C.VflF.ME. SERMON V
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porté l'cpco : Non t^eni pncrm mil 1ère, se gladiutn {Mnltli., \). Témoijinngc sensible et convainc.mt qu'il ne veut à sa suite que des .linrs généreuses, que des hommes iiil'aligaliles et toujours en état de rein()orler de nouvelles victoires. Le repos est pour le ciel, et le Combat pour la terre : \on vciii pacem miltere , sed (jladium.
Seconde conséquence -.la première maxime en matière de gm-rrc est d'affaiblir son ennemi et de le fatiguer. Carde vouloir l'épargner et le traitiT a\ec dourenr, d'axoir pour Iiii de l'indulgoiuc, ce serait se f erdre et se détruire soi-même. Or, quelle est notre ennemi, chrétiens ; je dis l'ennemi le plus puissant que la grâce ail à combattre en nous '? Reconnaissons-le devant Dieu, et ne nous aveuglons pas : c'est notre eliair, cette chair de péché qui ne conçoit (;ue des désirs criminels, celte chair esclave de la concupiscence, celte chair toujours rebelle à la loi de Dieu. Voilà, dit un apôtre, l'ennemi le |)lus à craindre, et par qui nous sommes plus communément tentés : L'iuisquisQue rcro lenlutur a eoneui)iscrnli(i sua {Jacob. 1 ). Knnenii d'autant plus dangereux, qu'il nous esl plus intime, ou plutôt iju'il f.ul une partie de iious-mèrnes : emieiDi d'aulanl plus redoulablc, que naliir( llement nous l'aimons : riuiemi d'.iulant plus invincible, qu'il n ' nous attaque qu'en nous llillani : c'est cet eneeiiii, reprend saint Chrjsostome, qu'il faut s lumcttie, qu'il laiit dompter : par où'? par la iiuirlilicalion clirélieiuic, si nous voulons (|!:e la gr.'ice Irinuiplicde la tentation.
Car je dis qu'un chrétien qui n'a aucun u-;age de celte mortilication évangélique, qui r.ourrit sa chair dans la mollesse, ()ui l'en- Iretieiit dans le plaisir, qui lui donne toutes le- commodités de la vie; qui, toujours d'iiilelligence avec elle, la ménage en loui, la choie en Io'jI. et cependant se confie dans la grâce de Dii-u.et se persuade qu'elle suflira pour le sauver, ne la connaît pas celle grâce et n'a pas lis premiers (iriiuipes de la religion qu'il professe: pourquoi ? voici la preuve qu'en donne saint BsTnard - parce que la première action de la grâce qui le doit soutenir et assurer son snliil, esl d'éteindre la concupiscence en morlifiant la chair, ^■ou•;, ;;u co traire, mon cher auditeur, vous chrétien sensuei eldélicil, au lieu de l'affaiblir, vous la fortifiez ; au lieu de lui ictranciicr ce qui lui donne l'avantage sur vous, vous la secondez ; c'est-à-dire, qu'au lieu d'aider la grâce contre la lenlalion, vous aidez la lenlaiion contre !a giâce même, cl (jue vous détruisez celle-ci par l'autre. Jamais donc vous ne devez atlemlre que la gr.ice ait son ( lïel à moins que vous ne demandiez deux choses contradictoires, savoir: que la grâce et la cnncupisf ence vous dominent tout à la fois ; ou que Dieu, par un mirac'e singulier, crée pour vous des grâces nouvelles qui, sans assujettir la chair, f.issenl triompher l'esprit. Mais ne vous y trompez pas, et souvenezvous toujours que ce n'est point au gré de l'homme que Dieu dispense ses grâces, mais selon la sa!;e et invariab'e disposition de sa