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{'.lions-le soiivi'r.iilu'iiieiil ; car il no soi t à rit'n de le cr;iiii(îre si nous ne le <rai;j;ii()iis préféralilcmeiit à (oui, Cdmine il ne serl à rien d'aimer Dieu si nous ne ruinions pardessus tout. Et voilà, iik s frères, notre désordre ; nous craignons le ju|;eincnt de Dieu, mais nous erai},'nons encore (ilus les maux de la vie ; rnr la crainlc des maux de la vie nous rend soigneux, vigilants, actifs, et la crainte du juiremciit de Dieu ne nous fait l'aire aucun eSïort ni rien entreprendre. Craignons le jugement de Dieu, mais craignons encore plus le pérhé, puis(|ue c'est le péché qui le doit rendre si formidahle ; ou, pour mieux dire, craignons h; jugement de Dieu pour fuir le péclié, et fuyons le péché pour ne plus tant craindre le jugement de Dieu.
Craignons le jugement de Dieu, mais ne nous contentons pas de le craindre ; servonsnous de celte crainte pour corriger les erreurs de notre esprit, pour modérer les passions de noire cœur, pour rés ster ans allaques de la concupisc nce, pour nous détacher des vains plaisirs du siècle, en un mol, pour réformer toute notre vie, suivant la belle maxime de saint (Irégoire deNazianze : Hwc lime, et hoc limore erudilus, animiim a concupiscent lis quaai frcno i/noiluin rilrahe {Gre(j. Ndz.). Quand notre conscience nous fera des reproches secrets, et que, par de pressants remords elle nous avertira que nous ne somnn's pas dans l'ordre et (|ue nous nous damnons, rentrons en nous-mêmes, et disons à Dieu : Alil Srigneiir , comment pourrais-je soutenir votre jugemeiil, puis que je ne saurais même soutenir ce'.ui de ma raison cl de ma foi '? Quand nous nous trouvons engages dans une occasion dangereuse, figuroiis-nons Dieu (lui nous voit, et qui de sa main va lui-même écrire notre arrêt comme celui de l'impie Balthasar; ce ne sera point une imagination, mais une vérité.
Quand la tentation nous attaquera et que nous sentirons notre volonté éhranlée, arnions-nons Me cette pensée et demandonsnous : Que voudrais-je avoir fait lorsqu'il faudra comparaître devant le (rihunal de Dieu? Quand la passion voudra nous persuader que ce [léihe n'est pas si grand (|u'on le pense, et qu'il n'est pas probable que le salut dépende de si peu de chose, faisons la rellcxion de saint Jérôme : mais Dieu en jugrra-t-il de la sorte?
Craignons le jugement de Dieu, et que celle ciainle de Dieu nous excite à le llécliir et à l'apaiser. Car, comme dit saint Augustin, il n'y a point d'autre appel de notre juge irrité iju'à notre juge gagné. Voulez-vous vous sauver de lui? ayez recours à lui : Neque eniia est (juo fugins a Dca iralo , nisi (id Dcum placalum : vis fuijeie ub ipsu, fttije ad ipsuin {Au</usl.]. Or, nous le pouvons aisément tandis que nous sommes sur la terre. Car ce Dieu, tout irriléqu'ilest contre nous, s'apaise par nos larmes, s'apaise par nos bonnes œuvres, s'apaise par nos aumônes, ft nous avons toul cela entre les mains.
Knfin , craignons le jugement de Dieu, et craignons surlout de perdre (elle craiiile
(lui est une ressource pour nous dans iiis ilésordres el comme un port de salut. Car celle crainlc se peut perdre, cl elle se perd tous les jours , particulièrement dsns le grand monde. Les soins temporels l'éioufl'cnt, les conversations la dissipent, les petits péchés l'affaiblissenl, le libertinage la détruit, et la perte de cette grâce est le co:nmcncemenl de la réprobation. En effet, que peut-on espérer d'une âme, et de quel moyen se peut-on servir pour sa conversion quand elle a perdu la crainle du jugement de Dieu, el que les plus terribles vérités du christianisme ne font plus d'impression sur elle? (j'est en craign.int Dieu, mais d'une crainte chrélienne, ((u'on se dispose à l'aimer; el c'est en l'aimant d'un amour efficace et pratique qu'on parvient à la gloire, que je vous souhaite, etc.