SOC
ne revient point, un eiç.iicment d'espril, un assoupissement nioilci,loiU Ci la n'opèic-l-il pas s.ins cesse le même effet, et n'ôle t-il pas à un moribon'l le pouvoir de se convertir, en lui étant le pouvoir de se connaître? Mettez un pécheur dans tous ces étals, n'estil pas vrai qu'il est déjà mort comme chrétien, s'il n'est pas absolument mort comme homme?Je veux qu'il dispute encore des journées entières un reste de vie animale qui ne sert plus qn'cà lefairelanguir, qu'importe, si la vie raisonnable et la vie surnaturelle sont éteintes? Quj peut la grâce, toute puissante qu'elle est, lors(]ue la nature, qui devait lui servir de fond, ne peut plus agir?
Sans même parler de ces symptômes où la raison est tout-à-fait obscurcie, le seul épuisement de toutes les forces, la seule douleur du corps ne surfit-oUe pas pour ôter à l'esprit toute sa rcftexion, et par conséquent pour nous fermer les voies de la pénitence? Combien de pécheurs, jusque dans le cours des maladies les plus réglées, meurent ainsi d'une mort subite, non selon le inonde, mais selon Dieu? lis meurent, dit s tint Chrysostomc, sans un nouveau péché, parce qu'ils ne sont plus en état d'en eommeltrc; ils meurent sans qu'on leur puisse reprocher d'abuser alors du temps que Pieu leur donne, parce qu'ils ne peuvent plus proprement ni en abuser, ni s'en servir; ils meurent dans une impénitence qui, quoique finale, ne leur est pas par elle-même imputée, parce qu'elle ne leur est ni connue, ni libre ; cependant ils meurent dans leur péché et la malédiction de Jésus-Christ n'en est pas moins consommée : In pcccato vestro inoriemini.
Que dirai-je de ceux qui meurent dans une ignorance non coupable, mais funeste, du danger prochain où ils se trouvent? Car de là s'ensuivent les mêmes conséquences et les mêmes elîets de réprobation. Si l'on avait averti ce malade qu'il était temps de penser à lui, il aurait mis ordre à sa conscience et il serait mort chrétiennement. Mais parce qu'on lui a fait entendre le contraire et que, par de faux ménagements, on l'a trompé, il meurt sans retour à Dieu et sans conversion. De n'avoir pas su le péril où il était, est-ce un crime dans lui? Non, chrétiens, car il souhaitait de le savoir. Mais à qui faut-il son prendre? C'est à la faiblesse d'un confesseur, c'est à la trompeuse conjecture d'un médecin, c'est au vain respect d'un domestique, c'est à la passion aveugle d'une lemme, c'est à l'intérêt des uns, à la négligence des autres, c'est à tout ce qu'il vous plaira , mes frères, dit saint Augustin; m.iis, après tout, le mourant en porto la peine, et pour avoir ignoré l'extrémité où il était, il meurt dans la haine de Dieu et en réprouvé. (Juoi donc, me dircz-vous , était-il jusli' im'il jiéi it par la faute d'un autre? Ah 1 répond re Père, si c'est par la faute d'un autre qu'il périt, ce n'est pas pour la faute d'un autre qu'il est condamné, mais pour son propre péché.
Dieu, à qui il appartient d'en ordonner, perîucl que son proj^re péché, qui pouvait être
expié à la mort, par la faute d'un autre ne le soit pas. et que du domaine d(! la gi,îcc et de la miséricorde sons lequel il était encore, il passe pour l'éternité tout entière sous celui de la justice ; In percuCo vestro moricmini.
Mais si le pécheur lui-même en mourant soupire après le remède, s'il le demande et qu'il témoigne de l'empressement pour l'avoir, qu'arrive-t-il souvent ? Hélas! chrétiens, voici le comble du malheur, et c'est ici que nous devons nous écrier : 0 allitudo {Rom., XI) 1 0 profondeur des conseils de Dieu 1 Semblable à l'infortuné Esaù qui, comme dit l'Apôtre, ne trouva [loint celte pénitence qu'il cherchait, quoiqu'il la cherchât avec larmes : IS'on cnim inrenil pœni^ tenliœ locum, qnanqwim cura lacrymis im/ui^ siissrt eom [Uehr., Xll). Ce pécheur mourant, tout empressé qu'il est de recourir aux sources publiques de la grâce, c'est-àdire aux sacrements de Jésus-Christ, peut encore être de ceux sur qui tombe l'anathème du Sauveur des hommes, et par(e que ces sources ouvertes à tout le monde ne le sont pas pour lui, il meurt dans son péché : In peccalo vestro moricmini.
C'est de quoi nous avons cent fois élé lémoins, ou de quoi cent fois nous avons entendu parler. Un homme est surpris lorsqu'il s'y attendait le moins; il se voit aux portes de la mort ; et dans l'horreur d'un danger si pressant, il voudrait ménager ce qui lui reste de vie. Toute sa foi se réveille ; l'image d'un Dieu irrité le frappe, le saisit; et, frappé, saisi de cette image, il semble conjurer tons ceux qui l'approchent de le secourir, et leur dire comme Job : M iscremiiii mcî , miseremini mei, saltem vos amici mei {Job. XIX) : Pensez à moi, vous au moins qui êtes mes véritables amis, et, pendant que les autres s'occupent en vain auprès d'un corps que la mort va mettre au tondieau , aidez-moi à sauver mon âme. En effet, on s'y emploie, on y travaille , on cherche un prêtre , un confesseur; mais ce prêtre, ce confesseur, ne se trouve point, mille contre-temps conspirent à l'éloigner ; ce qui ne l'avait jamais arrêté l'arrête à celte heure : il vient cnûn , mais trop tard , et lorsque le malade , sans connaissance et sans parole, ne peut plus ni l'entendre ni lui répondre. Et cela pourquoi ? pour accomplir l'autre pariie de la prédiction de Jésus-Christ : Quœretis me; vous me chercherez! non plus dans ma personne , mais dans celle de mes ministres et des di-;pensaleurs de mes sacrements , et vous ne me trouverez pas ; et parce que vous ne me trouverez pas dans mes minisires, et que vous n'aurez pas d'ailleurs de quoi suppléer au défaut de leur ministère par un pur et parfait amour , vous mourrez dans votre péché : In peccato vrsiro moriemini.
Je dis plus : ce prêtre , vicaire et ministre de Jésus-Christ , se trouvera ; mais , par un autre secret de réprobation encore plus terrible , avec tout le pouvoir de l'Eglise dont il est muni , il n'aura pas le don d'assister un pécheur mourant. Au lieu de le touchers
CAUftMi:. SERMON XI. SL'H I.TMPENITEMili KINALP:.
il le ribiilcr.i ; au lion île IV'claircr, il rpinliarr'asser,!, il lo troiililcra ; il aura les clefs «lu ciel entre les mains, mais il n'aura pas la clef de ce cœur pour y enlrcr. Car Dieu , rliréliens, ne se sert pas lie toutes sortes «rinslruiiieiits pour opérer ses miracles, ('.omme il ne nous convertit pas. tout Dieu (lu'il est , p.ir toutes sortes tie (;r;ues , aussi ne lui plaîl-il pas île nous con\eitir p.ir toutes sortes lie personnes. Si , dans la disposition où était ce n)alade, il eût eu un liomme éclairé, zélé, cxpérimenlé, plein de l'esprit de Dieu et de son onction , il serait mort en saint ; mais parce que cet homme lui a manqué, et qu'il a pu faire la même plainte que le paralytique il(! l'Evangile : Jlumincm non hnheo (Joan. V) , il est mort en impénitent, lùicorc une fois , tous ces malheurs l'onl-il reialu devant Dieu plus criminel? non , niais ses crimes passés , dont il était coupable , joints à ses malheurs , dont il a été innocent, l'ont fait mourir, sans un nouveau péciié, dans l'iuiuénitencc : 7n /;fcciiio rcalro moriemiiii.
Aiïnux, mais jusle rliâlimcnt du ciel; et c'est ainsi que rim[)énilencc de la vie conduit à celte seconde impéniience de la mort, par voie de punilion. Comhien Dieu s'en < slil explii|ué de lois daris l'Iùiiture? combien de fois le Fils de Dieu nous en at-il avertis «iaiis rK\anf;iIe? Car que sigiiilient autre chose ces menaces si expresses et si souvent réitérées: Je vous ai appelés, et vous avi'Z fermé l'oreille à ma voix; vous m'avez méprisé : viendra le temps et le jour où je vous mépriserai ; où , sans >ous appeler , je vous surprenilrai ; où , sans vous parler, je vous fraiiperai. (jue veulent dire ces figures , si bien marquées , des vierges folles qui s'endorment, et dont les lampes se trouvent éteintes au moment que l'époux arrive; de ce maître qui paraît tout à coup dans sa maison, et qui, lémuin du désordre où elle est, parles \iolenies et les débauches d'un domestique, le f.iit jeter dans les ténèbres : de ce voleur qui se cache, et qui vient dans la nuit? Quel sujet avons-nous île nous plaindre , quand Dieu nous punit de la sorte ? ne peut-il pas user de son droit, et nous prendre en telles conjonctures qu'il lui plaît ? no le peut-il pas surtout après avoir si longtemps attendu , après avoir si fortement pressé et sollicité? \'ous ne vous êtes pas servi du temps qu'il vous donnait ; il vous l'ôtera ; vous avez lassé, fatigué, épuisé sa patience ; sa colère éclatera : vous' n'avez pas voulu retourner à lui quand vous le pouviez ; vous ne le pourrez plus quand vous le voudrez ; vous l'avez oublié pendant la vie , il vous oubliera à la mort. Car ce retour est bien naturel , dit saint Augustin ; cl, tout fatal qu'il peut être , il vous est bien dû: mépris pour mépris, oubli pour oubli. Ce n'est pas que Dieu ne laisse quelquefois encore aux plus grands pécheurs tout le temps et tous les moyens nécessaires, mais s'ils ne meurent pas alors dans une impénitenec criminelle, dans une impénitence malheureuse, au uioius mcurcnt-ils commuuc-
secrète et iiicoii-
ment dans une impénit( née nue; c'est lalroisiènie partie.
riioisi^.VE p.iuriiî Il en faut convenir, chiétiens, et l'expérience nous le l'ait voir, «lue Dieu laisse encore quelqiu'i'ois aux péi lu urs du siècle , après une >ie passée dans le crime, le temps et les moyens de se reconnaîlrc! à la mort. Je sais même , et il est vrai que plusieuis alors ont en elTet recours à la miséricorde de Dieu , se tournent vers Dieu , semblent revenir à Dieu p;ir la péiiiteiue. Mais ce (jue j'ajoute , et ee qui vous doii paraître. comme à moi, bien terrible, c'est (jue loulo pénitence n'est pas recevable au ti ibunal de Dieu. Puurijuoi ? parce que toute |iéiiitence n'est pas une pénitence eiruac<' , mais iju'il y a mille péiiileiices fausses et trompeuses sur quoi l'on ne peut eom|iler , et dont nous ne pouvons attendre nul fruit de salut. I?i donc le i>écheur, séduit par de spécieuses apiiareiices , s'égare jusiiue dans sa pénitence même; où en est il? lilal bien déplo rallie! savoir avec assurae.ee ([u'on est criminel , cl ne savoir pas si l'on est pénitent ; avoir tous les dehors de l.i léiiileiice, et peutêtre u'i n avoir pas le biml ! Doù il s'ensuit que ce qui devait être un principe de con- (i.iiice i)our le péi heur est la matière de ses iiKluiétudes ; (lue ce qui paraît le devoir s.uiver est souvent ce (jui doit le perdre, et qu'en mourant dans l'exercice de la pénitence, il peut encore êlre réprouvé, parce qu'il pcui encore mourir dans son péché. \'oilà , mes chers auditeurs, ce que la religion nous enseigne , et sur quoi est fondé cet avis que nous donne le Sage, de trembler même pour les péchés remis, p.irce qu'à noire égard, dit saint Chrysoslôme , ils ne peuvent êlre tout au plus (juc présumés tels : De propitUtlo peccato noiicsse sine mctu [Eccli. V). Or, si cela convient à tous les pécheurs, on peut dire, et il est vrai, que c'est le caractère propre de ceux qui ne reviennent jamais ù Dieu diiranl la vie, et qui persévèrent dans leurs désordres jusqu'à la mort. Car, bien loin qu'ils puissent compter sur bur pénitence, ils doivent positivement s'en délier. Je n'en dis point encore assez ; j'ajoute, que, de la manière dont ils se proposent dn la faire, cette pénitence, ils ont presque tous lieu d'en désespérer. Tourquoi ? J'en donne, après saint Augustin, trois raisons. Premièrement, parce que rien en soi n'est plus dillicile à l'homme que la vraie pénitence, Secondement, parce que, de tous les temps, celui où la vraie pénitence est le plus dilficile, c'est le temps de la mocl. ïroisièmcmcnt , parce qu'entre tous les hommes à qui la vraie pénitence est difficile aux approches de la mort, il n'en est point pour qui elle doive plus l'être, que pour ceux (]ui ne l'ont jamais faite pendant la vie. Trois propositions inconlcstables, et qui, bien péiiétréis, ne laissent plus aux pécheurs du siècle d'autre parti à prendre que celui d'une prompte et d'une sincère conversion à Dieu. Encore un moment d'attention : ceci le demande.
ORATEURS SACRES. BOURDALOUE
lOi
change de cœur, même , qu'il se se dépouille de
Rien de plus dilficile à l'homme que la vraie péiiilencc ; car pour cela il faut qu'il il faut qu'il se haïsse luirenonce lui-même , qu'il lui-même , qu'il se détruise en quelque sorte, et qu'il s'anéantisse lui-même, c'est-à-dire qu'il cesse d'être ce qu'il était, et qu'il devienne un homme nouveau. Il faut qu'il ait horreur de ce qui lui paraissait le plus aimable, et qu'il cominence à aimer ce qu'il avait le plus en horreur ; qu'il n'ait plus de passions que pour les combaltre, plus de sens que pour les captiver, plus d'esprit que pour le soumettre, plus de corps que pour lui déclarer la guerre et le mortilier. Cyr c'est en quoi consiste, je ne dis pas la perfection, mais l'essence et le fond de la pénitence chrétienne. Or, vous savez s'il est aisé à un pécheur d'en venir là.
Point de temps où cette-pénitence soit plus difficile, et par conséquent plus rare que le temps de la mort ; c;ir à la mort, dit saint Augustin, ce n'est point vous proprement qui quittez le péché , c'est le péché qui vous quille ; ce n'est point vous qui vous détachez du monde , c'est le moi\de qui se détache de vous; ce n'est point vous qui rompez vos liens, ce sont vos liens qui se rompent par un effet de notre commune fragilité : Si vis aç/cre pœnilenlinm, quando jain peccare non potes, peccata te deiniserunt , non tu illa (Au(j.). Or, afin que votre pénitence fût devant Dieu ce qu'elle doit être, il faudrait que celte séparation, que ce détachement, que re divorce vînt de vous-mêmes. Vous me direz que l'un sert ii l'autre, et qu'on a moins de peine à se détacher des choses quand elles-mêmes elles nous abandonnent; mais moi je vous réponds, avec saint Ambroise, <!u'il en va tout autrement, et que le cœur de l'homme n'est jamais plus passionné, jamais plus ardent pour les objets qui entre- (iinnent sa cupidité, que quand ces objets lui échappent, cl qu'une force supérieure nous les arrache, ou qu'elle nous arrache à eux. Tout ce que nous pouvons faire alors c'est de souffrir; mais de s'en détacher volontairement soi-même, ce qui néinmoins est essentiel à la pénitence, c'est à quoi nous sentons des répugnances infinies, et ce qui demande les plus grands elTorts.
Mais enfin, et en [)arliciilier, pour qui la vraie pénitence doit-elle à la mort avoir dos (lifficullés [dus insurmonlabics, et pour qui peut-on dire qu'elle est quelquefois comme impossible? Ah ! chrétiens, n'est-ce pas pour ces pécheurs obstinés qui n'en ont eu nul usage dans la vie, et qui se sont fait de leur iinpéiiitence une habitude et un état? Car ^ue s'eiisuit-il , de cet endurcissement de ffœur, où ils ont vécu, et de celle présomption d'esprit qui leur f.iil croire à la mort qu'ils veulent se convertir ? <-'est que leur pénitence alors n'est communémenl, pour ne rien tiire de jihis, ((u'une pénitence insuflisaiile : pouniuoi? parce qu'elle n'est, ni volontaire dans son principe , ni surn.ilurelic dans son motif, rèuilcucc fartée et pénitence
toute naturelle ; deux qualités de la pénitence des dénions dans l'enfer, et des pécheurs à la mort.
Pénitence forcée : j'ose défier le pécheur même le plus présomptueux de n'en pas convenir. Car, où est la liberté, quand le cœur, si je puis parler ainsi, n'est mu que par les ressorts, ou d une crainte servile, ou (l'une nécessité inévitable? Est-ce un renoncement libre au péché, quand on n'y renonce que parce qu'on n'est plus en état de le commettre? Est-ce une soumission libre à Dieu, quand on ne s'y soumet que parce qu'on est déjà sous le glaive de sa justice, et qu'on ne peut plus s'en défendre? Est-c; une séparation libre du monde, quand on n • s'en sépare que parce qu'il n'y a plus dï monde pour nous ? Cependant la pénitence, pour être efficace et vraie, doil être volontaire et libre ; et, dès qu'elle ne l'est pas, fût-elle d'ailleurs aussi vive, aussi tonchanle que celle d'Esaii, qui, selon l'expression de l'Ecriture, le fit, non pas gémir, m.iis rugir : Irrugiit clamore miujno [Gcnrf.WWX). c'est une pénitence de réprouvé. De là vient que les Pères, d'un consentement si universel, ont parlé de la pénitence des mourants en des termes propres, non-seulement à consterner, mais à désespérer les pécheurs. De là uenl que l'Eglise, à qui il appartient d'en juger, s'est aulreftfis montrée si peu favorable à ces sortes de pénitences, et que sans les rejeter absoluiienl, ce qu'ele n'a jamais cru devoir faire, pour ne pas borner la miséricorde de Dieu, elle a, au reste, usé de toute la rigueur de sa discipline à l'égard de ces pénitents de la mort, pour nous apprendre coMibien leur pénitence lui était suspecte. De là vient que, suivant les anciens canons, rapportés dans les conciles ceux qui ne demandaient le baptême qu'a l'extrémité de la vie, n'étaient, ce semble, reconnus chrétiens qu'aiec réser\e ; jusque là même qu'on les tenait pour irréguliers, el saint Cypricn en apporte la raison : c'est , dit-il, qu'on les regardait comme des hommes qui ne servaient Dieu (jue par contrainte, et qui n'étaient à lui que parce qu'ils n'avaient pu éviter d'y être. El, en eifet, reprend saint Augustin, celui qui ne condamne les dérèglements de sa vie que lorsqu'il faut malgré lui (|u'il sorte de la vie, l'ait bien voir que ce n'est pas de bon gré, mais par nécessité qu'il les condamne : Qui prius a pcccatis relinijuiliir, quam ipse relimjxuit, non ca libère, sed quasi ex necessilfile condemnal (Aiig.).
Pénitence naturelle et toule humaine, c'està-dire qui n'a ni Dieu ni le péché pour objet. Car, que craignent-ils , ajoute saint Augustin, ces pénitents prétendus? craignent-ils de perdre Dieu , de déplaire à Dieu , d'encourir la disgrâce de Dieu? non, mes frères, répond ce saint docteur ; ils ne craignent rien do tout cela, et la preuve en est évidente, puisque, tandis (|u'ils n'ont eu rien autre chose à crain'Ire, ils n'ont jamais pensé à se convertir: ils craignent de biûler, et ils ne craignent point de pécher : Ardcre mettiunl.
CAllÊMK. SEllMON XI. SU» LlMl'LMTENC.E FINALE.