‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 28 sur 132 · TROI'IÈ.VÎE PARTIE · texte numérisé non relu

TROI'IÈ.VÎE PARTIE

C'est l'ordre qui donne la perfection aux choses; et quand le Saint-Esprit, dans l'Ecrilure, veut nous faire entendre que Dieu a tout fait on Dieu, il se contente de nous dire qu'il a tout fait avec ordre et avec mesure. La charité mêaie, dit saint Thomas, celle reine des vertus, cesserait d'être vertu, si l'ordre y nian(iuail. Aussi l'Epouse des Cantiques coniptail, parmi les t;râces les plus singulières (ju'elle eût re(:ues de son Epoux, celle d'avoir ordonné la charité dans sou cœur : Ordinavil in me vhurilut m [(''jn(., lïj.

r,(;o CAUEME. iEUMON IV. Sl!ll lAVLMONt:. SC6

Mais <iii:ii, (iiMii'iiiilc »-aiiil Aitp;iislin. la (lia- Ion rcxurcssioii de saiiil Picrro Clirysolii'nip,

lilo a-l-ol!c hisom d'oiic oriloniu'f, cl n'csl- réinuh' de la m ;-oi i(()r(li' de Dini, elle doil

(0 jias (Ile (jiii mol l'oidie |mi1(>iiI, o;i n'csl- se n'^paiulre aussi liicn sur l( s cnnoiiiis quo

clic pas cllc-iiicnic l'iirdrc ci la K'^ilc di' Icul? sur les amis, (oniiuc Dieu f.iil lc\ cr so;i so-

Oui, mes freVcs, rc|;(>nd <c s.iini do.'lour, la Icil aussi bien sur les méclianls que sur les

iliaiiU-, la \r.iic cliirilé csl ordonnée dans ']us\cs : Si esta iciit iiiiniinis luiif:, ciba itluin.

cllc-niènie el ne doit pninl ehenlier l'ordre Or, si Dieu le voulait de la surle dans une

hors d'clIc-nicMie ; mais il > a une i'iussc loi où il était, ce semble, permis de lia'ir son

ciiaiilé, et un de ses caractcies ( st d'èlrc dé- ennemi, ou du moins quelque ennemi, ainsi

réirlée el ^ans ordre. De là vient, continue (|ue l'cxidiquenl les l'éros, jufjez, clirélien?.

ce l'ère, ()ue l'Kpou c, figure d • l'unie dut;- ce qu'il cxi^e do n:)us pour {|ui l'amour des

timne. se lient redevable à Dieu de deux ennemis est un devoir projire el un coni-

i;randes firûecs : l'une, de lui avo^r d mué la mandcmcnl p.irli( ulicr.

(harilé, cl l'autre, d'avoir établi dans elle Kl de là méinc ronduons quel est l'avou-

l'ordre de la diarilé : Onlinavll in mr clniri- glemcnl cl rcrr<'ur de certaines personnes

la'ciit; c'e4 l'cxiiliialion que fiil saint Au- (jui, juscjue d.iiis leurs aumônes, se laissciil

tiiislin de ces paroles. Or, ce qu'il dit de la pouvermr p.ir leurs passions cl h urs afl'ec-

cliarilé on pénétal se doil dire en particulier lions naluicllcs; qui <lonnenl à ceux-ci paî'(C

de l'aumône, pui-que l'auniône est ossenli(d- que ceux-ci leur plaisent, el qui no doniienl

lonient une paitie de la cbarilé. Il faut donc jamais à ceux-là. parce que ceux-là n'onl

de l'onlrc d.ins l'.iuinô.ie, cl cet ordre, selon pas le boiiliour de leur a^'réer; qui se i'oîil

les lliéulo'j^i.'us, doit clic observé, première- une gloire, un |i0iut d'honneur de pourvoir

nienl, par ra|ti)ort aux pinr<'s, à qui l'an- aux besoins des uns, et qui n'ont (pie de la

ni«")ne est dui' ; secoiidcmenl, p.ir rajiporl aux dureté ou de l'indlTérencc pour les aulrcs,

riches, à qui 1 aumône csl commandée : voilà c'esl-à-dire,qui contentent leur amour-piopre

une inslruc'.ion doni il ne f.iul, s'il vdus piaî', on faisant l'aumône et ()ui suivent le monve-

ricn perdre. ment d'une anli()alliie secrélc en ne la l'ai-

Je dis (jue par rapport aux pauvres, à qui saut pas; car c'osl ce qui arrive aux .spiril'aumône est due, il y a un ordri' à garder, ( t luels même, sans (]u'i!s y fassent réflexinn. (il ordre, (jnel e>l-il'.' C.'esl (pie l'-iuinône, du Or, esl-ce là l'cspi il de l'iMangileV .Xccoululuoins dans la préparation du cunir, ou, pour nions-nous, mes dicrs audileiirs, à faire les parler plus intidligibleiiienl, l 'est que la vo- actions chrelionnes diiéiiennrment, et n'en ioiilé de l'aire raniiiône doil élre générale et ( orrompons point la saintclé par le mélange universelle, c'esl-à dire, (lu'clle doil s'élendre de riiii(iuité. Faire ainsi l'aumône, ce n'est a Ions les pauvres de Jésus-Christ, sans on point pratiquer, mais profaner une vertu. Si ( xclure un seul ; car, dès que vous en ex- je fais l'aumône dans l'ordre de Dieu, je dois (cpleiez un seul, vous n'aurez plus le vcii- olrc pi et à la faire sans dislinetion et sans lable esprit de la diarilé. Il faut, d t saini exceplion, à la faire parloul où je verrai le (>hrysostoine, que celle vertu ramasse dans besoin cl selon la mesure du besoin que Dieu notre cceur lont ce qu'il y a au monde de ne- me fera connaître : tellement qu'à prendre 1.1 cessileux el de misérables, comme ils sont clio-e en général, si je vois mon ennemi mêlons ramassés d.nis le cœur de Dieu. C'est là, nie dans une nécessité plus pressante, je. dois pour m'expi imor de la sorle, c'est dans les le secourir par préférence à tout aulrc. \'oi!à entrailles de la charité de Dieu (jue saiiili\iiil ce que m'apprend le chrislianismc que je trouvait tous les homines réunis, cl (]ue tous professe, el s.ins cela je n'ai qu'une chariié les hommes nous doivent paraître égalemenl aiiparcnle, car je ne mérile rien dans les au- (ligncs de nos soins : Cupio rus 0)nnes in vis- niôiics ((ue je fais el je me rends doubirmcnt ccnbus Clirisli Jrsu (f'hilipp., ]) • en sorte coupable dans celles que je ne fais pas. (lue, s'il se pouvait faire ijue voire diarilé Pourquoi? Parce que dans les aumônes ([ui? ( ùl une aussi grande é'endue que les misères je fais je ne suis que mon incliiiation, ci dans du proi bain, vous voudriez soulager par vo- celles que je ne fais pas je satisfais mon resl e di.irile toutes les misères du monde, afin sciilimeiil el je manque à une de mes plus de pouvoir dire, en parlant aux pauvres, ce élroitcs obligations.

que disait le même apôtre aux Coriiilliicns : Ce n'est pas qu'il ne soit permis el qu'il

Cor noslrum dilalaluta est ; non anrjusliamini ne soit même à propos d'avoir ia-d 'ssus cer-

in nubis (Il Cor.,\l). Non, mes frères, qui tains égards, et je conviens avec lous les

que vous soyez, mon cœur n'est point res- maîtres de la morale que les j rodics el les

serré pour vous, mais vous y avez tous domestiques doivent coumiunémcnl l'cmpor-

place; car voilà le caractère de la charité et ter sur les éirangers ; ci ux qui se IroHven!.

de la miséricorde chiélienne. dans une impuissance absolue de s'aider sur

Que dis-je, de la misériiordc chiélienne'? ceux à qui il resic encore dans leur travail

Dieu même, dans l'anci n Testinienl, ne quoique ressource ; ceux qui s'emploient à

prescrivait-il pas aux Juifs celle loi, el, en procurer la gloire de Dieu el à saiieliller le

leur ordonnant l'aumône, ne leu;- marquai!- prodiain sur ceux qui ne sunt occupés que

il pas en parliculier la personne de leur en- il'eux-mcmcs cl de leur propre salut. Ce fut

nemi : Si csuricr-it iniwiaif tuns, cibti tllaiit : le puissant motif qui porta sainl Louis à ré-

fi sitil, polum d(i un {Prov.,\W) ; \ou\iiui pandre si libéralement ses grâc(>s sur ces

f:ar là leur Caire eniendre que l'aumône ne deux apôtres de son siècle, saint I:ominiquo

devait point {'.re buniée, mais qu'étant, se- et suiui François d'Assise. Il n'épaigna rien

587 oi!\Ti:ius SA! uns. lioinoALOiE. zen

fioiir les soutenir, pour les scrnnnrr, pnrro que je touclic ce poini, cl, s.in? que je m"c\-

qu'il les regarda comme li-s défenseurs île ])lique davanlago, tel qui m'éeoutc compreml

l'Eglise, .'onime les propaj^aleurs île la foi, assez re que je dis ou rc que je veux dire,

comiiic les dispensateurs do la parole de Troisième rèjjle : que les aumônes no

Dieu. Ce n'est plus guère peul-èlre la dévo- soient point jetées au hasard, mais données

lion de notre Icmps, mais la dévotion de saint avec mesure, avec réflexion ; aiitremenl n;

Louis était sans doute aussi solide que la sont des aumônes souvent mal placées. L'un

)l(^tro. nçoit parce que le ha-anl vous l'a présenté,

L'ordre de l'aumône ainsi réglé par rap- «1 l'autre ne reçoit rien parce que vous

port au pauvre à (jui l'aumône est due, il n'avez pas pris soin de le chercher et de lo

reste à le régler i)ar rapport au riche à qui eonnaîtic. Mais celui-leî peut-être que vous

l'auinône est commandée; et c'est ce que je souligez pouvait encore se passer d'un tel

réduis à cinq articles, par où je finis en peu secours, et celui-ci, que ^ous ne soulagez

de paroles, pour ne pas fatiguer votre pa- p.is, manque de tout cl se voit réduit aux

lience. dernières exlré.nilés.

Première règle : que l'aumône soit faite Oualrièmc régie : que les aumônes soient

d'un bien projue, et non jioint du bien d'au- publiques, quand il est constant et public

inii, coaimc il arrive tous les jours; non que vous possédez de grands biens el que

point d'un bien injustement acquis et que la vous êles dans l'abondance. Pourquoi ? Pour

conscience me reproche, car notre Dieu, satisfaire à l'éilificalion, pour donner l'cxeni-

chréliens, a l'injustice en horreur et la dé- pie, pour accomplir la parole de Jé<us-

lesle jusque dans le sacrifice et Tholocausle, Christ : Lucent lux vesfra coram hominibus ,

comme parle l'Kcrilure : Odio liabpvs rapi- ut viilranl opcra vcstra honn [MalUi., \). Car

nam in holocmislo [hai., LXl). Faire des n'e>l-cc pas un scandale de voir des riches

aumônes du bien d'autrui, dit saint Chrjsos- vivre dans l'opulence et de ne savoir ni s'ils

lome, c"ei.t faire Dieu le complice de nos lar- font l'aumône, ni où ils la loiit? Ce n'est

cins cl vouloir qu'il participe à notre péché, point pour eux que le Sauveur du monde

Puisque l'aumône, selon saint Paul, est com- a dit : l\'c.<ci(il siiu'stra lun r/uid facial dc.r-

me îice hoslie qui nous rend Dieu favor,ib!e: fera lun [Matlh., VI) : Que voire niiin gan-

Tiilibus niim liosliis promerctur Dcus [llcbr., ehe ne sache p;is ce que fait \olrc main

XllI). ofl'r<ins-lui celle hostie toute pure el droite: ce serait une fausse humililé.

ne confondons jamiis une aumône et une Cinquième et dernière rèsle : c'est de faire

l'estitution , car ce sont deux chose-, esstn- l'aumône dans le temps où elle vous peut

liellement distinguées que la reslilulion et cire utile pour le salul, sans altemire à la

l'aumône, cl jamais l'aumône ne peut élre le mort ou même après la mort. Kl voilà , mes

supplémenl de la reslilulion, si ce n'est que cliers auditeurs, le point important que je

la reslilulion nous soit impossible. ne puis <Msse2 recommander; carde quel mé-

Secoude règle : que les actions de justice rite peuvent élre devant Dieu des aumônes

envers les pauvres passent toujours avant faites sculemcnl à la mort, el quel fruit en

les œuvres de pure chariié, ou, si je puis pouvez-vous retirer alors, qui soit couipa-

ainsi parler, que l'aumône de jusiice précède l'able à ce qu'elles auraient valu pendant la

toujours l'aumône de chariié ; car il y a, mes vie? Est-ce bien témoigner à Dieu votre

frères, une aumône do justice, et j'appelle amour que de lui faire pari de vos biens

auir.ône de jusUce payer aux pauvres ce qui quand vous n'èles plus en élat de les possé-

leur apparlienl, payer de pauvres dome>li- der, quand la mort vous les arrache par vi.o-

ques, payer de pauvres artisans, payer de lence, quand ils ne sont plus proprement

pauvres m.irehrinds, ou même de riches mar- à vous'? On dit : Cet homme a beanioup

chauds, mais qui, de riches qu'ils étaient, donné en mourant ; et moi je dis : Il n'a rien

tombent dans la pauvreté parce qu'on les donné, mais il a laissé, et il n'a lais'-équc co

laisse trop longtemps atlemlrc. Or, la loi de (]u'il ne pouvait retenir, el que parce qu'il

Dieu veut que celle espèce d'aimiônc ait le ne le pouvait retenir. Il l'a gardé jusqu'au

])remicr rang ft c'est par là qu'il fiul com- dernier moment ; cl s'il eût pu l'emporlir

inenccr. Mais avouons-le, chréliens , c'e^i avec lui, ni Dieu ni les pauvres n'auraient eu

l'ne morale que bii n de-, liches du monde ne rien à y prélendrc. Aussi que lui servent de

veu'enl pa-; enlendie aujourd'hui. \'ous le telles aumônes el quel profil en doit-il es-

savez, on Iraile ce manliand, cet artisan, pérer? Car il est de l.i foi, chréliens, que

qui fait quelque insiam e, de lài lieux el d'iin- toutes vos aumônes après la mort n'ont plu.s

porlun;on le fait languir des années enliè- de vertu pour vous sauver. Elles peuvent

res, et, après bien des reuiises qui l'ont peut- bien soulager votre âme dans le purgatoire ;

être à demi ruiné, on lui donne à regret ce mais, quant au saint, ce sont, après la vie,

(jui lui est le jdus légilimement acquiN, eom- des œuvres stériles. Pourquoi? Parce que

me si c'élail uni' grâce qu'on lui accorlâl, el l'affaire du salut est déjà décidée et que l'ar-

non une deito dont on s'acquitiât. Comhieu rêt est sans appel. Cepeiidanl, riches du siè-

méme en usent de la sorte par une politique cle , la grande vertu de l'aumône à vo'rc

d'intérêt que je n'examine point ici, voulant égard, c'est de contribuer à voire salul. Si

paraître ineoîmnodés dans leurs affaires et ce riche, dans la vie, eût fait une partie

cacher leur élal aux yeux des hommes, mais des aumônes qu'il a ordonnées à la mori,

sans le pouvoir cacher aux yeux de Dieiil ses aumônes l'auraient sauvé, elles lui au-

Quoi (lu'il en suit, ce n'est pas sans raison raient alliié dos grâces de conversion;

.'.r,9 CAnF.ME. Si;r.M()N V. fUK 1,1 s TKNTATIONS. 370

oIIps «luraicnt prie pour lui , selon le lan- rcs riches iiisensililes aux inisùres du pro-

j;,igo (le rF.crilure ; car ce ne sont pas lant cliain , vivre sans foi cl san-; loi ; vieillir (l

les pauvres (lui prient pour nous (jui; l'au- blanchir dans leurs déscu'drcs , cl niuuric

monc même : Concladc cicrmosijnain in sinu enfin dans leur iin|icnilenrc. Pourquoi ?

piniiicria . et ipsa cxurahit pio le ( Eccli., Parce que, suivaiil l'arrcl du Saint-Kspril, il

X\IX). Ou'î le pauvre prie ou qu'il ne prie n'y a point di; misci icoide pour celui qui

p.is.riiuuioMC prie toujours iiulcpemlainuient n'exerce point la miséricorde : Jiuliriinu

(lu pauvre ; mais en vain après la moi I prie- aine misa icordid ei (/tii non fncit Hi/.^cr/cor-

rait-ellc |'our votre conversion, puisque ce dinm (Jacob., Il ). Piéven<ins, mes cliers ac-

n'ot plus le temps de se convertir; en vain dileurs, un jugement si lerrihle ; réveillons

reclanierail-elle pour vous la miséricorde di- dans nosco-urs tons les sentiments de la cha-

vine , puisque ce n'est [dus le temps de la rite chrétienne ; et, par de saintes aiiaiAnes,

luiséiicorde. faisons-nous des amis qui nous reçoivent

La c(uisé<iurnce qui suit de là, c'est la dans l'éternité bienlieurcuse ([uo je vous

^iMnde liçon que nous fait saint Paul : Dnni souhaite, etc. iiiiipus li(ibe:riiix, opcninur buniim{(i(iliil.,V\); SKUMON V.

si nous aimons Dieu, et si nous nous aimons

nous-mêmes, faisons de honnes œuvres lan- POt'« t-iî dimanchk de la pnESirèiiE semaine. dis que nous en avons le temps. Je ne pré- 5„^ /^,^. (^nuaions.

tends pas vous détourner d en taire a la

mort; à Dieu ne plaise 1 c'était un nsaije niM'iusrsi. .losns in ilesoiuim a S|.iriiii, m i..iii:ir,nii- :i 1,,,,, J.,;.,i „i !.■,>,, , 1..-/.I;..,, ..■,<..•.. lui a.w (! ai.ilKili). la ciiin jejuii;iss('t qiiailraijiiila (lielms i!l (iiiaiiiulrop saint et tiop chietien que celui des I- (.inU nu.uUis, irVum .svirilL

giiit.i nuililnis, |io,-.U'a isvirilt.

Ji'sns (ni cmuliiH dniis U' ilhcrt par l'F.%i)rii, pour i; are

dôlcs , autrefois, de \ouloir ((iie JésusC^hrisl ^^^ ,,„,„„„„„„,,, ,,1.1

fût leur héritier et qu'il eût j)art à leurs der- ^■/!'(i!"/^/,/Awil'''^fV",i;lm^^'l'i';M'■ iimininir journi iiinnaiiu

iiières volontés. Mais, du reste, souvenons- miit^, il se icniii presse pur la (uim (S Mattli., ch. l\]. nous que les bonnes onivrcs de la vie sonl

de tout un autre poids. Ah 1 chrétiens, voici Suie ,

le temps où Dieu se dispose à verser pins N'esl-il pas étonnant que le Fils de Dieu, abondamment ses grâces et où ihous appelle qui n'est descendu sur la terre , comme dil plus follement à la [lénitence. Or, un des saint Jean, que pour détruire les fcuvres da moyens les plus efficaces pour le toucher en démon , ail voulu les é|irouv(T lui-même et votre faveur, c'est de lui envoyer, selon la se voir exposé aux attaques de cet esprit leiiiigur(! de l'Evangile , des médiateurs qui lui tileur? Mais quatre^ giainles r.iisons, rem.irparlcut pour vous et (jui s'engagent à con- (pie saint Augustin , l'y oui engage cl toutes sommer l'affaire di^ votre conversion et celle sont prisis de notre intérêt : nous étions (l(> votre salut cl de votre sanclificalion. On trop Ir.igiles et trop faibles pour S(^>ulenir la s'étonne quel(iuefois de voir des pécheurs tentation, et il a voulu nous fortifier ; nous (banger tout à coup ; des libertins el des im- élions trop timides et trop lâches, cl il a pies renoncer à leurs habitudes et s'attacher voulu nous encourager ; nous éliiuis trop à Dieu ; des a\eugles et des endurcis se rc- imprudents cl trop téméraires, et il a voulu connaître cl devenir sensibles aux vérités nous apprendre à nous précaulionncr ; nous éternelles ; des impéuitents de plusieurs an- étions sans expérience et trop peu \ ersés nées, par une espèce de prodige, après une dans l'art de coml)atlre notre commun envie (Jérég'ée et dissolue, mourir de la mort iiemi, et il a voulu nous renseigner, des saints; mais, moi, je n'en suis pas sur- Or, c'est ce quil fait admirablenienl anpris, si CCS péi heurs, si ces impies el ces li- jourd'hni ; car, selon la |iensée et l'exprès iiertiiis , si ces aveugles et ces endurcis , si sion de saint Grégoire, il muis a rendus plii', rcs impénilenls ont été charitable? envers forts eu surmontant nos tentations par ses li'S pauvres : c'est raccouiplissement des tentations mêmes, roinme par sa mort il a oi'acles (le l'Ecriture, c'est un elïet des paro- surmonté la nôtre :Jl(.s^(/n ^(((/(/Kr'roi ut Icii- Ics de Jésus-Christ , c'est la béMêdicticMi de talus nnstras tcnlalionos suis vinccrci, (/utinl'aunHÎnc. Il faut pour cila que Dieu fasse udmodum mnriem nosiramvmcrnt sua morte des miracles; mais les miracles, pour ré- supcrarc ( Greg. Iiom., IG, in A'c); il nous compenser l'auiiKinc, ne lui coûtent point, a rendus plus courageux et plus hardis, en 11 faut que Dieu se relâche de ses droits cl nous animant par son cxemp'c , |)nis(]iio (ju'il arrête tous les foudres de sa justice ; rien eu effet ne doit plus nous animer (jne mais , si j'ose ni'cxprimer de l;i sorte, l'au- l'cxemjile d'un Ilomoie-Dieu, no!r(' soiiveii'.ôue fait violence à la justice divine ; et, rain pontife , éprouvé comme nous en toutes pour les intérêts du pauvr(,' ( t du riche qui m.inières , suivant la parole de saint P.iul : l'assiste. Dieu n'a pas de droits si légiliiiics Tentatitm aulein pcr omnin [lîeb., IVj ; il et si cliers (|u'il ne soit prêt à céder. David nous a rendus plus circonspcels et plus vidisait (ju'il n'avait point vu de juste ahan- gilants, en nous fais.int connaître (|uc perdonné : Non vidi jusluni dcrcliclnm [Psal. sonne ne doit se tenir en assurance, lorsqiu; XXXVI) ; et je puis dire que je n'ai point lui même, le Saint des saints, il n'est pas à vu de riche libéral et tendre piur les pan- cou\ert de la tentation; enlin, il nous a renv rcs , en qui je n'aie remarque certains ef- dus plus habiles et p'iis intelligents, en nous tels de la grâce qui m'ont reiiijili de conso- monliai l de (jnelles armes nous devons user latioii. Mais, au conlr.iirc , il n'est, hélas ! pour nous défemli-e et en nous traçant les que trop coiiinuiu de \oir ces riches avares, régies de celle milice spirituelle

OilATKlJliS SA'.IUo. ItOllUUALOUE

Kii Ccl;i , si'ii.l)!ablc' à un {jr.iml roi «iiii, pour rppdii^ST les C'uicniis de scn lù;it et I our ^lis^ip■ r leurs li|j;iie3, ne se coiilciite [).is tie lever des Iroujjes et de donner des ordres, liiais pjr;iîl le premier à la lèle des aitiiées, les soutient par sa présenee, les eunduii p ir sa sa;;esse,lcs aninn- |)ar sa valeur, et toujours, tnalfçré les olislaeles et les périls, I: ur assure la victoire. Or, si )'excni|i!'e d'un roi a tant de foiee et l:int de vertu, couinie vous '.e savez, ciirélicus , et tonuiic vous l'avez tantcii; fois reconnu \ous-niôuies , fine doit l.iire l'exemple d'un Dieu ? \'oici sans doute un des i>lus importants sujets que je puisse Ir.iiter dans I i c!i sire cl qui demande jjIus de rellexion. l'arini tant d'exeelleiitcs leçons que nous donne Jésus-Christ dans l'évangile de ce jour, touchant la manière dont nous <:cvu!is nous !;iiu\e:ner d.ins la lentation, j'en choisis deux, auxquelles je m'arrèle, » t ijiic me l'ournissiit 1 'S paroles de mon texlr: i ! prcinlère est que le divin niaiirc ne va au ■ oserl, où il est lenlé, que par rinspiralion de l'espi il de Dieu : Duclu.^ est in deserhim n Spiritti,iit Icnlardar ; la secondi', qu'il n'y est entré qu'après s'èlre prémuni du jeune et de la mortilicalion des sens : Et cum jijuiiassct quadraginta dicbiu et quadruf/inln Hoctibus, accessit tenlator. Du là, je tirerai iieux conséquences, l'une et l'autre bien utiles cthiin nécessaires. Demandons, etc. Aie, .''liiriii.

De quelque manière ([ue D eu en ait disposé dans le conseil de sa sagesse, sur ce qui regarde cette préparation de grâces, que saint Augustin a[ipclle prédestination, trois choses sont évidentes et incontestables dans les principes de la loi, savoir : que pour vaincre la tentation le secours de la grâ(e est nécessaire; qu'il n'y a point de tentation qui ne puisse être vaincue par la grâce; et (|ue Dieu enfin , par un engagement de lidélilé, ue manque jamais à nous fortifier de sa grâce dans la lenlation.

Sans la grâce je ne puis vaincre la Icntalion , c'est un article décidé contre l'erreur |)élagienne : or, quand je dis vaincre, j'entends de celle victoire sainte dont parla. t r.^pôtre, lorsqu'il disait : Qui légitime ceilnlerit (Tim., Il] ; de celle vii toire ([ui est un «iïet de l'esprit chrélicn, (lui a son mérile devant Dieu , et pour laquelle l'Iiomnie doit èlre un jour récompensé dans le ciel cl c(.uroniié; carde vaincre une lenlation par une .lulre tentation, un vice par un autre vice, un péché par un autre péché , de surir.onler la vengeance par l'inlérèl , liiilérèt par le |)laisir, le plaisir par l'.imhition , ce sont les vcrius et les victoires du monde, où la grâce SI 'a point de part; mais de surnionler toutes I es tentations et le momie mcvue pour Dieu, c'est la victoire de la grâce et (ie iio:re foi : Et liœc est Victoria r/uœ vincil munditm , fides nostra (1 Jonn., V).

Il n'y a point (!o tentation qui ne puisse êlie vaincue |)ar la grâce : autre maxime ( ssenlielle dans la religion ; et le hien-aimé disciple saint Jean en aiqiorte une CMelUiit,' lais' n ; car, dit il, en p '.riant aux lilèhs,

celui qui est en vous par si grâce, est bii n plus fort que celui qui esl dans le monde, el (|ui y règne en qualité de prince du monde: Yicislis eiim, ipioniam major est gui in vofiis esl, quam (jui in iiiundo {Jsan., IV) ; c'est (1 .ne faire injure à Dieu, que de croire la tentation insurmontable, cl de dire ce que Pious disons néanmoins si souvent : Je ne puis résister à telle passion, je ne puis tenir contre telle habitude et tel penchant, (yesl, dans l;i pensée de saint lîernard, une parole d'infidelilé en<'oie plus que de faiblesse, l'oi r quoi? Parce qu'en parlant ainsi, ou nous n'.:vons égard qu'à nos propres forces, el, tu ce Sens, la proposition est vraie, mais nous sommes infidè'es de séparer ims fore( s ite celles de Dieu ; ou nous supposons la grâce et le secours de Dieu ; et, ( n ce sens, la proposition non-Si'uhiiient esl f.uisse, mais hérétique, parce (ju'il est de la foi qu'avec le secours (le Dieu nous pouvons tout : Onmia possiim in co gui me couforial ( /Vu'/. IV ). Mais avons-nous toujours ce se<t>ur5 de Dieu dans la tent.iliou ? c'est ce qui me reslc à vous expliquer el ce qui doit faire le fond de ce discour-, où j'ose dire que, sans embarrasser vos esprits, el sans rien av.mcer dont vous ne soyez édifiés, je vais vous donner l'éclaircissement de ce qu'il y a d« p.liis important el de plus solide dans la malière de la grâce. Oui, chréliens, il est encore de la foi que Dieu ne permet jamais (jne nous soyons lentes au delà de ce que nous pouvons : Fidelis Deus, gui mm jMtietur vos initari supra id qaod potcslis ( I Cor., X ) ; or, noi s n'avons ce pouvoir que par la grâce ; e le ne nous manque donc point du colé de Dieu , non-seulement pour v.iiiicre la tinlalion, mais pour en prolrler : Sed fuciel cuin leiiliilione prureiilum ( Jhid. ). ^'oilà conuiienl parle saint Paul, el de quoi nous ne pouvons douter, si nous ne sommes pas assez aveugles [lour nous fi^^iirer un Dieu sans miséricorde et sans |irov iiicnce ; miis, qiioiiiie c ( la soit ainsi, il y a piiirlar.t une erreur (jui n'est aujourd'hui que trop commune, ( t q;;i se découvre dans la conduite de la pluparl des hommes ; c'est de croire (lue ces grâces nous sont louj.)Uts doiinées telles que nous les voulons, et au moment que nous le voulons ; erreur dont les conséquences sont 1res- pernicieuses, cl dont j'ai cru qu'il était important de vous délrompir. Pour vous faire entendre mon dessein, je di lingue deux SOI les de liil.ilions, les unes volontaires, el les autres involontaires; les uius eu nous nous engageons de nous-mêmes, contre l'ordre de Dieu, et les aulris où nous nous trouvons engagés par une espèce de nécessité allai liée à notre cor.dilion. D.ans les pieaiières, je dis (jue nous ne devoes point espérer d'être siMOurus de Dieu, si nous ne sortons <le l'occasion, et que, [lOiir cela, nous ne devons point alors nous promellro une grâce de combat, mais une grâce do fu^te ; ce sera la première partie; dans îes ."ulres, je prclenis qu'eu vain nous aurons une grâce de combat, si nous ne sommes e-i ilîct réi'diis à comballre nous-mêmes, cl

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