‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 49 sur 132 · POUR LE LUNDI DE LA TROISIÈME SEMAINE · texte numérisé non relu

POUR LE LUNDI DE LA TROISIÈME SEMAINE

Sur le zHc.

Dixit Je.siis plwrisaeis: Ulii|ue diceUs mdii liimc simililiidiiiein : Medico, cura U-ipsum.

Jésiis-Clirhl (tu uiix vlimishms : Sans duuW (jiie vous in'appliiiueii'z ce proverbe : Médcan, ijiiéri,ssi:zviius rotishiéine {S. Luc, cil. IV).

Ce ne fut point par une simple conjecture de la disposition des pliarisicns, et de la malignité de leur cœur à son égard, que le Fils de Dieu leur parla de la sorte; ce fut. dit saint Chrysostome, par un espril de prophétie el par une vie anticipée de ce qui lui devait arriver dans sa passion, puisqu'en elîet les pharisiens, le voyant sur la croix, lui n prochèrent qu'il av.iit sauvé les aulres. et qu'il ne pouvait se sauver lui-même. Hepni- ( ho que ce divin Sauveur avait hicu piéiu qu'on lui ferait un jour, mais à quoi , par avance, répondaienl hieu les niirarles (lu'il opérait dans la Judée el dans la Galilée; reproche qui ne lui pouvait être f.iil que par un esprit d'infidélité; et reproche enfin (|im se délruisail de lui-même, puisqu'il n'avait point d'autre fondcmenl que l'envie et I o|)iniàlrelé des pharisiens. Mais ne pouvonsnous pas dire qu'autant que ce reproche était faihic contre Jésus-Christ, autant aurait-il de force contre nous, si nous voulions aujourd'hui nous l'appliiiuer, ou s'il fallait nous en défendre ? C'est ce qui lu'riigage, mes chers auditeurs, à prendre pour sujet de ce discours ce qui contient en effet tout le mystère de notre Evangile, savoir, celte parabole aulrefois en usage parmi les Juifs : Medice, ctaa teipsiim ; inciicdn, guérissezvous vous-même. C'est ce qui me donne lieu de vous dire, dans les mêmes ternies, du moins dans le même sens : Chrétiens, pensez à vous-mêmes, corrigez-vous vous-mêmes, n'ayez point tant de zèle pour les aulres, que vous n'en ayez encore plus pour vousmêmes; ou plutôt mesurez le zèle (jue vous avez pour les autres sur le zèle que \ous devez avoir pour vous-mêmes, el de celui-ci tirez des conséquences pour celui-là. Telle est la solide leçon que je viens vous faire, après que nous aurons demandé le secours du

Page 1