‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 60 sur 132 · TROISIEME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE

C'est une vérité incontestable que Dieu aveugle quelquefois les hommes ; et quand ra\cuglcnicnt des homin-s entre dans l'or-

CARKMK. Sr.UMON XXll. SUR

(Irc (li's divins Jécrels, il est de la foi que c'csl un l'iïi't du 110(116, parce (lue 'c'est une des peines dont Uiru punit le péché. Ainsi le proi lièlelsaïe le faisail-il entendre, lorsqu'il dis.til, en parlant des Juifs inridèles : lixcu'- Cdvil neHSOcul(isconun{lsai.(ipHilJoan. XII): C'est Dieu qui les a aveuglés ; ce Dieu, le centre dos lumières, ce Dieu, dans qui il n'y a point de ténèbres, ce Dieu qui éclaire tout homme venant au monde, c'est lui néanluoins qui les a précipités dans l'avcugienient où ils sont ; et leur aveuglement est tel, (ju'ayant des yeux, ils ne voient plus, et ((u'ajant des cœurs , ils ne comprennent rien ni ne sont touchés do rien : Vf nnn vi- (leant oculis, et non iniclligant roule (Ibid.). Or, il est évident qu'Isaïe, s'exjdiquanlainsi, considérait cet aveuglement comme un mystère de la justice de Dieu, comme un effet de sa colère, comme une veujieance du ciel. 11 est donc vrai que non-seulement Dieu aveugle les pécheurs, mais (ju'il ne les aveugle qu'en conséquence et en haine de leur péché ; d'où il s'ensuit que l'aveuglement est alors l'effet du péché.

De savoir, chrétiens , de quelle manière s'accomplit une punition en apparence si contraire à la sainlelé de Dieu, et comment Dieu, qui est la lumière même, peut aveugler une créature raisonnable et intelligente. c'est un des secrets delà prédestination ou, si voulez, de la réprobation des hommes, que nous devons révérer, mais qu'il ne nous appartient pas de pénétrer. A prendre les termes dans toute leur rigueur, on dirait que Dieu, par une action réelle et positive, opère lui-même cet aveuglement intérieur; et je conviens de bonne foi ijuil y a sur ce point, dans le texte sacré , des expressions trèsfortes et qui demandent du discerncniiMit et de la précision pour ne s'y pas laissci- surprendre. Car, quand saint Paul dit , par exemple, que Dieu enverra à ceux (|iii périssent, c'est-à-dire aux réprouvés, nu esprit d'erreur pour croire au mee.soiigc : Jdco miltet i7/j.< Dcus uperationem rrroris, ut crcdant inendacio (II Thcss., II), qui ne conclurait de là que Dieu agit en effet dans une âmccriminelle pour lui inspirer le mcnsongi", comme il agit dans une âme ju^te pour y répandre la lumière de sa grâce? El quand nous lisons dans le livre des Rois, que Dieu, par un dessein formé, suscita un démon pour séduire Acliab, qu'il lui en donna la commission expresse, et qu'au même temps, il mit un esprit de mensonge dans la bouche des prophètes en qui cet infortuné monar- <|ue avait plus de confiance : Nunc igilur dédit Deus spiritnm mcndarii in ore omnium proplietitrtim (III. Refj., XXil), prenant la chose à la lettre, ne dirait-on pas que Dieu , par une providence à lui seul connue, est la rause immédiate qui produit l'aveuglement du péch(ur? Mais, mes frères, dit saint Augustin, il n'en va pas ainsi. Dieu, l'éternelle et l'essentielle vérité, ne peut jamais être l'auteur du mensonge ; et, tout Dieu qu'il es(, il ne peut jamais nous tromper, parce qu'il ne peut jamais cesser d'être un Dieu fidèle.

L'AYKUGIJC.ME.NT SPilliTLEI,. TOflT

S'il nous aveugle, c'est par voie de privation, etnon d'action; c'est en retirant ses lumières, et non en nous imprimant l'erreur; c'est en nous abandonnant à nos propres vues et aux suggestions des méchanls, et non en nous donnant lui-même des vues fausses. Car, do quelques termes que l'Ecriture se soit servie, la foi nous oblige à les interpréter de la sorte. Il y a plus, et j'ajoute que, suivant le sentiment du même saint Augustin, dont le concile de Trente nous a proposé sur ce point la doctrine pour règle, on doit conclure que Dieu n'aveugle jamais tellement les hommes en celte vie , qu'il les laisse dans une privation entière et absolue des lumières de sa grâce : pourquoi ? parce que les hommes tomberaient par là dans une impuissance absolue et enlière de garder sa loi, cl qu'elle leur deviendrait impraticable. Or, c'est une maxime de religion d'autant plus sûre, qu'elle est nécessaire pour réprimer le libertinage, que Dieu, souverainement juste, souverainement sage, souverainement bon, no nous demande jamais rien d'impossible : Impossibilin nonjubel, ce sont les paroles de saint Augustin citées par le concile; sed jubendo monet, et facere quod posns, et petere quod non possis, et adjuvat tu possis {Aug.}. Il nous laisse donc toujours des lumières suffisantes, sinon pour marcher dans la voie du salut, au moins pour la chercher; sinon pour agir, au moins pour prier; sinon pour savoir, au moins pour douter. Or,il n'en faut pas davantage, Seigneur, poi:r être en pouvoir d'accomplir votre loi , et pour faire que, dans vos plus sévères jugements, vous soyez irréprochable, si nous no l'accomplissons pas : Ut justificeris in sermonibus luis, et vincas cum judicaris ( Psal. L). Que fait donc Dieu pour nous aveugler et pour nous punir'? rien autre chose, chrétiens, que de s'éloigner de nous et de nous livrera nous-mêmes. C'est-à-dii-e que Dieu, en puuiliou de nos infidé'ilés et de nos désordres , ne nous donne plus cerlainos lumières qu'il nous donnait autrefois: lumières vives et pénéiranles, lumières de faveur et de choix, lumières qui nous détacheraient du monde et qui nous en découvriraient sensiblement la vanilé, qui nous feraient goûter Dieu, et nous rendraient son joug aimable, qui, dans la pénilence la plus austère , nous feraient trouver de saintes délices, et dans les croix les plus dures, des sources de consolation ; lumières qui cent fois ont produit des miracles de pénitence dans les pécheurs les plus opiniâtres; en tel et en tel , mon cher auditeur, dont vous avez connu les égaromen!' , et que vous avez vus ensuiie , louches do ce-; vielorieusos lumières, prendre haulenieol lu parti de la piété ; lumières dont nous avons nous-mêm-s senti la vertu, tandis que nous vivions dans l'ordre, et qui ne se sont éclipsées que parce que le péché nous a séparés de Dieu. Ce sont là, chréliens, les lumières dont Dieu nous prive quand nous l'irrilon^, et c'est la perle de ces lumières qui fait nolro aveuglement.

Or, je prétends, el voici la dernière oeniée

OnATEURS SACItKS. BOUUDALOUE.

avec laquelle je vous renvoie, je prétends que ect aveuglement, ainsi expliqué, est liffcl le plus redoutable de la justice de Dieu vindicative, le cliâlimcnt le plus rigoureux que Dieu puisse exercer sur les pécheurs, celui qui approche davantage de la réprobation, et que l'on peut dire être déjà une réprobation anticipée. C'est pourquoi, remarque saint Chrysostome, quand Isaïe, hiûié de zélé pour les intérêts de Dieu, semblait vouloir engager Dieu à punir les impiétés de son peuple, il se contentait de lui dire: Excœca cor populihujus{Isai.,Yl). Aveuglez, mon Dieu, le cœur de ce peuple : car il savait que Dieu, dans les trésors de sa justice, n'a point de vengeance plus terrible que cet aveuglement du cœur. Vous me demandez en quoi elle surpasse toutes ks autres ? en voici la raison, chrétiens, que vous n'avez peut-être jamais comprise, et qui néanmoins est une des plus solides vérités de votre religion : c'est que l'aveuglement où Dieu permet que nous tombions en conséquence de nos crimes, est un mal tout pur, sans aucun mélange de bien. Ecoutiz-moi : tous les autres maux de la vie sont, il est vrai, des châtiments du péché ; mais ils ne laissent pas d'être, si nous le voulons, des moyens de salut; et il n'y en a point, si nous en savons bien user, que nous ne puissions mettre au nombre des grâces, parce qu'au même temps que Dieu nous en fait porter la peine par sa justice, il nous les rend utiles par sa bonté; ce sont des maux, dit saint Chrysostome, qui nous purifient en nous affligeant, qui nous corrigent, qui nous servent d'épreuves, qui nous aident à rentrer dans nous-mêmes, qui nous détachent des objets créés, et nous forcent de retourner à Dieu ; mais l'aveuglement est un mal stérile dont nous ne pouvons tirer aucun proGl. Il y a, disent les théologiens, des peines médi- < inales, il y en a de satisfacloires, il y en a de méritoires : de médicinales, pour nous jiréserver du péché ; de satisfacloires, pour l'expier ; de méritoires, pour nous sanctifier; mais, dans l'aveuglement, ni précaution, ni satisfaction, ni sanctification. Quand Dieu m'envoie des adversités, une maladie, une humiliation, j'ai toujours de quoi me consoler ; car, dans ma peine, je lui dis : Seigneur, soyez béni ; vous me châtiez en père : cette maladie, dans l'ordre de votre providence, est pour moi un purgatoire et un exercice de patience ; trop heureux si j'en fais un tel usage. J'abusais de ma santé pour mener une vie mondaine et dissipée ; en me l'ôtant, vous m'avez, malgré moi, séparé du monde : peine médicinale. J'avais horreur de la pénitence ; vous me la faites faire par nécessité : peine satisfactoire. J'étais lâche d.iiis votre service et négligent dans les de- 'oirsdu christianisme; mais, si je ne vous honore pas en agissant, vous me donnez de (juoi vous honorer en souffrant : peine méritoire. Voilà ce qui adoucit mes maux ; mais quand je tombe dans l'aveuglement, je ne puis rien penser de tout cela : pourquoi? c'est que, par ce genre de peine, je ne

satisfais point à Dieu, je ne niérile rien devant Dieu, je ne deviens pas meilleur selon Dieu : Dieu me punit, et rien de plus.

Or, en cela, chrétiens, le châliraenl dont je parle ressemble encore à celui des réprouvés ; car, quel est, pour les réprouvés, le comble de la misère ? c'est que jamais Dieu ne sera satisfait de leurs souffrances, et que, plus ils souffrent, plus ils sont obstinés dans leur malice. De même l'aveuglement, bien loin d'effacer nos péchés, les augmente ; bien loin de soumettre nos cœurs, les révolte ; bien loin d'apaiser Dieu, le courrouce : il a tout le mal de la peine sans en avoir aucun effet salutaire. Peine éternelle, ajoute saint Chrysostome, aussi bien que celle des réprouvés. Tous les autres maux, quelque grands qu'ils soient, ont un terme ; l'aveuglement n'en a point : la mort, qui finit tout le reste, au lieu de le faire cesser, lui donne, pour ainsi parler, un caractère de perpétuité ; et comme un saint, en mourant, passe, selon l'expression de saint Paul, de lumière en lumière et de clarté en clarté, c'est-à-dire de la lumière de la foi à la lumière de la gloire, et de la clarté des justes à celle des bienheureux : A claritate in clarilalem ( II Cor., III ) ; aussi la mort faitelle passer un mondain que Dieu réprouve, de ténèbres en ténèbres, et d'aveuglement en aveuglement ; je veux dire de l'aveuglement temporel à l'aveuglement éternel, et des ténèbres du péché aux ténèbres de l'enfer.

Après cela, conclut admirablement saint Augustin, dites que Dieu, dès celte vie, ne punit pas spécialement les pécheurs et les libertins ; dites qu'il n'a point pour eux de cliâliment, qui, dès cette vie, les distingue do ses élus, et qu'en toutes choses il les confond avec les gens de bien. Vous vous trompez, mes frères, reprend ce saint docteur ; Dieu juge les mondains dès celte vie, et, dès celte vie, il met entre eux et ses élus une terrible différence, par la différente manière dont il les châtie : Ulique est Deus judicans cos in terra {Aug. ) ; il n'attend pas jusqu'à la fia (les siècles pour séparer le bon grain d'avec la paille ; mais il a dès inainteiianl une espèce de peine qui lui suffit pour ce triage, et c'est ravcuglenient dans le péché. Si nous ne l'appréhendons pas, si nous n'en avons pas autant d'horreur que de l'enfer même, malheur à nous. Ah 1 Seigneur, s'écriait le même Père, que vous êtes adorable el impénétrable dans vos jugements ! mais que vous l'êtes surtout dans cette loi fatale qui vous fait répandre de si affreuses ténèbres sur les honuues, pour punir les désirs injustes et déréglés de leurs cœurs : Qanm secrduses, habilans in excclsis, in silenlio : iJius sotus et Dcus magnus, lege infatigabili spiirgetis pœnalcs cœcilales suj/er illicilas cupiditates {Aug.) ! Si ce Dieu veiiseur n'a pas encore exercé sur vous, mes frères, celle rigoureuse justice ; s'il n'a pas encore permis (lue vous soyez tombés dans ce trislo état, ce n'est pas peut-être que vous ne l'ayez déjà bien mérité ; mais c'est qu'il a usé envers vous d'une plus grande miséricorde qu'à

CARLME. SERMON XXIII. SUIl L'EVANGILE DE L'AVEICLE-NE.

léjînrd Je lanl d'autres. Cependant, prenc z uaidc que celte boulé ne se lasse enfui, cl ciai'Mii'Z la patience même d'un Dieu qui frappe daulant plus rudement, qu'il a p. us Ion-temps arrête ses coups. Qui sait s'il a résolu d'attendre davantage '? qui sait si ce ne sera pas après le premier péché que vous allez commettre qu'il éteindra pour vous ses lumières cl qu'il vous aveuglera ? qui ne doit pas être saisi de frayeur, en pensant qu'il y a un péché que Dieu a marqué comme le dernier terme de sa grâce, je dis de celte grâce puissante sans laquelle nous ne nous sauverons jamais ? Quel est-il, ce péché '.' je ne le puis connaître ; après quel nombre de péchés vicndra-t-il ? c'est ce que j'ignore ; de quelle nature, de quelle espèce est-il? autre mystère pour moi ; est-ce un péché particulier et extraordinaire ? est-ce un péché ordinaire et commun ? abîme où je ne découvre rien. Tout ce que je sais, ô mon Dieu 1 c'est que je ne dois rien oublier, rien ménager pour prévenir le malheur dont vous me menacez. Heureux que vous m'ayez fait voir le danger! non moins heureux que vous vouliez encore m'aider à en sortir! souverainement heureux si je marche désormais à la laveur de vos divines lumières, jusqu'à ce que j'arrive à la gloire, où nous conduise, etc.

SEIIMON XXIII.

aOMÉI.IE POUR LE MERCREDI DE LA QUATRIÈME SEMAINR.

Sur l'évangile de V aveugle-né.

Prslerieus Jésus, viiiil homiiicin cœcum a nalivitale.

Jésm passant, vil un lionvtie qui éuiit aveugle depuis sa naissance (S. Jean, ch. l.\J.

De tous les faits qu'ont rapportés les historiens sacrés et dont ils ont composé leurs saints évangiles, nous pouvons dire, chrétiens, qu'il n'en est point où ils se soient étendus dans un plus long détail , ni qu'ils nous aient représenté avec des traits plus vifs que la guérisou miraculeuse de cet aveugle-né, à qui le Sauveur du monde ouvrit les yeux et en qui il voulut faire éclater sa gloire. 11 semble que le fidèle Evangélisle qui nous en fait aujourd hui le récit, ait pris à tâche de n'en pas omettre une circonstance, et la yeînture qu'il nous en trace est si naturelle < t si sensible, que nous croyons en lisant ce miracle y èlre présents nous-mêmes et voir tout ce qui s'y passe. Je ne puis donc, ce me semble , mes chers auditeurs , mieux contenter votre piété qu'en suivant de point en point, dans ce discours, lout l'évangile de ce jour, pour en tirer, comme dans une sainte homélie, les instructions salutaires qui se présenteront et qui serviront à l'édlGcatiou de vos âmes. Or, dans toute la suite de cet évangile, je remarque surloutdeux sortes de personnes qui s'y distinguent et qui doivent particulièrement occuper notre altenlion.

Nous les entendrons parler, mais, du reste, tenir deux langages bien dillérenls. Nous les verrons agir, mais avec des sentiments bien opposés. D'une part , c'est l'aveugle mémo guéri par Jésus-Cbrist et bénissant à haute

vois son bienfaiteur; mais, d'autre part, ce sont les ()liari.siens, ennemis de Jésus-Christ et piqués d'une mortelle envie contre ce Dieu Sauveur. Touché de la plus vive reconnaissance et se faisant un devoir indispensabl« de confesser et de publier la véiiléà la gloire de cet Honmie-Dieu, qui vient d'opérer en sa faveur un prodige si merveilleux , l'aveugle-né reconnaît du bonne loi et déclare avec assurance le bienfait qu'il a rec^u, en nomme l'auteur, en marque toutcsjles particularités, et se reprocherait comme un crime et une monstrueuse infidélité, non-seulement de rien dire qui pût obscurcir ce miracle, mais de rien taire de tout ce qui en peut rehausser léclat. Voilà comment s'explique un cœur droit, et, par une règle toute contraire, voici, dans l'exemple des pharisiens, comment se laissent aveugler des cœurs préoccupés, des cœurs envenimés, en un mot, qui exprime encore mieux ma pensée, des cœurs intéressés. Car, selon les vues de ces fnix docteurs de la loi, il était de leur intérêt de rabaisser les œuvres de Jésus-Christ et de le décrédiler, parce que lui-même, par ses œu>res, il diminuait leur crédit, et c'est pour cela que, malgré l'évidence du miracle fait dans la personne de l'aveugle-né, ils ne peuvent jamais se résoudre à eu convenir et qu'ils en prennent même occasion de calomnier le Fils do Dieu et de le traiter de pécheur. De là nous comprendrons d'abord en ([iiel aveuglemei^t l'intérêt propre est capable do nous plonger et nous plonge tous les jours comme les pharisiens; ce sera la première partie. Et nous apprendrons ensuite , du témoignage de l'aveugle, à dissiper, par les lumières de la foi, les ténèbres de l'erreur, el à confondre le mensonge par une sainte confession de la vérité, ce sera la seconde partie. Pour vous faire bien entendre l'un et l'autre, j'ai besoin des grâces du ciel et je les demande par l'intercession de Marie : Ave, Maria.

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