‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 16 sur 132 · SERMON IV · texte numérisé non relu

SERMON IV

POUR LE TROISIÈME UIMANCIIE DE l'aVENT.

Sur la sévérité évangélique.

Ego vox clamanlis in deserlo : Dirigile viam Doniinl. Je suis la voir de celui qui cric dam le désert : Rendez droite la voie du Seigneur {S. Jean, cit. 1).

SiRE,

Celle voie du Seigneur est sans doute, selon la pensée de tous les Pères de l'Eglise, ot

même daiis le sens lilléral, la voie étroite du salut ; el Jean - R.ipliste est le premier (jui, comme précurseur de Jésus-Christ , fut envoyé au monde pour la faire connaîlr<', pour la préparer dans les cœurs, pour l'aplanir sans l'élargir; mais surtout pour la rendre droite p;ir les saintes règles (|u'il n(uis a ir.icées , en nous exhortant à y entrer el à la suivre : Diriyile viain Dumini , reclus facile scmiUis ejus. \'oie étroite , voie uiiii]Ui' qui puisse désormais nous conduire à la \ ie, je dis à la vie élernelle : Arctu vin est (/luc <lit~ citai! vilain ( jVatth., VII); car, depuis le péché, dit saint Jérôme, il n'y a plus d'aiilie voie pour aller a Dieu que la voie de la iiiorlincalion.

Mais, par une suite funeste de l'clat malheureux où le péché nous a réduit*, comliien ignorent celte voie et ne la s.ivenl pas discerner 1 combien d'entre ceux mêmes qui la cherchent et qui croient l'avoir trouvée, s'y égarent néanmoins et s'y perdent I lit eu elîel, nous apprenons de l'Ecriture qu'il y a une voie dont les apparences sont troîiqieuses , que les hommes regardiMit comme une voie droite, m.iis dont b'S issues .iboutissenl à la mort : Est via i/uœ riildiir liomini recta; novissinia aiticin ejus ilucnntnil m(>rlcw{Pror., X\'l ). Il est donc aiijotird hui (lueslion, mes 1 tiers audileurs, de vous préserver d'une illusion si dangiieuse ; il s'agit de vous don. neruiiejuste idée de la sévcrilé chrétienne, el c'est ce que j'enlrepr<iids d,iii< ce disiours. Ne |)renoiis point d autre modèle (jue Jean- Ba|)iisie, el parce ju; ■ 'esl ji.:i r(;|;, o iti. n des ténèbres (|ue la lumière paraît plus Ci lalanle , opposons la vraie sévérité de saint Jean à celte fausse sévérité des pharisiens, que le Fils de Dieu , dans l'Evangile , a si souvent tfl si haulement réprouvée. Qui jamais lit profession d'une vie plus auslèro que le divin précurseur ? qui jamais fut plus sévère dans ses mœurs? Mais dans sa sévérité même, r''mar(]iiez ceci, ce fut un homme désintéressé, ce fut un homme humble, et ce fut un homme charitalile. Désinléressement le plus parfait : il ne tient qu'à lui d'être reconnu dans toute la Judée pour le Messie , des prêtres, des lévites députés de la synagogue, sont prêts à le saluer en celtequalité ; mais, salisse laisser prendre à l'éclat d'une dignilé si auguste el si émiiiente , il proteste non-seulement qu'il n'est pas le Messie , mais qu'il n'est pas même un pr0|)liète . JiHas es lut Non sum. l'rophela es tu? Non siim [Jiiaii. , I). Humiliié la plus héroïque : bien loin d'accepter l'offre qu'on lui fait, il confesse qu'il n'est pas digne di- rendre à ce .Mes<ie, qu'on cherche, les plus vils services, ni de dénouer les cordons de ses souliers : Cujus non siim dignus ut soliarn carrifjium calceamenli ejus { Ad., XIII). Enfin, chariléla plus pure et la plus solide : s'il a de la dureté, c'est pour lui-même; et du reste il emploie toute l'ardiur de son zèle à instruire les peuples, à loucher et à gagner les cœurs pour les gagner à Jésus -Christ : £go vox elamantis : Dirigile viam Dt,mini.

Voilà ce que j'appelle une sévérité vrai-

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iiieiitcvangi'liijnc; voilà c:- qui manquait aux se propose, n'aura jamais cet esprit desévé-

pharisiens, et te qui maïKiuc ('more à tant rilé, propre de la loi de grâce , qu'autant

d'autres qui , scion le repriiclie de saint Je- (iii'ii.uira cet esprit de désintéressement p.ir

rômc, ont hérité, par une niallicureuse suc- où notre diyin Mailre a voulu que ses discl-

eession , de tous les vices d • ces prétendus pics ru>scnt distingués.

dévots : Vœ vohia, ail r/nos phari.^œortim viuit C.ir, pour vous en développer le mystère, tninnierunt {lliciuii.). l\m' \>'ii\nini-nl d'imo prenez garde, s'il vous pl.iîl, aux proposipiélé sévère , mais (luel ou était le fond ? Un lions que j'avance, et qui vont vous désahuespril d'intérêt. Miliiiurà vons! leur disait scr d'autant d'erreurs dont je craindrais avec le Sauveur du mon le , qui l'ailcs de longui'S sujet que vous ne fussiez [irévenus. S'il faut prières et qui clicrcliez à vous enrichir du mesurer la sévérité chrélicnne par quelque patrimoine des veuves. Un orgueil secret : règle, à parler exactement, ce ne doit point Mcilheur à vous! poursuivait le Fils de être ni par la dillicullé des choses qu'on Dieu, (jni voulez partout dominer et tenir entreprend : ou qu'on est prêt à souiïrir, les preniiers rangs. Une dureté iuipiloyable ni par l'éclat d'une vie cxiéiieuremcnt auspour le prochain: .Mallieurà vous 1 qui cil ir- 1ère et uiorlifiée, ni par un certain zèle de gez vos frères de fardeaux posants, dont ils rétnrine dont on se pique dans les discours sont accablés et (juils ne peuvent porter. De et dans les con^ ersations du monde, ni par là , mes chers auilileurs, tirons trois règles un ahan Ion même eff. clifde quelques intépour bien juger de la sévérilé chrétienne, et rêls particuliers, dont on consent à se dcconcluons qu'elle! doit surtout consister dins pouiller. Pourquoi? parce que tout cela, préun plein désintéiessemeni, c'est la première cisément considéré, bien loin d'être ce que partie ; dans une sincère humilité , c'est la Jèsus-tJiirist a prétendu, en nous obligeant seconde; cl dans une charilé patiente et à être sé\ ère envers nous-mêmes, peut subcompatissanti' , c'est la troisième. On dira sislcr et subsiste en effet tous les jours avec que cette matière ne convient pas à la cour, les plus honteux relâchements du cliristiact moi je dis que c'est spécialement à la cour nisme. Quelle est donc la marque sûre et qu'elle convient. Car, à la cour comnic par- infiillible de la sévérilé que nous professons tout ailliurs, on ne peut se sauver que par dans notre religion? je le répète, un désinla voie étroite ; et n'est-ce p.is à la cour, plus téressement général, absolu, sinière : trois que partout ailleurs, qu'on a ilans celle voie qualités aussi rares dans le monde qu'elles étroite à se défendre de l'inléiêt , de l'or- sont estimables, et pnr où nous devons jugueil, des aversions, des aniniosités, des eu- ger, si nous sommes en effet devant Dieu, vies, de lout ce qui peut envenimer un cœur ce que peut-êlrc nous nous flattons bien et reniiurcir? .le n'y persuaderai pas, mais injustement d'êlre devant les hommes. Ceci an moins j'instruirai. La sévérité que j'y mérite toute l'attention de vos esprits ; ne prêche n'y sera pas pratiquée , mais au perdez rien d'une au'^si importante matière. moiu> elle y sera connue , 1 1 n'y cùt-il que Non, chrélie::s, ce n'est point par la règle, quelques .îmes lidèles qui dussent proiiier ni de la difficulté des choses, ni du courage de cette insliuelion, ce sera assez pour moi. à les entreprendre ou à les sonfi'rir, qu'il faut Pieu aura la gloire d'avoir trouve jusijue discerner la vraie sévérilé d'avec la fausse, dans la cour, ou plulùt d'y avoir lormé de Et la preuve en e^t évidente, parce que, parfaits adorateurs. Demandons, etc. .Ire, comme raisonne fort bien saint Ciirysoslome, Maria. 'es choses même les [dus fâcheuses, et celles RFMiÈRE PARTIE. dout la nature a le plus d'horreur, nous de- C'esl par le retranchement de l'intérêt, ou viennent supporlaldcs , et même faciles et plutôt de la cupidité (jui s'attache à la pour- agréables dan^ la vue d'un intérêt humain : suite de l'intéiêl, que doit commencer (elle et quand nous agissons parle molif de cet circoncision du cœur dont parle si souvent intérêt, bien loin que niuis nous fassions l'Apôtre, et sans laquelle il est impossible violence en nous abstenant, en nous surmond'e itrer dans celte voie étroite de l'Evaugi'e, tant, en nous captivant, on peut dire, et il (lui conduit à la vie, et qui c.U le principe du est vrai que nous nous la ferions tout entière s.iliit : Oinnis ex vobis qui non rcmmclat oin- en ne nous abstenant pas , en ne nous surluhus quœ pussidcl, non polest meus esse moulant pas, et en ne nous cajaivant pas. (iisciinilus {S. Luc, XIV); quiconque ne Ce que nous prenons alors sur nous, nous renonce pas d'esprit et de cœur à tout ce nous l'accordons à nous-mêmes. Nous mor- (lu'il a, beaucoup plus à tout ce qu'il n'a pis, lifioiis une passion; mais c'est pour suivre et qu il U' pi ut avoir sans injuslice ou sans le mouvement et l'aUrail d'une autre. Il nous forcer l'ordre de Dieu, est incapable d'être en coule, mais d'une manière qui ne choque mon disciple. Voilà le premier axiome de la point notre amour-propre, puisqu'au conluorale de Jésus-Christ, qui, pour n'être (jue traire c'est notre amour-prop'C qui nous fait le plus bas degré de la perfection êvangeli- porter lui-même la pesanteur du joug, et qui que, ne l;iisse pas d'abord d'élever riioinine cherche en cela à se satisfaire. Or ce qui au-dessus de tout ce qui n'est point Dieu, et satisfait en nous l'amour-propre, ne peut pas qui fait déjà réellemint et solidement en lui être l'objet de la sévérilé êvangéliquo. ce que la philosophie |>;iïenne na jamais pu En effet, on ne dira pas que la vie pcnib'e faire qu'en apparence dans ses plus parfiils et laborieuse d'un avare, qui s'épuise pour et ses plus zélés sectateurs. D'où je conclus amasser, soit une vie austère selon l'Evinqii'un chrétien, qnebiue idée de sainteté qu'il 'sjile , ni que la servitude d'un courtisan qui.

Sj9 SECOND AVENT. SF.RMON IV. SL'P. LA SKVI.RlTi: F.V ANGIUQUE. 2r*0

pour olalil'!' sa fortune, cssuio tout et dévore de l'aiilie la ilouceur et la hiiiiti' iiir-uie, lit

tout, lui dni\e èlre eoniptée |)our uu exercice toujours par.iilre plus d'iiulii^nalioii et un

de celle abnci^aliou qui lait le souverain zèle plus amer coulre cette pielnulue sc\é-

inérite des justes. Au coiiii-airc, plus l'un et rilé ()liaiisaïiiue, que conire les désordres

l'autre est délcnuiné dans celle vue à prendre les plus éiiornies îles pubiicains et des feni-

sur soi-mèuie , plus il est censé atnaleur de mes ju-ostiluées de Jérusaleni.

soi-même, et plus il est éloip;ue ce celle sainte Que niamiuait-il aux pharisiens jiourélie

liaine ((ue le Fils de Dieu veut (lue nous sévères? .\li! mes frères, répond saint Ber-

ayons de nous-mêmes. Pourquoi ? parce que nard.qucne leurmaïuiuait-il pas ?ils avai<iil

linlérct (]ui le domine, et dont il s'est rendu l'ombre de la sévérité ; mais ils n'en a>aii ut

esclave, n'est rien autre chose (lu'iin amour pas le corps, bien loin qu'i's en eussent l'es-

déré;;lé de soi-même , qui If fait soufirir. Sa pril; poiiniuoi? parce qu'ils n'en affeclaieiit

vérilable abnéiialion , j(\ paile de l'homme les pratiques que pour s'en attirer les proliis

mondain , serait donc [ilulol de ne pas souf- elles éaioiumenls : c'est-à-dire parce que

frir de 1,1 sorte , et de renoncer à cet intérêt c'étaient des hommes mercenaires qui ne

pour le(iuel il renonce à tout le reste. Car s'attachaient à la rigueur dis observances de

>oilà ce (jui lui coûlerail ; mais c'est ju^te- la loi (jue pour se mainlcnir dans la possrs-

nirnt ce (ju'il ne ga^ue jamais sur lui : jjarcc siim d'un misérable iulcrét (jui les a>euglai-l

que, selon la pensée de s int Ambroise , s'il et dont ils étaient jaloux ; ()ue p ur p;ineiiir

se resserre, ce n'est point dans celle voie à leurs (lus, (jue pour contenter leur cu|iidi-

élroite et salutaire que Jebus-Christ r.ous a té, que pour se rendre mailies des csprils ;

enseignée; mais par un aveuglement bien que pour exercer un cmjnre plus absolu,

déplorable, dans le chemin large et spacieux nou-seulemeul sur les p( rsnnnes, mais,

(pu mène à la perdition. comme Jésus-Ciiri>t leur reiirocliail, sur les

.le dis jilus, et je vous prie d'écouter ceci. revenus et les biens, et eu [larliculier sur

Une vie exacte et exlérieuremeiil mortidée les biens de certaines veuv s, (|uj, prénc-

nesl point tnute seule un lémoignage cou- cupées de l'opinion de Irur sainlelc, s'épui-

vaiiicaiil de la sévérilé que nous cherchons, salent pour fournir à leui' cnirelicn : Vœ vo-

et (]ui est celle que l'Evangile nous recim- /'is. (/nia cumcdilis ilaiiios vidiianim (Mattli.,

mande. En voici la raison. Ces! {]ue d.ins XXIII). Car tout cela, ce sont les poinis

cet exiérieur dcMiorlificationet de régulariie, marques par les êvangélisti'S, sur quoi le

il peut encore y avoir un intérêt caché où la l''ils de Dieu avait coutume de s'étendre,

nalUîc se trouve. Quq\ intérêt? nie direz- pour confondre ces sages du juda'isme, ne

vous : un intérêt, chrétiens, d'iailani plus les cparguanl jamais, et jugeant qu'il élait

difficile à vaincre, et plus dangereux, qu'il iiéccss lire de déeoui rir l'.ibus de leur con-

cst plus déguisé et plus rafliné ; c'est-a-dire duile, parce (ju'il ne concevait rien de plus

un intérêt où la piété se mêle, et qui est re- opjjo^e à la pureté de ses maximes (]ue cet

\êlu de ce e,u'il y a de plus sp.écieux et de iaiérêt couvert du voile de la séiéijte.

plus éclatant dans la religion. Si d uic, chréliens, pour nous appliquer

Car si la piété est utile à tout, comme di- celte divine morale, il arrivait, malheureu-

siit saint l'aul, quoiqu'il lait dit dans un sèment pour nous, que nous prissions les

sens bien dilTéreni de celui-ci, beaucou|i plus mêmes voies, et qu'au milieu du chrislianis-

la piélé qui se pique d'exactitude et d'ausié- nie dont nous professons la cré.mce cl |e

rilé. Or, telle est surtout celle de ceilaius culle, nous fussions pharisiens d'acliou (t de

esprits di>nt saint Augiisliii nous a si bien mœurs : ce n'est point une supposition chi-

riouné l'idée, qui se font, dit-il, un intérêt niérique, et saint Paul, qui piévdy.iit les

d'êlre sévi'n's, et dont il semble que la po- malheurs dont l'Eglise élait menaiée, aver-

liliiiue soit d'être regardés dans le monde et lissait son disciple Timothée (ju'il viendrait

tenus pour tels : et moi je souliens que du un le:n[is où ce trafic de piété régnerait même

moment qu'ils se font un intérêt de l'être, entro les fidèles, cl qu'il y en aurait parmi

dès là ils cessent de l'être; et qu'il est im- eux dont la corruption de l'esiirit et du (œur

possible qu'ils le soient, parce qu'il n'y a irait jusqu'à s'imaginer que la religion leur

point de coitiadictiou plus positive dans la doit être un moyen pour réussir dans le

morale chrétienne, que celle qui se rcuconire monde: Ilominuin menic comijitfiriim, crl-

enlrc ces deux termes, la recherche de l'in- stiiininliumqiKrfliin esse pictalein (lTiin..\l):

lérét et la sévérilé. il l'a prédit, chréliens, et Dieu veuille que

Un exemple (ilausible, et d'autant plus notre siècle ne soit point un de ceux qu'il a

toucliant pour noas (juc Jésus-Chrisi, noiie désignés par ces paroles : c'est à vous et à

souverain maître, à force de nous le mettre moi de nous préserver d'un tel désordre ;

devant les yeux, l'a consacré pour ainsi dire, s'il arrivait, dis-je, qu'abusmt d'une chosa

à notreinslructioii, c'est celui des pharisiens. aussi sainte (|u'est la sévérilé cvangéliiiiie,

Ou'y avait-il de plus régulier en apparence, le scandale ((u'a déploré saint Paul vînt à se

et de plus détaché iiar profession de toutes vérifier en nous ; que n'ayant rien peut-être

les douceurs de la vie, que les pharisiens d'ailleurs par où nous pousser dans le monde

fiarmi les Juifs? c'était l'esprit (le leur secte, et y f.iire quelque figure, nous enlrepris-

Cepciidanl le S-iuveur du monde ne nul ja- sions d'en venir à bout par h's apparences

mais les supporter, et la remarque de saint d'une vie plus réformée; que par là on

Jérôme est bien étonnanle, que cet Hoiiimo- cherchât à s élablir, par là on se fît des

Dieu, qui élait d'un côlé la sagesse même, et amis, par là on se ménageât des patrons;

OKATELP.S SACRES. BOUP.DALOLE.

par là, ou plutôt en cela, on eût des desseins, des espérances, des vne«, qui se p;oduiraient dans leur temps ; en sorte que tout cet écl.it de piété, et de piélé séière, n'aboutit qu'à conduire une intrigue, qu'à soutenir une entreprise, qu'à engager celui ci, qu'à gagner celle-là, en un mot, qu'à enirctenir celle société, ce coninierce indigne qui a clé un sujet d'horreur pour l'Apôtre :is\rK<(imanlium qnœslum esse pielfilein : pourraiton dire alnrs qu'il y eût là le moindre vestige de sévérité clirélienne. qui doit nouseulement nous rendre parfaits, mais parfaits comme notre Père célesle '? Aii I mes cliers auditeurs, ce serait bien renverser les idées des choses, et prendre plaisir à nous séduire nous-mêmes, que d'en juger ainsi.Non, nim ; si nous en sommes réduits là, Jésus-CIwist ne nous reronnaît point pour ses discijdes. Cette sévérité intéressée est un des plus pernicieux relâchements où nous puissions tomber; et tout le fruit que nous en devons attendre, c'est qu'après nous en être servis pour faire quelque temps une figure odieuse ou ridicule devant les hommes, elle serve un jour à faire noire confusion et notre honle devant Dieu.

Mais on a du zèle pour maintenir la discipline, et l'on ne craint pas de le faire hautement valoir, et de l'opposer à la licence et aux dérèglements du siècle. Autre erreur, dit saint Augustin : car ce zèle de la discipline, si louab e d'ailleurs, si nécessaire, ne coule rien dans les entretiens, dans les cercles, dans les livres, dans les chaires même et dans les discours publies. Le bornant là, on n'en est point incommodé; au contraire, on s'en fait honneur; et l'abus en vient jusqu'à ce point, que le libertinage même s'accoutume à tenir ce langage, parce que c'est le langage à la mode, et qu'on a trouvé le secret de faire impunément toutes choses, pourvu qu'on parle sévèrement.

N'a-t-on pas vu des hypocrites se soutenir par cel artifice, et imposer au genre humain ; et n'entend-on pas tous les jours des gens perdus de conscience et chargés de crimes, s'exprimer éloquemment sur le chapitre de la réforme et sur la censure des mœurs '.' L'impo-ture est si commune qu'on commence à ne s'y plus tromper. .Mais sans entrer dans cette politique des sages du monde, je dis des sages libertins, voulons-nous connaître, chrétiens, si ce zèle de réforme, si vif en apparence et si ardent, est dans nous un véritable effet de la sévérité de l'iivangile ? Examinons-le par nous-mêmes et par notre propre conduite. En parlant comme nous parlons, c'est-à-dire en nous piquant dans les conversations d'autoriser les maximes les plus sévères, en sommes-nous pour cela moins intéressés ? en sommes-nous moins âpres à poursuivre ce que nous prétendons nous être dû'? en sommes-nous de meilleure fui pour nous faire une justice rigoureuse sur ce que nou-s devons aux autres? en sommes-nous plus disposés à nous relâcher de nos droits sur mille sujets, où la charité, où la paix, où le devoir, où l'honneur même

l'exige? Mais surtout en sommes-nous plus dégagés (le ces \ ues humaines, qui infectent tout ce qu'il y a de plus sacré dans le culte de Dieu?

Car voilà, s'il m'est permis d'user de ce terme, la pierre de louche; mais c'est à quoi le faux zèle ne veut pas être éprouvé. Nous exagérons en paroles la sainteté du christianisme; et ce n'est point précisément ce que je condamne : mais au même lemps que dans nos paroles et dans nos décisions nous sommes si rigoureux, avons-nous dans la pratique une affaire à traiter, un différend à terminer, un argent à placer, une restitution à faire, un bénéfice, comme l'on parle, à sauver ou à négocier ; et puisque le nom de bénéOce m'a échappé, avons-nous à Ciimbat- Ire les justes remords que doit donner la pluralité, l'incompalibllitc, la non-résidence, la translation, l'emploi, ou, pour mieux dire, la profanation des revenus? c'est justement alors que nous nous comportons comme tout le reste des hommes, et bien souvent pis que les autres hommes, parce qu'il s'agit de notre iulérêt. Ces théologiens faciles et commodes, que nous ne pouvions auparavant souffrir, ne nous paraissent plus si odieux. Etudiant de plus près leurs opinions, nous y découvrons du bon sens, et après les avoir cent fois condamnés pour les autres, nous les estimons enfin raisonnables pour nousmêmes. Car n'est ce pas ainsi que l'amourpropre est ingénieux à nous prévenir et à nous corrompre ?

Je sais, chrétiens, que nous ne manquons pas d'adresse pour paraître en cela même consciencieux; et qu'après nous être une fois déclarés pour le parti sévère du christianisme, s'il nous survient dans le monde une occasion importante que nous n'ayons pis prévue , et où cette vérité se trouve par malheur opposée à notre intérêt; une occasion où le monde nous attendait pour voir de quelle manière nous en userions et où il est déterminé à ne nous faire nulle grâce; je sais, dis-je, que là-dessus nous savons bien nous ménager et ne pas risquer notre réputation ; que pour cela nous ne nous rendons pas tout à coup au sentiment qui nous favorise; que nous sommes même les premiers à prononcer contre nous ; qu'il faut bien des remontrances de nos amis et de nos proches pour nous faire modérer cette rigueur; et qu'il n'y a point de consultation dont nous n'ayons soin de nous prémunir. Mais quand je m'aperçois enfin que tout ce mystère se termine à faire avec beaucoup de cérémonie ce que font sans tant de dilficultés et tant de façons les plus relâchés , et ce que ne ferait peut-être pas un chrétien qui vit selon le train commun du monde, quoique moins zélé en spéculation pour les mœurs et pour la discipline, en vérilé je ne puis pas , mes chers auditeurs, que je ne déplore notre misère et notre faiblesse.

La sévérité du christianisme dans ces rencontres était de ne point prendre tant de mesures , de ne point consulter lant d'auteurs, de ne point écouter tant d'avis, de te-

SECOND AVIÙNT. SI.UMJN ^V. fU'

nirfi'iiiic uaiisson principe et d'en demeurer à ce que l'on avait jugé , selon Dieu , le plus sur elle plus e\ael ; de faire sincèrement en (|ue l'on aurait exige des autres, cl de renoncer à cet intérêt qui ne s'accorde pas en effet avec les règles de la religion. Mais où sont aujourd'hui les exemples de cette sévérité '? Cependant c'est par là qu'il la faut mesurer ; car quand je vois un chrétien nie parler de la voie étroite de l'Evangile, et en revenir toujours à son intérêt, fît-il des miracles, je ne croirais pas en lui; prononçât -il des oracles, je n'en serais pas touché; qu'il nie paraisse désintéressé , el il me persuadera.

Enfin, j'ai dit que l'abandon nicnic effectif de quel(iues intérêts particuliers ne siifiit pas : pourquoi? c'est la réflexion de saint Augustin ; parce qu'il est aisé de renoncera lin intérêt pour un antre intérêt ; comme il élait aisé à ce philosophe de fouler aux pieds le faste de PatuM |)ar un autre fasle encore plus grand et moins supportable. Il faut donc, si nous voulons entrer dans rette voie que Jésus-Christ nous a tracée , el qui est celle des élus , que notre désintéresseinenl sut pénéral, qu'il soit absolu, qu'il soit siiuère. Général : tellement que, dans la profession que nous faisons de nous atlac lier à Dieu , nous n'envisagions et nous ne cliercliiinis <HieDien; et ne méri!e-l-il pas bien d'être recherché de la sorte? Absolu , sans condition, sans réserve, sans resirielion ; car c'est ici que celte maxime, loiitoii rien, doit avoir lieu pins que partout ailleurs , et que le moindre ménagement de ce (iiii s'a|)pelle interél propre leriiit le lustre el anéantit le mérite de la plus .ipparente piété. Sincère, sans tout ce raflineinent qui nous fait quelquefois fuir l'intérêt pour y mieux parvenir ; <itii nous le fait ahaiulonner pour le bien conserver, qui, pour en éviter le reproche, lurs même que nous le recherchons avec plus d'empressement, nous en fait témoigner un mépris feinl et simulé; car l'intciét, dit saint Augustin , parle toutes sortes de langues et joue toutes sortes de personnages , même celui de désintéressé : mais tromponsnous Dieu ? et avec loul(! notre prudence, trompons-nous même les honiines?

Voilà, chrétiens , le premier caractère do la sévérité évangélique; voilà par où l'on arrive à la perfection. Tiiidis qu'elle a été suivie dans le christianisme, je veux dire, tandis que rinlérêt , ou plutôt l'esprit d'intérêt, en a été banni, le chrislianisino s'est maintenu dans sa pureté. Du moment que nous l'avons quittée, l'espril de notre religion s'est altéré, et nous avons coinmcncé à dégénérer.

C'est sur cela que nous ne pouvons assez regreller les heureux siècles de la primilive Eglise; et c'est sur quoi il faudrait souhaiter de les voir renaître. Les fidèles alors n-; possédaient rien en propre ; mais dès qu'on a voulu distinguer le mien cl le tien; dès qu'on a entendu ces froides paroles, selon l'expression de saint Jean Clirj'sost:ime , mais oui , dans leur froideur, cl par leur

Orateurs saches. XIY.

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froideur même, excitent tant do chaleur dan.s les esprits, tonte la sainlelé chrétienne s'est démentie, et l'on est tombé dans une entière, corruption de mœurs. En cherchant le sien, on a appris à trouver celui d'aulrni ; cl en trouvant celui «l'aiitrui, on en a fait le sien. De là sont venues tant de divisions, de chicanes, de fourberies, de concussions, d'oppressions, d'usurpations. De là tant d'abus qui se sont glissés jusque dans le sanctuaire ; en sorte qu'on peut bien [irésenlement nous reprocher ce que reprochait Terlullien aux païens, quand il leur disait ()u'ils faisaient servir la majesté de leuri dieux à leurs inlérêts : Apud vus nuijcstiis (/iKVtHnrin cfficilur (Tcrlult.). De là les simonies [yalliées el déguisées ; les permutations plus sordides encore que la simonie môme : les gratifications ouïes récompenses, les tributs et les pensions sur des bénéfices, sans les avoir jamais possédés ; les dissipations du [lalrimoini; de Jésus-Christ en meubles, en trains, en é(iuipages; l'envie de dominer dans l'Eglise, s'eiigageant à la servir pour y commander. Désordres qui l'ont décriée, qui l'ont rendue odieuse aux hérétiques , (lui lui ont attiré de li'ur |)art de si atroces invectives.

Ahl mes frères, réveillons aujourd'hui notre zèle ; prenons des senlimcnls plus épnrés el moins terresires. Ne débitons point tant do belles maximes, mais venons-en aux elVels. Comiiicnçons par dégager notre c(eur, par le détacher : par là nous glorilierons Dieu, nous édifierons l'Eglise, nous fermerons l,i hoinlie à noj ennemis ; et j'ose dire mémo <|ue nous n'y perdrons rien; car la piélé, dit l'Apôlre, est une grande richesse, si nous savons nous en contenter : Est r/tiœslus iiia- (jnus piclas cuin sufficicnlia (1 Tim., VI). Dès (jue nous ne nous en conlenlons pas, (!è^ que nous voulons quelque chose au-delà, el que, [lar une espèce de sacrilège , nous mêlons des intérêts profanes cl humains avec des inlérêls tout spirituels cl tout célcsles. Dieu réprouve ce mélange, el les hommes le méprisent. N'ayons en vue que Dieu, ne clieiclions i|ue Dieu ; Dieu nous suffira : Cuiu sufficii'iilin. Et pourquoi ne nous suflirail-il pas ? il sulfil pour tout ce qu'il y a de bienheureux dans le ciel; il suffit pour lui-même. Avons nous un cœur plus vaste que tant de saillis, ou que Dieu même? Qu'y a-t-il. Seigneur, dans toute l'enceinte de ce grand univers, que je puisse désirer hors de vous ? el si vous êtes à moi, que me faul-il davantage? Ainsi parlait David; Dieu lui tenait lieu de tout. 11 est vrai qu'il se proposait la récompense , (ju'il la deni inilail , qu'il la recherchait ; mais cette réco;iipense , qu'étaitce autre chose que Dieu même? Sévérité chrétienne, sévérité non-seiile;nenl ilésinléressée , mais encore sévérité humble: c'est la seconde partie.

SECONDE PARTIE

C'est dans les plus beaux fruits , dit saint Augustin, que les vers se forment ; el c'est ans plus excellentes vertus que l'orgueil a coulume de s'atlichci'; car ce qu'est ,';u Inii', le ver qui le corrompt , l'orgueil l'csl nas

Uiuil.)

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vertus , et siule.iiî nii\ vcilus chrélimnes ([ii'il inIVcle.Il nVsl rien, selon Di''U, de \>\u< (irirf.iil que c<'Uo sévérilc évanséliqiie dont je vous p.irle, (juntid elle est bien prise et S.iintenuMil praliqii^e. On peut dire, et il est vrai, que c'|'^t le fruit le plus exquis el îe plus divin ((ue le cliristianismc ail produit (l.Mis le monde; mais «u'^si laul-il confesser que c'est le plus expose à celle corruption de 1 amour-propre , à cette tentation délicate delà propre estime, qui fait qu'après s'éhe préservé de tout le reste, on a tant de peine à se préserver do soi-niéaie.

Oui. cliréiiens, avouons-le à noire confusion, il est rare , dans le désordre du sièele où nous vivons, de trou\cr des hommes ennemis du relâchement et sévères pour euxiiiéines comme la religion nous oblige à l'être. Mais ce qui doit encore bien plus nous confondre, c'est que peut- élre n'est- il pas moins rare, dans le siècle où nous sommes et jusque parmi ceux qui sont les plus sévères pour eux-mêmes, de Ireuver des homjues à couvert de l'orgueil , et humbles d'esprit et de cœur. Cependaiil, mes frères, disait saint Bernard parlant à ses religieux , cire humble cl èlre sévère à soi-même, ce ne sont point deux eh SiS djbtinguées dans les maximes de Jésus-Christ; et, si nous voulons nous en rapporter à notre expérience, nous connaîtrons qui- c'est dans la prali((ue d'une sincère humilité <jue consiste la véritable el l'essenlieile austérité. Que serait-ce donc si , par un déitlorable aveuglement, nous venions à séparer l'un de l'aulre"? Que seraitce si, clierehant co port du salut où le Sauveur nous a appelés quand il nous a dit : Jiitralc pcr nngiislam porlam [Mallh., \U), nous allions ht urter contre un écueil aussi dangereux que celui d'une flatteuse vaniié et il'une orgueilleuse présomption ? C'est à moi, chrétiens, à vous le découvrir cet écueil; et c'est <i vous à le craindre et à l'éviter. Rîais malheur à vous el à moi, si nous iiéglisieons de reronn.îlre une si trompeuse illusion, et si nous n',iiqiortous tout le soin (ju'il faut pour !ic nous y laisser jamais surprendre.

Or, je l'ai dit, et comme mon dessein me rappelle nécissairemcnl aux ph.:iisirns , je suis encore obligé de le n'dire, ne ni)us étonnons pas si le Fils de Dieu n'étant venu au monde que pour èlrc le réformateur du monde, et pour lever, (|u'il me soit [>erniis de parler ainsi, lélnul ird de la vie austère, commença d'abord par une guerre ouverte contre ces prétendus dévots les plus sévères, el, dans l'opinion commune, li s i)lus réformés du judaïsm". Po\ir agir consénucmmenl à son adorable mission el confot inénienl à lEvangile qu'il nous annonçait, il dut les traiter de la soi le. A travers le voie de fcllii apparente sévérité, il les reconnut pour des esprits superbes; dès lors il les envisagea comme les usurpateurs de la gloire de sou Père. V'oilj pouriiuoi il les entreprit.

Celaient des hommes d'un extérieur é!itiaut cl «lui se glorifiaient , par dessus tout ,

KS. BOl;nDAl,CJ;[',

d'observer littéralement el iinio'ab'enif ni !.i loi , mais qui du reste , remplis d'une h.iuie estime d'eux-n;émes el préoeeupés de leur niérile, s'attribuaient louî le bien qui paraissait en eux : qui se n gardaient et se fiisaient un secret pi, isir délie reg.irdés comme les jusles,eom!\!e:es();!rrait'., l'ommeles irréprcli"iisib!es : Qui in se rmififlihant, tnnqiKimjit'-ti[Lnr., XVI!l);qui de là prélcndaien! avoir droit di' mépiiser loul le genre Ijumain , ne trouvant que chez eux la sainleie et la pirfeelion, et n'en pouvani gnùler d'autre : Et asjicrrnibnnlur cAtcros [Ihiil.) ; qui dans celle vue ne rougissaient poie.t, non-'culemeit de rinsolentc di^tinetion , mais de l'extravagante siiigularilé donl ils se riallaient , jus- (jn'à rendre des actions de grâces à Dieu do c iju'ils n'ét lient pas comme le reste des hommes : Graiias lihitigu, rpiia non sum siciU cœlcri hominum { Luc. , XVHI ) ; qui dans les exe;cice> inénies d'humilité , dans les œuvres de [ éaiience, cherehaicnl une vaino gloire ; jeun lut, dit le texte sacié, afin do paraître jeûner . et défigurant leurs vis 'ges pour s'attirer la confiance el la vénération des peuples : E.rlcrmimnit facias suax, ut apparcanl jcjiinaiites (Miillli. \'l); (jui, sous ce prétexte de vie régulière cl de morale étroite, satisfaisaient leurambilion, se faisant appeler maîlres et le voulant ét^e [lartoul : El vucari ail liominibiis Bnbbi [ Multh., XXlli); ()ui, sans autre titre que celui-là , je veux Ahc, d'une régularité plusexemplaire,secroy,iieiil siilfisamment autorisés à prendre partout tes premiers rangs et à s'emparer des places d'honneur : Amant anlem primas rccubitttu in cwnis el primas cnthcilnis in st/iiagoi/is {Ibid.) : car ce s ml là les traits scus les(ii!el3 .lésus-l]hrisl môme les a ilépcints; en sorte (ju'il ne nous a rien laissé dans l'Evangile, ni de plus vif ni de plus fini que ce tableau, où il voulait que chacun de nous s'étudiât et apprît à se connaître. Or, tout Cf la, reprend Siint Augustin, était roiilradictoirement opposé à la sé\érité évaiigélique, telle que lo Sauveur du monde l'avait conçue , et telle qu'il s'était proposé de l'établir sur la terre; et c'est aussi le sujet pcuirquoj il témoigna tant de zèle contre la sévérité fastueuse do ces faux docteurs de la synagogue.

Mais s'il n'a pu supporter ce faslc dans les pharisiens, comment le supportera t-il dans nous'? c'est la belle réflexion de saint Grégoire pape. Si le Fils de Dieu a hautement coiidaïuné cette sévérité corrompue el empoisonnée par l'orgueil, dans des hommes qui ne lui ap]jartenaient en i icn, el qui ne furent jamais élevés dans les [iricripi'S de sa loi, que lui paraîtra-t-elle dans des chrétiens, qr^i sont, comme parle Zenon de Vérone, les disciples de son humilité, el qui, par un engigement indispensable, en doivent être les sertatcurs? C'est toutefois, mes frères, l'autre désordre, dont nous avons à nous garantir, e! sur quoi l'on nous ordonne de veiller avec uoe attention particulière : Attendue, nejiisliticm vestrnm faciatis eornm hominibus, itl videcrmini ob eis {Mnllli., VI) : prenez bien !j;ar.lc à ne pas faire vos bennes ceinrea de-

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