‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 79 sur 132 · BOURDALOUE · texte numérisé non relu

BOURDALOUE

un Irésor de colère pou rie jour (les vengeances et de la nianifeslation du jugement de Dieu ? Secundnmaulcm duriiiamUunn el impœnilrns cor, thesdurisria iibi iram in die irœ et revelalionis j}isli JHilirii nei{ Ihid. ); voilà le mépris que Dieu fait du pécheur. 'Appliquonsnous ceci, mes chers auditeurs : l'un el l'autre ue nous coin ient que trop ; c.ir nous voulons nous con\erlir dans un temps, ou imaginaire ou réel , que chacun de nous se propose; réel si nous y parvenons, imaginaire si nous n'y parvenons pas; mais, quoi qu'il eu soit, rien de plus injurieux ni de plus outrageant pour Dieu que ce dessein prétendu de conversion.

En cfTel, nous voulons nous convertir, quand nous serons rebutés du monde , ou plutôt quand le monde sera rebulé de nous, quand nous ne serons plus en étal de goûter ses plaisirs, ni d'aspirer û ses honneurs. Nous voulons nous convei tir quand les revers de la fortune et les disgrâces de la vie nous y forceront, quand l'hypocrisie même du siècle nous y portera, quand elle nous en fera un intérêt, quand il n'y aura plus rien de meilleur pour nous; je dis de meilleur dans les vues mêmes de l'amour-propre.Wms, en parliculier, femmes mondaines, vous voulez vous convertir quand vous aurez cessé de plaire à ces sacrilèges adorateurs qui vous idolâtrent, quand l'âge aura effacé ce qui vous les attachait, quand le dégoût de vos personnes vengera Dieu, pour ainsi dire, du sacrilège encens qu'on vous aura prodigué, el que vous aurez reçu avec tant de complaisance. Enfin, mes frères, nous voulons nois convertir quand nous ne pourrons plus nous en défendre, quand le glaive de Dieu nous poursuivra, quand une violente maladie nous aura conduils aux portes de la mort, quand, par le nombre des années, nous ne serons plus maîtres de rép.irer le passé, et de travailler au présent, quand la faiblesse do la nature servira de prétexte à nos lâchetés et de voile à noire impénitence, quand nous n'aurons plus rien à olîrir à Dieu , et que nous serons presque dans une impuissance absolue de faire quelque chose pour lui ; car ne sont-re pas là le^ projets de la prudence humaine? Et, sans rien dire ici des risques lerrihlcs que nous courons par là, n'ayons égard qu'au seul intérêt de Dieu, et au mépris que nous faisons de sa grâce; en vérité, mes chers auditeurs, ces projets de conversion conviennent-ils à une créature qui n'a pas lout à fait perdu l'iilée de Dieu? est-ce Iraiter Dieu en Dieu? se contenlera-l-il que nous lui donnions les restes du monde ; qu'après nous être lassés dans la voie d'un libertinage opiniâtre, nous venions à lui. présenter un cœur infecté de vices et de passions, uu corps usé de débauches, un esprit corrompu défausses maximes? non, sans doute; et, pour l'honneur de sa grâce, dont il est jaloux, il saura punir ce mépris : et comment? apprenez-le. Car , si nous l'en croyons luimême, après (]uc nous l'aurons ainsi outragé, il nous rejettera ; nous le chercherons, et nous ne le rclrouvcrons plus; nous voudrons

sSl ^.AUEME. SERMON \XX11 SUR LK HETAIIDEMENT HE I.A PENITENCE. 882

«Hri- à lui, et il ne voiulra plus iHre à nous; roiistieiue , jiar un n mords salulaiic, les ou plulôl, nous ne luiuirons plus même le aM'iiiiait du dan^'cr de leur élal ; lous les Aouloir, parée que nous ne l'aurons pas lioinnies scraieni dans le de>(iir : pourquoi 7 >oulu quand il nous était lacile de le pouvoir. fiaree (juils auraiinl alVaire à un Dieu éga- Nous ne laisserons pas d'èlre persuadés plus leiiienl pr()iii|il et Icrrihle djins ses vengcanque jamais qu'il l'iul enlin nous déterminer, ees. D'où \ienl donc (|u'oii remet et qu'on qu'il n'est plus temps de remellre eetle cou- ne \eutse eon\ertir qu'à rcxliemilé ? c'est version, dont niuis >erroiis malgré nous que ([u'on se repose sur l'idée (lu'oii a d'un Dieu le terme expire: mais qui sait si Dieu, se patient el toujours pièl à donner sa grâce. tournant contre nous, ne nous dira point .Mais, Seigneur, s'écriait saiul Amiiroise, alors comme à ces Juifs dont il est parlé au permettez-moi de m'en plaindre à vous pour l)reinier chai)itre d haïe : Uelirez-vous , et \ous-iiiême. C'est celle patience qui semble Ile paraissez point devant mes autels pcuir autoriser contre vous les pécheurs de la me faire une offrande indigne de moi ; je ne leire. Sans elle, vous seriez mieux servi; vous connais plus, el vos sacrifices me sont sans elle, on vous reconnaîtrait tel que vous à charge? (-omme roi d; s siècles el monarciue êtes. Oik! ne vous déclarez-vous? ([ue ne éternel, je voulais les prémices de vos années; prenez-vous voire cause en main? ()ue ne je voulais ces années de prospérité, qui lu- nous élevez- vous dans r.irdeiir de voire corcnt pour vous des années de dissolution ; je lî're pour dompter ces âmes (ières et indociles, voulais ces années de santé , que vous avez en les réduisant au choix, ou d'une proconsumées dans le repos oisifd'une >ie molle chaiiie conversion, ou d'une iné>ital)le daniel paresseuse ; je \ oulais celle jeunesse, dont nation?. Mais (|ue dis-je, ô mon Dieu! poiirvous avez fait le scandale de tant d'âmes; je suivait ce saint docteur? l'ardonneznioi si voulais cet âge mûr, qui s'est passé dans les jç m'ingère à examiner votre conduile , et intrigues de votre amhilioii démesurée : vous si je parais vouloir |u'escrire des bornes à avez sacrilié tout cela au monde, et vous l'a- votre miséricorde , nu)i (|ui dois tout à celle >ez fait dans l'assurance que ce serait assez miséricorde sans bornes, piiisciu'il y a loiigd(^ m'en offrir tiuebiues deliiis; el moi, je lem|is (lue je serais la victime des flammes viius dis que ces oblalions lue sont odieuses, éleriielles, si elle ne m'avait pas allendu. Je et (jii'il est de ma gloire de les réprouver : parle en homme, Seigneur, et vous agissez Soleinnittites veslros odivil (ntiina inen ; picUt en Dieu. Selon mes pensées, il vous serait siinl mihimolcsla, lahonni suslincns [Isui., 1). |dus avantageux de |ieidiedes rebelles ; mais. Ainsi |)arlail le Seigneur, et ainsi se coin- selon les vôtres, il vous est plus glorieux de porte-t-il tous les jours à l'égard de certains suspendre vos coups el d'arrêter votre jus- [>écheurs, après les délais criminels ((u'ils ont tice. Ainsi ce l'ère expliiiuait-il à Dieu ses apporlés à leur conversion. senlimenls. Mais d'ailleurs , s'adressanl au J'ai dit, de plus, que s'assurer de la grâce pécheur : \'ous, mon frère, lui disait-il, n'érn différant sa conversion, c'était combattre tes-vous pas bien coupable de vouloir moins Dieu par ses propres armes , et se servir diî l'aire pour un Dieu bon (]ue pour un Dieu sa fidélité el di; sa miséiirorde contre lui- inflexible? Car tel est votre procédé. Pour inénie. Pourquoi cela? ne le voyez-vous |)as, un Dieu inflexible, vous renonceriez dé* chrétiens? pécher contre Dieu, parce que maintenant à votre péché; et, pour un Dieu - Dieu est bon; ne cesser point de l'oulragei-, bon, vous vous conteniez de former de vains parce (ju'il ne se lassu- point de nous su|i- lu'ojeis , et d'y vouloir un jour renoncer, porter; dire : Je ne veux pas encore changer Pour un Dieu sans i émission, vous produide vie, parce ([uc la miséricorde de Dieu n'est riez des fruits de pénilence, el, pour un Dieu pas encore épuisée, cl je veux continuer d, lus patient, vous ne donnez que des jiaroles. mon désordre, parce <iu'il est toujours dans <>r, je prétends, chrétiens , (juc dans cette la volonté de me sauver; n'esl-ce pas cm- disposition, se répondre de Dieu et de su ployer contre lui ses attribuls,et abu:jer, giâee, c'est le dernier excès de l'avcuglcpour l'oHenser, de sa grâce même? Carenfiii, liu'iil.

dit saint Clir^suslome , si Dieu usait de ses Enfin , j'ai dit que de compter ainsi sur la

droils, et s'il était à notre égard ce qu'il pour- grâce, c'est vouloir que Dieu se rende fau-

iMit ê(rc avec justice, un Dieu sévère, un tt ur et complice de nos désordres. Car il lo

Dieu inflexible, qui fit imuiédiatemenl suc- serait évidemment, s'il supiiorlait les pé-

(eder la peine au péché : s'il nous traitait cheurs avec celte patience (jui tient de l'in-

(oinme ce créancier impiloyable de l'Evan • sensibilité, et si, malgré leur rébellion, si

gile traita son debilcur , el i[ue, sans nous grâce leur était toujours promise, l'^t voilà

accorder aucun délai, il nous pressât de lui sur quoi 'J'erlullien se fondait pour appuyer

rendre ce que nous lui de vous :/{(■(/(/ ('r/((0(/</c'/H'.s- ses sentiments erronés louchant la pénilence.

(^/(j»/(.,XWl),queferions-nous?nuusoliéi- J'avoue, chrétiens, et je vous l'ai déjà fait

rions sur l'heure même à un commandement remarquer dans un autre discours, que ïer-

si rigoureux. Il n'y aurait jioint parmi nous lullien sur cette matière porta trop loin sou

de pécheur qui ne pliât d'abord sous le joiig zèle : mais ne craignon-,-nous point de loiii-

de la loi de Dieu. On verrait ces préUndus ber dans une autre erreur, [lar les fausses

esprits forts recourir les premiers au Iribu- cl présomptueuses idées que nous nous for-

nal de la pénitence; non plus par cérémo- nions de la boule de Dieu, et par l'abus que

nie, mais en elïei ; non plus après des années nous en faisons pour nous eiitrclcnir dans

eiiUères de délibération . mais dès que kui le crime et pour l'omenler noire iui(i,uilé ?

OIlATLL'i'.S SACRtS. BOLIID.SLOIJE.

lîicn lOin (juc nous puissions alors f';iiro î'oml sur la grâce, je préloiids, avec suinl Ainbroisf, que notre ()réson)|ilion serait pour Dieu une espèce cl"cnt;agenieiit à nous abaiitionner; pourquoi? afin de justifier sa prolidence, et de nietlre sa sainteté à cou\ert <!e tout reproche. Affreux eiigaiiemeut, qui intéresserait Dieu à notre éternelle réprobalion! Sur quoi donc enfin comptera le [ é- < lieur? sur sa \oionlé? Faisons-lui voir i]uc celle espérance n'est pas moins trompeuse que les autres, et concluons p;ir celle troisième partie.

TROI lÈME PaRTIK.

C'est un effet du péché, chrétiens, et Dieu l'a ainsi permis, que Ihoniine en soit réduit à cet état de misère, de ne pouvoir pas même s'assurer de sa volonté propre. De toutes les choses du monde, c'est celle qui naUirelleinent devrait plus être en son pouvoir, et néanmoins, de toutes les ciioscs du monde, e'tst celle dont il a plus lieu de se défier. S'il fallait risquer le salut, disait saint Bernard, je croirais bien moins hasarder du côté de la grâce de Dieu, qui ne dépend pas de i!ioi, que du côté de ma volonté qui en i!ôpend. Et voici la raison qu'il en apportait : l'arce que le secours de Dieu, disait-il, vient d'un principe qui de soi est éternel et iuiluuabîe, au lieu (luc ma volonté est l'incoi!slance et la IVagililé même. Dieu veut parfaite u'-enl ce qu'il veut; et liioi souvent à peine sais-je bien ce que je vous et ce que je ne veux pas. ïlais ne pi:is-^e pas disposer de ma volonté? 11 est vrai , reprend saint iiernard, et c'est justement pour cela même (jue je dois craindre. Si Dieu m'avait ôlé ce pouvoir, et qu'il se fût rendu absolument tl uni(juement maître de ma volonté, je serais en assurance; mais il a voulu que celle v(.lonlc di'q.endit encore de moi, et qu'elh^ lût sujette à mes légèretés, à mes irrésolutions, à mes caprices, et voilà ce qui me fait trembler. Or, si saint Bernard parlait de la surir, <iuc doil jenser un homme du monde qui ne veut pas actuellement se convertir, dans la ■'Ue qu'il se convertira un jour, et dans l'espérance de changer quand il voudra de sentiments et de conduite? Voyez co:ument il raisonne et comuient il se contredit lui-même. 11 se promet qu'il fera dans queUiue temps un eiîort pour sortir de son péché, et il avoue que dès maintenant il se sent tro;) fail)le pour y réussir. 11 se fl.ille qu'/iprès quelques années, il aura assez d'empire sur son creur jjour le déi;a|;er de cette p.îssion, el il reconnaît que celte pnssion le domine déjà tellement, qu'il lui est pre>(iue impossible de la vaincre. Cop.lradiction évidente. Ouoi! mon frère, lui réii<)nd saint Augustin, vous êtes dès à présent trop faible pour vous soutenir, et vous vous relèverez après que vous vous serez toujours affaibli davantage? A mesure que vous avancez dans le chemin du vice, les forces de votre àme, je dis les forces même naturelles, diminuent, el l'exj.Vrience ne vous l'apprend ((ue trop. Autrefois wiuis résistiez, el cet heureux lempéramenl 4ue Uku vous avait donné, soutenu de la

grâce, surmontait sans peine la violence du mal ; niais le mal, j'entends l'Iiabitude du péché, a lellemeTit prévalu, qu'elle ne tiouve presque plus de résistance ; vous succombez aisément, fréquemment, el, |)our excuser vos ciiutes continuelles, vous les attribuez à voire faiblesse. Qae sera-ce donc quand vous aurez rncore langui plus longtemps dans l'état de votre infirmité? Dire (|ue vous serez capable alors de vous relever, n'est-ce pas vous méconnaître et prePidre plaisir à vous tromper vous-même?

D'autant plus, ajoute saint Grégoire, pape, que ces pécheurs qui diffèrenl leur conversion, la remettent enfin jusqu'à un îenips uù il leur est, en quelque manière, impossible de changer sincèiemcnt de volonté. Quel est-il ce temps? la fin de la vie, el souvent le jour même de la mort. Car, dites-moi, mes chers auditeurs, si nous pouvons prétendre a\ec raison, qu'à ces derniers moments nous agirons par les vues de Dieu ? Toutefois ôli z ces vues de Dieu, toutes les \ olonlés el tous les désirs imaginables ne suffisent pas pour vous sauver. Or, je vous demanile, esl-il aisé d'agir par de semblables motifs, quand on est réduit à la plus extrême el à la plus pressante nécessité, qui est celle de la mort? Quitter le péché quand on ne le peut plus cummc'.tre; renoncer aux occasions, (juanl on n'est plus maître de lesricliercber ; mourir au momie , quand le monde est déjà mort pour nous, est-ce là cette pénitence surnaturelle, si puissante sur le cœur de Dieu, et (]ui le iléchit iunnanquableuienl? Je ne dis point les obstacles inlinis dont la volonté du pécheur est combattue, ses forces épuisées, ses .'■ens assoupis, son esprit égaré, sa mémoire troublée , la douleur qui le saisit ; en sorte que l'âme, occupée tout entière du mal présent, tst incapable de réfléchir sur le passé el de délibérer sur l'avenir. Mais je veux qu'elle ail toute l'allenlion et tout le discernement nécessaires; encore une fois es!-il facile à un homuie de devenir à la mort ce qu'il n'a jamais été pendant la vie ; de prendre des inclinations tontes nouvelles, de commencer à haïr ce qu'il a toujours aimé, de commencer à aimer ce qu'il a toujours haï? ne serait-ce pas un prud;g •? Voilà néanmoins sur e,uoi l'espéiance de tous les pécheurs est fondée. Ils sont convaincus que ce miracle se fera en eux; ils se connaissent bien, disent-ils, el, dès qu'ils le voudront ou qu'ils penseront à le vouloir, rien ne leur résistera; (luelque momlaine, quelque déréglée qu'ait élé leur vie, ils se IransforineroiU tout à coup en daulres hommes. Jug. z si vous devez les eu croire, et s'il y a pour vous de la sûreté dans une pareille conduite.

Ah ! chrétiens, allachons-nous plutôt au conseil que nous donne le grand apôtre, el au commandement qu'il nous fait de ne pas recevoir en vain le don de Dieu qui nous est aujourd'hui |)résenté. Le temps est favorable, la grâce abondante, la disposition méms de nos esprits et de nos cœurs axanlageuse. Qu'altenîons nous et que nous reslc-t-ii, si»

8S" o"a»l;me. sKinioN xxxiii. surl\ passion di: jlsi s ciikist. fso

non ilo nriiiîiiT ilc c<>> lieuroiiscs coniosu-lu- '''"■'•'' ''' ■'-'•fli'ssc. Pou>[ »oii!;,u<ws p,â,h.m Jânis-Christ

., , ' „ ,• ,,1 . . „.,., „•. „i „,■: i„„,„,. cni(ih(' , qui c^l un sujet tie scuiKitilf iiux Juifs , cl iiui ini-

(le i\-iioi!VC'lk'ini'iil pour tous les chrelioiis ; la siuj i^t,,' de Uicu à coux qui xnut oppcUs, soii ireiiire les

'.\i\ t("n;ps (jui rc\ cille les plus ;issoiipis, qui qemih, !pn if entre les Juifs. \):>ns Ix \>veiinèK E\iHrc aux r.iniiiie les !>lus laimuissaiils elles plus Coniuli, di. 1.

lidUls, un leinps i ù les [)lus eiulureis au- Sinic, si jainnis les prédicaleurs pouvaienl,

raient houle di' ne pas ilonnei' des marques avec (iuehjne sujet apparenl, roujjir de leur (le leur rs'ligion, (u'i la piélé puhlinue tiioni- luinislère , ne serait-ce pas en ce jour, où ]i!ie du res[).'cl luniain, 1 1 où le liherlinai^e, ils si? voient Obli^iés de paiMier les liuitiiliacoiifoiulu, (le\ient scandaleux et odieux ; un lions élonnanles du Dieu (ju'ils aniionccn! , temps où 'es âmes liaiides (leuvenl avci' lion- les outrages <iu'il a reçus, les faildesses (|uil

iicur se déclarer, el où le monde mèaie no a ressenties, ses langueurs, ses souOrances,

s'étonni' pointdes conversions ([ui paraissent sa passion, sa mort? (^ei)cniianl, disait le

dans le cliiislianisnie. Pour cuniliieu de pé- grand Apôlre, malgré les ignominies de la

eîr'urs ce saint temjis n'a-t-il pas été locca- croix, je ne rougirai jamais de rKvangile do

sion d'une pénitence piifaile? Pour coniltien mon Sauveur, el la raison (|u'il en apporte

d";imes, qui semblaient désespérées, n'c!-l-il est aussi surprenante et même encore plus

pas éléjsi je puis parler de la sorte, un lenips siir|)rcnante «lue le sentiment (jn'il en avait :

de crise? temps de crise, où la foi presque C'est que je sais , ajoulait-il , que l'évangile

éteinte et à demi morte ro-suscile, re^it et de la croix est la vertu de Dieu ])our tous

oi ère 'es plus grandes merveilles. Mais, ù |h-o- ceux qui sont éclairés des lumières de la foi :

('andeurelaliîmedesconseils dcDii'U ! lempsde Non (riibcsro lyvantjrliuin; rirtus cnim Dti est

fiise, ([ui décide souvent ou de la vie, ou de ontni credenli ( H<im., 1). Non -seulement

la inorl,ou du salut ou de ladamnalion. (Jui saint Paul n'en rougissait point, mais il s'en

sait si celle pâque ne sera pas la dernière gloriliail. Car , à Dieu ne plaise, mes frè-

ponrvons;ou qui sail si Dieu voudra l'aire rcs, écrivait - il aux (ialates, que je fasse

en voire l'a\eur,à nue aulrei)â(iue, les mêmes jamais ccnsisler ma gloire dans aucune au-

avauces'.' La grâce abondante; car ri""gli!-e tre cbose que dans la croix de Jésus-("lirist ;

nous ouvre tous ses trésors : elle veut nous Dlihi nulnn clinil aloriari iiisiin cntce Domiiii

appli(iuer tous les mérites de Jésus-Cliri>l ; noslii Jcsii Cliri:'!i {(ial.,\'\).\i\vn loin que la

elle nous a[)p('lle à sou tribunal pour délier croix lui donnât de la confusion dans l'exer-

nos consciences; elle inspiie à ses ujinislres ciee de son minisière, i! prélendait (jne, pour

lin zèle tout nouveau ; elle s'intéresse pour soutenir sou ministère avec bonm'ur, le plus

nous au]irès de Dieu : et Dieu, écoulant en- infaillible mojen était de prêcher la croix de

core sa uiiséi icorde et ne dédaignant pas de riIonune-Dieu; et (]u'en eiTel il n'y a\ ail rien,

nous |)rèvcnir, nous offre ses secours les dans tout l'Rvangile, de plus granil, de plus

l)lus puissants. La disposition d(^ nos esprits mer\eilleux, de plus propre aiéme à salis-

el de nus cceurs plus avaut.igeiise : j'ose dire fain; des esprits r.iisonnabb's et S"nsés, que

qu'il n'y a point de pécheur si obstiné, qui, ce profond et adorable mystère. (]ar voilà le

dans ces jours de bénédiction, el spéciale- sens littéral de ce passage toni divin que j'ai

ment sanclitiés par la piélé des lidèles, ne choisi pour mon texlc; : JtKhrl. siqna petnnt,

fasse, malgré lui, cerlaincs réilexions, et ne cl (irœci siipienli'iin r/tta-runt ( I ('or., Ij : Les

seule renaître au fond de son âme certains Juifs incrédules demandent (ju'on leur fasse

remords, certains désirs qui le ramèneraient voir des miracles; les (irecs, vains et super-

à Dieu, s'il voulait faire que'(iuc eli'orl porr bes, se piquent de chercher la sagesse : les

les suivre. uns eMes auîres s'obstinent à ne vouloir

Allons donc, mes chers audilcnrs, et nié- croire en .lesns-Christ qu'à ces deux condi-

nageons des moments si [irécieux. Disons à lions. Et nn)i , dit l'Apôtre , pour confondre

Dieu, cdinme David : Dixi, ntiiic cirpi [P.fdl. également l'incrédulilé des uns et la vanilé

LXX\'!) : C'est , Seigneur , un dessein for- des autres, je me contenle de leur prêcher

nie , et dès aiijouid'hui je me nieltrai en de- Jésus - Christ même crucifié : pourquoi?

^oird^! l'exéeuler. Disons-lui comme saint parce que c'est par excellence le mir.ic'e di;

Augustin : Svro ie amavi {.iufj.). AhISei- la force de Dieu, el tout ensemble le clief-

îiiicnr, je commence bien tard ù vous aimer, d'œnvre de la sagesse de Dieu. Miracle de

( l que serait-ce si je différais encore? Est ce la force de Dieu, qui seul doil lenir lieu aux

liop que de vous donner au moins quelques Juifs de tout aulrc miracle; Chrisinm eruci-

années ijui me restent peut-être à vivre /'J("'!,A>''irî/7H/CHi.Clief-d'œuvredclasages'-e

ser la terre, pour mériter de vivre élernelle- de Dieu, qui seul est plus (jiie suflisanl pour

i':ent avec vous dans la gloire, où nous con- sonmcllre les gentils au joug de la foi, cl pour

duise, etc. les faire renoncer à toute la sagesse nion-

SER.MON X.WllL dainc:Cliri.<:tiuncruri/lxani, Dei^npienliam.

pouu Lii VExnREoi SAINT. , ^'''"i''a!»!f idée (lue concevait le docteur

c , ,, ■ , ,, ,., . dos nations, se représenianl toujours la [las-

Sur la Passion de Jesus-thnsi. «iondu Sauveur des hommes comme un mys-

Jikhci sigii:i peiunt, et Grad saiieiiiiim qn.Tniiit : ii.>s tcre de puissance et dc sagesse. Or, c'est à

scind-iluin, .,.e„i,inis ;mte,n siuUiii:.m; iiisis auiein uieai.s Celle idce chrétiens, que je m attache, parc(;.

Jn.l:iis alquc Gracis , Chrislimi Dti viiliiteiii , el D-i sj- M" **'"' m a paru, d'une part , plus propre a

l'"|''a'n' vous édifier, et de l'autre, plus digne do

Les Juifs ((cmundent des mir^uies, cl l.s Cicesch::- Jésus-fTlirist , dont j'ai à vous faire aujour-

ORATEURS SACRES. OOURDALOlJE.

d'hui l'éloge funcbro; car il ne s'agil pas ici «le pleurer la mort de cet Homme-Dieu : nos larmes, si nous en avons à répandre, doivent èlre réservées pour un autre usage, et nous ne pouvons ignorer quel est cet usage que nous en devons faire, après que Jésus-Ciirist lui-même nous l'a si positivement et si distinctement maniué, lorsque, allant au Calvaire, il dit aux filles de Jérusalem : Ne pleurez point sur moi, mais sur vous. Il ne s'agit pas, <lis-je, de pkurcr sa morl , mais il s'agit de la méditer, il s'agit d'en approfondir le mystère, il s'agit d'y reconnaître le dessein de Dieu, ou jihilôt l'ouvrage de Dieu, il s'agit d'y trouver l'établissement et l'afferinissenient de notre foi, et c'est, avec la grâce de mon Dieu , ce que j'enlreprcnds. On vous a cent fois touchés el attendris par le récit «louloureux de la passi^m de Jésus-Christ, et je veux, moi, vous instruire ; les discours pathéliques et affectueux que l'on vous a faits ont souvent ému vos entrailles, mais pcutèlie d'une compassion stérile, où, tout au plus, d'une componction passagère, <iui n'a pas élé juscju'au changement de vos mœurs ; mon dessein est de convaincre votre raison, et de vous dire quelque chose encore de plus solide, qui, désormais , serve de fond à tous les sentiments de piélé que ce mystère peut inspirer. En deux mois, mes chers auditeurs, qui vont partager cet entretien , vous n'avez peut-être jusqu'à présent considéré la mort du Sauveur que comme le mystère de son humilité et de sa faiblesse ; et moi je vais vous montrer que c'est dans ce mystère qu'il a fait paraître loule l'étendue de sa puissance : ce sera la première partie. Le monde, jusqu'à présent , n'a regardé ce mystère que comme une folie, et moi je vais vous f.iire voir que c'est dans ce mystère que Dieu a fait éclater plus linutenient sa sagesse : ce sera la seconde partie.

Donnez-moi, Seigneur, pour traiter dignement un si grand sujet, ce zèle dont fut rempli votre Apôtre, quand vous le choisîtes ])our porter votre nom aux rois, et pour leur faire révérer, dans l'humiliation même de votre mort, la divinité de votre personne. Je ne parle pas ici, comme saint Paul, à des Juifs ni à des gentils; je parle à des chrétiens de profession, mais parmi les(iuels on voit tous les jours des faibles dans la foi, qui, pleins des maximes du siècle, et consultant trop la prudence humaine, ne laissent pas, «luoique chrétiens, d'être (iuel(]uefois troublés et même tentés sur l'incontestable vélilé de leur relii;ioii, quand on leur représente le Dieu (ju'ils adorent, comblé d'opprobres elexpirantsurunc croix : or, c'est pour cela que je dois les foriilier, eu leur faisant connaître le don de Dieu , cache dans le mystère de votre morl, et en relevant dans leur idée vos faiblesses apparentes. Soutesiez-moi donc, ô mon Dieu ! mais au même temps, donnez à mes auditeurs cette docilité avec laiiuelle ils doivent entendre votre parole, pour être, non-seulement persuadés, mais convertis et sanctifiés. Je vous la dojuandc, Seiiineur, celle grâce, el je l'obtien-

drai par les mérites de votre croix même ; car, oublianlaujourd'hui Marie, je n'envisage que voire croix, notre unique espérance, et je vais lui rendre d'abord l'hommage et le culte que lui rend solennellement toute l'Eglise. 0 critx, avel

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