‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 26 sur 132 · SERMON III · texte numérisé non relu

SERMON III

p.iLMi LE raEMiEU jEt ni DE cvnÈvra:.

Sar la coiinnunion.

Ail illi .Icsus : Ks'i vpiiiain, el l'iinlio oiim. lïi rcspon- (li^iisCi-iiUirii), ail ; Uoaiiue, non suiii liigiius ul iiiiifs sut) U'chini nii'uin.

JtUiis-Clirial dit au cniti'mrr : J'irni moi-iiiênie, cl je le (ittériiai. Mais le cchUiiier lui réiuiiidil : Sagii'iur. je lie suis ;if!i (ligne aue ro.'s eiilnez dans ma iiiuiioii [S. .Mii(('(., c/i. VIII). ^

Voilà, cîiréticn-, entre Jésus e( le cenlenier, une espèce de combat; mais, dans ce combat. (|!i'admirerons-nous davantage, ou la charité d'un Dieu, ou l'humilité d'un païen"? Je puis dire qu'il n'y eut jamais de contestation plus sainte, ni plus propre tout ensemble, et à nous inslruire, cl à nous édifier. Le Sauveur du momie, par un mouvement de sa chaiite bienfaisante, \cut aller en personne dans la maison du centenier, cl le cenlenier ne croit pas pouvoir aciepter cet honni ur. Le Fils unique de Dieu, dont la miséricorde n'a point de bornes, lui dit qu'il ira, cl que, par Tia présence, il guérira son serviteur paralytique : Ego veniam, el citrobo eum ; mais le centenier, confus d'une si insigne faveur, proleste hautem. nt qu'il ne la mérite pas, et s'en reconnaît indigne : Domine, non sum dignus. Prenez garde, s'il >ous plaîl. C'est ua gentil à qui Jesus-Clirisl, en qualité de Messie, n'a point été encore annoncé, ni révélé comme aux Juifs; el cependant, tout genlii qu'il est, il se sent déjà prévenu, pour ce Messie qui lui parle, d'une idée si liante et d'un respect si profond, qu'il ne peut même consentir à recevoir sa visite. Humilité, s'écrie saint Augustin, qui procéda d'une foi vive cl ardente, et qui, par un effet sensible de la grâce du Ilédempleur', forma di'-s lors dans ce gentil, non-seuleiiienl un véritable Israélite, mai; un parfait chrétien. Humilité

ni oiUTnr.s sacuks. no{:ra)ALouE. 32«

que Ji stis-Clirisl apr(^',i, qiio J('sii«-Chrisl ;id- sur notre indignité : cl noiîsd: a ;s, lî.ais par

mira, ilonl Ji'siis-Clirisl fil !'(vi)gi', inai^ à nii cspril poiit-ôlrc bien (lilVcrcnl (II- colui (!u

ln(jiiolIi' il est pourtant vrai qu'il ne (léléia (cntcnicr : Seifincur, je ne suis pas digne :

i-.as. i)uis(iuc ce liil au coiilraire pour ci la /Jwhu'/ip, ""W *'""'/'.'/""'•■ Cnmnio celte cacusc

..ôine (lu il persista à vouloir entrer chez le < si la plus apparente el la plus commune

( entenicr. .i ai ''" Ji'voir m'y attacher, non pas abso-

Arrclons-nous là, mes cliers aiidiîcurs, et lumeiil pour la coinhatlre non pas aussi pour

pfiur profiter, selon le dessein de Dieu, d'un l'autoriser, mais pour l'ex.imincr dans ce

si grand cxem|)le, appliquons-nous tout le discours, et pour avoir lieu de vous instruire

mystère de cet 6vant;ile. Car, comme dil des plus solides cl des plus importantes vé-

saint Chrysoslome, ce (pii se passa entre Je- rites qui regardent la pratique et l'usage de

sus-Clirist et le centenier se renouvelle en- la communion. Quel besoin pour cela n'aii-

cori! aujourd'liui entre Jésus-Christ et nous. rai-jc pas des lumières du cic 1'.' Demandons -

Je m'explique. Ce même Sauveur, instituant les par l'intercession de la mère de Dieu:

la divine eucliarislic, nniis a laissé un sacr,- Ave. Marin.

ment par où il prétend se cnmniuiiiquer à S'éloigner de la communion dans la vue de iKius, et habiter, tout Dieu qu'il est, corfio- son indignité, c'est une excuse , chrétiens, rellement en nous : un sacrement par où il qui, selon la qualité et les dispositions de vient en personne nous visiter cl guérir nos ceux qui s'en servent, peut avoir des caraciiifirmilésspiriluellesetnos faiblesses Ouaiid tères bien différents; et mon dessein , dont d ine nous nous préparons à le recevoir dans voici d'abord l'idée, est de vous représ( nier <e mystère adorable, il nous dit encore avec aujourd'hui la différence de ces caractères, autant de vérité qu'il le dil alors : E<jij ve- pour vous faire joger de la nature de cette niam el ciuabo : j'irai, el , en quelque état excuse el des bonnes ou des mauvaises coude langueur que vous soyez , si de bonne foi séquences qu'on en peut tirer. Car il y a vous voulez être guéris, je vous guérirai. El dans le christianisme deux sortes de pernous,par un sincèreaveu de notre faiblesse et sonnes qui se fondent sur ce principe el qui de noirenéanl, nonslui répondons comme le |iei:vent dire avec le centenier : Seigneur, je centenier: Non, Seigneur, je lu'suis pas digne ne suis [las digne que vous entriez chez moi : (luevous veniez;! moi et dans moi. Carce sont les justes ()ui vivent dans la pratique de la les paroles \énéral)les que ri'iglisc' nous met loi de Dieu, et les pécheurs qui sont eng.igés dans la bouche, lorsque ce Dieu de gloire, dans les désordres d'une vie criminelle. Pour cache sous les sacrés symboles, est sur le les justes, on ne peut guère douter que ce ne point d'entrer dans nous : Domine, non sum soit un sentiment d'iiumililé qui les fait diiiiiuf. Paroles efficaces qui, selon linge- pirler de la sorte : mais de sivoir jusqu'à nieusc remarque de saint .\uguslin, oui la quel point celte humilité doit être portée, et vertu d'opérer dans l'âme chrétienne un mi- s'il est raisonnable qu'elle aille jusqu'à li'S racle tout opposé à ce qu'elles signilieni, éloigner en elTet de Jésus-Christ et de son puisqu'en même temps que nous les proie- sacrement, de savoir si la privation de la rons, elles font cesser l'indignité que nous divine eucharistie peut être censée, pour une nous attribuons, cl nous donnent à l'égaid âme juste, un exercice ordinaire de pénide Jésus-Chrisl el de son sacrement un loi'.d tencc, et si celle espèce de penilence cslcon- (le mérite (jne, sans elle, nous n'aurions pis. forme aux intentions du Fils de Dieu; si elle Paroles qui, par un si ciel merveilleux de s'accorde avec la fin et rin.stilulioii do ce la grâce, nous conduisent au terme même mystère , si elle répond à l'usage de la primidonl clles'semblont nous é oigner , puisque, live Eglise, si elle est reçue ou approuvée d.ins la doctrine de tous les Pères, la pre- par l'Eglise des derniers siècles, si les Pèi es mière et l'essenliclle dis|ios;lion pour appro- l'autorisent, cl si elle peut être utile; en ua cher dignement du corps de Jés;i;;-CI;rist , est niot, de savoir si Jésus-Christ , en tant qu'il de nous en croire <'t de nous en coircsser in- esl conleiui dans le sacrement de son corps , dignes Paroles, enfin, qui marquent au Fi!s se tient honoré que les justes, au lieu d'aller )olrehumililé,sansmetlrc unobstai le a lui. se retirent de lui; et si c'est lui rendre rilé; cl qui. loin de le détourner de un vrai respect , en lanl qu'il esl le pain de; i.oiis i servent d'atlrail pour venir à nous, vie, que de se contenter seulement de le ré-

M,: ]u'arrive-l-il, chrétiens? Suivez ma vérer el de l'adorer, sans le manger : ce sont

p.-^TS! Nous nous api)liquons ces paroles, des questions, mes chers auditeurs, où bien

sôuv. lu delà des intentions mêmes de^.Jé- des raisons particulières et générales m'em-

sxi3-i t; el, pour en user trop selon nos pèchent d'entrer, et que je vous laisse exa-

-, s nous mêlions en danger d'aller miner vous-mêmes. Outre qu'il serait assez

nt contre bs vues de ce Dieu sau- ililficiiede vous rien dire de nouveau sur cette

•l'i.:.-.- uneni cela ■? le voici: Jésus-Christ inalièrc, peut-être le fruit en serail-il moindre

en hc dans ce sacrement, el nous que je ne le dois prétendre d'un discours

retirons. Il veut, par un excès de uniquement consacré à l'édification de vos

■, nous honorer de ses saintes vi- à ces.

>ii.s, et eus nous y opposons. 11 nous de- Parlons donc précisément des pécheurs

o.i.n''- '.'•' liée dans notre cœur; et, sous des qui, bien plus que saint Pierre, ont droit de

,. in-seulemeni spécieux , maisreli- dire à Jésus-Christ : Relirez-vous de moi,

5 la lui refusons. Car, pour nous parce que je suis un pécheur : Exi a me, (ptia

.;; e-tit" r I ce refus, nous nous retranchons hunio [ircculor snin (J.uc , VJ. Je les divine

. jli... vil

on a..

--29 CAUtME. si;r.«ON III. sur; i\ communion. -so

coninip on (rois ospi^cns. J'appelle ii'S pro- lèro, avoir snlisfail plciiiciiiciil à son devoir; iniiT.s, pi'cliotirs siiii ères : los sccoinls, [lO- mais qu'il doit être pirsuado d'un aulrc i)rinclioiirs aviMipIcs; et los (li'rniers, pcclnMirs cipc non iiKiins cssi nlicl ni moins inconlesliyporriU'S cl dissimulés. Pérluiiis sincères, lahie , je veux diio di' roiiii;,'alion où il est (|iii Irailcnt avec Dicn de lionne foi,(l(Hii de sortir au pins lot et incessamment de l'état ne sont pas trompés. Pécheurs aveugles, qui île son indi;znilé pour pouvoir étie admis à ne se connaissent pas , et qui se Iioiiipent la tab!e du Sei;;neiir. iùi sorie (jne la comoii\-mémos. lùifiii , pécheurs hypoi rites et n;union même lui soit un molil, mais un dissimulés, qui rouvrent li'ur lil)ertiiiaj;e motif pn ssant qui le réduise à la nécessité d'un voile de piété , et affectent de tromper de se convertir; et que , d.':ns la vue de l'aies autres. Les premiers ont de la religion, doralile sacrement dont so)i péclié le tient ( t agissent par esprit de rcligii n. Les se- éloigiié, il lasse les derniers eiïorts ponr méconds, quoiqu'ils aient de la religion, se liât- riler. par une vérilalde et prompte pénitence, tent, et sont dans l'erreur de (■r(iire qu'ils de s'en a|)proe!ier. N'oilà, s'il connaît l)i( n ses agis'icnt par religion. F.t les derniers, (|uoi- devoirs , la disposition où il doit èlie cl sans qu'ilsveuillent paraître .igirparreligion, iront laquelle je prétends (ju'il n'y a rien de solide dans le fond nulle religion. Or, ces liois sortes d.ins sa conduile.

de pécheurs [)ei!vent tenir le langage de ce (^,;ir la grar.ile maxime, chrélieiis, sur lacentenirr de noire évangile: Domine, non quelle doit rouler tiile la conilnile d'un pésuntdit/nuf.cl s'excuser de communier sur ce clieur, en ce (jui regarde l'ns.ige de la comqu'ils s'en jugent indignes. .M lis , <iuoi(|trils munion , est de ne séparer jau^ais ces deux le disent également, ils n'i'U dnivcni pas être vérilés, (\u\ sont deux règles iin iolables dans également crus. Car, pour continuer à vous le christiaiàsme : l'une , ([ue Jésus-Christ développer mon deEseia : din^ les i)rem;ors, nous commande de manger sa chair; et c'est-à-dire dans les pécheurs simères, cette l'autre, qu'il nous deleiid de la mai'.ger indiexcuso est une rai>on; dans los seconds. giiemenl : l'une, qise la chair de cet llonimec'est-à-dire dans les pédieurs avoiigles. relt(> Dieu doit être la nourritii;e de nos àmes; et excuse est un prétexte; et dans les derniers, l'aulre, que (cl!e nouriilure, (]uoi(|iic par c'esl-à-dire dans les pécheurs hypocrites et elle-même saliil. iio, devient un [iiison pour liberlins, celte excuse est un abus et même quiconque en use dans l'élat du péché : l'une un scamlalo : voilà ce e,iie j'ai à vous mon- (pie, cmnnu- il est inipossible d'entreleiiir la trer. Mais ce n'est jias assez; car à cela j'a- vie naturelle sans le secours des aiiiuenls, joute trois choses qui vous feront connaître aussi esl-il impossible d'enhw tenir , sans la <'es trois caradères lie pécheurs, cl qui doi- sainte eucharistie, la vie île la grâce; et veni être jiour vous dune grande insiruc- l'autre que, comme les aliments dans un lion. Dire: jonc conanunie pas parce que j'en corps malade, bien loin de le foi tifier et de suis indigne, c'est i;ne raison dans un [lé- le nourrir, l'aft'aibli'-sent et se tournent en cheur sincère; mais moi je dis que cette corruption jusqu'à détruire le |)rincipe de la raison a besoin d'êire celaircie. C'est un p-é- vie, ainsi la di\ ine eucharistie cause-t elle, texte dans un p: clienr aveiii;!e qui se (] ille, l,i uiori à t(!Ut boiunie qui. sans avoir purifié et il est iiiipoilant de lui êder ce ijrelexle. son cieur, est assez téméraire pour la recc- C'est un abus et un scandale dans un péchi'iir voir. Si le pécheur s'attache à l'une de ces hypocrite, et il est de mou devoir de corn- vérités sans y joindre l'autre, il s'égare et il hailre ce scandale cl cet alms; voilà tout le se perd; m;iis s'il b s embrasse toutes deux, sujet de voir:* allention. il comme. '.ce à entrer dans la voiedi; Dieu. Car pui MiKUF, PAnTii:. écoulez comment il r.iisonne. Jéscs-l'hrist Pour bien expliquer ma première pensée, me défenil de manger sa chair et me sépare je parle, clu étions, d'nn péclieiirqui ne laisse de lui, tandis (|ue le péché règne en moi; et pas, au milieu de ses désordi'es, di- conserver il ne fini donc pas que je la mange dans l'état le fond de sa religion; qui traite au moins présent où je suis. Mais il m'avertit d'ailde bonne foi cl sincèrement avec Dieu; qui leurs que, si je ne la mange pas, je n'ai pas reconnaît le malJieurcux état de sa cou- en moi , ni ne puis avoir cette vie surnatuscicnce, qui confesse son péché, qui en gémit relie qui fait la sanctification cl le bonheur et qui le déplore, mais qui ne se seul pai des justes ; il faut donc, quoi qu'il m'encoûte, néanmoins encore parfaite.'i, ont disposé à le que je sorlede l'état où je suis pour me rendre quitter. S'éloigner alors de la comnuinion c.tp.ible de la manger. Je ne puis me dispenser parie que l'on s'en trouve indigne, j'avoue d'iibéir à l'un et à l'auhe de ces deux conique c'est une raison, i-l une raison Irès-bieu mandements; au premier pour l'intérêt de fondée, puisqu'il est évident, et de la foi Jés(is-Cbri4 ; au second pour mon intérêt même, que le pécheur, tamlis que son péché propre. Si je communie indigneiuent, je prosubsiite, ne peut approcher de ce sacrement fane le corps du Seigneur; voilà l'intérêt de sans se rendre coupable d'un sacrilège. Mais Jésus-Christ à qt:oi je dois pourvoir. Si je no je dis, mes chers auditeurs, que celle raison communie pas, je suis liomiiide de mon âme, a besoin d'être éelaircie, et cet écl,iiici>se- en la privant de ce qui seul peut la nourrir ment consiste à vous faire voir que le pe- et la faire vivre; voilà mon intérêt propre cheur n'en doit pas demeurer là, c"esl-à-dire que je dois sauver. Si je mange ce pain des qu'il ne doit pas tellement s'éloigner do la anges, moi, pécheur et demeurant pécheui-, communion pour son indignité , (lu'il croie, je le mange à ma condamnation. Mai-, d'aiien s'abslenanl de particijier au divin mvs- leurs, si je ne le mange pas, il est siir que je Orut.i Ks SAcnihs. XIV. lOnzc.}

ri onATF.ims sac.rf.s. noiii'.OALOUF. 5-2

îiorir.ii. Il ne me reste doiin qu'un |i;irli à do Josus-Clirisl. S'ils élairril convenus enpronilrc , cl iiu'il fuit ijin' je prenne néces- .senililo, on auriiit fait de leurs divers scntisaireiiienl ; savoir : de changer de vie, de nicnis un letnpéranient admirable dont l'Erenoneer à mon péché , de rentrer en fjrâie glise aurait profilé, et qui était le grand avec hieii. et de me millie en élat de manger moyen de sanelifier les pécheurs. Mais parce fe pain vivant, afin qu'il puisse être pour qu'ils ue s'entendaient i)as, et que chacun moi un pain vivilinit, car je satisferai parla d'eux peut-élre abondait eu son sens, ni les à ce qui re^'anle l'houniiii- de Jésus-ChrisI, pécheurs, ni 1 Eglise n'en liraient l'avantage et je salisfenii pai- là même à le ((ui regarde que Dieu prétendait ; car ceux qui n'avaient mon avanla-re particulier. Ainsi j'aceom- dans la l)ouche que les analhènies de la paplir.ii loul ce i\Uf Dieu exige de moi. qui est rôle de Dieu contre les abus de la commuque je mangi' i t que je vive de ce pain en le nion, s.ins jamais rien dire qui pût servir mangeant uliiemcnt. \'oi!à, dis-je, comniiMit d'allrait à ce sacrement, allaient peu à peu il raisonnera, et ce raisounemcnl, encore en abolir l'usage et faire disparaître de la une fois, sera la cause déterminante el in- table de l'Epoux tous les conviés; mais ceux faillible de sa conversion , au beu (jue. s'il aussi qui ne pensaient (ju'à donner une s'arrêle uniquement à son indignilé, il en haute idée des Iruils de la communion, et demeurera toujours au terme d'une vie cri- qui se proposaient d'attirer à la table du niinelle, sans rien résoudre pour son salut, SiU\eur un grand nombre de conviés, se cl sans faireaucunedémarclie pour retourner mellaieut au hasard, comme les serviteurs promplement à Dieu. delà parab.de, d'y attirer indifféremment Or, ce principe, chrétiens, que le iiccbcnr les bons et les mauvais. Ce qu'ils disaient de iui-môme doit sappliijui'r, est encore relui part et d'autre pouvait êlre vrai, et cepeji- ■donl 1rs ministres de Jesus-Chrisl doivent se daiit ils ne disaient, ni de part ni d'autre, ce servir en IravaillanI àson inslruetion. De ces qui dirait produire l'entier (ffet du sacrelieux préceptes que je viens de vous espli- iiicnl de Jésus-Chi ist, parce que chacun n'eu quer. ils ne doivent jamais lui rcprésen.er disait qu'une partie. Que fallail-il donc? l'un, sans le faire au même temps souvenir c'est la judicieuse remar(iue du saint é\ èque de l'autre : pourquoi"? parce que l'un sans de Genève : 11 fallait dire tout, et joindre l'autre ne lui peut être qu'inutile ou même aux menaces de ceux-ci les invitations de préjudiciable; car si vous remontrez sans ceux-là ; dire aux pcihcui s : Craignez d'apcesse à un pécheur l'alTreux danger d'une procher de celte sainte table, et craignez de tomnuinion indigne, sans jamais lui parier n'eu approcher pas ; craignez d'en approde la nécessité indispensable dune bonne cher, si vous n'a\ez pas la robe de noces, oouununion, vous le portez à ne commu- qui est la grâce ; et craignez de n'en approuier jamais, contre le commandement du cher pas, parce qu'il n'y a (jue les ennemis Fils de Dieu : Nisi mamlitcavcrilis civnnii de Dieu qui en soient excius. La viande qui /'///( liominis, non habibilis rildin in vuhis. vous est présentée est mortelle pour vous si (Juan. \'l.) Au contraire, si vous lui parlez vous n'en faites pas un juste discernement seulement de la nécessité de conununier, par l'esprit de la foi ; mais comprenez aussi sans jamais lui fair(^ craindre le danger que c'est une salulaiie viande, sans la(iuelle ■d'une communion iiidigue, vous lui donnez le Fils de Dieu ne demeurera point en vous, lieu de faire bic'U des communions impar- ni vous en lui. Ainsi, tremblez en recevant faites et même sacrilèges, lontre le com- cette viande; car, trembler respectueusemandement de s.iinl Paul : l'robel aulcm ment, c'est même une des dispositions néseipsitiii liomo (It'or. \I). Et voilà , mes cessaire^ pour la recevoir; mais tremblez enchers auditeurs, perniellez-moi de faire ici core davantage si vous ne la rece\ez pas, une réflexion dont je suis certain que vous parce que vous ne voulez pas y appnrter l.i conviendrez avec moi, voilà quelle a élé la piéparation nécessaire. Voilà comment il source de tous les maux qu'a produits la di- fallait parler.

versité des opinions qu'on a vue de tout Et c'est, chrcliens, le langage qu'ont tenu

temps dans l'Eglise, et qui si souvent a par- tous les Pères de l'Eglise quand ils se sont

tagé les esprits touchant l'usage du sacre- ex[il qués sur celte matière. Comme ces

n>ent de nos autels. Les uns bornant leur grands hommes étaient conduits par lesprit

zèle à intimider les pécheurs pour les éloi- de Dieu, ils n'ont eu garde de séparer ces

gner des saints mystères, el les autres à h ur deux choses, qu'ils savaient bien n'avoir ja-

doniiei- de la conliance pour les en appro- mais élé séparées dans linlention du S lu-

cher; ceux-ci leur répétant mille fois ces veur du monde. Eprouvons - nous . disait

paroles terribles : Qui nmniiucat indigne, saint Chrysoslonie, et jugeons-nous, de peur

jndiciam sibi manducat el bibit [Ibid.]; et <|u'en participant au corps de Jésus-ChrisI,

ceux-là les imitant toujours par ces paro- nous n'attirions sur nos têtes des i fiarbons

les consolantes : Qui mimdueal hune piineni, de feu , c'esl-à-dire l'indignation de Di( u et

tiret in œlcrnum (Juan. VI ). Les premiers ses vengeances. Car ainsi ce Père s'expri-

réduisant toute leur (onduite à donner lior- mait-il; et ces paroles étaient capables d'in-

reur des eonnnunions indignes, et les se- spirer, aux fiilèles qui l'écouiaient, de 1.»

«■onds semblant la rapporter toute à exciter frayeur. Mais, en même temps, il y ajoutait

dans les cœurs le désir d'une sainte commu- le correctif. Or, je ne vous dis point ceci

nion, ni les nus ni les autres ne s'unissaient .■■lin (]ne vous n'y participiez pas ; à Dieu no

parfaitement pour revéculion des desseins i ! 'S* 1 mais pour vous cng.iger à y partiel-

533 CAIlF.Mi:. SF.UMON 111, Rr» i.\ COMM^MON. ^.r,»

per .Tvcc les dispositions cl scion les règles péilié et ni- vous (lis|)osanl p,is , vous ne

que la loi île Dieu vous proscrit: Hoc tiittnn pouvez éviter dï'Ire ou un profanateur, on

non dico ut non accedulis, srd ut Icmere vm un tlcserlcur du sacrement tie Jésus-Clirist :

acccdnti:< [S. flirt/^osl.). Car di' niônie, pour- un profanateur, si vous mangez celle Pâquc

suivait-il, que d'y parli<iper indiscrètement, suis vous y être préparc p,ir une convcr-

c'cst s'exposer à se perdre; aussi, n'y point siou sincère ; un déserteur, si, faute de pré -

participer, c'e-t la ruine et la mort de l'Iiom- p iralion et de conversion, \ous vous Irou-

nio chrétien : I\'(un sicul tcmrre nccedcre pe- \ez hors d'état de la manger. De prétendre

ricnlum cst,ita oinuino non ticccdcrc fumes qu'on a eu tort de vous réduire à cette extrc-

p.s( ci mors [lliiil.]. J'en vois parmi vous, mile, c'est vouloir contrôler la conduite de

disait saint Augustin, qui se relirent de la Dieu et de l'I-lgli-c, qui e^l votre mère et de

communion parce (]u'ils se sentent coupa- •lé-us-C.hrist, (]ui est votre Dieu ; de dire que

blés : Advcrto nonnullos ex l'obh communia- celle extrémité peut vous porter à (h's alnis

ncm dcclinrirc, idipte ex coni^cicntiu gruviiim c'est vouloir vous justifier par votre propre

delictorum [S. Augnsl.). Kl moi, reprenait- désordre, qui consiste à .ihiiser de lout, ii.c-

il , décision importante de ce saint docleur, me des choses les plus saintes. Quoi qu'il en

je leur déclare que s'ils s'en tiennent pré<i- soil,\oici la peine dont l'Eglise, en vertu

sèment là, ils ne font qu'augmenter le poids du poinoir ((u'elle a de lier et de délier est

et le nombre de leurs |)èchés, en commel- en droit, selon les canons, de punir votre dés-

tant encore un nou^ eau péché, et se privant obéissance ; savoir : de vous retrancher de

du plus nécessaire et du plus souverain re- sa communion comme un membre scanda-

niède : Hoc est cnim reiitum coni/retjurc, cl leux, quand, |)ar l'enduicissement de votre

remcdiumdccliiiure [S. Aui/ust.). Je vous cou- coMir ou par un alt.ichement opiniâtre à l'ob-

juro donc, mes frères, concluait-il , que si jet de votre passion, vous venez à vous sé-

quelqu'un de vous se juge indigne de la com- parer vous-même de la communion du corps

munion.il travaille à s'en reiulre digne, de Jésus tlhrist. Mlle n'a |)oint prétendu par

parce (jne quiconque n'est [).iS digne de ce là vous dresser un piège, ni vous exposer

sacrement, n'est pas digne de Dieu : Qun- au péril d'ajouter péché sur péché; mais,

proptcr hovlor vus, [rulrcs, ut si t/nii ex va- comme une nière zélée, elle a prétendu vous

ois indif/mim se coiuuiunione ccclrsiustica pu- faire un devoir nécessaire, un devoir indis-

tnt, dif/num se fiiciut (Ihid.j. \'oilà cominenl pensable, de ce (lu'il y a dans le chrislia-

parlaienl les l'eres. Or,(e qu'ils disaient uisine (jue vous professez , de plus salutaire

généralement et absolument est encore plus pour vous et de plus sacré. Pour cela il faut

vrai par rapport à ce saint lemps où le |)iè- rompre vos liens et sortir (ies cn"a"cmenls

Cepte de Jésus-Christ, dèterii.iné par celui de criminels où vous êtes ; mais c'est justement

l'Eglise, impose aux fidèles une obligation à quoi tend le précepte de la communion,

expresse et particulière de communier. 'l'clle Pour cela , il faut arracher l'œil qui vous

est la solennité de Pàijues , à laquelle nous scandalise, c'est à-dire renoncer à ce com-

devons nous piéparer cbaii'ie jour de ce ca- merce qui est le scandale de votre \ ie ; mais

rème, et qui ne peut être célébrée dans le c'est en quoi vous devez admirer le prcce-

chribtiaiiisme que jiar la manducalion de ptc de la communion, qui vous force pour

l'Agneau, qui est Jésus-Christ ; car, se con- ainsi dire, à ce qui doit faire selon Dieu lout

tenter alors de menacer un pécheur de la voire bonlu ur.

colère de Dieu s'il est assez téméraire pour Et en clïet , i\iv] a été le dessein de rE"licommunier dans l'état de son péché, et ne se, quand elle a établi ces luis rigoureuses le pas menacer de la colère du même Dieu contre les pécheurs endurcis qui dèsobéiss'il ne quitte son péché et s'il ne communie sent à ses ordres et qui né"lii'ent de célépour satisfaire à ce commandem<iit : Nisi brer la Pâi|ue? Elle a voulu les ohli-^er, les manducuvciilis , c'est ne l'instruire qu'à de- nécessiter, cl, puisque le Sainl-Esprft mênnî nii , et lui donner lieu de fomenter par là s'en exiili(iue ainsi, les (ontraindre en quelson impénitence. Il faut lui signifier l'ordre (|ue manière à se purifier p;ir la pénitence du maître, jcnlends du grand maître, en lui pour mériter délie a Imis à la table de Jédisanl ce que le Sauveur, par deux de ses sus-Christ : Comprllc intrare [S. Luc, XIV). disciples, envoya dire à cet homme dont il ^'oilà l'utile contrainte dont elle usait' autreavait choisi la maison pour y faire la Pâiiue: fois, et la sainte violence qu'elle f.iisait à ces Magisicr dicit:upud te fucio Pasclia {Malth., sortes de pécheurs; car, tout pécheurs qu'ils XXVI). C'est chez vous , mon frère, ainsi étaient, ne cessant pas d'être chrétiens el ses doit-on parler à un pécheur, c'est chez vous enfants, elle se promeltait de leur religion ou plutôt dans vous que le mystère de la et de leur foi qu'ils ne seraient j;imais assez Pàque doit être accompli, puisque le temps cmlurcis pour se présentera celte table sans approche où Jésus-Christ, ((ui est la vêrila- s'être auparavant bien éprouvés. Aussi, louble Pàque des chrétiens, veut et doit être chés eux-mêmes , quoi(|ue pécheurs , d'un reçu de vous dans l'adorable eucharistie. respect religieux el d'une profonde vénéra- Vous n'y êtes pas disposé ; mais, c'est pour lion pour ce sacrement, ils faisaient, dans la cela même qu'on vous l'annonce de bonne vue de le recevoir , ce que j.imais sans cela heure, afin que vous vous y disposiez, et que ils n'auraient fait ; je veux dire qu'on voyait vous vous y disposiez sérieusement, prom- en eux des changements et des refirmes à p'ement, efGcacement, car il n'y a point ici quoi lout autre motif ne les aurait jamais de milieu pour vous. Demeurant dans voire engagés. Celle obligalion de manger la tliair

r^ onATîrRs s\( îif.s. noiir,i>ALOLr J35

irmi Hicii , cl (l;nlli ii.s (c!li' lioiroiir de la Docaticnre i|iii plonge (i;iiis rair.eiliiine les in.mmM- iii(ii|.Tnoiii('iit , ^oil.'i ci- qui les ion- vrais paalciirs , ri (|iii les ji (le d.ins le Iroiivcrlissiil , voilà c;' qui leur faisait iirciiilrc lilc loi s(]ti"iis sont léiiioiiis île la perte do toiiles les iT)CSiii-es iiceessaires pour renlicr laiil d'asiies. El lotit cela, je le rép(Mc, parce cil giâic. avec, DiiU, voi!à ce (pii arraciiait (jn'on ii"iiis(ruil pas assez les peiheiiis dt! .ie iiurs cccurs les passions les plus doiiii- leurs devoirs , parce (|u"oii ne leur en fait iiniiles. Vous me direz eiuorc une lois, ([ue pas coimaîlic loule retendue, p.-.rce t]u"oii delà venaient au'-si les snci'i!ei;es : cl moi ji> iur fait seulomeil éviler un scan laie par réponds qu'il n'y a rien en cllet de si sacré un aulre scandale ; le scandale A' la manque 1 homme ne pnivse profaner ; mais qu'il vai^e communion par le scandale de l'iinpeest toujours vrai (jne le daii!;er de celle pio- nilence et de l'irrélision , ou le se.inda e de faiialion n'a point empéclié le Sau\eui'd!i l'irréligioii eldelimpéniteiicepar le scandale monde d'obliger tous les fidèles à ma.ngi'r sa de la mauvaise communion ; au lieu de leur (liair sons peine d'une éternelle iiiorl ; et faireliienenlendrequ'il ne:'.uHil pasdcrelraiir'iie l'Eglise, sou épouse, n'aurait pas agi clicr l'un ou l'aiilie scandale, maisquil faut coiifoi'memciit à ses intentions, si, dans le tout à la l'ois se préserver dei'unet de l'aulre. même temps qii'(dle publie aux fidèles l'ana- Car c'est peur les péclieurs, ô mon Dieu ! Ilièim- de sailli Paul coiilre les coinmuiiioiis comme pour 1( sju>tes, que voire s.icremeiil indignes, elle ne les réduisait par ses een - est in'lilUL';je ne dis pas [lour les péelieurs sures à riieiiriuse nécessilé d'i n faire de impénileiils, mais pour les péelieurs conversainles et de prolilables. Ii<, pour les pécheurs cliangés et sanctinés. Cepeiidanl, pour i;e pas joindre ces deux Tandis qiic i ous éliez sur la Icrre , adoralilt; vériie<, voici, mes du rs andileurs, les drxw S;iU^eur, vous n'avez pas dédaigné de manécu"ils où coniUiit e.ujourd'lM:! res[irit du fjer à la table des péclu'U'S ; inainl.'iiant, par fièi'l '. l'ourvu qu'oii pers^uade à un pécheur une conduiic bien d lïerenle, mais lonjowis et c.u'on oblieniie (le lui (ju'il fasse au dehors par le mciue esprit, vous adniellez les pésou devoir de chielien, et (ju'il s'approc! c cheurs péuilents à voire table, «1 conmie aud( s aulc's, on cro t avoir beaucoup gagné. Irefois vous niangiez à la table de ces pé- Avec (cla, el cela seul, on loin' sa religion , clieurs, que voire grâce converlissail, bien (;n ne d(Uiie point de sa conversion, on se pli;s volontiers qu'à la lable des pharisiens promet tout de sa peisé\érance : c'est le orgueilleuK el superbes ; aussi puis-je dire, premier éeiieii. Jlaisd'ailleurs aussi, [lourvu pour la coii,so!,it;on de mes auditeurs el pour qu'on fasse entendre à un péeheur qu'il n'y la nii<'nne, r,u'il n'y a poinl de chréliens plus a poinl de communion pour lui, tandis qu'il favorablement reçus de vous que le. pé- <sl dans l'habilnde de son péché, on croit chenrs qui se convertissent et qui renoncent avoir tout fait; el si ce pécheur, confessant à leur péché pour se rapprocher de vous; son indignilé, se lient éloigné des autels, on niais cela, comme j'ai dit , supiiose que ce en est <-onlent comme s'il avait accompli sont des pécheurs s neères et qui agissent de loule la jnslice : avec cela, qu'il persévère bonne foi ; car si ce sont des mondains qui dans son liberlinage , on le tolère, on le s'aveug;lent el qui se ilatlenl , le respect présouffre. \'ous iliiiez que l'éloignement de la tendu qu'ils allèguenl pour s'éloigner du sa- <iimmi!iiion mcHe loul le resl(> à couvert , crenienide .lésU'i-Clirisl, n'est plus une raison et qu'il lui soit permis alors de vivre avec à éclaircir . ni~is un [irélexle que je dois iiupunilé et selon tous les désirs de son lever dans la seconde iiarlie. <œur. Du premier de ces deu\ abus que si'Co?,nF, eAnriE. - 1 s'ensuit -il'/ que , parmi ceiiK qui conimu- Il n'est rien de plus subtil que Tespril du nieni, il y en a tant de f..ililes, lanl d'as^^ou- monde pour nous conduire àsesfins, ni riende pis el de languissants, el, pour user du plus arlificicux pour domnraux choses laroiilerme de saint Paul, lanl qui donnenl du leur el la fonne qu'il lui plaîl, quand ii s'agit sommeil de la moil : Idni intcr vas ninlti in- de nous éblouir el tie nous Iromper dans le fu'ini cl iiiiliccillcs. cl (loriiinivt iiiulli (î ('or., discerneiiieni (juenous avons à faire des voies XI), l'^t qu'arrive 1 il du second? que, parmi de Dieu; cari! n'y a i>oint alors de molif ecu\ qui ne comiiuiiiienl pas, il y en a lanl spécieux qu'il ne nous propose; et souvent de scandaleux (jui sont aujourd'hui comme nous nous y laissons sur|>rendre, jusqu'à en possession de ne donner plus à lEglise nous per-uailer et à croire qu'en nous éioiuulle nianiue de christianisme, puisque la gn.nil iiéme de Dieu, nous honorons Dieu, plus essentielle marque (lui nous disliiiguc Or, voilà le carr.clère de ces aulres pécheurs en qnalilô de (liréliens est, selon l'Apôlre, doni j'ai présiMiIcmenl à vous parler ; je veux la participation du corps de Jésus-Chrisl. dire de ces mondains (lui, se flatlanl d a\ oir Delà vient (jne, par un excès de relâche- de la religion et d'agir par esprit de religion, ment, et même par une malheureuse pre- se trompent eux-mêmes, el ({ui, s'écaitan! scription , on ne s'étonne presque' plus de du chemin droit cl siuqile de la vérilé, se voir des mondains et des mondaines (]ui, huit une erreur grossière de leur prétendue de notoiiélé puhliiiue, semblenl depuis plu- bumilite. Je m'explique. Ils dirent, < I même sieurs années s'élre eux-mêmes librement ils le pensent, que c'est par respect (lu'ils S(^ el volonlairemenl excommuniés ; et , qu'an reliieiilde li communion, parce qu'ils coumépris de la religion, ces canons cl ces lois viennent devant Dieu qu'ils en soiil indignes, si saintes qui iii'iiiss:iienl mi tel désordre, ne J'il moi je soutiens que ce respect dans eux toal ou parii-seiil n'élre pln^ de nul i!s;;^;e. esl un vain re^pecl. .le [irelends el je vaii

CAlU-.Mi:. SIUMON lil. Sl'H I.A COMMIMON.

leur (ICMioiiIrer (]ii(' et' ri'spoi I, il.iiis l"iis;iL;e (]u'ils en Tint, et à l'cxanilncr dans ses ciicoiislaiici'K, osl lin Tiiix ropccl. iùilin j'ajotilc que c'osl un re pi'Cl (|iii n'a nulle c inlorniité avec rolui (ju'onl l'a t jiaraîlie dans lous les U'fups les vrais i Inoiii us, (lu.ind ils so sont séparés du sacninonl de .lésus- Chrisl selon les règles el l'cspiit di- l'Iîglise. Trois imporlanlcs réncKions par où j'cnticpiends, non pas de les confondre, mais de confondre dans leurs personnes l'esiril ilu inonde qui lesaveu^^'e, el (jui, pour les allircr dans le précipice et pour les perdre, l'ait luire à leurs yeux un faux jour de dévolion jusque dans leur indévolion nitvne.

Je dis ([ue c'est un vain reep"cl ; en voici la preuve : car qu'est-ce que j'appelle vain respect'? celui qui n'opère rien, qui n'est suivi de rien, qui n'aboutit à rien, (jui n'eii- {;.!<;e à rien. (|ui ne fail rien faire pour s(! rendre moins indit;ne de Jésus-Christ el de son sacrement ; celui qui laisse toujours le péclieui' dans ses mêmes iiiiperrecliiins, qui ne le rend ni plus ferven!, ni plus ré^'itlier, ni plus sainl ; en un mol, celui dont l'unique marque i st de ne pas couMounier. IS'est-cc pas l;'i évidemment uti respect inutile cl sans fruit? Oi-, tel est le res[!cct de i-es pécheurs à i.)ui j'adiesse celle sceon .'e instruction; et, s'ils savent se faire jusiiiv', ils seionl les premiers à !e reconnaître, lit m eflel, si le respect (|u'ils ont ou (ju'ils cioient avoir pour Jésus-Christ, était le vrai motif (jui les éloignât de la coninumion, ce motif, à force d'agir et de faire impression sur eux, les engagerait à (|iielqi!e chose de plus; el. pour peu (ju'il eût d'efficace, au moins parailrailil dans leur conduite qu'ils en sont touchés. Or, c'est ce qui ne paraît en aucune sorte. Car. à quoi ce motif, s'ils en étaicMit réellement touchés, à quoi dans la pratique ce sentiment de respect les porterail-il'? à se détacher du monde, iniisque c'est, de leur pro|)re aveu, l'amour du monde qui les rend inilignes de la table du Fils de Dieu. Pénétrés (|u'ils seraient de leur indignité, el reconnaissant que leur indignilé vient de la passion malheureuse qu'ils ont pour 1(> nuMule. pour les fausses joies du monde, pour les <iivertissemenls peu chrétien; el dangereux du monde, pour les intrigues du nujud ■, pour la vaiiilé el le luxe liu monde, que feraient-ils '? ils se priveraient de ces divertissements, ils s'inkrdiraienl ces plaisirs, ils rclr.inclicraienl le luxe, ils renonciîraient à celle vanité, ils •luitteraient ces intrigues; el. parce sacrifice parfait qu'ils en foraient à Jésus-Clu ist, d'indignes qu'ils sont de m.inger sa chair, ils comnienceraienl à s'en rendre dignes, ('e sont là les solides témoignages qu'ils lui ilonneraient el qu'ils devr.iient lui donner de leur respect. Ils ne font rien de tout cela ; et, à juger d'eux par leurs œuvres, on ne peut pas croire qu'ils y ail ni encore la moindre disposition. Eux-mêmes, si j'en attestais leurs consciences, ils avoueraient ([u'ils en sont très-éloignés. Il n'cl doiic pas vr.ii que ee respect les louche aul.inl (ju'ils le prétendent; ce n'es! donc pas ce respect qui les

cinpèche d'appi'oclu'r des divins mystéies. iMais (ludi'.' je l'.ii dit, el je le redis, un .ittacheiiient opini.àlre au niondi- et à tout ce (jiii s'appelle monde. Ils sont du inonde, et ce inonde que Dieu réprouve ne giiûle point Jcsus-Chiist. Ils aiment le monde plus que Jésus-Christ, cl voilà pounjuoi ils ([uitlrnl Jé^us-t'lirist pour li" monde. Cette apparenci> de respect n'evt(]u'iin voile tloat ils se couvrenl cl dont leur amour-pi opre se fait honneur; mais au fond, c'est le monde (jui les possède et (jui leur inspire pour la communion celle froideur, celle indilïerence, disons mieux, ce dégoût.

l'A c'est ce qu(> le Sauveur lui-tnéme a voulu nous faire coni|iremlre dans la p ir.;liole des conviés qui négligèrent de venir au festin, parce que d'antres soins leur oceup.iieiit l'esprit <'l le cu'ur ; avec cclt' différence bien remarqu.ible, reprend sainl Augii-.liu, (|u'au moins les conviés de la parabole conl'i'ssèrent de bonne foi les vraies raisons (jui les arrélèrenl ; au lieu que ces monda lis dont il est ici question an'ecleiit de ne pas connaître, et se cachent à eux-mêmes la cause de leur désordre, se prév.ilant toujours de ce v.iiil prétexte, (lu'indigues qu'ils sont de commiMiicr, le iMcibeurpour eux c>t (le s'en abstnir, se consolant inlérieuicuient, comme s'ils lio:uir;:ienl par là Jésus ("Jirisl, et (]ue Jésiis-Ciirisl (lût un jour les récompiMi^er de ce (|u'ils abandonnent ses autels pour jouir plus en repos cl ave(; plus de liberté des plaisirs du siècle. Car voilà, mes durs auditeurs, jusqu'où va leur aveuglement ; cl pour les ciinvaimre, ajoutait saint Clirysoslome (ceci |.ir;iît sans répliijue), pour les convaincre qce. par r.ipport à eux, ce prétendu resjieil n'est (|u'un prétexte el non pas une raison; c'est que. jiour communier plus rarement, ils n'en communient pas jilus dignement, c'est-à-dire que, lors- (juils communient, ils ne s'y disposent pas mieux, (ju'ils ne s'éprouvent pas avec plus de soin, qu'ils ne s'en sépari'iit pas plus du monde, el, si j'ose ainsi m'expliquer, que pour recevoir chez eux Jésus-Christ, ils ne s'en mettent pas plus en frais, se persuadant, [)ar la plus fausse de toutes les maximes, (iiie communier peu, sans y rien ajouter tin plus, doil leur tenir lieu de mérite <•[ de tout mérite; et, par une visible erreur dont ils ne s'aiierçoivent pas, mesurant tout le respect (]u'ils rendent au divin mystère, ion par plus d'.ittenlion sur eux mêmes, non par |ilus de fidélilé à leurs devoirs, nmi parplus d'exacliluile ni plus de régularité, mais par l'intervalle el l'espace de temps (|u'ils niellent entre une communion el l'autre : Non lunnditiam animi, sed inlertiilld Irnipoiis lonf/ioris meriluinpulmUes (Clirijsosl.); marque infaillible, dit ce Père, que ce n'est ni humilité, ni respect, mais une illuMon toute pure (le l'esprit du monde qui les séduit.

Or je dis, chrétiens, qu'il est d'une importance extrême de leur ôler ce prélexle ; et comment? prenez gard<', s'il vous i)laîl; non pas en leur facilitant la communion, ni en les y portant, tardis (|u'ils sinl encore daus

Or.ATEUUS SACHES. BOLUDALOUL.

3iO

les cngag mollis d'uiu- \\c inontl.iine : je sais Irop ce ijup la (lignllé de ce sacrcnienl exige •l'une ànic Qilèli'; cl inalli ur à moi si, dans la plus grande action du clirisliani me cl dans 1rs disfiosition'i qu'il y t'^iul apporter, je venais jamais à ouvrir la porte au moindres reiâclieinenls. Mais j'ap|)elle ('j'.crà une âme ni'indaine ce prclexle, l'oliliger à parler jusie, el à ne plus dire : je m'éloigne du corps de .lésus-CliiisI, parée que je le respecte ; mais : je m'en éloigne, parce que je suis une âmelibirline (jui ne \ei.x pas m'assujeîlir aux saintes lois «lue ma religion me prescrit pour en approcher; je m'en éloigne, jiarce que je suis une âne ihssiiiée (pii n'ai en 1 été q ne I e inonde et{]ucn ion plaisir: je m'en C'Ioigiie, parce que je suis une âme lâche, ijui n'ai pas le cour,ige de rien Taire, ni de rien enlrcprendre pour nion sahil ; je m'en éloigne, paire que j'ai unen.pressement pour les affaires lemporelhs, qui me dessèche le cœur, et qui m'endurcit à l'égard de Dieu ; je m'en élo'giie, parce queje ne puis me résoudre à nie inoriiriir,ni à me faire la moindre violence; je m'en éloigne, parce que je veux vivre sans règle et selon le caprice de mon humeur. Obliger, dis-jc, les mondains à convcn r de tout cela, et leur rcmonircr ensuite le désordre de leur conduile, el l'injure qu'ils font à Jésus-Christ de nég'iger ainsi son adorable sacrement ; leur bien faire entendre que non-seulement il ne s'en lient p S honoré, mais que c'est l'outrager, que c'est l'irriter, que c'est s'attirer de sa part cette terrible malédiction par où il conclut la parabole de l'Evangile : Dicoaulein vobis (jitud ncmo virorum illonim qui locali suiit, (juslabit ccrnam mcam {Luc. ,\iy); Ma labb- était prêle cl dressée pour eux, el ils ont cherché des prétextes pour s'en éloigner ; mais je saurai bien les en punir, car je vous déclare que pas un d'eux ne sera reçu au sacré banquet que je leur avais préparé: voilà de quoi les détromper de la dangereuse illusion qui les aveugle. Combien de fois, mes chers auditeurs, cette prédiction du Sauveur du monde, quoiqu'elle ne soit, si vous voulez, que comminatoire, s'est-elle accomplie à la lettre? el combien de chrétiens, pour avoir abaii- •lonné pendant la vie l'usage de la coomuiiiion, par un secret jugcinent de Dieu, en ont-ils été privés à la mort? Mais allons plus avant.

Non-seulement vain respect, mais faux respect : pour(]uoi ? parce qu'il n est pas accompagné des deux conditions essentielles qu'il doit avoir : l'une est la douleur, cl une douleur vive d'être séparé du corps de Jcsus- Chrisl; l'autre est le désir, el un désir sincère d'en approcher : deux conditions inséparables du vrai lespecl, mais que le mondain, s'il veut bien rentrer en lui-incme, ne trouvera pas dans son cœur. Douleur vive d'être séparé du corps de Jésus-Christ : car, si j'honore Jésus-Christ autant que je dois l'honorer, si j'ai pour Jésus-Christ ce respectueux attachement dont je me flatte, je dois regarder comme mon souverain bien dans celte vie, de lui être uni; je dis uni, surtout

par le sacrement qu'il a lui-même institué pour entrclenir entre lui et moi une sainte el ineffable union : d'où il s'ensuit que je dois, par la même règle, regarder comme mon souverain mal d'être séparé de ce .sacrement dont la participation est le gage de ma béatitude, ou plulêil est ma béatitude anticipée : el c'est ce que saint Chrysoslome comprenait si bien quand il disait, en parlant de la communion : Unus sit voliis dolor hac esca prirari [S. Chrijs. liom. 68 ad pop.Anl.}: que votre grande douleur, mes frères, ou, pour mieux dire, que voire unique douleur soit d'être privés de cette viande céleste qui est la chair de Jésus-Christ. Votre unique douleur : Uhus dolor : car, quels sont cm comparaison de celui-ci. tous les autres sujets qui vous affligent? S il est donc vrai que je respecte le sacrement de Jésus-Chrisl autant qu'il est rcspeclable, cl autant que je veux paraître le respecter, rien ne doit être plus doulouicux et plus allligeanl pour moi, que de me voir privé de cette divine nourriture, et j'y dois être plus sensible qu'à loulcs les perles du monde, qu'à toutes les aflliclions du monde. Cette |iensée, je suis séparé de mon Dieu, si j'ai de la foi, doit me désoler, doit me consterner, doit me jeter dans un aballenient pareil à celui d'Esaii, quand il se vit exclu de la bénédiction de son père; et parla j'entre, comme chrétien, dans le sentiment de saint Chrysoslome : Units sil vobis dolor hac esca priiari.

Douleur encore plus vive, si j'ai à me rcprochcrque c'est moi-même qui m'ensépare, ii:oi-uiênie qui m'en sépare par mon infidélité, moi-même qui m'en sépare par mon allachcmcnt opiniâtre à l'objet d'une honteuse passion dont je me suis rendu esclave, moi-même qui m'en sépare jionr ne vouloir pas faire à Jésiis-Christ le sacrifice qu'il attend de moi. Mais, quel surcroît de peine si je comprends toul le malheur d'une si triste séparation I (^)uand l'Eglise exerçant sur les premiers chrétiens 1 isévérilédesa discipline, les retranchait pour un temps de la communion, que faisaient ils et quels étaient leurs senliinents?Les Pères iiousa|q)rennent qu'ils en tonibaiont dans la f)lus profonde tristesse, qu'ils gémissaient, qu'ils soupiraient, qu'ils versaient des torrents de larmes, ()u'ils regardaient cel étal comme ui;e réprobalion passagère : ainsi, quoique séparés de Jesusl^hrist, marquaienl-ils iiéaiimoins leur respi'cl, et un respect solide à Jésus Christ. Mais ces mondains dont je parle ont-ils jamais senti les impressions de cette douleur chrétienne et religieuse? j'en appelle au témoignage de leur cœur, el je les en atteste eux-mêm("s: éloignés de la communion, avec quelle lran(|nillilé ne soutiennent-ils pas cel cloignement? avec quelle indolence ne se voienl-ils pas séparés du Dieu de leur salut? avec quelle insensibilité ne s'y accoutumenlils pas, non-seulement jusqu'à n'en être plus affligés, mais jusqu'à s'en trouver soulagés? La communion, dans le cours de leur vie mondaine, est un fardeau pesant, et ils s'en déthar[;ent ; la tomiiiiaiion trouble ou iu-

3JI C\U1:ME. SliRMON 111. Sl'K LA œ.MJlUMON. 5iî

lerronipl tours \aiii3 plaisirs; pourk'S goùler cimiimmiim, il n'iioiico t''p.iloiiioiil à l'iiii ri \

>,iiis iutcrriiplion t'I sai)s trouble, ils l'aban- l'aiilri", ol n'a plus pour le saorcmcnt île Jo-

iloniicii' ; il l'auilrait, jjour coimnuiiifr, j^arder sus-Clirisl qu'une inililïérence de <(rur dont

des nie-ures et >c contraindre; il leur est il devrait être elViajé ; car voilà, mes chers

plus commode de s'en abstenir et de ne coin- audileurs, ce que b s l'ères de l'Kgliso déplo-

uiuiiier plus. Avec de telles dispositions, me raient si amèri ment ; voil;4 ce (lu'ils regar-

porsuaileront-ils qu'ils ont pour Jesus-Clirist daient coiniiic un des plus j;rands malheurs

et son sacrement un vrai respect; et s'ils le di; leisr ^ièc'e; ^oi:à c^^ (]ue saint Chrysos-

prétcndaient encore, n'ai-je pas droit de ne tome reproch lil au peuple d'Antioibe avec,

les en pas croir<''? tant de !'orce.()uelle honte, leur disait-il, mes

Faux respect, paice (]u'il n'est accompn- frères, de voir voire froideur quand on \ous pné d'aucun de-ir de la coiiimunion. Autre parle do recevoir le Saint des saints. S'af^ilpreuve contre eux ; car, obser\ez bien, cliré- il d'un Sjx'clade dans votre ville'? vous y liens, ce que j'ajoute : le respect (jue je dois courez en l'oub', et rien ne vous peut allirer avoir pour Jésus-Christ peut bien m'enj;;:- quand il est (]ueslion de venir prendre part {çer quelqui'f'ii-. à me retirer pour un temps an saciifiic de nos autels ; tontes vos places de la communion ; mais il ne (hdt jamais, s'il publiques, tous vos ampliitlicàlres sont remesl véritable, éteindre eu moi, ni même di- plis, et la table de Jésus-(]lirist est vide ; en uiinuerle désirdela communion : au con- < ain y sommes-nousassidus pour \ous ilislri- Iraiie, plus je me trouve indigne decoinruu- huer les dons célestes, aucun d' vous ne s'y nier, plus ji' dois, dans un sens, désirer avc c présente; Jésus-Christ en personne vous y «irdeur de communier. Pourquoi'? parce qu'il attend; cl il y est délaissé. Tantôt c(! l'ère est évident <]iie ce désir est au moins une res- b'ur rci)résenlait avec quel zèle ils s'assenisouice contre mon indignité; et en elïel , bliicnt pour écouter ses prédications, tandis c'est par ce désir que je reviens à Jésus- qu'ils en marqu.iient si peu pour recevoir Christ, et en vertu de ce dcsir que je tâche à de ses mains le gage précieux de leur salut ; lue rapprociier de lui ; c'est par ce désir ijuc tantôt il se [daignait de leur dureté à l'égard j'en cherche tons les moyens, (jne j'en sur- do ce sacrement d'amour; tantôt il leur remonte tous les obstacles, que je suis fnlèlo à mettait devant les yeux lis funestes consécn exécuter toutes les résolutions. Tandis quences de ce respect mal entendu dont ils que ce désir est en moi, le principe de la \ic voulaient se piévaloir, et de l'abus (]u'ils eu y est encore, et il n'y a rien dontjenesois faisaient. Imaginez-vous, mes chersandil'iirs, capable; au lieu (|ue ce désir cessant, je suis que c'est encore ici saint CInysoslome qui comme mort, n'ayant plus aucun sentiment vous parle, puisim'en elTel c'est lui-nièmi' , qui me ramène à Jésu^-Clirist, ni (jui me ou bénissez le ciel de ce que Dieu, dès lors, presse de îietourner à lui ; d'où il s'ensuit inspirait à ce grand homme ce qui doit auque non-seulement toute mon indignité sub- jourd'hui conloudre vos pitoyables mais persiste, mais que l'extinction de ce désir est nicienses erreurs.

comme la consommation de mon indignité : Eiilin, j'ai dit, et je viens déjà île vous

indignité consommée dont saint AmbroÎNO ne le faire voir in partie, que le resjiecl dont

craignait point d'exagérer les suites all'reu- s'autorisent les mondains pour s'éloigner

ses, quand il soutenait que la période ce dé- de la communion, n'a nulle conl'orniité

sir n'était pas moins qu'un présage de la ré- avec celui de-, premiers siècles de l'Eglise :

probalion future. Ah 1 Seigneur, disait-il, la preuve en est sensible; car, dans ces siè-

cest de cep liii adorable de leucharistie qu'il desllorissantsdu christianisme, tandis qu'un

est écrit que tous ceux qui s'é oignent de pé heur demeurait séparé du corps de Jesus-

vous périront, c'est-à-dire que tous ceux qui t.'brisl, il était dins les exercices d'une pé-

perdenl le désir de s'unir à vous, seront reje- nilonce laborieuse a laquelle il se condaïu-

ios de vous: Domine, dclioc jiiinr sniplum csl: liait, et dont il subissait avec courage toutes

Oinncs qui clonjiint se a te, perilmnl {Ariibr.). les rigueurs; et cetie pénilence, selou lc-9

Ainsi le compren. lient pa; faiiement les lois de l'Eglise, n'était point une simi)le cé-

prcmieis fidèles. J'en reviens à leur exemple rémonie, puis ju'ello consistait en de très-pé,-

ct je ne puis trop vous le proposer; car c'est nibles au-térités: l'abstinence elle jeûne, le

pour cela que, |iri\és de l'usage des saints sac el la cendre, le ciliée (t les macéiations

mystèi eseldela coiumunion.ils léiiioignaient du corps en étaient, comme nous savons,

un empressement si vif et si ardent d'y êlre les accompaguemenls insép .râbles ; el cela

rétablis ; c'est pour cela qu'ils le denian- pour mmitrer combien le iiécheur honorait

daient avec tant d instance, et que, prosler- Jésus-Christ. |iuisqu'il voulait bien se sou-

ués aux pieds des prêtres, ilb les conjuraiei.t, mettre à de si rigoureuses pratiques, et

par les entrailles de li iiii>éricorde de Jésus- qu'aux d /'pens de lui-même, il voulait bien

Christ, de leur abréger ci s jours nialheu- faire à Jesus-Chrisl une telle réparation. Or,

Feux où ils vivaient séparés de leur Sauveur ; avouons-le, à noire honte, de [lareilles

c'est pour cela qu'ils eiuidoyaient même lin- épreuves ne sont ni du goût ni du la dévo-

lercession des martyrs, el en cela, dit saint lion des mondains : de quelque respect qu'ils

Cypricn, paraissait leur res|iecl el leur vrr.i se piquent pour Jésus- Christ, ils ne veulent

respect. Que fait le mondain'? Content de leur pasquil leur en coûte tant ; a\ euglcs jiar

ressembler dans cette tnsle séparation, il est l'espril du monde, par cet esprit de mollesse,

peu en peine de les imiter sur le reste, et ils prétendent en être quittes à meilleur

'tonfoiidanl avec la couununion le désir de la compte; loule leur iiénilencc se leriuiuc à

Sn OHATKUKS SACIîr.S IlUUnDALOlE. -Ii

ne communier plus, et ce genre de péni- le s.ivez : on a parle, ol nvcc raison, des abus lence ne les incommode point : bien loin de qui se commctlaieiiL ou qui pouvaient se les incommoiler, il Halte leurs inilin.ilions, commetirc dans la fréqiiontalion du sacreel il leur donne lieu de vivre dans une plus ment de nos autels, de 1 extrême facilité grande lilicrlé ; disons mirux, dans un plus avec l.iquelle il était à ciaiiulre iiu'on n'y adprand libertinage : car voilà où le prélcxle mil les |>éclieurs, de la nécessité d'ensépade Cl" faux rrspect porte les cliosi's, ot plût rer, pour un leuips, certaines âmes imparau ciel i]ue ce que je combats ici fui unecbi- faites (|ui n'eu profitaient pas, de la discréinère et non une \érilé 1 J'achève, et il me tion et de la prudence (|ue les past 'urs y dereste à vous nionlrcr que ce prétendu res- vaieiit appo:ler. Tout cela éiail bon, saint, ppctesl un scandale dans le pécheur liypocri le; édifiant ; et je ne doute point (appliciuez-vous c'est la troisième partie. s'il vous plail, à ce que je dis), je ne douti; Tc.oisiÈME PAUTin. poiut (jue les vrais fi lèles, touchés dclinté- C'est une maxime communément reçue, rêt de Dieu et de celui de son lîglise, n'aient (jue ce qui est bon en soi , ne l'est pis eu des intentions très-pures en témoignaul toujours par rapport au principe d'oîi il part; là-dessus leurzè^e; mais ce qui m'étonne, et une des règles de la prudence humaine c'est quede^ gins d'un caractère tout opposé est de leair les choses même les plus salu- j'entends les libertinsdusiècle, aient prcicndu laires pour suspectes, quand nous décou- cire de la partie; et (jue, s'ingérant dans une vrons qu'elles viennent d'une source inreclée cause où ils n'avaient rien decommu!!, ils se et empoisonnée. Or, nous pouvons et nous soient (luelijuerois montrés les plus vifs et devons même appli(]uer celle règ'e à ce qui les plus ardents à faire valoir le respect dû concerne la religion elles pratiques de piété, au s.icrement d^' Jésus-Christ et à son corps Je ne sais, chrétiens, si vous avez jamais adi)ral)!e;cequi m'étonne, c'est que des homfail une réflesion qui m'a paru bien solide, mes qui, parmi les inlelligenis, passaient M dont je suis sûr (pie vous com|)rendrez en- ])our avoir peu de religion, des hommes encore mieux que moi la vérité ; savoir, que gagés dans les derniers dérégîemenls, aient iorsiiu'il s'est élevé dans le christianisme des alTeclé de p n ier avec plus de chah ur contri; coiile>t liions sur le reU'schemeiil ou la sévé- les communions fiéjuentcs se soient p'us rite (le la disciiiline, certains libertins du liautementscandilisés sur ce point des moinuiond ' n'ont presqu" jauiais manqué à se dres relâchements, ou réels, (ui imaginaires, déclarer [lour le parti sé\ ère, non pas aliii et soient entrés dans cette question comme del'embrasserd.ins la praliiiueet de le suiï re. dans leiu' aiïaire propre: voilà ce qui m'.i disposition dont ils étaient bien éloignés; toujours surpris.

mais, ou jiar une conduite bizarre, pour Car enfui, d'où leur peut venir ce zèle? avoir le j)laisir d'en parler, ( u par un in'é- Iiiii'ies comme je les suppose, ils n'ont pour rêt secret, pour s'en ser\ir coumc d'un voile lous les autres devoirs du christianisme propre à couvrir d'autres desseins. Ainsi qu'un secret mépris, et ils tiennent sur celui- (ant de fois a-t-on vu des hommes engagés ci le langage des parfaits et des spirituels ; d'ailleurs dans des désordres honteux, des il faut donc qu'ils y envisagent (juehjue inhommes également corrompus et dans l'es- lérét, et vous êtes trop éclairés pour ne pas prit et (lins le cœur, vains, sensuels, ami- comprendre d'abord en quoi col iniérêt conteurs d'( ux-mêmes, être les premiers cl les sisle, puisi]u'il est facile à coiinaîlre, et qu'au plus zélés en apparence à s'expliquer en l'a- moins il est certain qu'en pailant de la sorte veur de la réforme, et à la maintenir ; ainsi ils se mettent en possession d'être libertins a-l-on vu des femmes, trop connues pour ce non-seulement avec sûrilé, mais, si j'ose le qu'elles avaient été, et peut être pour ce dire, avec honneur. Cir, encore une fois, ce qu'elles étaient encore, des femmes à qui le sont de ces l.ommes que saint Paul dé|ieipassé devait au moins fermer la bouche, de- gnait à Timolhée, des hommes corrompus venir les plus éloquentes sur la cIépra^ation dans le priiu'i|)e, et dont la foi est commo des mœurs, ne trouver rien d'a^sez exact ni éteinte; (iesli'uumes àqui tout exercice de red'assez rigide dans la police de l'Kglise, et ligiou es! onéreux, et (]ui veulent s"(n decharen appeler sans (csse aux anciens canois, ger : cepenilant, puce qu'ils n'ignorent pas tels qu'ils s'observaient dans leur prcmiènî ([ue la c(ununinion a loiijiuirs clé regardéi! in>iilutioii. Mais cw zèle de la purelé des commeune marquespécialedu ( hristianisme, munirs et de la |ierfction du christianisme et que d'y renoncer ouvericment ce serait n'est-il pas louable dans un chrélien ? Oui, une espèic d'apostasie qu'ils auraient peine répond s liut IJi-rnard ; mais autant ([u'il est à soutenir ; pour ne pas se commettre jusque buiilde dmsun chrélien, autant, [lour ne là, et néanmoins pour secouer le joug qui les rien dire de plus, est-il équivo(iue et douteux inconimo le, ils se bmt un voile de religion dans un libertin ; et je dois selon le précepte de leur propre irréligion (je ne sais si je de Jésus-Christ m'en défier comme delà plus m'expli(iue bien), cl ils se lortcnt pour apdangereuse hypocrisie. luobateurs de cette maxime, qui va à nous Or, ce que remar(iuait en général s:!iiit éloigner de Jésus-Christ par un sentiment IJernard, louchant la pureté ( t la réguliirité de crainte et de respect, afin qu'on ne puisse des mœurs, c'est encore plus particulière plus lesdistiuguer d'avec les chrétiens mémo ment et |dus sensiblement ce qui s'est vérifié les plus cxarls, puisqu'ils parlent comme cl ce qui se vérifie lous les jours à l'égard eux et qu'ils paraissent aussi zélés (|u'cnx. de la cunimuuoa ; car, qu'esl-il arrivé? vous Or, je pràunds que ce langage, dans la

M5 CMWhK.. SF.IOUIN III. ?V\\ LA COMMl'MON. 3;G

boui'îiC Ju liliorlin, csl un sc.ind.ilo pour li^s (i.iniiip iiariîiiiicnl ( t s;ms lii'siîor. Lo dcriiiiT

faillies: pourquoi? cnriiro uu minirul d'al- cDnci'o soiili.iil.iil do \()irl<i frcMiuoiite coni-

Irnlion : parce qu'il aboulil à deux choses munion icl.iMie dans ri'"f;lise, elle mondain

étr'ilemcnl peI■ni(■j('U^es, SM\oir, à décrier in- Aoui'railau conlrairc rixleriniucr clTanéan-

dinércininciil les bonnes cl les mauvaises tir. Ne pensez pas , mes cliers auditeurs , que

communions, c'est la premiùre ; et à déliuir- par là j:' |>rrlenile jusiilier toutes les com-

niT les âuu's, non-senlemeni de la cominu- munions néqiienli s ; il y en a de fréquentes

nion , mais uiiiverscliemcnt de tout ce qu'il y (jue je (lé|diiie, mais dont je laisse à Dieu le

il de saint dans li reiii;ion , c'est la seconde. jiiç:enient ; c'esl-à-dire, il y eu a de rré(]uentes,

Je dis à décrier indilTeremnicnl les lionnes et mais inutiles; de l'réqiieutcs , mais lâches;

les mauvais 'S conininnious ; car, comme rii- de fié(jueiites, niais tré^-peu édiîiintes, mais

.sonnait fort bien saint Je m f>br\sostoine, s'il <]ui pourraient même plutôt scandaliser (ju'é-

esl toujours d.injfcreiix , en blâmant la fausse (iider. l'eut-èlrc en parleraijc dans un autre

jiiélé , de <lécréiiiter la vraie, beaucoup plus discours, et vous verrez bien que mon inlen-

esl-il (]uand celui qui se mêle d'en juger csl lion isiî l'ut jamais de les autoriser : du reste un esprit profane qui se soucie peu de cou- j'ai dit que j'en laissais à Dieu le jugement, f!)ndre l'une avec l'autre . ou plutôt qui n'at- parce qu'autant (]ue je craindrais de rien lcli)ue l'une que parce qu'il est seciètement av.mccrqui favorisât de telles conununions , ennemi île l'autre ; et qui , bien loin d'user de autant me croirais-je iirévaric :teur de donla précaution nécessaire pour séparer le vrai lier la moimlic atteinte aux conimuninns d'avec le faux, "-cmMe n'avoir point d'autre fré(iuenl< s,]mais ferventes. Les aiitres déshobut que de détiu^re le vrai par le faux : or, norent Jésus-Christ, mais ceibs-ci le gîoce que disait ce l'ère, de la dévotion, j'ai droit rilienl; et comme je dirais anatîiéme à quide le dire , et la même cxj)érionce le confirme comiue approuverait les communions vaim s louchant la communion : s'il faut tou;onrs et inqi irl'ailes , ansi le dirai-je toujours au crairulre, en condamnant les mauvaises coin- liberlinau^e. (]uand il s'é èv<Ma contre celles munions, de condamnerles bonnes, beaucoup qui sanctilicnl les âmes, et dont le Fils de [dus (luand celui C|Ui s'en l'ait le censeur est Dieu tire sa };loire. Qui iiourrait dire combien iiii esprit perverti (]ui n'a, ni pour les bon- le démon, par ce seul artifice, a retiré de nés, ni pour les mauvaises , nul égard véri- justes des aiilcis"? combien d'épouses de Jetable, cl qui ne compte pour rien de préjudi- sus-(]liri^l il a troublées dans leurs sauiles cier à celles-ci en déclamant contre celles-là. coinnuinications avec l'époux lélesle'.' com-

Et en cffet,à(inoi se termine le zèle malin bieadccoimnuuions.dontlesaniiesseseraient

que je combats? que je combats, (lis-je, dans réjouis dans le ciel , il a comme interdites

les impie s du siècle qui s'en prévalent et ([ui, sur la terre ?

par là, troublent les âmes justes et innocen- Je dis plus : de réioigncmcnl de la comtes; à quoi se réduil-ii? à faire dans l'ilglise nuiniou,le scandale pas^e, si \'on n'a soin de de Dieu ce que faisaient dans le tem|)le de s'en préserver, jusqu'à l'abaiulon et au re- Jérusalem les cnf inls du grand prêtre Héli , Iraiic hrment de tout ce ijui se pratique de plus (jui délouru lient les hommes du sacrifice : saint ilans le christianisme, et c'est la seeiinde crime que détestait le Seigi:cur, et pour le- remarciue de saint Chrvso^tiMne ; car, sup- •liiel il les réprouva : l'cccalinn (jrnude niinis, posé ce prim ipe d'une humilité feiiile et mal i/ui(i rcti alirhiiiil handitcs a .■incrificio Doinini conçue, (]uell!' cnnsé(inence n'en peut-on pas (1 Rcf}., 11) ; ou biin, si vous voulez, à rc- tirer, et à quel exercice de la religiim une nonveler ce que Cwiul dans la suite les pha- âme fidèle n'esl-elle pas tenté • de renoncer? risicns, à qui, pour cela, le Sauveur du A'ous n'êtes pas dignes de vous présenter à monde di-ait avec indignation : .Malheur à la table de Jésus-t^brist , ce sont les paroles Viiiis, qui fermez aux autres le royaume de de saint Chrysostunie ; et êles-vous digues Dieu! car vous n'y entrez pas vous-mêmes , d'entrer dans le temple de Dieu? et êtes-vous et vous arrêtez eucoie ceux qui voudraient dignes de prier et d'invoquer Dieu? et êlesy eulrcrl Vos cnim non iniralis! nrc inli'o lia- vous dignes d'entendre la parole de Dieu? tes sinilis inlrare [MaHh.^ XXlll); figure et êtes-vous dignes d'être admis à la peniscnsible de ce qui s'accomplit tous les jours lence et au tribunal de lamiscricorde de Dieu? dans la personne de ces mondains (jui , par et êtes-vous dignes de chauler avec l'Uglise un endurcissement de cirur, s'étant eux-mê- les louanges de Di(U ? et êtes-vous dignes mes séparés du divin mystère , oiî , selon la d'assister au sacrifice qui est offert à Dieu? pensée de saint Cyrille , le royaume de Dieu il faudra donc par la même raison abandonnons est ouvert, voutlraienl, s'il liur était ner tout cela, et que la \ue de votre indipossible,en exclure tous les autres : voilà à guité,si j'ose m'ex|irimer de la sorte, vous quoi ils travaillent, cl mêm> à quoi is par- tienne dans une espèce d'excommunication V ien lient, en cnnliôlanl les gens de bien sur où vous n'ayc z plus de part à tout ce(jui s'apleurs comnuuiions , eu censurant leur vie, pelle culte et devoir chrétien : Sum, inquis, en critiquant leur conduite, en relevant leurs tiulii/tius comiininionc aUaris : rrfjo et itla moindres défauts, en ne liur pardonnant ijrtoi/iie cviiimiuiiuiic (/ikp in precihiis est ;,er(jo rien, et en leur faisant un crime de tout. et llln tiuœ in rerbn Dei csl [Chrysosl.), Ainsi Saint Augustin , avccloiitis ses lumières, concluait ce saint docteur: et. sans parler des n'osait pas dé'-approuver l'usage de commu- bonnes âmes dont la simjdicitT peut être sénier tous lesjoars; un mondain téméraire iluile par celte illusion , voilà l'avantage qne et avcug'e dans les cIiolcs de Dieu 1j i;un- 1; s libeilins en voudraient remporter; ils se

OUATEUns SACRES. BOUKDALOUE.

3iî

liTiiicnl un plaisir il'éU'ndre à toiitrs les obligalions chrélieniios ces pnrolcs du cenlenicr, cxpliiiuées el rnrioinpues selon leur sens : Domine, non sum dif/nus; c\ comme i s s'en servent | our p.ir.iîlre , tout libertins qu'ils soni , humbles et religieux en ne communiant pas, aussi , passant plus loin, se sauraient-ils bon gré d'.ivnir trouvé moyen ('e ne paraître jamais dans nos temples par rrspecl ; de ne plus prier par rrsperl ; de s'affranchir, par respect, de tous leuis devoiis. Or, c'est là , mes chers auditeurs, le scandale qu'il fallait comb.illre; parditunez-mol si j'en parle avec quelque véhénienre, c'est pfiur l'i ni érét de Jésus-Christ e( de sa religion. Que les prélats de ri'!i;lise lassent d s lois et (les ordonnances pour Ciirrigcr les abus de la communion, c'est ce qui les regarde et ( e que je respecterai lotijours; (jue ii's prélres et les pasteurs des âme> t^a^ aillent à 3 apporter ren.éde , c'est leur minisière et c'est pour cela que Dieu les a ciablis : que les particuliers n ême y contribuent selon la mesure de la glace que Dieu leur a donnée, en commençant par eux-ieémi's avant que d'étendre leur zèle sur les autres, c'est ce qui m'édifiera. JMais que des mondains , que des profanes, aveugles dans les choses de DivU , que des hommes peut-être sans foi entreprennent de décider ce qu'il y a de plus important dans la religion, de le régler, d'y mêler leurs erreurs, leurs intérêts, leur impiété, c'est ce que je condamnerai toujours , et sur quoi je m'élèverai hautement contre eux. Appliquonsnous, mes frères (c'est à vous à qui je parle, prêtres du Dieu vivant et ministres de ses autels, séculiers ou réguliers), appliquonsnous à préparer au Seigneur un peuple parfait; unis par le lien de la charité, travaillons à convertir les pécheurs, à perfectionner les justes, à purifier les âmes fidèles, pour les rendre dignes du sacrement de Jésus-Christ; voilà à quoi nous devons nous employer, voilà le but (|uc nous devons nous proposer. Cir, je vous le dis, mes frères , jamais l'Kglise de Dieu ne sera sanctifiée, ni jamais le christianisme ne sera bien ré'orme que par le bon usage de la communion. Raisonnons tant qu'il nous plaira, il en faudra toujours revenir à 1 es ade>rable> paroles du Sauveur : Si vous nemangezia cliairdu Fils de Ibomnie, vous n'aurez point la vie en vous : Xisi man- (luravcrilis caniem Filii liomùiis , non habe- OIlLi vilain in vobis:;\u contraire, si quebiu'un mange de ce pain, il vivra éternellement: Qui inanducat liioïc pancm, vivcl in œlcrnuin; il vivra en ce monde par la grâce, et dans l'autre par la gloire, où nous conduise, etc. SERMON IV.

POUR LE PREMIER VENDRLUI DU CAREME.

Sur l'Aumône.

Cum erf;o faeis cleemobj-uam, uoli tuba cancre anle te, sicul IiypocriLT l'aciiint iii synagngis el in vicis, ul licmoiifi'-enliir :ib tiotniiiilms.

Quand donc l'ous failes l'aumône, ne fuites pas sonner de la trompette devant 1 mis, comnc font les hipcrites dans les stinnqoiiiies el dans les places publiques, pour être honorés des hommes {S. Matlh., cit. VI).

Monseigneur (l),sirEvangilc condamne ces (I) Monsieur, frère uuiiiuc <lu rui.

âmes vaines qui corrompent les plussainles O'uvres par une intention criminelle, et qui cherchent dans leurs aumônes à contenter leur orgueil et à se distinguer, c'est encore avec bien plus de raison et plus de rigueur qu'il doit coiulamner ces âmes dures qui laissent impiloyal/lement souffrir tant de pauvres, et qui les voient presque réduits aux dernières extréniilé-,sans se mettre en peine de les assister dans leurs misères et de pourvoir à leurs besoins. Car ce désordre n'est-il pas plus condamnable que l'autre? Kt que servirait, chrétiens , de vous apprendre quelles vues vous devez vous proposer en faisant 1 aumône, lorsque vous n'êlcs pas même instruits , ou que vous piraissez , au moins dans la piatiijue. si peu persuadés du devoir indispensable qui vous eugage à la faire"?

Quand la loi de Dieu ne nous l'ordonnerait pas, faudrait-il une aulre loi cjuc les sentiments naturels? Et voilà, Slonseigiieur, b s heureuses dispositions que votre .\ltesïe Royale u reçues en naissant , et qu'elle a si bien cultivées. Si les princes sont les images de Dieu , et si la miséricorde est un des premiers caraclères de la divi[iilé, je puis dire que nous voyons dans voire AHesse Royale les plus beaux traits de cet excellent modèle; car nous y voyons, Monseigneur, un prince bienfaisant, dont rinelination préloniinanle est d'obliger et de faire des grâces ; un prince libéral el magnilique, (jui prend plaisir à dispenser ses d^ns, el (jui met sa grandeur à les répandre, non le.oins sur les p tits que sur les grands mêines ; un prince preven.intet affable , qui , par des manières toujours engageantes, par un accueil toujours ouvert et un visage où la douceur est peinte, inspire à ceux qui l'approchent autant de confiance que la pompe de sa cour, l'éclat de sa naissance, la dignilé de sa personne, leur impriment de respect et de vénération; un prince charitable et compali^sanl , toujours prél à écouter les humbles supplications des aflligé^, et toujours disposé à prendre en main leur cause et à défendre leurs iniérêts. Ce ne sont point là , iMonseigneur, de ces éloges cludics que la flatlerie donne aux princes, et qui quel(]uefois expriment plulôt ce qu'ils doivent être que ce ((u'ils sont; je ne dis rien que n'ait dit cent fois avant moi , que ne dise encore tous les jours , comme moi et au^si hautement que moi , loul ce peuple qui m'écoute , et dont vous possédez les cœurs. Jiisic et glorieuse possession, où vous a mainlenu jusqu'à présent , et où vous mainlieiidra cette grandeur d'âme qui par.iîl entoul,cetic générosité de senlimenls, celle bmilé de narel, tant d'autres ((ualiles que nous admirons; el , s'il m'est peniiis de le dire, Monseigneur, pour m'acquitler do mon minisière et pour votre édification , qui ne doivent pas seulement servir à faire de voire .Miesse Royale un prince selon le cœur des hommes , mais un |irince vraiment chrétien et selon le comip de Dieu. J'aurai donc l'avantage , Monseigneur, en parlant de l'aumône et du soin drs pauvres, d'entrer dans vos vues et de secon-

5*5 CAIIEME. SKUMON IV. SLIi LAIMO.NE. 350

dcr voIrozMc.Los Pcn^s scmbloni avoir épuisé pi'.kmikhe partie. sur ce sujet leur éloquence; saint Jean Chry- 11 y a un préceple de l'aumône, et ce présoslome ne faisait presque pas un discours ccple, sur ijuni est-il fondé? ce précenle, en au peuple, qu'il ne recoiuiiiandâl la cliarilé ([uelles conjonclures.en (|ueliesnéci'ssitcs(les cl 1.1 nii^éiicoide cluélienue, et c'est ce qui [)auvres oblige-l-il? Ce sont les points imle fil apprler le Prcilicaleitr de rAumôiie. poilanis que j'ai d'abord à éclaircir, el qui Avant que de proposer mon dessein, iinpio- dem.indeiil, chrétiens, toute votre réflexion, rons le secours du ciel, et adressons-nous, Qu'il y ail un précepte de l'aumône, c'est i0!ir l'obtenir, à la Mère de miséricorde, eu une vérité constanle. Le Sauveur du monde ui dis.inl : Ave, Marin, nous l'a expresséineiil déclaré d.insson Evan- Rien n'e>t plus ordiii.iire, dans le chris- gile ; et ce commandement est si rii,'oureux, tianisme, (|ue d'entendre p.uler de l'exccl- qu'il suflira de ne l'avoir pas accompli pour lence et des avantages de l'aumône ; mais on élie réprouvé de Dieu, el pour enlendre ce n'est puère accoutumé, ou du moins on ne formidable arrêt : Discrdile u me, inaUdicti se l'iait guère à entendre parler du précepte [Mallh., XXV) : Relirez- vous de moi, niauet de la néce^^ité de l'aumône. Ceux qui ne dits. M.iis où iront-ils, el à ((uoi sont-ils réla font pas n'en ont communément nul scru- SiTvés'.' au feu éternel : In ii/ncin œlcnniin. pule, et ne s'en accusent jamais au Iribun.il Pourquoi? en voici la raison : c'est, dira le de la pénitence; et ceux (jui la font, dit Seigneur, (]ue j'ai eu faim, el que vous ne saint Jean Clirysoslome, la regardent volon- m'avez pas donné à manger : Esurii i enlin, tiers comme une cc\ivre de surérogalion, et cl non dcdislis inihi uianducari'; c'est que non point comme une obligation élroilcet ri- j'ai été malade et en prison, et que vous ne goureuse. Ils la l'ont, mais auméme temps ils m'avez pas vis lé : Infunius et in caiccrc, et ont une secrète comilaisance de f lire au- non c/.si/d.s^j.f «le ; c'est ()ne dans la personne delà de leurs devoirs; ils se llattent de cette des pauvres, (]ue je regardais comme mes (repensée, et ils aiment à s'y entretenir, soit res, comme mes memlires vivants, j'ai soufpour se conserver la liberté de ne pas don- ferl des besoins extrêmes, et que vous n'aner, soit pour s'alliibuer tout le mérite de vez pas pen^é à me secourir : S'ndiis, et non ce ((u'ils donnent. C'est néanmoins une vé- cooperuislis me. Chose étrange 1 reprend rilé incontestable, que la loi de Dieu nous saint ('hrysO' tome, 1 Kvangile ne marque oblige à soulager les pauvres par nos au- point d'autre chef d'aceusalion que celui-là : inônes; cl celle loi, cbrélicns, est si sévère, comme si toute la rigU'ur du jugement de qu'il n y v.i pas moinsqucde notre salut éler- Dieu devait consister dans la discussion de ce nel. Dieu ne veut point vous ôler le mérite seul article; el que Jésus-Christ, en qualité de votic charité quind vous faites l'aumône, de souver.un juge, ne dût venir à la fin des mais il n'est pas ju^te aussi que vous lui siècles ((ue [lonr condamner la dureté et l'inôtiez ou <ii:c vous prétendiez lui ôler le sensihililé des riches envers les pauvres, fionvoir qu'il a et cju'il atira toujours de Or, ci' Dieu si juste el si équitable, ajoute vous la commander; comme il ne vous re- le même Père, ne réprouvera jamais les fuse pas l'un, vous ne pouvez lui contester hommes pour avoir omis de simples conl'autre; cl, pour vous inspirer là-dessus seiis , mais pour avoir violé ses préccples. toute la soumission iiéec-saire, il faut vous 11 faut donc, conclul-il, que l'aumône soit bien convaincre de Irois choses. En premier un préceple : celte preuve e>l convaincante lieu, (jue l'aumône n'est point un simple con- et résout en [leu de paroles lou'e la qiiesseil, mais un préceple. En second lieu, que lion.

re n'est point un conimimlement vague el Allons plus avant, diiéliens, el voyons indéfini, mais déterminé à nue certaine ma- sur quoi ce précepte est fondé. Car de là, lière. En Iroisième lieu, que ce précepte doit comme d'une source féconde, je tirerai nonélre observé avec ordre el selon les règles seulement de gr, miles lomières pour vous de la charilé. Or, voilà lis trois points qui instruire, mais de puiss.inls motifs pour vous vont partager ce discours. Je dis donc qu'il y excilerà la pratique d'un devoir si essena un préceple de l'aumône, et mon dessein lie! el d'une loi dont la Iransgres.Mon doit est de vous faire voir sur quoi il est fondé : avoir pour vous des conséquences si affreuce sera la première i>artie. Je dis qu'il y a ses. Sur quoi, dis-je, esl fondé le précepte de une matière an'ectée el destinée de Dieu pour l'aumône? ceci esl remarquable. Sur deux l'aumône, et je prétends aujourd'liui vous la titres, ré|ionil le docteur angélique saint déterminer : ce sera la seconde partie. Enfin, '1 hom.is : savoir, la sonverainelé de Dieu je dis qu'il y a un ordre à garder dans l'au- d'une part, et de l'autre, l'iniligence du proniône, et je veux vous le laire connailre ; ce cliaiu. Deux principes d'où resuite pour les sera la c^ nelusion. Trois points de morale riches du siècle une obligation si étioite, que je vais développer selon les prin ipcs les que l'aumône n'est p.as seulenu'nt à leur plus communs de la théologie. Car ne pen- égard un précepte, mais un précepte de sez pas que j'afl'ecte ici une sévérité particu- droit naturel, mais un préceple de droit dilière et outrée. Quand il s'agit d'obligation >in; et par conséquent, un précepte dont de conscience, surtout de péché mortel, nulle puissance sur la terre ne les peut disnous ne devons dire que ce qu'il y a de penser. Appliciucz-vous, cl ne perdez rien de vrai el d'incontestablement vrai. Préceple de cette morale.

l'aumône, matière del'aumône, ordrede l'au- En effi l, mes chers audilenrs, Dieu esl îc

Uiône; c'est loul le sujti de >ytre allenlion souverain maître de vos biens, il en esl io

onAri;n'.s sacres. boliu)aloii:.

seigneur, il en est mt^nie ;il)S(jhiiii('nl l(> vr;ii pr(i[)rict;iirc ;('! p;irconi|iar.iisonilo \oi!s;'i lui, vous n'eu t'tPS, à le bien iiren(lro,(]ii('lesocon()mcs et les disp(Mtsntours. C'est ce ((ue la raison (l la foi nous dénionlrenl é\ iileniincnl. Or, puisque vos biens soûl à Dieu par liroilile souveraineté, vous lui en devez le triliul, rtioniinaj^e, la reconnaissanee; et puisipi'il en a la propriété même, et qu'elle lui appartient, il en doit avoir les l'ruils. Que fait Dieu, cbiéliens? il alTeclc ce tribut et ces fruits à la subsistance des pauvres ; c'est-àdire (lu'au lieu d'exiger ce tribut par lui-;nêaie ( t pour hii-méme, ce qui ne convient pas à sa giandcur, il rexi|:fe par les mains des pauvres; ou i)lutôt il substitue les p.;uvres pour l'exiger en son nom. ïel'cnient (juc i'auiiiAne, (]ui, par rappoit au pauvre, est un devoir de charité cl de luiséricorde, est, par rapport à Dieu, un devoir de justice, un devoir de dépendance (l de sujétion; et c'est ce ([ue le S iinl-K<pril nous a fait entendre par cette belle parole : Honora Doniiniim de tua snhslavtia [Prov., 111). Prenez garde, s'il vous plaît : il veut (i,ne I hoiome fasse honneur à bieu de ses biens qu'il a reçus de la main de Dieu ; et l'iionuiie, dit saint Léou pape, s'ac(iuitle de ce de\oir en pajant à Dieu, et comme vassal, et comme sujet, les droits dont il lui est redevable. Droits honorifiques, puisqu'on effet ils honorent Dieu ; mais au même temps droits utiles et profitables aux pauvres, à qui Dieu, par sa providence, les a résignés. C ir Dieu, j • le répèle, a établi les pauvres dans le monde pour recueillir ses droits en sa place; et l'aiimônc est le seul moyen par où les riches puissent rendre à Dieu ce qu'ils lui doivent. C'e^t pourquoi saint Pierre Chrjsologue, parliut des |iauvres, leur donne une qualité bim glorieuse il une commission bien honorable, lorsqu'il hs appelle les neeveurs du domaine de Dieu, et qu'il nous fait considérer la main du pauvre comme le trésor de Dieu sur la ti'rre : (îazojiltijlacium Dei, manHH pauperis {Clin/sol.).

Oue fait donc le rieliiî quand il oublie le pauvre, et qu'il lui refuse l'auniône? vous ne vous èles peut-être jamais forn>é l'idée de ce péché telle que je la conçois et telle que ri*;crilure même nous la donne. Je dis qu'un riche (]Mi refuse au pauvre l'auniôue, <st un sujet rebelW" qui refuse le tribul à sou souverain ; (jue c'est liu vassal orgireiilerix ipri, par i;n esprit d indépeirdance, ne veirt pas iccoimaîire son seigiu-ur. Kxcellentc idée, qui norrs fait com|)rendre, (Pririe |iarl, la srrpérioiilé infruie de l'être de Dieu, et de l'airtre, la natur(î de l'auruôrie. C rr de là, lues chers auditeurs, ji- lire deux corrsé(ir:enfC'i (jui ne peuverrt être, ni assez alteiilivenuMii méditées, ni assez forternent prêchccs dans le christianisme. La firemiére, qurl est essentiel à rarimêjned'étre faitedans un senlimerit d'huruilitê; et (jue, bien loin que ce soit uneceuvre propre à nous inspirer l'orpr;eil et à nous eirller, elle nous tient au cou- Ir.iire dans la sonmissiou, en nous rédrrisanf a la coairaissance de rieus - mêmes. Pour-

quoi ? parce qrre l'auun'jiie < s! essrritieliemet.t un aveu que l'homure fait à Dieu de sa dépendance. Or, il n'est pas naturel qu'un sujet lire vanité de sa condition de sujet, iri du témoignage même qu'il rend de sa fidélité et de son obéissance.

Et c'est le s crci que comprit parf litemcrrt Abrabaru, lorsiju'il reçut trois anges dans sa maison sous la tigirre et sous l'habit de trois pauvres. Llùritirre dit qrre, poirrse disposer à leur rendre ce devoir d'hospitalité, il s'hirnrilia ; et saint Augustirr ajoute ([ue, prosl<riié eu leur piéserrce, les vojanl trois, il rr'en adora qu'un : Très vidit ,eliiiium adoi'iivil [Aiiiju.'il ), Qirc signifieni cis p.iroles?en adora-l il uniles trois qu'il voyait, ou s'éievant au-dessus des trois, err adora !-il unquaîrième qu'il ne voyait pas ? Oue!qucs-r;iiS ont cru (jire Dieu, dés lois, pa.r ur-.e grâce jiar lirulière, lui révéla l'airgirstc mystère de IrrulTible Trinité; et (]ee l'adoration d'un seul, à la vue de trois, fut coiinrre la confession de foi qrr'en fit ce saint patriarche, reconnaissant en trois personnes l'unité d'un Dieu : c'( st la pensée de saint Augusiin , aussi solide qu'iiigénieuse. M. lis il uic semble que saint Jéiônre a pris la chose dans urr sens plus nalurel ; et j'aime nricux dire avec lui, qu'Abraham, vovanl Iros pauvres, se prosterna devant Dieu, parce qu'il allait payer à Dieu, dans la p( rsonne de ces trois pauvres, le tribul <le ses bu'ris; comme s'il eût ainsi voulir marqrrer le principe de l'aumône qrr'il allait faire, i t nous monlrer, par son exemple, avec quel esprit irous la devons faire ruuis-rr.ênu'S. Car lelleest, mes frères, dit saint Cl'.i'ysostome, la première vue que nous devons avoir ilairs nos aumônes, puisque raunione esi une <'spèce de culle que nous rendons à Di; u. Tel est le premier senliiirent que la foi doit former dans nos cœurs, et dont elle nous doit remplir: un sentiment de vénéialion jaiirr Dieu. Que vais-je f.iire par celle auruôru'? Je vais reconnaître l'empiic de Dieu sirr moi. Je vai.« protester à Dieir qu'il est mon Dieir, et (jue je suis sa crcatirre. Oui, Seigneur, et c'est pour cela que je me mets en devoir d'assiter le pauvre, délaissé et abaiulonné. lîn le soulageant dans sa iuisère,je ne vous donnerai rien; et que pourrais-je vous donnci', ô luon Dieu! voirs êtes Ir'op richi', et je je suis trop faible ; ruais je prétends par là même avou''r lua faiblesse; je prétends confi sser par là que tout ce qr:e j'ai est à vous, et que je ir'ai rien qrri ne relève de vous. Aiirsi, di -je, y dut procéder un chiélien qui veut satisfaire au précepte de I ai; mène en cirrétieir.

De là suit une autre coirsé(]irenre : ([ue l'aumône, pour être l'aile dans la rigireiiidu précepte, doit être proportionnée arrx biens et à leur (juantilê. Car Dieu,ii;es chers auiliteurs, qui règle tout par sa sagesse, el qui a tout fait avec nombre, poids et mesure, exige de vous ce tribut selon toute l'étendue de votre pouvoir. Les princes de la terre n'en usent pas toujours de la sorte; et souvent par des raisons de politique, que la nécessité même auioiise, ils se Irou' eut obligés à tirer l,s plus grands secours de leurs luuia-

(;\RI.M!:. SF.UMON IV. siu i.'aimom:.

5St

(Ires sujet;, pcmljinl qu'ils i)u'Mi;n;oiit 1rs p!ns «•|)iili'nN <•( les plus ,ii>és. M.iis noire Dieu, qui ne vnii pDiiilde uéccssilc'" suiiéiicurc à sa loi, ri (liv.iiil i]ui (ouïes les condilioiis du ino:ido iK' sont rien, sans se nlildier de ses droits, el s.ins éi^.ird à vos personnes, f.iit une imposilion réelle sur vos biens. Klcs- »ous (lins r.iliond.Mice? il alleiid (U' vous un trihnl ahond.int , el e'esl vous Haller on, (>onr mieux dire, c'est \ous tromper vousinè.iu's, si vous vous en tenez (luiltes pour de lés;ù:es ainnôii'S, {]uand \()'is pouvez les t-rossir, et que vou^ avez de (|uoi r)urnirà d ' plus amples laii;e^ses. .Mn:s, d.isnil saint .\nilu'oise,ce n'est point aumône «lue de donner peu, lorsqu'on a beaucoup reçu : Non est dffinofyiKi e inultis paiica hirijiri (,1 /«/»•.). Sur (luoi ce saint docteur ajoutait : Non crijo ijitid fiiaddio c.rspiins, sril ([nid religiovis aj'l'crhi ri stuilio cuitfcr<i.i pcnsonduin r.tl ; l'ieue/ donc iiarde, concluai!-il en parlant à un riche cliiclicn, (|ue l'aumône n'est point une (cnvre de surérogalion, niai> une dette dont Dieu vous a charité ; et qu'il ne s'a;;it pas seulement pour vousd.' donner aux p aivres le rebut de voirc maison, et je ne sais quels restes de vo're luxe, jetés au hasard ou arrachés par iniporlunilé, comme peut-èlre vous vous êtes contenté jusqu'à présent de le l'aire, parce que traiter ainsi votre Dieu cl le iiaitaj^er si mal, c'est leniéiiriser : Non etijo <ji(id fiislidio cjLspuds. .Mais voulez-vous lui rendre ceqiii lui est dû'? ieiiticz-("n vousmême, evamiiiez vos facultés et vos forces ; pesez, mais d.iiis la balance du sanclu lire, comui! lit \ous fiites l'aumône; si vous la liiites avi'C cet esprit d'éijuité, avec celle exacte proportion ijue la loi demande; si ^oiis la faites sullisammeni, si vous la faiies libéralement , si vous la faites pleinement. (lar ce (juc vous devez craindre, pouiMiivait saint Ambroise, c'est qu'au lieu d'élre réioinpensé pour avoir donné, vous nesojez puni pour a\oir donné trop peu : Hlfiuriiduni rsl. cnim ne. pluf plcclniia uli ffUiiln, quiiin compensci ts ub dnla [Idem).

Or, quel csl , mes chers auditeurs, le ■graïut désordre (jui replie aujourd'hui d.iiis le monde, je dis môme dans le monJ,' chrétien? Fermellez moi de vous le re|): ésenier, el porlez-eu devant Dieu la confusion, i^ael est, dis-je, l'injusle procédé des riches mondains? Le voici : ils mesurent tout, liors i'aumôiie, sur le pied de leurs ie\eiius el de leurs biens. Je m'explique. Ils veulent être ser\isà pro|)orti(>n de leuis biens, ils veulenl être velus à propoitioii de leurs biens, ils >euleni être lo;.'és, meublés, à proportion de leurs biens, et non-seuleoient à proportion, mais souieiit bien au-de:à de cel.e propoiiiun; car à quels excès ne va-t-on pas? . il n'y a (]ue laiimône où ion ne se piijue de nulle proportion , quoiqu'il n'y ait (jue l'aumône où |;i proi)orlio!i soit un devoir indispensable ; car, en vérité , mes frères , les riches du siècle rè;;lenl-i!s burs auaiôiies par leurs biens, et quelle proportion voyonsnous entre ce qu'il leur en coûte pour le soulagement des pauvres, el ce que l'espiit

du momie leur fait sacrifier à tant d'autres dépenses ? r.'est-A-dire, les riches du siècle sont-ils magnifiiines dans leurs aumônes, autant, par proportion, qu'ils sontsupeilx» dans leurs babils, autant (]u'ils sont splendiiles dans leurs labiés, autant qu'ils sonl prodi^'ues dans leur jeu ? .l'en appelle à euxmêmes, l'ist-ce de leur part que viennent les pr.iiules contributions pour l'entretien des pauvres? Est-ce par eux que les hôpitaux subsistent? par eux (jue tant de malades sont consolés? p.ir eux que tant de [irisonni;'rs sonl secourus? Ou'um' famille soit ruinée, qu'une province soil d.uis la désolation , (ju'un étalilissement de piété soil prêt à tomber, est-ce sur eux que l'on doit f;iire fond pour y pourvoir? N'est-ce pas, ,iu contraire, dans les coiulilions, dans les fortunes médiocres, que Dieu, par sa miséricorde, fait trouver les plus abondantes ressources? Combien , d.ii'.s ci;ltc ville eapilale, de personnes vertueuses, à qui leur elat ne fournit rien ou presque rien au-delà du néressiire , savent néanmoins ménager sur ce nécessaire de quoi subvenir aux besoins des pauvres? !.e dirai-je? (Combien de pauvres sont plus charitables, plus libéraux pour les pauvres, que ces [luissants, que ces opulenis, qui tiennent dans le monde les premières pl.ircs, et que Dieu a comblés de ses bénédictions leniporclles? Cepen lant c'est une loi , et une loi j,'enerale et absolue, ipic l'aumône cl les biens doivent être pniporlioniiés , et (juand Dieu viendra pour vous juger, il est de la foi (ju'il pren Ira [lour règle de son jugement cette proportion. Vos biens, compares à vos aumônes, ou vos .lumôncs, comp.irces à vos biens . c'est ce qui doit fiire, à son tribunal, ou votre jusiilication, ou voire condamnation. Pourquoi? parce qu'étant le souverain seigneur, plus il vous a l'ait jiart de ses dons, plus il a droit d'en exiger le légilime hommage, et que la raisoîs même naturelle le veut ainsi. Siuverainelé de Dieu, premier fondement du preeepie de l'aumône. (Juel est le sei on I?

C'est l'indigence et la nécessité du prochain, à quoi Dieu vous oblge de pourvoir, et par tiliv de justice, el par titre de charité. Suivez-moi : litre de justice , parce que e'esl pour cela même, el uniijueiiient pour cel.i , que sa l'rovideme vous a faits ce que vous êtes, et qu'ille vous a élevés à ce degré ue prospérité ([ui vous dislingue; car \t faut vous détromper, ciiréliens , d'une trreur aussi commune dans la pratique, qu'elle est insoutenable dans la spéculation , el ne vous pas persuader, si vous êtes riches, que vous le soyez pour vous-:i:èmes. Ce ne sont point là les vues de Dieu , ce nesl point là sa conduile. Vous êtes riches, mais pour qui ? pour les pauvres; et, s'il n'y avait des [lauvres dans le monde, j'ose dire que Dieu, l'ai bitic el le suprême modérateur de tontes les Conditions du monde, ne vous aurait jamais donné ces biens (|ue vous possédez. Qu'a-l-il donc prétendu , et que prétend-il eneore?Oue vous soyez les subslltuts, les ministres, les coop'ratcure de sa Providencd

g.^ Or.ATLURS SACRES. BOIJUDALOUE. 556

à l'é-'arJ des pauvres. Voilà ce qu'il s'est que vous , à la même gloire que vous? ne nroposc ;'t à quoi il vous a «lestinés. Emploi soiit-ce pas les hcMiliers de Dieu, les cohéidus iiloi-euK pour \ous, emploi mille fois nliers de Jesus-Clirisl aussi bien que vous ? Diusestimalile que vos richesses nièmes; car Or, quel moyen, reprend le disciple bienou'eM-ce pour des homim's que dèlre les aimé saint Jean, que, leur etaiil unis d'un coopéralcurs de leur Dieu? Or, comprenez nœud si intime et par lanl deudroils, vous ma pensée : si Dieu, iminédialemenl et par les puissiez voir dans la soulTrance , et ne lui-même avait pris soin de pourvoir aux. leur pas ouvrir les entrailles de votre misébesoins des pauvres, il y aurait pourvu abon- i icorde? on que vous puissiez les abandonner damment cl en Dieu. Vous donc , les coo- dins leur diselle, el avoir l'amour et la chapéraleurs de Dieu, vous les ministres, les riié de Dieu en vous? .Mais si vous n'avez substituts de Dieu, commcnl y devez-vous pas alors l'amour de D eu , ^ous èles donc subvenir? comme Dieu. Tel est le soin dont ennemis d,' Dieu ; si vous élcs ennemis de il s'est decbar"é sur vous; telle est la com- Dieu , vous avez donc viide un précepte de mission qu'il v'ous a donnée. Il a voulu f.iire Dieu ; el ce juéeeple ne peut èire que l'indé' endre les pauvres de votre charité , afin conleslablett l'indispensable commandement nue cette dépendance fut le lien (jui formât tic Vmimànv: Qui lialiueril subslnntium hiijus entre eux et vous une muluidle société. nnindi, el ridciit fralrem suum nccessitiitem Mais, du reste, ce que je conclus , c'est que Itaberc, et clauseril viscera sua ab eo, quonw l'aum'ôiie n'est 'po'"t seulement une chanté do chariias Dcimanel in eo (I Joan., III) pure, une charité gratuite, puis(ine vous ne El ne pensons pas (jne ce devoir ne redonnez au pauvre que ce que vous avez reçu garde que certaines nécessités des pauvres pour le pauvre, et avec une obligation étroite plus pressantes et plus rares. Quand je dis de l'employer au profit tlu pauvre. Ce que que la justice, que la ch.irilé nous oblige à je conclus, c'est que, manquant à faire l'au- aider nos (ré: es dans leurs besoins , qu'eslmône , ou la faisant au-dessous de votre ce que j'entends? be>oiMS communs, tels condil'ion, vous outragez , vous déshonorez , qu'ils se présentent tous les jours à nos je dis plus, vous détruisez en (juelqne sorte, yeux , ou tels que muis ne le^ connaissons vous anéantissez la piovidence de Dieu, pas , mais dont sans doute' nous serions Pourquoi? Parce qu'autant qu'il e-t en vous, émus, tout coaimuns qu'ils sont , si nous vous la rendez imparfaite et défectueuse, étions plus attentifs à les découvrir et aies parce que ^ous autorisez contre elle les connaître. Car c'est une antre illusion i\ m plaintes et les murmures des pauvres , parce moins grossière et qui rein erse tontes les que vous leur donnez un spécieux prétexte lois de rhumani;é , de cioire que le précepte de l'accuser, de la blasphémer, de la re- de l'aumône n'est rigoureux qu'à l'égaid des ,j,i„P(.|.. nécessités extrêmes des pauvres. Outre ces >.l. lis pensez- vous que Dieu, jaloux de sa extrêmes nécessités, il y a des nécessités gloire, el touché des repro( lies injurieux que griéves et plus fréiiucntes ; et si Dieu , d ns lui attirent vos sordiiles épargnes à l'égard ces grièves nécessilés nous p 'rmeltait de laisdes pauvres , ne les fasse pas retomber sur ser les pauvres sans secours , conmient lo vous-mêmes, souvent par des veiig -anecs S .uvcur du monde , en condamnant un jour d'autanl jdus terribles qu'elles sont moins lanl de réprouvés, prendrait il pour le sujet connues? Je ne parle point de ces malédic- capital el universel de leur réprob.ilion l'oulioiis temi orelles qu'il répand quelquefois b'.i volontaire des pauvres? Y a-t-il donc sur ces riches si insensibles cl si resserrés, tant de riches assez impitoyables loiir voir Je ne parle |>oinl de ces renversements de périr un pauvre à leurs yeux, pour le voir fortuné , de ces coups imprévus qui pai le ni presque réduit aux abois el (irêt à rendre l'âde la main du Dieu vengeur des pauvres, me , sans prendre soin de lui conserver la S'il ne s'aUaque pas loup)urs à vos biens , vie et de le tirer d'une tel^e cxirémilé? Y vous en devez plus craindre (lour vos per- a-l-il d'ailleurs lanl de pauvres d.ins un état sonnes, vous en devez (dus craindre pour si miséralde el si dé; ourvu ? Par conséquent, votre âme. Vous oubliez ses pauvres , d'au- concluent les théologiens, pour « xpliquer très ne les oublieront pas. Dieu vous avait l'Kvangile, il ne faut pas seulement l'entenélcvés pour leur sonligiiuent, d'autres se- die de ces '.léccssités extraordinaires , mais ronl substitués pour vi\ être les tuteurs; des auires iiiii nous frappent plus communemais, en prenant sur la terre votre place au- ment la vue , el à quoi Dieu nous ordonne, près des pauvres, ils auront dans le ciel sous peine dune damnation éternelle , d'apla place qui vousétiil réservée auprès de porterie remède qui dépend de nous cl que Dieu. nous avons dans les mains. En sorte que, Titre de chuité. Ahl mes chers auditeurs, suivant la pensée d'un des plus savants qui sont ces infortunés dont je plaide aujour- liomiiK's du siècle passé, un chrétien (|ui d liui la cau^e; et qui que vous puissiez êire, formerait ou qui forme en effet celle résoluselon le monde , ne sonl-cc pas vos frères? lion, de ne faire l'aiimône que dans les ib rn'est-ce pas , dans te langage du Saiul-Es- nières nécessités des pauvres, dès là commet prit, votre propre chair; c'est-à-dire, ces un péché grief et perd la grâce île Dieu, pauvres , ne sonl-ce pas des hommes de mê- parce qu'il est dans une disposition crimii;ie nature que vous? lie sont-ce pas les en- nelle et dans une volonté direclemcnt oppcfaiils de Dieu comme \ous, appelés à la sée à la loi de Dieu, même adoption que vous, à la même giâee Tristes vérités pour vous, riches du monde f

îtl CAREME. Sl.r.MON IV. SUR L'AUMONE. 3,',8

ol (]'ii lie coiifiriiiciil <iiio Irop ce lorril.Io piolpxios pour ûliidci' la loi di- Dieu cl l'oîiii.iihèmc que li- Fils de Diiii a prononcé bliïï;.ilioii (lu'flle leur iniiiosc. C'est, .ijoiilc contre vous : Vtc vobi.i iltritihic ; iii:i\hi-ur ii ce graïui peisoniMj^e, assisriier aux pau- V(!iis, qui vivez (l.iiis l'opiileiu-e : potirciiioi ? vres une dette sur le rielie, iii.iis une dette p.irce que voire opulence nièine .1 pri'S(iue sans fonds , une dette litigieuse, une dette toujours l'un de ces <leux eflVls, ou d'iiUunier dont le pauvre se verra iinmanqu iblcmenl dans votre cœur l;i cupidité et l'envie d'avoir, frustré, et dont le rielie croira toujours e'tre an lieu de l'éliindre, ou de vous rtiulie plus en droit de se défendre. Or, il esl important sensuels et plus amateurs de voiis-niènies. et nécess.iire d'olivier à d" tels ineoinénienS; Deux principes de votre indiflérence pour les et voici ce que la théologie me fournil de rèpauvres. Car , possédés d'une avare convoi- «les et de piincipes pour en arrêter les dantisc, vous vou.ez proliler de toul cl ne vous gereuses conséiiuences. l'-lle m'appreni que, dess.iisir de rien. Toujouis liicns sur biens, dans les nécessités communes des p.iuvres, toujours acquêts sur acquêts ; toujours les c'est le sui.erllu des riches qui doit faire l.i fnains oiiveiies pour recevoir, el jam.iis pour matière de rauniône. \'oilà d'abord ce iiuelle donner : que dis-je? cl souvent même f.illùt- suppose; et, en le supposanl, elle se fonde il dépouiller le pauvre el lui arracher le peu sur les maximes les plus constantes de la raiqui lui reste, bien loin de contribuer à sa son el delà foi; car elle s'attache à la parole subsistance , l'allùlHl i'iqiprimer, bien loin expresse de saint Paul , qui veut que dans le de le relever, tout n'est-il pas mis en usage christianisme l'abondance des uns soit le pour contenter la faim insatiable qui vous dé- supplément de l'indigence des autres : Vestra vore? Les droits les plus saints ne sont - ils autem nbiindantia inopinm ilhirum suppléât pas foules aux pieds? ne se porte-ton p.is (Il Car., \'IH). Or, ce que l'Apôtre appelle jusqu'à la violence la plus injuste el la plus abondance, n'est rien autre chose que le sucriante, jusqu'à la cruauté, juscju'à la bar- perllu mêincdonl je p.irle. Elle s'en tient au barie'? Ou bien, idolâtres de vos sens et tuul coiisenlemeut unanime des l'éres qui, s'exoccupés de vous-mêmes, vous n'avez d'iil- pliqiiant sur ce supeillu , l'ont toujours rclentiou que pour vous mêmes, de seiitiuienl gardé comme un bien qui appartienl aux que pour vous-mêmes. Que le pauvre pâlisse pauvres, comme un bien dont les riches sont dans la disette, (jne le malade l.inguisse sur seulement lesdé|iositaircset lesdislribuleurs, la piiille, (lue la veuve chargée d'enfanis comme un bien (jii'ils ne peuvent retenir dans et percée de leurs cris ressente toutes leurs les nécessités publi(]ues sans commcllre la douleurs , el ne puisse répondre à leurs gé- [ilus criminelle injustice, et, selon l'expresmisseuients que par ses larm"s ; comme ce sion de saint Ambroise, sans se rendre cousoril des maux étrangers el qui n'approchent pables de vol. Car c'est ainsi que s'en dépoiiil de vous, pourvu que votre sensualité clarece saint doeteur, dont la mor.iled'ailleurs soit satisfaite , pourvu que votre corps ail est des plus exactes cl d'un caractère moins toutes ses commodités et toutes ses eises, outré : jYo;i cnini iiuijiis crlincn est linlienli vous êtes contents et vous ne [eusez guères si tullcrc, quiim cum itlMiniIns iiulif/ctiti (Inicijare les autres le doivent être. .M lis Uieu y pense, {Ambr.). Oui , disait ( c l'ère, vous devez être et viendra le temps où il saura vous y faire persuadé (pie ce n'esl pas un moindie crime penser malgré vous , quand , pour la juslilî- de refuser au piuvre votre superllu, que de cation de sa Providence , il vous demandera lui enlever son bien même. I''lle s'appuie sur raison du pauvre; (iiiand il vous traitera le raisonnement de s linl Tlmmas , tiré de la comme vous avez traité le pauvre: quand il nature même des choses et de l'ordre privoiisjugerasansmiséricordecomme vousavez niitif où Uieu lesavait créées. Car dans la jircrejelé le pauvre sans compassion. Voilà, mes niière intention de Dieu , dit le docteur ancliers auditeurs, surijuoi il faudrait s'exa- gélique, c'est-à-dire, avant (juc le péché eût miner, s'accuser soi-même. Voilà de tous les dépouillé l'homme de cette justice origimdlc points de conscience l'un des plus essentiels, (]ui tenait dans une règle si parfaite ses afet sur quoi les ministres du Seigneur de- fections el ses désirs, tous les biens de la terre vraient èlre plus vigilants et plus sévères, étaient communs; el si Dieu, dans la suite puisqu'il y va de l'hnnneur de Dieu el de des temps, en a ordonne le parlage, ce n'est l'intérêt du pro( bain. Cependant, convaincus que pour corriger le désordre du péché, el du précepte de l'aumône, vous voulez sa- pour réprimer la cupidité de l'iioiumc. Or, voir quelle en doit être la malière, et c'est ce ce parlage, reprend saint Tliomas, ne sérail que je vais vous apprendre d.ins la seconde pis l'ouvrage (Je Dieu , si le superllu des uns partie. lie devait 6ire commuiiiqué aux autres.

SECONDE PARTIE. Et Cil effet , cliréUeiis , à le bien prendre, Dieu

Etablir le précepte de l'aumône, el n'en pas n'a 1 ien fait de superllu dans le monde; el ce

déterminer la matière, c'est , dans le senti- que nous appelons superflu n'est point en

ment du docte chancelier Gersoii, troubler soi ni absolument superflu : ou, si vous vou-

les âmes faibles el scrupuleuses, et autoriser, lez, ce qui l'est pour le riche, ne l'est pas

sans le piélendie, les âmes insensibles cl pour le pauvre. Pour le riche, c'est superllu,

dures. C'est, dis-je, troubler les âmes f lililes pour le pauvre, c'est nécessaire. Mystère de

el scrupuleuses en les jetant dans l'emb.ir- providence, el d'une providence infiniment

ras d'une décision dont elles sont par elles- sage; mystère que le grand Apôtre dévelop-.

mêmes iivca[)ables ; etc'estauloriser les âmes pa^l aux Corinthiens, en leur faisant remar-

inscnsiblcs el duics, en leur laissant de vains ijucr coiameul Dieu iiar là avail voulu réla-

j,59 OK.VÏF.IT.S SAtHî'.S. nOUilHALOrE. 3fi0

Mir cclto bipiiliotiroiiso é^nlilé do l'cinl il'in- m-l, ou psl-c.> un oint im;i!ïiii,iir(> ? rst-ce un

iiocencc : \'csira aulnn <tlniniliinliii illonim clai borné, ou est-ce un c(,il sans liiiiiles ?

inopiam suppirat , ni pal <rijHiilii(if , sicut csl-cc un élat ilont Dieu soit l'auteur, ou cst-

scripliim (Si : qui miillum, 7Uiu aliundaril . et ve un étal (juc se soit fait une passion aveu-

(/iii moilicuin, non iniitoiavil (11 Cor., VIÎI) : pic? car voilà le nœud de toute la (lillicullé.

tjue \olre abomiaiu-e, ce sont toujours les Si c'est un état qui n'ait point de liorues, un

paroles du niailre des nations, que votre étal qui ne soit Ibndé que sur les vastes idées

abondance supjdéc à li diseito de vos frères, de voire orgueil, un état dont le paganisme

alhinuetout soit ég il, conforuiéinent à ce qui niéini' aurait condaniné les al)';s, et dont le

est écrit de la manne qui se partageait de faste ininiodéré soit le scandile et la honte

telle sorte parmi le peupic, que l'un n'en du chrisliinisuie ; ah ! mon tl)er auditeur, je

avait ni pliis ni moins ijuc l'autre, soit qu';l conçois alors comment il peut èlre vrai que

eu eùi beaucoup ou peu recueilli. Saint Tiio- vous u'.ijez roini de superllu ; coaimenl il est

luas porte encore la chose plus loin ; et il possiblecjue !e néccssaireuiè.iie vous maïKjuo.

soutient (]u'il est même de r.ivanlage du riclic (^ar, pour maintenir ces sortes déals, à peine

(lue Dieu l'ail ainsi ordonné : pourquoi? des revenus inmienses sulfiraieut-ils ;< l bien

parce (|ue si le riche avait du superllu dont loin d'en avoir trop, on n'eu a jau\ais assez,

il ne fût ni comptable, ni redevable aux pau- C'est, dis-jo, ce que je comprends ; m lis cj

vres, ce superllu non-seulement no serait plus que je ne comprcmls p is, c'est (]u'élanl ihré-

un don du Dieu, mais une malédiction, puis- liens comm;' vous l'êtes, vous apportiez une

(lue ce serait un des plus grands obsl.ieles telle excuse pour vous dispenser de l'au-

(lu salut. Car 11 est vrai que ri n n'est ni no inôiie. Eu effet, si ces sortes délais prélen-

doil être plus dangereux pour le salut que dus étaient autorisés, et, s'il élait permis de

la superiluiié du bien, surtout d'un bien les maintenir, que deviendrait donc le pré-

abandonné à la discrétion et au gré de l'a- cepte de raunsijae, ou p'.ulol, i\nc deweu-

luour-propre avec un pouvoir sans ré>er\e draient les piuvres en faveur de (jui Dieu !',i

d'en disposer. Il a donc été de la miséricoii'e porté ? où trouverait-on pour li ur eiiirelieii

cl de la providence de Dieu sur les riciies do du superllu dans le monilc, et faudiail-il (5110

leur ôler un pouvoir dont inraillibleinent iU Dieu sans cesse lit dos miracles pour y pour-

abuseraieut, et do ne leur donner le suporllii voir?

que pour en faire part aux pauvres. Tels sont j^l.iis n'entrons poiiit, je le veux, chrétiens, les principes des théologiens, filais quii qu'il dans la discussion de vos étals. Supposonsen soit, '•hrctiens. de tuil s ces réflexions on les tels que vous les imaginez, tels iine \olrc convient, el «'est un sentiment universel, présomption vous les fait envisager : voyons que le superflu est la matière de l'aumô.ie, souleu;cnl ce qu'il y a dans c( s étals, ou do cl que vous êtes indispensabloment obligés nécessaire pour vous, ou de superllu. Or, de l'employer, scion (\ue les nécessités des j'appelle au moins superllii ce qui vous est, pauvres le demandent. Or, ces nécessités, je no dis pas précisément inutile, mais même poursuivent les docteurs, ne manqueront jîi- é^ idcmment préjudiciable. Car, pour no rien mais dans le monde; et il y en aura toujours exagérer, je \c prends de ces états que ce assez pour épuisir tout ce superllu, quand qui sert à eu fomenter les dérèglements, les les riches, louches do leur devoir, y satisfo- excès, les crimes, el cela me suffit pour y ronl avec une entière lidélilé. . . , ,. trouver du superllu. J'appelle supeillu ce quo Mais qu'est-ce que ce superflu ? Voilà l'im- vous doiiniz tous les jours à vos débauches, portante el rossenliel'e question qu'il s'agit à vos plaisirs liontoiix : renoncez à cotte idole maiiiieuant de bien résoudre. Si je consulte dont nous élcs adorateur, el vous aurez du la théologie, que me répond-elle? que, sous superllu. J'appollosuperllu, fenimomondaine, ce terme do su|iorllii, elie coiuitrond tout ce ce que vous dépensez, disons mieux, ce que <iui n'est point nécessaire à l'eulrolieu lnui- voas prodiguez on mille ajustements frivoies iiéto de la condition el de l'étal, cl c'est là qui eutreleunenl votre luxe, cl qui seront qu'elle s'en lient. Mais c'est de là même ([uo peulêlre un jour le sujet de voUe réproba l'ambition, que le luxe, que la cupidité, que lion : reiranehez une partie do ces vanités, la voluiito empruntent dos armes pour com- et vous aurez du superllu. J'appelle superllu battre le précepte de l'aumône. Car de cette ce que vous ne craignez pas di' risquer à un définition du superllu naissent les prétextes jeu qui ne vous divortii plus, mais qui vous iion-seulonicnt pour secouer le joug et pour attache, mais qui vous iiassionno, mais qui s'affraiiebir de la loi, mais pour la détruire vous dérègle, mais surtout qui vous ruine el et pour l'anéantir; el si nous ne les renvor- qui vous damne : sacrifiez ce jeu, et vous sons, ces faux prélextos, c'est ne rien faire, aurez du superflu. Quoi donc! vous avez de Ecoutez ilonc ce (lu'oppiisont les avares et les quoi fournir à \os passions, et à vos pasambitieux du siècli'. lis n'(Uit point, disent- sions les plus déréglées, toul ce qu'elles deils, de superllu; et tout ce qu'ils ont h ur est mandent, et vous prétendez ne point avoir nécessaire pour subsister dans leur étal et do superllu ! Vous avez du superllu pour tout selon leur étal. M lis voici ma répotiso ; et ce qu'il vous plaît, el vous n'en avez point je dis <)u'il faut examiner sur cela deux cho- pour li's pauvres ! ^'oilà Ice que le devoir do ses : on premier lieu, quel est cet étal; et en mon ministère m'oblige à vous représenter, second lieu, ce qui est nécessaire ilans col et ce que je vous conjure de vouloir bien et. il. Quel est col élal? est-ce un état ciné- vous représenter à vous-mêmes, lien, ou est-ce un cl it pa'ien? csl-cc un clat Mais ne puis-je pas me servir de ce sujer-

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