POUR LE JEUDI DE LA QL'ATIIIÈJIE SEMAI>E
Stir la préparation à la mort.
Cum appropiaiuarel po'-t.-e civilalis.ccco rjefiinrtus c(E
rcbntur, tHiiis unions juali-is sus: et Ikcc vidiia rrat, 1 1 tuilia civilalK mulla cinii ill:i. Oiinni cum vidissi't Doiiiiiius, iiriscricordi;! moius super coni, divii illi : Psoli (Icre.
Lorsque J c Ms-Chiisi éluit près de lu porte de la ville, on portail en (erre un mort, /ils unique d'une femme venre'; et cette femme émit uccompntjnée d'une qmide qumilité de pcrstnuics de lu ville. JiHtis-Cliri^l Vnqanl vue, il en fut Sonclié , et il lui dit : Ne plewez. point (S. Luc, cluip.
Voilà, rhrélicns, dans un même sujet bien *le< «'jjds (le (oinp.ission : une mère qui a liorJu son fils, itne femme privée par là de la plus (liiure cspér.ince qui lui rest.iit, un jeune homme enlevé dès la fleur de son âge, un fils unique, seul héritier de sa famille, déchu tout à coup de Inutes ses prétentions ; enfin, une foule de monde qui accompagne le corps qu'on porle en terre, et qui prend part à cette trisie cérémonie. Il y avait là sans doute, dit saint (irégoirc de Nysse, de quoi toucher le Sauveur des hommes : et il était difficile que le Dieu de charité et de miséricorde ne fût pas c:nu d'un appareil si higulire et d'un spectacle si digne de pitié. Mais après tout, selon la pensée de saint Jean Chrysostome, un autre objet le touchait encore bien plus sensiblement. La perle d un llls, le deuil d'une mère , la mort d un hérilier, la désolation dune veuve , ce n'étaient que des considérali'.ns humaines trop faibles pour faire une grande impression sur le coeur d'un Dieu; mais ce qu'il ne put voir sans douleur, ce fut l'attachement excessif et tout iiaturel de celte mère à la personne de son ills; ce fut l'iiifidélilé de colle femme, qui envisageait la mort, non avec les yeux de la foi. mais par les yeux de la chair"; ce fut le malheur de ce jeune homme, surpris par un accident imprévu, et mort sans préparation. Or, pour m'atlacher à ce dernier article, qui me paraît plus rssenliel et plus important, îi'esl-ce pas ainsi que meurent lous les jours tant de chrétiens , je veux dire, sans avoir pensé à la mori, sans s"è!re disposés à la mort; et qu'y a-t-il de plus déplorable que l'état d'un homme qui se tnuive à ce •lernicr moment lorsqu'il s'y altenilait le moins, et n'a pris nulles mesures pour un passage dont les suites sont éternelles? Il est donc d'une extrême conséquence, mes chers audileurs. de vous apprendre à prévenir un •langer si affreux; et c'est pour cela que je viens vous enlrclenir aujourd'hui de la préparation à la morl. Vierge sainte, puissante protectrice des mourants, c'est vous ((ue nous invoquons à celte heure si critb|uc; c'est votn^ secours alors que nous implorons : commencez dès maintenant à nous en l'aire sentir les effets, et rendez-vous favorable à la prière que nous vous adressons : At^e^ Maria.
Saint Chrysostnme, donnant des règles de vie, et par ces règles de vie voulant disposer «ne âme chrétienne à la mort, fait [laiticul'èrcmciit coiisi>ler cette préparation eu trois
choses , savoir : la persuasion de la mort, la vigilance contre la mort, et la science pratique de la mort. Tiois dispositions qui ont entre elles un enchaînement nécessaire, et qui vont d'abord partager ce discours ; comprenez-en, s'il vous plaît, le dessein. Pour se préparera mourir, dit ce saint docteur, il faut bien se persuader de la mort : première règle. Il faut sans cesse \ ciller contre les surprises de la mort : seconde règle. Enfin, il faut se faire de la vie même, soit par la réflexion, soit par la pratique, un exerei<e continuel et comme un apprentissage de ia mort : troisième règle. Or, quel est, p ir rapport à nous , le sujet de la compassion du Fils de Dieu? le voici, mes cbers auditeurs : c'est que craignant la mort au point que nous la craignons, nous vivons néanmoins dans une négligence entière et dans le plus profond oubli de la mort. Car nous craignons de mourir; et cependant, quelque certaine et quelque prochaine même que soit la mort, nous ne sommes presque jamais persuadés qu'il faut mourir. Nous craignons de mourir; et cependant, quelque incertaine d'ailleurs et quelque trompeuse que soit la mort, nous prenons aussi peu de précaution que si nous t lions pleinement instruits, et du temps, et de fclat où nous devons mourir. Enfin, nous craignons de mourir; et cependant, malgré l'expérience journalière et si sensible que nous a\ons de la mort, nous n'apprenons jamais, dans l'usage de la vie, à mourir, (les trois points demandent à être éclaircis , et c'est pour cela que j'ai besoin de votre attention.