .lOUU ItKS MOUTS, tC-'î
cl (In s.nng de Josiis-Clirist. Or le sang d • les libertins cl les liéréliqiies qui , par un es- Jéuis-Clirisl a une voix aussi bien <)ue le [xjl (riueréilulilé, rejelleiil la fui ilu purgaf^an-; d'Abel ; mais une \()ix bien plus lorlc loire; dans le seeond, certains rallioliques que le sang d'Alicl, une voix qui p6nèlrc jus- indiflércnls el sans compassion, qui, conlVs- (luedans les lieuv, el qui se lail obéir jiisqi;c sinl la foi du purgaloiro, no se senlentéiniis d;:ns le centre des abîmes de la lei re. Oui, d'aucun zèle pour la délivrance des âmes mes frères, le sang de c( t Agneau sans taclic que la juslicc de Dieu y a condamnées ; et, a crié aujourd'bui sur nos aulels : et qu'a- dans le troisième , un nombie de cbréliens l-il dein.indé à Dieu ? le soulagement de ces prc-que infini qui, se dallant d'avoir là-des- .Hnies fidèles, qui, quoique séparées de 1; urs sus tout le zèle nécessaire , n'en ont qu<' les corps cl prédi'Slinées, ne laissent pas ('c sont'. app;irences, parce ()u'ds ne lexercenl ([ue frir clde gémir dans l'atlenle de leur béati- jiar des onnres stériles el vaincs, (jui ncsont tude. parce qu'elles ont encore des rcsles du devant Dieu de nul cITcl. Or, pour vous iuspécliés à expier ; c'est pour cela (jue ce sang pirer autant qu'il m'esl possi!)!e la dévotion divin a Clé inunolé; c'est [lour cela qu'il a ([ui oc(upe anjourdliui toute riîglise,el dont poussé sa voix, premièrement vers le ciel, lésâmes du purgatoire font runi(iue objel , ponr Y solliciter Dieu en faveur de ces âmes j'établirai contre les premiers la vérité de souffrantes; et ensuite jusqu'au lieu où c s celte dévotion, j'exciterai les seconds à celte âmes sont arrélées, pour leur ann(uucr dévotion , et je réglerai les derniers dans l'heureuse nouvelle de b ur liberté, et pour l'cxeicicc rX l'usage de celle dévotion. Perleur dire que l'heure e^l venue de sorlir de nietl<'Z-moi de vous développer encore ma leur prison : cir c'est c^" qui se fait dans pensée : ne pas secourir les ânu'S du purgacclte so'ennilé (lins antbrnliiiuemcut (t plus toire, parce ([u'ou n'est pis persuadé des généralement qu'à nul antre jour de l'année, peines (ju'elles .'Oufficnl, c'est une conduite puisque celui-ci est un'(iiieincnl consacré à aussi déraisonujible qu'elle est pleine d'erla mémoire de ces saintes âuK s cl au devoir reur : voilà la première partie; élre jxtpublic (lue nous bur rendons, (u offrant siiadé des peines que soulïrenl lis âm( s du pour elles le sacrifice de notre religion : Vc- purgatoire, cl ne pas s'intéresser à les seul/ /(ojyi, c/ ;!i(nc es/, 7(i(i«(/o morlui tmdicnt courir, c'est une dureté aussi criminelle vocem l'ilii //t'('. Aineste, chrétiens, (luicon- qu'elle est conlraire à la piété el aux lois (lue des morts cntendia cette voix f.ivorab'e même de riiumaiiilé ; voilà la seconde partie: du sang de Jésus-Christ, il jouira d'une vie être disposé à les secourir, et ne se servir bienheureuse : pouiqu(ji ? parce ((n'eu même pour cela (]uc do moyens inefficaces, c'est temps délivré des liens du péché, il entreia un désordre aussi commun qu'il est dép!
nio-
cn possession de l'Iiéritage des entanls de rahic dans le chrislianismc : voilà la troi-
Dicu, où il trouvera uiu- source de \ ie (jiii lu^ sième partie. La première lient lieu d'iuic
finira jamais : Elqui iimiierint, virent. \i\\\i\ eoiilioversc, mais d'une conlrover^e aisée,
de (jnoi j'ai à vcuisentreienir, apièsque nous qui ne fera ([ue vous afl'ermirdans bs senti-
auroas iuijloré le secours du S .ini Ks[!i il, ments ortlio;lo\es touchant la charité (jui est
par l'inïe. cession de jMarie : Ave, Mann. duc aux moris ; la seconde sera une cx-
Tmis choses, selon sailli lîernard, l'ont la borlation pressante (lour vous porter à ac-
prfeclioii d'un devoir chiélien, el diii\enl complir (iilèienient le devoir de celli! charité;
nécessairement y coiieonrir : nue b)i pure el la dernière, une instruction pratique pour
pour le connailre, une dévntion tendre pour vous apprendre en quoi doit cous slir (cIte
r. limer, il des reuvrcs soli les pour l'accoiu- diarile : c'est tout le sujet de voire alteu-
plir ; el trois (hoses, selon le même Père, y lion.
sont rssrntii lli ment (qiposées :ra\<ugb- l'HiaiihiiK HâRrin
ment de l'esirit, rinlilî'ercnee du (d'ur, ( t (^est nu des caractères de l'ern ur d'agtr
l'inulililé des uinres : l'aveuglement de l'es- iiuonsidérémriit ; et saint Jér(jmc remarque
prit, (jiii fai< qu'on ignore ce devoir ; l'inilil- fort bien (ju'il suffit, pour se préserver de
iéicnee du cœur, qui l'ait qu'on y esi insi'ii- l'hérésie el pour ne pas suivre b' torrent du
sihle ; et l'inulililé d s oi\\\ ros, ([ui failqu'ou liiicrtinage, d'observer les fausses démarches
s'en ac(iuilte mal : or, cest sur ce priiuipe, il les égan'inenls visibles de l'un et de l'au-
iiK-s durs auditeurs, qurje fiiuilece discours, ire : (jr, voilà ce (jui par.iîi d'abord dans le
où j'cntreprenils de vi:us engager à secourir procédé de ceux (]ui, n'étant pas persuadés
les âmes de vos frères (jue la mort a sépa- de la vérité du purgatoire, fonl profession
lés de vous, el à leur donner des mariiues de ne pas prier pour les morts. Car, dans
de votre charité, dans l'élal malheureux où cette erreur, sans même en pénétrer le fond,
je vais V( us les représenter : car voici tout el à n'en juger que par les simples lumières
mon dessein. Je tiouve dans le christianisme du bon sens, je découvie trois grands défauts
tro s sortes de pei sonnesqni, par différentes de conduite ; mais ne pensez pas, un s chers
cismis, ne contribuent en rien au soulage- auditeurs, que, pour vous en convaincre,
meiil des âmes du purgatoire : les premiers j'entreprenne ici une controverse réglée, ni
S(uit ceux ([ui ne croient pas leurs peines ; qu'à buce de preuves je veuille établir la loi
les seconds, ceux (lui les croient, mais qui du pnrgalnire contre i'héréti(|ue el le liber-
«i'en sont pas touchés; cl les derniers, ceux tin qui la combattent ; ce (jne j'ai en vue est
mêmes {\\\\ en sont louches, mais (lui n'ein- plus court et |dus édifiant pour vous : car je
ploient pas les moyens efficaces pour les sou- veux seulement vous montrer combien l'bé-
Uiger : d lus le iireiuicr rang, ji' (oin[ircnds relique el le lifierliu raisjinucnt mal 'J" dis.
1395 OfiaKLKS SACl.ES. liUllU'ALOUK. ' 13'6
suppo é même leurs principes), lorsqu'ils re- vous seriez de leur se:!, vous premlriez le
liisi nt de prier pour les morts : appliiiuez- p.irli le plus favorahle : .liiisi, pourquoi nous
vo,i5. qui croyons le purgatoire et ([ui nous eu fai-
\'o'ci leur premier égarement : ils n'ont sons un point de foi, prions-nous pour ces point d'assurance , disent-ils, qu'il y ait un ùaies fidèles ? parce qu'il se peut faire, <lipuigatoire après cctle vis- ; et , n'eu ayant snns-nous , que ci'S âmes , quoique fiilèh s. null"c assurance, ils ne travaillent pdint au n'ayant pas aciievéde payera Dieu ce qu'elles soulagement di'S iimes qui y sont condam- doivent à si jusdcc, sotiiîienl au milieu des nées. Je soutiens (lue celte conduite est au llanniies qui les purifient : nous ne saviuis moins téméraire et imprudente : pourquoi ? pas précisément m cela est: mais il nous si'Apirce que, d'une erreur de spéculation, ils lit de ne savoir pas non plus précisément si tombent par là dans un désordre pratique, en cela n'est point, et de savoir que cela peut renonçant à l'usage de l'Eglise, et comptant êlre : bien loin que celle incertitude refroipour rien le hasard où ils se meltent de disse notre charité pour les morts, c'est au manquer à un des plus importants devoirs de contraire ce qui l'excite, el, comme dit exla justice et de la charité clirélienne. Com- cellemmenl saint Augustin nous aimons [irenez ceci, s'il vous plaît : car enfin, et les bien mieux nous exposer à faire, pour ces hérétiques, et ceux qui, par liberlinagc de saintes lunes , des prières superflues, que de créance, entrent sur ce point dans leurs scn- nous mettre en danger de manquer à celles limenls, sont foi ces malgré eux de reconnaî- qui leur sont nécessaires. Uemarquez ces trc que, comme ils n'ont point l'assurance paioles, qui sont décisives el qui semblent qu'il y ait un purgatoire, aussi n'onl-ils nulle laites pour mon sujet : McUus cnim ista viassuranrc qu'il n'y en ail pas ; ils prélendent vcntium suffi ugia ils superernnl animabiis , que 1 Ecrilure ne leur a point révélé l'un ; (/uibus nec prosaiU nrc obnml,(iumn decrunt uiais ils conviennent en même temps qu'elle Us (/uibus prosunt [Àug.). Voilà comment ne leur apoinl non plus révélé l'aulie : cela nous raisonnons , et nos advi rsaires sont elaiit. le témoignage que nous leur rendons obligés de confesser que, selon nos maximes, (le celle vérilé ("'atholique ; les preuves, non- nous raisonnons bien : or je me sers contre seulenuMU solides, mais plausibles, sur les- eux de cette rè.,k\ et je reprends de la sort'' : quelles nous la fondons; la possession im- '\^>usne savezpas s'il y aun purgatoire ; priez mémoriale où nous sonunes de la croire, donc t(U]jours pour vos fières,afin que, s'il doivent au moins les tenir dans le doute; et y en a un, ils ny soient pas abandonr.és à la comme de leur propre aveu ils n'ont point rigueur dis jugements du Dieu; car la vcrilé d'évidence du contraire , ils ne peuvent tout du purgatoire ne dépend ni de voire opinion au plus se retrancher (jue sur rinc:'riitude. ni de la mienne : el (]U(>i ([ue vous el moi Or, diles-moi si, dans l'incertitude prétendue nous en croyions , il ( si ou il n'est pas : sil de celle vérité, ils sont excusables d'aban- n'était pas, conuoe il vous pL.îl de le penser, donner la pratique el l'usage de toute "l'E- uia prière serait inutile à ces âmes; inais glise, en cessant de prier pour les umrls? s'il est, comme je h; crois, vous ne pouvez étant incertains si les âmes de burs frères disconvenir (pie ^■)ns ne soyez coupables .sont dans un élal de souffrance ou non, qu'y envers ces âmes sjuîîranles : moi qui m'iiia-l-il de plus juste que de prier toujours ténsse pour elles, je ne cours aucun risque; pour ( ux? le seul doule ne devrait-il pas les niais vous qui les délaissez, vous risquez ( l y déterminer, el en faudrait-il davantage pour elles et pur ynus-mcuies. Quand vous pour bs rendre inexcusables (juand ils né- me dites : A quoi bon prier pour les moits, gligeiil de satisfaire à ce devoir? Il me sem- s'il n'y a point de purgatoire? il m'est aise b!e que je ne (lis rien que la droite raison ne de vous répondie que, (juand mes prières fass(' d'abord sentir. seraient inuliles pour les morts, elles seront
.Mais voyi z eondiien cette raison a de force, toujours méritoires pour moi, parce qu'elles snrlout dans le sujet ((ue je traite : je de- procèdent toujours de la charité, qui en est mande aux partisans de l'hérésie, me servant le principe et la fin ; mais quand je vous dis contre eux de leurs propres di positions : Si t\uc, s'il y a un purgatoire, en ne priant pas vous étiez certains, comme nous le sonunes, jiour les morts, vous manquez à un des dc- <|u'il y a un purgatoire, ne vous croiriez- voirs les plus indispensables de la charité, vous [lis obligés, aussi bien (lue nous, à vous n'avez rien qui vous défende ni qui vous prier pour vos frères dmt vous pleurez la mette à couvert de ce reproche, mort ; et , dans l'inlention d/ les soulager. En effet, chrétiens , que diriez-vous (la vous conformaul à notre exemple, ne feriez- comparaison est sensible, mais elle en est vous pas pour eux loul ce qu ■ nous faisons d'autant plus propre pour donner jour à ma nous-mêmes? Us en couvieuneiit avec uu)i ; pensée), (juc diriez-vous d'une mère allligée sur cela j'ajoute el je leur dis : Vous ne se- cl désolée, qui, ne sa( haut, après ;uie sau riez pas iiéaniiuiins sûrs alors (jue les âmes gl inle bataille, quel a été le sort de son lils, de vos frères fussent du nombre de celles ni ce qu'il est devenu, se contenterait de le pour (lui l'on peut prier utilement ; car elles pleurer, sans lui donner nulle autre marque pourraient être, ou déjà bienheureuses, sans de son zèle ? elle est en douie s'il n'a point avoir besoin de ce secours, ou élernellern'nt été pris dans le combat, et s'il n'est point réréprouvées cl incapables d'en profiler : ces- duil acluelleuienl dans une dure captivité; kuriez-vous pour cela de solliciter Dieu en mais on lui l'ait entendre qu'en ce cas^là leur laveur v non; niais ^ dans le doule où même, elle a une ressource aisée, parce (H.îe
MYSTKIILS. SLUMO.N XXIll. POUR LE JOUIl l)i:S MORTS.
r,<ÎÀj
Il lilioili- iW son (!!■; no dôpcndiM qtip des S!>ii)s et tk's pi m |N ni 1rs qu'elle l'cr,! pour io r.icht 1er : f]iic (iiriez-voiis, l'iieoro une l'ois, si celle mère, ;hi Ihmi de |)ren(lro pour cela les mesures conveii.ihles, s'arrèl.iil ;'i coiilesler cl à ré|ioiiilie iju'i! n'y a nulle a|)p.ir- nce que sou lil? voit tombe dans c lie divprâce ; si loulc son .ippliralion élail à clierclier lies laisons pour se persuader lîuc cela n'est pas, et qu'elle proteslât qu'à moins d'une évidence (ni ère île la chose, elle ne veut pas l'aire la moindre déoiarche pourlui? ne la Irailerail-on pas d'inscusèc ou de déniiurce '? Or, voilà jusicmenl le procède des I créli(iues (jue je combals : on leur dit que des âucs qui leur s >nl clière>, cl dont ils avouent qu'ils doivent avoir à ccrur les inlèrèls, sont pcut-èlre dans un lieu de se ulTr.ince que nous aiqielons purg iloiie ; et (]ue, si elles y sont, ils ] cuvent [lar lies moyens faciles les en tirer: nue liinl-ils ? ils s'opiulâlrcut à soutenir qu'elles n'y sont pas : ils argumentent, ils dispuleiit contre la vérité de ce ptiriraloire ; ils preuneul à |iarlie ceux qui le croient, cl ils se l'atijiuinl à inventer des pieuves pour nionirer que c'esl une chimère. Mais si. indèpen lanimeiit de leurs preuves ce purgaluire i>st quel- (|ue chose de réel, cl si ces âmes dont i's cunnaissenl que li's iniciéts ne doivent pas leur élre indilîcrenls, y soufTient des peines extrêmes, c'est à quoi il, ne veulent p.!s penser ; qu'elles y soiirrenl et ([u'elles y gémissent dans l'allcale de leur hoiiheur, ils vivent tranquilles; eî, pou: vu qu'ih v.'cn croieul rien, ils se liciineul quilles eu\e!S elles de tous les d.voirs de la piélé : raisonner et agir ainsi , csl-co une comluile (irudeiile et s tge"?
JI lis en voici un ■ anire qui ne l'est pas |ilus. et qui ne vous surprendra p is moins, l'^ii quoi consiste l'ernuc pratique des parlisaiis de riièiésie sur le sujet dont il ebl (lueslion'? à ne p.is prier pour les inoris, jiarce qu'ils ne croient pas la véri'.édu purgatoire, et c'esl ce (jue j'appelle leur second égarement, f^ar ils d vraient renverser Ii proposilion, et croire la vèrilé du purgatoiic parce qu'il esl é\ idciil et inconli stable qu'il laul prier jiour les uioris. Couunenl i ecl duitil s'entendre? Je Ui'expliquc : c'esl (lu'à comparer Cl s deux articles, dont l'un n'est, c ' semble, (jue la suite de l'autre, il f.uit néanmoins tomber d'accord que celui qui éiablil la prière pour les morts nous est bien jdiis expressénn'ul cl plus ilisliMctemcnl marqué dans toutes les règles delà foi, que celui qui regaiile le purgatoire. Pour le purg itoire, peul être pouriail-il y avoir de l'oli- ^curilé; mais lous les oracles de la religion n ii:s parlent cl.iireiiie;;l il liaulemcnl île l.i prière pour les morls; carTEcrituie nous la recommande en termes l'ormels , loule la Iradilion nous leusidgiie, lis plus amiens conciles l'onl autorisée, c'a loujours éié 11 praliquc de l'Kgl se, el les Juifs eux-mêmes l'ont observée et rohscMCul encore aujourd'hui dan» leurs synagogues. Or, selon saint 'i'hunias, ce coasentemcnt du (hri^tianismc
et du judaïsme est une es|)èec de déninnstralion. Judas, l'un des princes Macliabées, ordonna des sacrifiées pour ceu\ qui. ilél'endant la loi du Seigneur, avaient élé lues dans le comb.il, et l'on nedoulait [loinl ;ilors que la pensée de prier pour les morls ne fût saluliire cl inspirée de Dieu : ShkvUi evgi et fiilubris rst coyildlio {Mue, \l!]. Or, l'histoire qui rapport ' ce l'ail, est leiiiie iiarmi nous pour canonique, disait le grand Augustin : Mdchabfroniui liliros p7'o cationicis tta~ beiimx {Aiu/.): et quanil nous n'aurions [las , .ijoulail-il, ce lémoignage des lixres sacrés, il nous sufllrail d'avoir celui de l'Iîglise universelle , qui est encore i)lus aulhenlique, puisque nous voyons qu'à l'aulel el dans i s saillis mystères ou n'a jamais oublié de prier pour les morts : Snl el si nutn/uam in sci'ip^ liiris t'ftcribits leijerrtw, in hoc unircrsœ Ecclcxiœ liaret nuclurit^is, nui in prccibus qnœ ail ullare fundittilur, locitm hubet coinmcndalio morluurum [lilcm). Snriiuoi vous remarquerez que saint Augustin ne pailait point en simple doctc.ir, mais en hisiorieu de l'Iiglise, dont il ra|)porlait l'usage. Nous faisons, avait dit Terlullien, deux siècles avant ce l'ère, nous faisons des ofi'randes |)our les morts; cl, si vous nous en demandez la raison, nous nous conleulons de vous alléguer 'a Iradilion et la coutume -.Oblnliones pro defiindis facimus ; luiritm si raliouem expostu~ les, trcdilio lihi prwlendiliir uucirix, lonfirmatrix consucludo. fides scrvalrix {TirlulL); p.iroles qui font voir que , dès la naissance lin christianisme, la piière pour les moils élail regardée connue une Iradilion divine el un dépol de la foi : /((/r.< srrvalrix. Que peuton dire de [dus fort 1 S'il élait donc, v rai que les liéiéliques fussent aussi éclairés qu'ils se flallent d'être, ^oiei comment ils raisonneraient : il faut priir pour les mo ts, toules les lumières de la religion le déiimnlieul; donc je do s cire convaincu qu'il > a un purgatoire : <ar , (|u'est-ce que le purgatoire , sinon un élal de soufl'r.hices et de peines, où les morls sont soulagés par les prières des vivants'? Je ne puis admeUre l'un sans convenir de r.iutre ; el, puisque la foi me révèl;' étidemmeiit l'un, il est juste que je me soumette à l'aulre , quoiqu'il me paraisse obscur, el que je croie le purgaloire , parce que je ne puis me défendre de reionnaîlre qu'il faut prier pour les morls. Voilà , dis je, la conséquence qu'ils tireraient, et celle conséquence serait légitime. Mais que fonl-ils? tout le coulraire : car ils rcn\ersenl l'ordre, cl ils discal : la révélation du puigaloiie m'est obsrure, donc je ne m'y soumellrai pas; et parce que, ne croyant pas le puigiloiri', je déiruis le bm lenienl de la prière pour les morts , quel(|ue sainte qu'elle pui-su élre, je renom erai à la [irière pour les morts ; el, parce que l'usage de celle prière est le qu'il y a de plus ancien dans la Iradilion, je compterai pour rien la tradition; el, parce que le livre des Macliabées paile ouverlenient à l'avanlage de cette prière, je icjellrrai le livre dcsMach^.'bées; et, parce que celle [iricrc est autorisée par lous les Père*
i:,Jd OU \TEUUS SACHES. BOLRDALOIE. l'en
ri |),ir lotis les conciles, je n'en croir.ii ni les ce degré de pureté, n>,'iis de [nirc'é fon'-oinl'éres ni les conciles ; et, p.irce que , d(^s les niée, ([ui leur est nécessaire pour voir Dieu : premiers siècles, cette prière élnit snieiincl- or, cet étal n'est rien autre chose que le pui'icMient él.ildie dans ri'-yli>ede Dieu, je dir.ii galoire ; tout le reste m'est incertain cl par que, dès les premiers siècles, rE;j;lise de conséquent ne doit point étie pour moi un Dieu est lomliée dans la corruption ; et, parce sujet de trouble, puisque peut-être je me que saint Ansnslin s'est f.iil un devoir, et troublerais de ce qui n'est pas. Quoi qu'il en un devoir de religion de prier pour l'âme de soit, je ne puis concevoir le purgatoire sa mère, je répondrai que saint Augustin a comme l'Eglise me le propose, que je ne donné sur ce |)oinl dans les révi ries et les illu- sente ma raison s'accoider a\ec ma Hii. sioiis poj)iilaires. Car voilà, mes clicrs audi- A'oilà comment j'évite l'écueil de la préveiiieurs,jusiiu'où va l'opiniàtrelédes liéréliques; tion; mais riicréliqiie, nu lieu d'y oiocédcr je ne leur attribue qu • ce (ju'ils soiitieiinenl de la Si)rle, donne d:ins cet é( ueil ; et des cireux-mêmes et que ce qu'ils ont cent fois écrit : constances douteuses du purgatoire, qui ne or, qu'y a-l-il do moins soutenabic cl do reviennent pas à son sens, il se iiréoccu|'0 plusop|ioséà la raison"? injusiemcnl contre le purgatoire méioe.
lùiliii, leur troisième et dernier égarement Ali! clirélicns, bénissons Dieu île ce (\u'i\ est que de choses qui ne sont ni ceriaines ni nous a donné une foi , non-seulement pi;is révélées louchant le porgitoire, ils Se font sainte et plus soumi^^e. mais plus (diliaiile des préjugés contre la foi du puigaloire; au | our nous et |)lus coiisoLinle; reiiieiu ions-le, lieu (]n'ils de\ raient se servir de la loi du pur- de nous avoir appelés à une religion où le galolre, qui est solide et r.iisonnable, pour zèle et la charilé s'élendenl au-delà des borcomballre en eux-mêmes ces prévenlious (jui nés de noire miitiliié; e^timons-uous henné soiil que l'effi't de leur faiblesse : car reux d être les eiifnits d'uiiclîglisc qui, apiès qu'est-ce ([ui les choque surlesnj t du pur- nous avoir fermé les yeux, prend eiicose soin galoir.'? les images ou les peintuie^ affreuses de nous assister. Cille des hérétiques les sous lesquelles, selon eux, nous le conce- abandonne à la mort ; et, dès qu'elle ces. e de vous; diverses circonstances non révélées , les voir, eKe ce^se de penser à eux ; comme à quoi ils prétendent <|ue nous nous alla- il n'y a point pour eu'i de purgatoire, et • bons : voilà ce (jui les révolle. El moi, si je qu'élant dans la voie du schisme, il sont ho; s nie trouvais à leur plaie, je me délivrerais la V(. le du salut, c'est une conséijiieu'e de sans peine de ces preveiilion-, en oppos ml à li'ur erreur, (]u'el!e les traite ainsi. Mais i'I'iloul cela la substance de la foi du p.ugat lire, glise de Jésus Christ ayant pour nous d'.iuqui est la chose du monde nun-s ulemenl la tci's espérances et d'aolres vues, tient aussi plus simple, mais la [dus sensée; car je nie une conduite toute dilVerente : elie ne cesse: dirais à moi inèiiie : L'élat de (e^ âmes qui point de s'inléri sser en notre faveur, (lu'eile ont besoin, après relie vie , d'être punliécs, ne no ;s ait portés dans le sein de notre béaliiie m'est ])as connu ; c'est-à-dire je ne sais lude; jiisqu -là e:l'^ est en | c'.nc de noire où elles souffrent, ni ce qu'elles soulTrenl, ni élal : p!eu\e cvid' nie qu'elle est noire vericommenl elles sonlTrcnl; ce sont au'ant de table n)ère. Or, quelle consolilioîi. de saviir secrets ((ue Dieu a voulu me tenir cai lies, et (]ue, quand nous sero is dans cet alTrenx pas- •lu'il ne sert à rien de vouloir a()profondir ; sage du jiigemeni de Dieu à l'élernilé bienmais c'est assez pour moi de siv.ir ()n'elles heureuse, Inule l'Iiiglise sera pour nous eu souffrent, par la justice de Dicu,de vèi ilabli s prière, comnie elle y était pour saint Pierre, peines, et ((u'il est de l'ordre de l,i Piov;dei:ce selon le rapport de! EcriUire, tandis que sainl qu'elles sonlTrent : c,ir serait-il juste ([ue dLS Pierre fui dans la prison ! ([uel avanage, di! âmes criminelles et souillées de péchés, pouvoir se promellre que tout ce qu'il y a du (pioique véniels, sorliiit de leurs corps, fus- iidèles au monde s'emploiera pour m Ire désenl aussili'il gloriliécs (jue celles qui sont livrance; que, sans qu'ils y |)ensent cuxpures et sans lâche'.' serait-il juste que des niêoics, nous aurons part à leurs bonnes péchés qui n'ont jamais clé ex|)iés par la œuvres et à leurs sacrifices; que, comme pénitence, ou ()ui ne l'ont jias été sallisam- nous rendons aujourd'hui à nos amis cl à ment, enirasseni dans le séjour de la béali- nos proches ce tribut que notre religion oreslude, où il n'y a qU' la sainteté (jni soit ad- cril, on nous rendra un jour le niéaic ofmise? serail-il jiisîe qu'un chrétien lâche, liie ; que noire mémoire ne périra pas comoie <|ui n'a fiit à Dieu nulle léparatioii de .ses c<'lle de l'impie, mais (jn'clle sera, s Ion li lâchelés, reçût !e prix cl la couronne aussi parole da S.iinl-F.spril même, dans une élerpromplemeiil et a ssi aisément ()uo celui iulle liénedielion, pnistine, jusqu'à la lin des dont la \ ie , d'ailleurs innocente, a élc touie siècles, on se souviendra de nous dans les l'ervcnle ? cela répugnerait à tous les droits mystères divins. Voilà, mon Dieu, ce que de la jiisliet- de Dieu. Il faut donc qu'.ipiès j'espère tl ce que j'alleniis, <t \oilà ce (jni me celte vie il y ait un étal où, co.nme parle soiilienl et ce (jui me fortilic ; s.'ins celle cssaiiil ,\ngiis lu. Dieu rappelle les di 'ses à perance, je tomberais dans raballcmi'iit , et l'ordre, où il achève de punir véritablem ni vos jugenieuls, déjà pour moi trop redouta ce qui est punissable, où ces âmes ipiil a blcs , achèveraient sons ressource de me prédestinées comme ses épouses, soient mi- conslerncr ; qn(d(|ue téinoignage que je pUsse ses à leur dernière épreu\e,où leurs taches me rendre de m'éire juslifié au|.rès de vo'is, eoient effacéi'S, où p.;'".,'; inl par le feu , selon cl d'.'Moir recouvré par vos sacieimnis ia l «ii^reosion de saint Paul, elles a'i'iièieut {,'' '-c<? 'i" " j '■^^•l'-M^''"''^'f > 1''* d. lies de nic.i
UOI MYSTEKES. SEUMON XXIll. ?.)[}n LE JOIH I>ES MOUTS. 1402
(ocliés, imilliiilii''csà riiifiiii.iiicrcmpliiMiiMit morts. Sorail-il possihlo qtic luilre durcie (le (erreur : cir je sais, ô mon Dieu ! que all.U jusque-là , et qu'élanl exrilés par ces rien (le souillé ne sera nçu tlans votre trois molil's, nous ne lissions sur nous aurui» rcv.iunie ; je sais ((u'cm ne sortira |oiut des elTort pour remédier ci re désordre? iiiaius de \olre jusiiec, qu'on n'ait payé jus- Il s'ajjit de piocurer à Dieu un aceroissequ'à la dernière obole; je sais que, par eeile ment de f;ioire . et peut-être un des plus rèsie, l.i plus cxacle sainlelé ne doit point prands (]u'il soit capable de recevoir. Imi faire île fond sur elK-méme, et c'est ce ([ui faut-il d.ivanl.iije pour nous l'.iire cmlirasscr me jetterait dans un secret dé^csp dr. Mais avec ardeur la dévotion dont je vous [larle? quand je fiis réflexion, S;i^ncur, aux misé- Ah 1 cliréliens , permettez-moi de faire ii i ricordes que la foi me découvre en vous; avec vous une réllexioii ibint je confesse ([ue qii.ind je viens à considérer (i.uc si je suis je me suis scnli pénétré : j'ai dndl d'espérer assez heureux pour mourir dins voire jçràce, (]ue vous ne le serez pas moins. Nous avons que!(iue redevable que je sois à votre justice, (|iiel(iuefiiis du zèl' |)our Dieu; mais notie j'aurai de quoi m'aecpiilter ; ((ue toute voire iijiioraiice aussi jjrossière qu'inexcusab'e Eglise, par ses prières, viendra à mon se- dans les choses ib- Dieu fait cjue nous n'a;.coiirs; (juele trésor des satisl'ac.lions de votre plii)uous pas ce zèle aux véritables sujets où Fils me sera ouvert; que les meriles de sa l'inlérél de Dieu est engagé. Par exemple, |) ission et de sa mort me suivront même nous admirons ces hommes apostoliques qui, après le trépas , et (|ue je pourrai encore poussés de l'espril de Dieu passent les mers abirs |)uiser avec joie dans les précieuses et vont dans des pays barbares , pour y souries de mon Sauv;'ur : Ah 1 Seigneur, si gagner à Dieu des iulidèles : aussi est-ce je ne cesse pas absolument île craindre, au (luelque chose d'héroïque dans notre relin.oins je couuneme à espérer; cette esiie- gion. .Mais sa\o;is-nous bien ce qu'enseigne rance me console, elle me rassure, illi' me l'ierre de lilois , fondé sur la plus solide r.inime; ne la séj'araut point d'iirc sincère et théologie, que la dévotion pour le souiagevérii.'ible pénitence, j'y tiouve uii ferme et ment des âmes du purgatoire et pour leur Solide appui : et voi'à pourquoi, à l'exemple deli\rance est uni' espèce de zèle qui, par de votre servili'iir Job, je conserve clière- rapport à son objet, ne le cède pas à celui nient ci île csi)érance dans mon nvur : Rcpo- de la convers'ou des païens , et le surp.isse sila (Si h:vc sprs iiicd in .^inu iiico {./(jb., \l\). même en quelque sorte : pourquoi? parc;; l*oursuivons, ihréliens : et, ajirès avoir éla- que les âmes du pui'galnire étant des âmis bli la dé\olion pour le soulagement des âmes saintes et prédi'slinées, des âmes confirmées du purgaloire contre ceux qui ne croient jias en grâce, elles sont incomparablement plus Icur-^ p lues, inspirons-l.i, s il est possible, à nobles devant Dieu (jne celles des païens, ceux qui les croient, mais qui n'en sont point elles sont p'us aimées et plus chéries de loiîcliés : c'est le sujet de la seconde partie. Dieu iiue celles des paï ns , elles sont aelueldelxii';mh rviiTiiî. lenu'nt dans un élat bien plus propre à glori- (Toire qu'il y a un purgatoire, et n'êlrc lier Dieuciuc celles des païens. Savons-nous point louché des peines que souffrent les bien que c'est Jesus-fJirist lui-même qui a âmes qui y sont coudamnéis, c'est une es- voulu nous servir de modèle, et qui nous a pècc d'insensibilité, d'autant plus étonnante, donné dans sa personne l'idée de celte dévoqu'elle est opposée, non-seuleirenl à la idété l.oii ou de ce zèle pour les âmis du purgael à la charité, mais à lotis les principes de loire : el ci l.i , ajoule l'ieire de Blois, lorsl'bnmanilé. Or, c'est iiéinmoins le second ([u'il desccndil aux eul'ers, c'est-à-dire dans desordre que j'.ii eulrcjuis de couiViattre; et cette prison où, stdiii l'iùriluie, les âmes je ne puis mieux vous en donner l'idée qu'en des anciens palriarches étaient reienues, et vous disant (iii'il allanoe et qu'il b'esse ég i- qu'il y descendit pour les y consoler par sa Icnient trois difl'eieuls inleiéts auxquels nous présenie, et pour les en tirer |)ar sa puisne pouvons s.ins crime êlre insensibles : sance ? D'où vient ipie saint l'ierre , dans sa l'inlerêt de Dieu , l'iulèrêt de nos frères , première épi'ri' c.inonique, ne nous parle de noire inlérêl propre. Car, eu user ainsi , celle descente aux enlers que comme dune c'est n'a\o:r nul zèle pour Dieu, qui , trou- mission divine qu'y fil le Sauveur du monde : vaut sa gloire dans la délivrance de ces âmes In ijun cl lik qui in nirccre erant spirililiits justes, veut se la procurer par nous, el a rc;i/>/i.';/)r(ri/('ertr// (I /'.//•., III). Savons-nous. droit de s'en prendre à nous (juand il eu est ilis-je, (ju'il ne tient (luà nous d'imiter ainsi frustré ; c'i st avoir un cieiir de bronze pour Jesus-t^hrist ; et que, sans descendre comme ces mê ces âmes, ijui, nous regardant connue lui d.iiis ces prisons souierraincs, où sa chaleurs libér.iieuis, et qui, sachant que Dieu a rile el son zèle le firent entrer, nous pou-mis leur grâce ci. Ire nos mains , el que l'ae- vous, à son exemple, délivrer des âmes aussi coinplissemenl de leur fé icilé dépend eu parfaites el aussi saintes ; et qu'en le faisant quelque manière de nous, nlleudciU a\ec de comme lui , el le faisant eu vue de la gloire saints empressciiienis C|ne nous leur rendions (iiii doit en revenir à Dieu , de quelque con-cet important office ; mais surtout c'esl re- dilioii que cous soyons, nous participons a noncer à nos |)ropres avantages , el perdre cet esprit apostolique dont il a été la source, des biens infinis qui nous ievieiid;aienl de el que je voudrais aujourdliui vous inspirer? !à ; biens qui nous coûteraient peu, dont Si 'nous ne le savons pas , malheur à nous nous serions sûrs, et que nous produir.iit d'a\oir négligé une si salutaire instruction ; fan? peine lel csenice de diaiilé cuvcii les et -J, le bachan'. neu"- ne pensons pas à puer
n)3 OUATEURb SACKES. DOlRDALOUt:. lj{>4
pour ces saintos /imcs , nuire iii;ilhciir pour tnrre, ses plus décl.ircs ennemis : poiiniuoi? iii>us encore plus tir.iiiil , d'cire si peu s» n>i- parce qu'il n'y a poiiil de pécheur sur la lilcs auv intérêts de Dieu. terre à qui, dans ses désordres mêmes, Dieu J'ajoute à ceci une pensée de l'abbé Ru- ne fasse encore des grâces pour mériter et perl. encore plus touchanle. On vous a dit pour satisfaire; au lieu que, dans le puigarent fois (juc les âmes ()ui soulTrent ilans le toire, quebiuc sainte que soit une âme, elle purgatoire y sont dans un état de violence, est exclue de ces sortes de grâces, et voilà parce qu'elles y sont privées de la vue de par où son état est violent pour Dieu. Dieu; la chose est évidente : mais peut être Mais Dieu cependanl, ihretiens, y a pourvu n'avez-vous jamais compris que le purga- d'ailleurs : et par où? par le pouvoir qu'il toire fût un élat de violcnee pour Dieu même, nous a donné d'intercéder pour ces âmc<. et c'est ce que je vous déclare de sa part. Comme s'il nous avait dit : c'est par vous (Jue la privation ou la séparation de Dieu que ces âmes affligées reeevront du soulagesoit un état violent pour une âme ju^te, je meiil dans leurs souffrances ; c'est par \ous ne m'en étonne pas; mais que. par un effet que, malgré les luis de ma justice rigoureuse, réciproque, ce soit un élat \ ioleiit pour Dieu, elles éprouveront les elTets de ma iniséric'csl ce qui doit nous surpi'cndre et ce (pie corde; c'est vous qui serez les négociateurs l'intérêt de Dieu ne nous permet pas de re- et les solliciteurs de leur liberté, et votre garder avec iiidilTérence. Or, en quoi con- cliarilé a les secourir sera un motif de la siste cet élat de violence par r-apporl à Dieu? mienne : ainsi , Dieu sembie-t-il nous avoir le voici : c'est que, dans le purgatoire. Dieu parlé. Quand dune, en eiïel, usant de ce pouvoit des âmes qu'il aime (l'un aiiiotir sincère, vuir, nous délivrons [lar nos prières une do d'un amour tendre et paternel, et auxquelles ces âmes, non-seulement nous procurons à néanmoins il ne peut faire aucun bien; des Dieu une gloire très-pure, mais nous lui donâmes remplies de mérita, de sainteté, de nous une joie très-sensible; non-seuicmcnl verlu, et qu'il ne peut toutefois encore ré- nous faisons triompher sa bonté, mais nous compenser ; des âmes (|ui sont ses élues et nous conformons au\ dispositions secrètes ses épouses, et (ju'il est forcé de frapjier et de sa justice, et la raison en est bien clairiï ; de punir. Est-il rien de plus opposé aux in- parce que la justice que Dieu exerce envers
parce les âr
clinations d'un Dieu si misériconiieux et si ïes âmes du purgatoire n'e^l qu'une justice cliarilable? Mais c'est à nous, dit l'abbé Hu- pour ainsi dire forcée, une justice aisée à perl, de faire cesser celte vioienee : com- ilécliir, et qui ne den)ande qu'un intercesment? en délivrant ces ânn s de leur prison, seur pour l'apaiser. Quand Dieu voulait auet leur fiiivrant par nis prières le ciel <iui trefois punir les hraèliies , il défendait à leur est f 'rmé. Car c'est là (]u'elles se reii- Muse de s'y opposer. Dimiltr m?, ut irascaniront à Dieu, et où Dieu, pour jamais, s'u- tnr furor tncns contra eus [Exod. XXXIl) : nira à elles; là qu'il répandra sur elles tous [..iissêz-moi l'aire. Moïse, lui disait-il, et ne bs trésors de sa magniruence ; là ([de soii iii'cmoécliez pas d'exlerminer ces rebelles; amour pour elles agira dans tonte son ét'o- Ii\rez-les moi, afin que ma colère s'allume <\u^\. Tandis (]u'elles sont dans le |iui g.itoire, contre eux. Mais Dieu en use ici tout autrecet amour de Dieu est comme un lo'-rent de nient : car, quoique ces âmes souffrantes délices |irét à les inonder, mais arrêté par soient actuellement les victimes de sa justice, 1 obstacle d'un pèche dont la délie n'est pas il souhaite que nous .igissions pour elles ; encore acquittée. Que ferons-nous? nous le- e', tandis qu'il leur faitscnlir le poids de ses \erons l'obstacle, en satisfaisant pour elles, jugements, c'est alors qu'il se plaît davan- Prenez garde, chrétiens : Dieu s'est lié li'S lage à élre prié en leur faveur. Au lieu de mains, pour ainsi dire, nous les lui délie- nous dire comme à Moïse : Diinitte me , ut rons; il s'est mis dans une espèce d'impuis- irf/sca;/(//'aro'' W(ts , il nous dit au contraire : sance de faire du bien à descréalures qui lui Opposez-vous, chrétiens, à ma vengeance, sont chères, nous lui en fournirons le moyen, el n'abandonnez pas à ma colère ces âm.'s Je dis qu'il s'est mis dans une espèce d'ini- que j'aime et que vous devez aimer; ne soufpuissance de leur faire du bien : car Dieu, Irez pas que ma justice exige d'elles, sans dans l'ordre surnatuiel, n'a que deux sortes rémission, tout ce qui lui est dû : tout inexode biens, les biens de l;i grâce el les biens de rable (lu'elle est, vous l'adoucirez, vos piièla gloire. Or, du moment que ces âmes i)ré- rcs la désarmeront, elle cédera à vos bonnes destinées sont sorties de ce monde, il n'y a (euvres. Serions-nous assez durs pour résis- |)lus de grâce pour eiles, parce qu'elles ne ter à une telle invitalion ? sont plus eu état de méril.'r; et il ne peut pas Je ne vous dis rien, mes chers auditeurs, encore leur donner la gloire, parce qu'elles de l'intérêl des âmes mêmes pour (|ui je tâne sont jias sullisamment épurées pour la che aujourd hiii d'émouvoir voire piété; les posséder. Il est donc réduit à la nécessilé de peines qu'elles endurent parlent assez haoles aimer, parce qu'elles sont justes, et ce- temeni pour elles. Vous me demandez ce que pendant de ne leur faire nul bien, parce souffre une âme dans le jmrgatoire, et moi qu'elles ne sont pas encore capables de jouir je réponds qu'il serait bien plus court de dedu souverain bien, el qu'éianl séfiarées de mander ce qu'elle n'y soulTre pas. Elle y lui, elles sont incapables de lout antre bien, souffre, dit le concile de Florence, le plus Je dis plus : toutes prédestinées ((u'elles sont, insupportable de tous les maux, qui est la il esl (oinme obligé de les traiter avec jiliis privation de Dieu; et cela seul lui ferait dis il' ri^jueur qu'il ne Iraile les i)échcurs de la purgaluire un enfer, si l'espéiaiice ne la sou-
us MVSIEllKS. SKKMO.N XXllI. POUR LE JOUR DES MORTS. Hlifl
Icnail. Elle y souffre, dit sniiil Augustin, les qiirs de la prédeslinnlion riiUirc? Alil chréimpressions niirneuleuscs, mais vcrilalilcs , liens, «i Dieu, p'ir une riMclalion expresse, d'un feu qui lui lient lieu d'un second sup- nTefaisaitaujourd'Inii eonn;;îlreilans le séjour \)\\cc:Toriiueliir miri^,sed ceris,modi': {Aiif/.); l)ienlieureus une âino (^ne j'eusse liiée du d'un feu d'aulanl [ilus vif dans sou aclioii, purfjaloire, et qu'il me la iiiaiMinâl en p.irtiqu'il sert d'ii;,sliunient à un Dieu vengeur, entier, aveeiiuelle foi ne l'invoiuerais-je pas ? et vengeur du pc( lié; d'un feu, ajoute ce saint avec (jnelle confiance n'aurais-je pas recours docleur, en coinpiraison duquel ce feu que à elle? avec quelle ferveur ne lui recomnous \oyons sur la lerre n'est rien ; d'un feu ?ninderais-je pas mon salut cl(rn(d?Or, il dont l'âme pénéirée, de quelque maniùre ne lient qu'à vous et à moi d'a\oir celte con- (lu'elle le S'>ii, Souffre plus elle seule que solalion : car s'il y a en effet quelqu'une de tous les marijrs n'ont jamais souffert, res- ces âmes fidèles dont nous ayons avaiu'c le sent des douleurs plus aiguës (juc celles de bonheur, quoiqiu; nous ne la coiuiaissions toutes les malalies co;np!i()uces dans un pas, elle nous connaît bien, et nous pouvons môme corps : c'est de (juoi les théologiens toujours faire foml sur elle, connue sur une C'Uivienne.il. Or, il n'y a point de barbare âme (|ui nous e^t ac(]uise, dont muis avons qui ne lût touché de ce que je dis, s'il le été en quelque sorte les liliér.iteurs, et par compren lii, l't s'il en était persuadé connue conséquent qui ne nous oubliera jamais, nous. lin effet, que serait-ce si Dieu, au mo- Non, elle ne fera pas commi' cet oflirier de ment que je vous paile, faisait paraître île- l'haraon, qui, dès qu'il fut sor i de sa capvant vous ces â nés allligées, et (jue vous livilé, ne se souvint |)lus de Joseph, ni des fussiez témoins de leu; s lournienls".' (jue se- élroiles obligations qu'il lui avait. Il n'est rait-ce si vous eulendiez leurs gémissements [las nécessaire que nous liisions à cette âme et leurs plaintes, et si, du fond de leurs ca- glorieuse ce que Joseph dit à cet honnne inchols, elles poussaieiil justin'à vous ce cri grat et nuHMjunaissanl : Ulcmento mei, dum lamunlable : Miscremini iiici ( Jub. XIX ) ? bcne tibi fiieril, cl fncias mecitm misericor- A'ous, mon cher audiletir, si tendre à la corn- (//ain (7/e;(cs. XL) : Ann; sainte, à qui, tout passion, vous (lui. sans frémir, ne pourriez péchi'ur que je suis, j'ai pu procurer la livoir un criminel à la torure, verriez-vous berté et la félicité dont vous jouissez, sousans pitié tant d'ân)es jusies dans le triste venez-vous de moi dans le lieu de votre rectal où elles soiil rélinles? \'ous éles en pos , et usi'z envers moi d(! miséricorde, peine de sa\oir (lui sont ces âmes; mais pou- conune j'en ai U'-é envers vous; soyez louvez-vous l'ignorer'? Appiocli. z-\ous, dirais- cliée de mon état, comme je l'ai élédu vôtre, je, recunnai>srz-les : voilà lânie de voire et engagez Dieu par vos prières à me tirer père, de ce père dont vous possédez les biens, de l'esciavagc de mon péché, comme je l'ai de ce père qui s'est épuisé pour vous, de ce engagé par les miennes à vous liier du lieu père à (lui vous devez (cal ce (jue vous éles; de vos souffrances. Il ne fini point, dis-je, il souffre, pcut-éîre, pour vous avoir trop que nous lui tenions ce langage, puisque élevé, et il attend de votre rcconniissance étant sainte et bienheureuse, elle est desorijne vous preniez au moins m linlenant ses mais incapable de manq:ier à aucun devoir, inléréts auprès de Dieu. Passez plus avant ; Mais savez-vous, chrétiens , ce qui nous arvoilà cet ami dont la mémoire vous devrait rivera, si nous n'avons p,;S ce zèle pour les ê:re si prccieuse, cl à qui peut-être vous ne âmes du purgatoire? c'est qu'on nous Iraipeusez plus; il est pré^enlemenl en étald'é- lera un jour comme nous ann ns traité les prouver si votre amitié ét.iit sincère ; il lan- autres ; c'est que Dieu permettra qu'on nous guit, et il ne peut cire soulagé que par vous; abandonne comme m>us aurons ab.indonnô priez, et Di.'u mettra fin à ses peines : dans les autres. Vérité si eonslanle, que, dans la un besm'n si pressant, lui lel'useriez-vous un pensée d'un savant lliéologien, un chrétien secours qui lui est néc.ssjire, cl qui vous qui n'aurait jamais prié avec l'Kglise jioiir doit coûter si peu? les .unes du purgatoire, pir nm- juste puni- Mais peul-clre éles-vous de ces hommes lion de Dieu, s -rait lu -même incipabledo qui n'aiment qu'eux-nicaies, el (jui n'ont profiler, dans le purgatoire, des prières que égard (]u'a leur intérêt propre. Kli bien 1 l'Eglise offrirait peur lui ; et quolipie celto mon cher auditeur, si vous êtes de ce carac- opinion ne soil pas absolument reçue, au 1ère, (|uoi(iue cet esprit d'intérêt soil bien moins est-elle plus que probable, en ce sens éloigné de la pure el p irfaile charité, cher- que si, par la verlu des prières de l'Eglise, chez voire inlerêt, j'y consens, pourvu que il y a <les grâces pour les âmes du purgavous le ch'rchiez par les voies droiles el toire, nul n'y doit moins prétendre ni n eu
fiar les nu)yei:s légitimes q'ie vous présente sera exclu avec plus de raison, que celui
a religion. Or, je vous demande quel inléiél qui, pendant sa vie, aura négligé de prier
pus grand pour vous que de conhibuer à la |iour les âmes de ses .reres. Il est donc sûr
delinance d'tine âme du purg iloire "? quel (ine tontes sortes d'inlérêts nous portent à
avantage que de pouvoir dire : 11 y a une cette dévotion. Mais voici un dernu'r désor-
àinc dans le ciel qui m'est en parlie redeva- dre : on croit les peines du purgatoire, on est
ble de son b(jnheur, une ânu <ju.^ j'ai mise touclié de comp ission pour les âmes qui
en posse-sion de sa béatitude, une âme spé- s luffrent dans le purgatoire, et l'on voudrait
cialement engagée à prier pour moi : ne les soulager; cependant on ne les soulage
peut-on p is compter cet avantage parmi les |>as, parce qu'on n'emploie pas pour cela les
glaces du silui, et peul-èlre parmi les niar- ino\ens convenables el efficaces : c'est da
UII7 , ORATtURS SACRES IJOURDAI/ U:.. Uf^S
quoi j'ai à vous p.iricr (l;nts la tioisiùine pou de bonnes œuvros : Flflnm mullum et
parlic. fruclum nnllum ; ilcs géniissciiienls piloya-
nun^iÈMK pvRTiE. l)l('s, tiiaisdc mil cflfl.dcs cxri^s do désola-
Ce n'est pas sans raison qu'un prand cvô- lion sans aucun fruil. Or, en vérité, ajoutait que, qui fut autrefois une des luniièros de le même Père, ceux qui pleurent de la sorlo llî^lise do France, disait que, dans le monde niérilent bien eux-mêmes d'être pleures : ht même clirélien, il y avait peu do personnes vcre plorandi qui iui plorant. Copend;int, qui , soi m les principes et les régies de la re- chrétiens , cet abus que condamnait saini ligion, eussent pour les moris une solidi- et Bernard, semble avoir passé i)armi nous, vraie charité : jVon praicr œr/tium opinabere, non-seulement en coutume, mais, ce <iui me ce sont SOS paroles, si perpnucas esse conji- paraît bleu plus étrange, en bienséance et fias, f/iii mut titos veie (luisant (Sidon. Apol.). en devoir; puisque aujourd'hui ceux qui so Sans en apporter d'autres prouves, l'expé- pi([uentdevivrcselonlosloisduniondo,àforce ricnce seule ne justifie que trop ce sontimeut de pleurer leurs morts, se tiennent conmie de Sidoine Apollinaire : car, à en jugor par dispensés de prier pour eux. A peine vcrrczco que nous voyons et par divers abus qu'il vous maintenant une femme de quolcjue conesl impossible (]ue nous n'ayons uoiis-niêmes dilion dans le monde, au jour ou do la mort remarqués, quiii(]uil y ait aujourd'hui beau- ou des funérailles de Fon mari, approcher coup de chrétiens persuadés de la vérité du des autels et s'arquiller du devoir essentiol piirgaloiro ; (luoiqu'il y en ait d'assez hu- de la religion ; vous dirii'Z que d'y manquer mains et, si vous voulez , d'assez tendres soit une mar(juedo sa tendresse. Pondant(iue pour éhe louoliés do l'état où se trouvent dos étrangers, plus officieux (lu'tdlo, accompeut-élre les âmes de leurs amis et de leurs pagiu-nt le corps et recommandent l'âme à [larents; qu(>i(|u'on voie dos enfants qui s'ii!- Dieu, coUe-oi dans sa maison fait i'inconsotéresscnl pour le repos de leurs pères, dos labié et la désespérée. Kt au lieu qu'autrefois femmes zeléos pour celui de leurs maris, les païens, ne perdez point colle remarque, après tout on peut dire, cl il c:<t constant, gageaient dos hommes pour pleurer aux obqu'on en voit pou qui aient pour ces âmes sèques de leurs parcnis, pondant qu'euxsoiiffrautos une charité cfficaee : pourquoi? mêmes ils étaient occu[)és à faire les sacriparce qu'on en voit peu qui réollomenl contri- fiées ordinaires pour apaiser leurs mânes, bueiit â simlager leurs peines; [leu qui, se criiyanl, dit Sénè(iue, (|u'ils remplissaient sor\aiit des moyens que nous fuurnil pour bo.iucoup mieux le devoir de la piété filiale cela le christianisme, leur procurent les se- l)ar leur dévolion que par leurs larmes, et cours dont elles ont bcioiu et dont elles qtiil éiail beaucoup plus juste de se decharpourraioiit profiter. J'avoue encore une fois ger sur d'autres de l'office de pleurer que «ju'on ne laisse pas d'av dr [ our les morts de de celui de prier : nous, par une opposition la piété; nriis il arrive que ce (]u"on appelle bien bizarre et par un aveuglement encore piété pour les morts , e-.l dans les uns une plus (léi)loral)!e, nous gageons au contraire piélé slérib; et infructueuse; dans les autios dos hommes pour prier, et nous nous couune pieté d'oslciitaiion et de fasic ; d.ins tentons du soin d(> pleurer. (Jiiel abus pour ceux-là une piélé mondaine et païouiie (jui uu sièele aussi éclairé et aussi S|iirituol (ine n'agit point |)ar les vues de la foi ; dans ceux- le nôlro I Zenon , évécine de Vérone, n ' put ci une piélé (jui, toute chrétienne (lu'ello es', so;:ITrir (]uune femme chrotienne assistant ne produit ()ue des (cavros mortes, c'e^t-à- aux divins offices qu'on célébrait pour l'âmc dire des (ouvres sans môrile, parce qu'elles ûi' sou père, inlorrom],ît les ministres de sont fiiUs hors de l'élat de la grâce : voi à , l'aulcl par dos cris et par dos s:inglots qu'il dis-j ', ce (]Uii l'expérience nous fait cou- tr.iita de [irof.ines : ()iiy(/ so/f»i»u'« (//l'/jîfi (/»(naître et ce qui [jourra nous confondn! au bus c/uicscmlcs (iniinic commenilanhir, profumêaïc leuqis (juc je m'en servirai pour vous 7iis inlcrrumpercl ulu.'utHius Mais est-il moins instruire et pour vous édifier. indigne de s'interdire, s. Ion qu'il se praliqno
Car j'apjxlle pielé sloiileet infructueuse aujouid'liui , les siinls nfiices, et do se (li^-
pour les morts colle (jui no consiste qu'on de penser dos prières solennelhs do l'Kgliso.
vains regrets , <|u'on d'inul. les lamenlations, pour piyer aux moils un tribut de larmes
(iu'en des cris Ingnbros, qu'en des transports qu'ils ne nous dem imlont point et qui ne
ileilouleur.qu eu des torrenlsde larmes, qu'en leur sera jamais utile'? Car enfin, mosclie:s
des emportemenisoldostlésospoirs: or,iln'ost auditeurs, de qtiel secours peut être à une
pourtant rien de plus conunun : i'iilciniis âme lexcès de voire douleur? tous ces lé-
[flirn.], disait saint iîernard, dans le di.^ours moignag-s dune aifliclivm outrée et sans mo-
lunobre (]iril fit sur la mort de son frère : (/- sure seront-ils c ipai)les d'adoucir sa [loino ;
(li'inusijuiiliilii'nwrtHos plaitf/crcinurlaussaos, et pensoz-vous que ce feu pnriliaîit dont (d c
Piluinmulliim e( friicluiii niillnm; et l'cre plo- ressent les vives aiteinle-i, puisse s'éieindri;
raniti qui iia plannil : Nous voyons tous li'S par les laruus <iui coulenl de vos yeux ? Ah I
jours des nu)rts pleurer d'anti es morts ; r\{ms mon frère, écrivait saint Ambroise à un sei-
\ oyons des houunes vivants, mais tout mou- gnour de nuuaiue, pour le consoler sur la
dains et parla morls devant Dieu, pleurer perle qu il avait faite d'une sa-ur (ju'il aimait
sincèrement et amèrement la mort do ci ux uuiciuement, réglez-vous jusque dans voire
(|ui leur ont été chors pondant la vie. .Mais douleur; toute violente qu'elle l'Sl . soyez
que nous paraî,-il en Imil cela? beaucoup é(iui!able et chrétien. Dieu vous a ôtè unw
di! pleurs et peu de pnères. pi u le ohaiiîo, sonir qui \ ous oi.iil |dus (hère que vous-
n-'j MYs:F.r.i;s. sf.1;M<in \xih. lorit U: Joru hf.s moûts iuo
iiitfn'.i', \'Vici pour e'Io ol pleurez sur vous: les j)!iis riches pl les pins superbes nionii-
pleiin-z sur vinis , p.irce (jue vous (''les un ments ; cl (lu'ii y ;i ;iu reste une esi)èce il"iiii.
peclii'ur encore exposé aux lenlalious et aiiv quilé ou nicuie d'iiiliilélilé à n'éi)ai ;;ner rieii
(lancers de ce:lc vie : et priez pour elle, afin (juand il s'agil de l'inliuiualiou d'un corps
de la délivrer des soulTraiices de raulrc.\'oilà (jui n'csl dans le loniheau que pourriture,
ie zè'c «lue vous devez avoir; car voilà ce pendant (ju'on néjjlige de secourir une âme
(lui lui pcul servir, cl de quoi elle vous sera (jui est l'épouse de Jésus-Clirist et Iheri-
o(ernellenient redevalde : ainsi parlait ce tière du ciel.
saint évéïîuc. Mais qu'arrive-t-ii ? au pré- J'app(dlc pié'.épourlesmorlstoulcpaïenne, judiee d'une si salutaire renionlran re qu'il celle iiui , n'a)anl pour objet (juc la ( liair el tau Ir.iil nous appliciucr à nous-mêmes , ou le san^ , n'aj^il pas dans les vues de la foi; I loit bien s'acquitter envers les morl> de la celle qui n'inspire pour les morts que des leconnaissanee qui leur est due, en se faisant sentiments naturels, que des sentiineuls peu l'e sa propre douleur une passiiui : passion soumis à Dieu, CiUe des senUmeiils opposes que souvent on pousse jus(iu'à l'indiscrétion; ;ui î,Maud précepte de l'anmur de Dieu, je d s pjssion par où une veuve désolée veut (luel- de cet amour de préférence par où Dieu vent 'luelois se distin;;iier, il donl elle fait gU)ire être sinsuliérement lionoié ; ([ne des sentid'étre un cxempleel un modèle ;passion(]u'()n nieuls (jui moiilient bien qu'au lieu d'aiiher s'euLiape à soutenir, dont on esl résolu de ne la ciéalure |>our Dieu , l'on n'aime Dieu , ou lien raballre, ctipii, peut-être par là même pliitiU l'on n'a recours à Dieu que pour 1,-j a plus d'affeet itiou (jue de vérité; passion < léalure. Ali ! mes frères, disait saint l'aul que les lioinines inleiprètent mali?;nement , aux Coriniliiens , à Dieu ne plaise (jue je dont la singularilé sert déjà de matière à leur vous laisse ii;!iorer ce (jui concerne les morts censure, comme son relàeliement cl son re- et la conduit:' ijuc vous devez tenir à leur lour en pourra bien servir dans la suite à ej; ard. Je veuï (jue vous le sachiez, afin (jue leur raillerie. Car n'cst-c.^ pas ainsi que le v lus ne vous attristiez p :s , connue les namonde même se moque de ses propres abus ? li in-i infidèles (ini n'ont nulle espéiaiice J'appelle piélé pour les morts d'oslenla- dans l'avenir : Nuliimus vos ignoraie de durlion et de faste, ceile qui se borne à l'exté- uiinUibus, ut non conlrislemiiii siciil et cœrieur des devoirs funèbres , aux céréuionies ini qiti fpnn non liabciil (I Tliessul., 1\). d'un deu 1 , à l'appareil d'un convoi, à tout l'renez garde, l'epreud saint Cliryso>lome exce <iui peut éclater aux yeux des honunes ; pli(juanl (C passage : il ne leur défend ait reelierehant ce faux éclil jusque dans les <lio- pas de [>leurer la morl de ceux ij-i'ils av. lient >es le^ plus s.iintes, tels iiiu' soal les services aimés et dû aimer pendant la vie; mais il l'e rivalise , où souvent il y a |)liis de pompe leur défendait de pleurer comme des païens, «;:ie de rcii^ion ; étalant celle vanité juNquc; (jui-, n'étant |)as éclairés des lumières de la sur les anleN, plus eh irgés des marques de la vraie religion . confondent là-dessus la piélé noblesse du défunl ([lie des signe-; augustes avec la s-nsibilité, le de\oir avec la tendu I brislianisme ; érigeant pour un cadavre dresse , ce (jiii doit é!re de Dieu avec ce (jui des tombeaux plus magnifiiiues {|ue ne sont est purement de l'homme. La foi seule nous les sanrîuaires et les tibern icle> où lepose apprend à en faire le discernement ; i t, réie corps de Jesus-Cliri-l ; s'eludiant beau- glant en nous l'un pir l'autre, elle nous l'ait coup I 1ns à observer tout ce tiuc l'ambition c mecvoir pour les morts des sentiuienls bnmaine a introduit qu'à p<iurvoir au solide chréti-ns et raisonnables, et au nécessaire, qui esl de secourir les .Mais enfin ne peut-on pas avoir pour les âmes fidèles par nos sacrifices et par nos moris une iiielé stérile et inutile, (juoique vuMix. Non pas, chrétiens , (jue je prétende (hréticnne dans le fond"? Je cunclus, mes absolument condamner tout ce qui se prati- chers auditeurs, par ce dernier article; mais que exlerieurenient dans les funérailles: appliquez-vous à cette instruction, et ([u'elle l'abus ((ue nous en faisons n'em[ièehe pas ciemeure pour jamais profondenu'ul gravée ipie ce ne soient de saints devoirs dans leur d ins vos esprits. Oui, l'on peut avoir pour origine et dans l'intention de r!''glise qui les moris une telle pieté, et c'est le désordre es a institués ; mai^ je veux seulement vous c ipiial auquel je vous conjure, en fini>sanl, • re que ce n'est pas en cela que doit être il'appoiter le remède nécessaire. \'ous nie ' iifermee toute notre piété envers les moris ; demandez qui sonl ceux que j'enlends par que si nous eu demeurons là, nous ne fai- là, el en <ini je trouve ces deux caraetères sons rien pour eux; (jue, comme a très- si iJilliciles eu apparence à ai corder, pielé bien remarqué saint Augustin, tout re soin ciireiiinne dans le fond et néanmoiiis inud'nne honorable séjiullure e>t fdu'Al une lie devani Dieu'? Je réponds que ce soal . consolation pour les vivants qu'un soulage- iciix (jui prient pour les morts, ï'ianl euxnient pour les morts : Soldtin vivurunt. non mêmes dans un clal de morl, je veux dire Ai(t5((/i(i moraioriim (.-lu;/.); qu'une âme dans dans la disgràee et la haine de Dieu. Car le purgatoire nous esl iiic imparablenienl dans ce funeste el lualheureux éiat, pécheur plus obligée des bonnes œuvi es et des anmô- qui m'écoiitez , en vain rendez-vous aux lies dont nous lui appliquons le fruit, que de âines du purgatoire des devoirs chrétiens, en toute la dépense, et, si vous voulez, de vain priez-vous et intercédez-vous pour elles, ÎJiile la niagai'icenee de ses obsôtiues ; en vain pour eiles f.iiies-vous des largesses «•tî'une cynimunion faite pour elle lui mar- aux pauvres, en vain pratiquez-vous tout ce i;ue bîLU uiitiix noire reconnaissance que ^yc le zèle d'une ilé^ulion parliCiii. ère voui
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ORATEURS SACr.KS. DOIROALOIT,.
p?ut suggérer, cos Ainrs .saiifl'nintes no lirorônl i.imais de vous nucun scdiurs. T.iiidis nue Dieu vous rcsnnle connue son cnneini, vous (Mes incapable de les soulager; loules vos prières sont réprouvées, toutes vos aumônes perdues, tous vos jeûnes, toutes vos pcnitcMces de nul effet : pouniuoi ? parre iiKC le péciié dont voire eonseienie es! charj^ée anéantit la vertu de toutes \os œuvres ; et eoninieiit serait -il possible que ce que vous faites fût di> quelque valeur pour ces saintes âmes , i uistiu'ii n'e^l de nul prix pour vous-uièmcs ? le moyen que vous fussiez en éial de les acquitter auprès de la justice divine, puisqu'il est certain que, pour vous-:!iè;ne , Dieu , sans démg -r à sa miséricorde, ne reçoit rien alors de vous en paicminl? SiM'ouri'r une âme dar.s le purgatoire, c'est lui trausporier le fruit des bonnes (euvres que vous prali^iuez et le lui cédir. Si donc dans l'état du péché vous pouviez la soulager, il faudrait que, dans cet éla! , vos bonnes œuvres eussent devant Dieu quelque mérite ; or, il est de la foi qu'elles n'en ont aucun, parce que sans la grâce et la cliarilé, ce sont des œuvres mortes cl qui n'ont pas le principe de la vie; et, étant mortes pour vous qui les praliquez, faut-il s'éoaner qu'elles le soient encore plus pour bs autres, à qui vous prèîendez les appliq^icr? J'excepte toutefois , renianinez ceci , j'excepte de celle règle le sacrifice de la messe, dont le mcrile ne'déiiend point de la sainteté de celui qui l'offre, beaucoup moins de celui qui le fait offrir, mais e=t uniquement allaclié à la personne de Jésus-Clnist et au prix de son sang. D'où il s'ensuit qu'un pécheur, dans l'élal même de son désordre, peut contribuer au rej.os des âmes du purgatoire; et comment? <n fiisant offrir pour elles ce sacrifice, dont une des principales qualités est d'ètri- souvcraiuenunl propitiatoire pour les vivants et pour les morts. 11 le peut, disjc, et il le <ioil avec d'autant plus de raison, qiîe ce sacrifice est le seul moyen iiue Dieu lui laisse pour suppléer à l'impuissance oîi il se trouve de secourir autrement ces âmes prédestinées ; car Dieu alors rrgarde l'hostie qu'on lui présente, qui est Jesus- Chrisl, et non point ce ui par le ministère ou les soins duquel on la lui présente, (]u\ est le pécheur. ;\Iais, du reste, il est loujouis vrai que le pécheur, acissant par lui-même, ne peut rien faire qui'soit profitable aux inurls. El voilà, chréli ns,le fondement de celte dévotion aujourd'hui si autorisée et si solennelle dans l'Kglise de Dieu, qui consisîe à se purifier par le sacrement de la pénitence et par la participation du ( orps de Jésus-ChrisI, pour se mcllre en disposilion de secourir utilement et infailliblement bsâmes du purgatoire. De tout temps, d ins le cbrislianisme, on a prie pour les morls ; mais Dieu ré-ervait a notre siècle celte excellente pralique de se sanctifier pour les morls. Autrefois , dans l'ancienne loi, l'on observaii quelque chose de semblable; et saint P.iu!, écrivant aux Corinthiens . fait n:ei,lion d'une espèce de baotcim- dont les Juifs av.iienl coutume d'user
pour le soulngemr-ii rrrs morrs : Alioqitin quid facienl qui baptizantur pro mortnii (1 Cor., X\')? C'est ainsi (lue de savant- interprètes ont expliqué ce passage, et c'est le sens qui m'a paru le plus vrai et le plus littéral. Mais ce que praliiiiiaienl les Juifs n'était que la figure, et la vérilé devait s'accomplir en nous : Scd Itœc omnia in pg^ira curiliiif/cbanl illis {l Cor., X). Voyez donc, mes chers auditeurs , ce que Dieu vous demande aujourd'hui, et à quoi il vous exhorte lui-méuie par son prophète : Mundi cstole, anferlciniilum cogitnliuniim rcstrarum, quiescileagcie perverse, discitc bcne fucere (fsai.,\). Lavcz-veus, nous dit-il, et purifiez vous ; lavez-vous dans les eaux de la pénitence, cl purifiez-vous dan< le sang de l'Agneau. Appliquez-vous, par une vérilable contrilion, ce second bnpiéme, aussi salutaire que le premier, savoir le bapléme du cœur, mais d'un cœur contrit et humilié. Aufcrte malam cogiladonum VfSlraniin : Olez de devant mes jeux tout ce qu'il y a de corrompu, nonseulement dans vos actiens, mais dans vos pensées ; renoncez à vos commerces ( riniiiicls, cessez de faire le mal, apprenez à faire le bien, et ne vous contentez pas dj le faire, mais conuucnrez à le bien faire : Et vcnilf et (irguite me, dicit Dominus {Isai., !) : \'enez ensuite, et soutenez devant moi la cause da cos âmes pour qui vous vous intéressez : c'est alors que je vous écouterai , que j'accepterai vOi oblalions , que je me laisserai fléchir par vos prières. Profiior.s, chrétiens, de cet averlissemeni, et nuis éprouverons !a vérilé des promesses du Seigneur : par là nous le glorifierons, par là nous consolerons nos fièresdins leur alllietion, par là nous attirerons sur nous les grâces du salut les plus abondantes, et ces grâces nous conduiront à la vie éternelle, que je vous souhaile, elc.