‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 8 sur 132 · PREMIER AYENT. SERMON III. DL SCANDALE · texte numérisé non relu

PREMIER AYENT. SERMON III. DL SCANDALE

el ce qui l'obligeait à leur dire, pnr un de .ses propliùles, ce que je ii"oser.iis pas leur appliquer si je ne parlais après Dieu cl de la part de Dieu, à qui seul il appartenait de leur faire des rcprorlics si pressants el en des termes si forts. Mais puis(iue, étant ce que je suis, ce langage de Dieu me louche moi-même, el que je dois y p'-cndre part; puisque c'est une leçon que je me fais à moi même et qui me convient, je ne craindrai pas de leur faire cnti'ndre aujourd'hui l.i voi\ du Si'igncur, en leur adressant ces paroles de Malacliie : Et nunc ad vus vutndulum hoc, o sdcirdotcs {Malach., Il); miiinlenaiit donc, leur disait le Dieu d'Israël, prêtres cl ministres de mes autels, écoutez-moi, et jugez-vous. Je vous avais établis dans mon Eglise pour l'cdilier, et pour la sanctilier; je vous avais donné le soin du troupe.iu, afin que vous en fussiez les pasteurs : comme vos lèvres étaient les dépositaires de la science, vos œuvres devaient être 1,1 règle des mœurs et de la vraie piélé. Cependaut, infidèles aux obligations les plus étroites el les plus indispensables que je vous avais imposées, vous vous éles écartés de la droite voie que vous enseigniez, el que vous deviez enseigner aux autres : vous vous êtes volontairement égarés; et, en vous égarant, vous eu avez égaré plusieurs avec vous : Vos autem recessislis de via, et scandait zasl is plurimos in Icge (Ibid.). De là, quelle suite? Ah I chrétiens, c'est ce (juc j'oserais encore moins penser de leur déclarer, si Dieu ne l'ajoutait pas : l'roptcr (jiiod ego dedi vos conlemplibiles, el huiniles omnibus populis {Ibid.) ; c'est pourquoi, concluait le Seigneur, tout pasteurs des âmes et tout ministres ((uc vous êtes de mes autels, je vous ai rendus vils ( t méprisables aux jeux de tous les peuples. \'otre vie, ou plulôl les scandales de voire vie, vous ont dégradés •lans leur estime, et vous élca devenus lobjet de leur censure.

N'est-ce pas ainsi que tant de ministres du Dieu vivant éprouvent à la lettre la malheureuse destinée de ce sel de la terre à quoi Jésus-Christ les a comparés "? Car , qu'en fait-on de ce sel, reprenait le Sauveur du monde , quand il est une fois corrompu ? on le foule aux pieds : Qtiud si sal evaniicril, ad nihilum valet, visi ut concnlceturab hominibin { Matlli., V). En effet, par une juste punition de Dieu, qui ne veut pas que celtemélaphore de l'Evangile soit une vaine figure, el qui permet que la prédiction de Malachie s'accomplisse visiblement, qu'y a-l-il dans le monde de p'us méprisé (|u'uu prêtre scandaleux? A Dieu ne plaise , mes chers auditeurs, que je prétende par là justifier le mépris que vous en f:iites, ni que je veuille autoriser les conséfiuenees que vous avez coutume d'en tirer I Quand je parle des scandales causés par les ministres du Seigneur, je vous en parle pour votre instruction, et non pas pour leur confusion, je vous en parle pour en arrêter les pernicieux ciTels ; je vous en parle, afin que ces scandiles ne soient pas pour vous des tentations dangereuses , que vous n'en aojez pas troubles ,

(jne le fondement même de votre foi n'en soit pas ébranlé, eliiue le libertinage ne s'en prévale pas : car, je sais jusqu'à quel point il s'en prévaut tous les jours; je sais quelle ioipression la vie des ecclésiasti(iues scandaleux fait sur vos esprits ; je sais combien elle contribue à endurcir vos C(rurs, et que leurs mauvais exemples , ou pour mieux dire, que vos raisonnements encore plus iwauvais sur leurs mo-urs et sur leurs exemples, sont un des plus grands obstacles du salut que vous ayez à surmonter.

Mais pour finir cet article important par la morale de notre évangile, mallicur à vous, si vous vous faites un sujet de scandale, non p!us absolument de Jésus-Christ, mais de Jésus-Chrisl dans la personne de ses ministres , tout indigues qu'ils peuvent être do leur ministère, puisque en ce sens il est encore vrai qu'heureux est l'honmie qui no sera point scandalisé de lui : L't bains qui non fuerit scundalizalus in me. Malheur, si vous vous laissez entraîner à ce scainlale, el si, tout contagieux qu'il est, vous ne savez pas vous garantir de sa malignité et de sa contagion. Pourciuoi ? Parce que le Sauveur du momie, qui a si bien su prévoir tout et pourvoir à tout, vous a donné , pour le combattre et pour le vaincre, des préservatifs qui vous reluiront éternellement inexcusables si vous n'en usez pas: car, premièrement , il vous a avertis que ce scandale arriverait, afin (jue vous n'en fussiez pas surpris ; secondement , il vous a lui-même mar(]ué la conduite que vous avez à tenir (luand ces mini-.trcs, assis sur la chaire de Moïse , mancjueraient à vous donner l'édification (lu'ils vous doivent. Il vous a dit qu'alors il fallait vous attacher à la pureté de leur doctrine , cl non pas à la corruption de leurs mœurs, que vous seriez jugés sur les vérités qu'ils vous .luraient annoncées, et non pas sur la vie (juils auraient menée ; que TOUS deviez les écouter, et non pas les iiiiiier; obéir à leurs ordres, el non pas faire selon leurs œuvres ; et qu'étant au reste ses ministres, qu'exerçant en son nom une puissance et une autorité légitime, malgré leurs désordres, ou vrais ou prétendus, il ne vous était point permis de les mépriser, parce que vos mépris retomberaient sur le Mattro qui les a envoyés : Qui vos spernit, me spernit {Luc. X).

Que dirai-je maintenant de ceux que j'ai appelés les forts dans la foi, parce qu'ils sont nés el qu'ils ont été élevés dans le sein de l'Eglise catholique? Sont- ils excusables lorsiiu'au lieu de seconder le zèle de tant do s.iints ouvriers, cl de contribuer à ramener ceux dtî nos frères qui se trouvent encore malheureusement engagés dans l'erreur, ou à confirmer ceux dont la foi, même après leur conversion, est encore chancelante, ils ne servent, au contraire, par leurs exemples, qu'à les éloigner davantage de nous, ou (lu'à les replonger dans leur premier aveuglement ? Car 00 sont, mes chers auditeurs, avouons-le à notre honte, el profitons enfin une fois do la vue que Dieu nous en doiine,

co sont nos mauvais oxt;ai|iIes qui einpc'c le parfait retour de lauUlc gens que le inallu'ur (le leur naissance a séparés de noire communion, ou <|ui s'y sont nouvellement réunis. S'ils ont tant de [leine ou à revenir ou à demeurer parmi nous, n'eu cherilious point d'autres raisons ((ue nos relâchements, que nos impiétés dans l'exercice même du culte que nous professons. S'ils nous voyaient aussi sincères et aussi l'crvcnts catholiques que notre devoir et le nom ([uc nous portons nous obligent à l'èlre, ils le deviendraient eux-mêmes comme nous. Ce qui les fortitic dans leurs préjugés, c'est la monstrueuse opposition que nous leur donnons lieu d'observer entre nos actions et notre créance. Que pensent-ils et que peuvent-ils penser quand ils sont témoins de la manière dont nous assistons à raugu.>-te sacrifice du corps de Jésus-Christ? Cela seul n'est il pas capable de détruire dans leurs esprits cl dans leurs cœurs toutes les bonnes dispositions qu'ils pourraient avoir à en croire la réalité? cela seul (lar c'est ainsi qu'ils s'en expliqua nt) ne les fail-il pas douter si nous la croyons bien nous mêmes, et s'il ne leur est pas plus avantageux de ne la point croire du tout, que de se rendre coupables de telles profanations ? Queltiue zèle (jue nous fassions paraître pour l'entière extinction du stliisn)e, ils ne sauraient se l)Crsuader (jue nous soyons bien convaincus de la présence de notre Diru dans son adorable sacrement, tandis qu'ils voient eux-mêmes les scandaleuses irrévérences qui se couuuctlent dans nos églises et à la l'ace de nos autels. Ils tirent de là des preuves contre nous, dont ils sont d'autant [ilus touchés, qu'elles sont plus sensibles.

C'est donc à nous de faire cesser ce scandale, connue bien d'autres que l'Ijcrésic, si vous voulez , a\cc malignité, mais peut-être avec vérité, nous a de tout temps reprochés: et voilà le grand secret pour achever dans nos frères l'œuvre de Dieu; voilà l'aimable violence que l'Kvangile nous permet de leur faire, pour ies forcer, si je l'ose dire, à rentrer proinptement dans la maison de Dieu. iMlifioiis-les par nos exemples : sans tant de discours , nous les convertirons. Montronsleur par notre conduite qu'il y a, entre ce que nous croyons et ce que nous pratiquons, une pleine conformité : ils ne nous résisteront pas. Honorons notre foi par nos mœurs; lioiu)roiis, p/ir notre modestie cl notre i)iélé, le grand sacrifice de notre religion. Le seul iinilif(iue nous propose David, doit nous y engager : Net/utiiulu dicanl ycnlcs : Ubi est JJcHs eonun (Ps. CXIII) : de peur que les nations ne demandent, ou (lu'elles n'aient sujet de demander : Où est leur Dieu ? Et s'il est là où ils font profession de le reconnaître, conunent ne l'y adorent-ils pas? ou môme (ouunent vont-ils tous 1rs jnurs l'y deshonorer, l'y insulter, l'y outrager?

linlin, que dirai-je de ceux qui, déclirés pour la piélé et fidèa-sà en pratiquer les (euvres, y lai>sent d'ailleurs glisser et apeice- ' "••• des défau s dont les lil;erliiis se prL\a-

Or;ATF.l]RS SACRES. BOLUDALOLE.

lient lent contre la piété mêi)ie?Car

le monde, quoi<iue impie et libertin, veut (juc les serviteurs de Dieu soient irréprochables , il veut que leur vie soit à l'épreuve de la censure, et qu'il n'y ait rien dans leur conduite qui démente leur profession. S'ils ne répondent pas là-dessus à l'attente du monde , s'ils deviennent liouuncs comme les autres, et que liuriiiélé ne soit pas exempte des faiblesses ordinaires; s'ils mêlent avec la dévotion le dérèglement de leurs passions, le raffinement de leurs vengeances, le faux zèle de leurs intérêts, les vues et les intrigues de leur ambition, la vivacité de leur humeur, l'intempérance de leur langue ; si l'on voit un dévot délicat sur le point d'honneur, jaloux, avare, injuste, niéd sani, double et de mauvaise loi, n'est-ce pas un triomphe pour le libertinage, et connue un droit qui l'autorise? Je sais que le monde en censurant la dévotion, lui lait souvent injustice ; mais c'est pour cela même, reprend saint Chrysostome, que ceux, qui veulent ser\ ir Dieu en espiit et en vérité, doi veut se rendre plus exacts et |d us réguliers; qu'ils doivent se iircserver avec plus de soin des moindres fautes ; que, selon l'avertissement de saint l'aul, ils doivent p !r là fermer la bouche aux impies. En sorte, disait cet apôtre aux premiers chrétiens, que nos ennemis n'aient rien à dire de nous; en sorte que le nom du Seigneur ne soit point blasphémé, ni son culte a\ili ; en sorte que notre religion, ou que Dieu dans notre religion soit glorifié : Ul is tjui ex udviTso est, vcrealur, nihil habens vialuin dlccre de nobis (Tit. , II).

Concluons, nus chers auditeurs; et pour recueillir en deux mots tout le fruit de ces grandes vérités , mettons-nous en garde contre les scandales qu'on peut nous donner: mais ayons encore plus soin nous-mêmes de ne scandaliser jamais les autres. Disons tous les jours à Dieu, comme David : Cnsloludi me a scandalis operuntiiim iniquilatem. [l's. CXL.) Préservez-moi , Seigneur, des hommes scandaleux. ; de ces pécheurs qui commettent ouvertement l'iniquité : mais ne soyons pas aussi nous-mêmes de ce nombre. Si noire prochain est pour nous une occasion de chute, observons les saintes règles que Jésus-Christ nous a prescrites ; et n'éparg;nant ni l'œil, ni la main qui nous scandalise, arrachons l'un, et coupons l'autre ; c'est à-dire, quelque violence qu'il nous en coûte, séparons-nous de ce que nous avons de plus cher, plutôt que de perd, e notre âme; mais gardons-nous aussi d engager le prochain dans la voie de perdition, parce qu'en le perdant avec nous, nous sonimes doublement coupables et doublement enfants de colère, l-l vous surtout que Dieu a distingués, qu'il a élevés dans le monde, a[ipli(iuez-\ous celle morale, cl souvenez-vous (|ue voire élévation même vous impose un devoir particulier cl une obligation d'autant plus étroile d édifier le monde, qu'il y a plus à craindre que vos exemples n'entraînent les faibles. Car, qui peut y résister, et où sont les âmes solides ([ui se roidissent et (|ui tiennent ferme contre ce torrent? Suv ncz-voiis de celte

PllKMIKIl AVCM. SERMON IV. M LA FAUSSE CO.NSCiÊNCE.

p.irole i!o JL'siis-dhrisl : Sic liiccal lux vesira coniin liotiiiiiiliuf , ni videinit vjicra resira (jonn [Mallli., VJ. F;ii(t's (iiic voue lumière hrilie iiiix jcii\ (les lnunnies, afin (pie les iKimiiies, i'ililies de voire coiuluilc cl uetou- Itiini's à \oiis suivre, se Iroinciil réduits à riieureuse nécessite de fuir le ma! el à la nécesMlé encore [dus heureuse de l'aire le bien. N'oubliez jajnais <iui' c'est à vous de purger le monde des scandales qui y rè^Mienl, et que Dieu pour cela vous a choisis el plact^'S sur la U'ie des autres. .\li! Seigiieur, que ne puis-je l'iirc aujouid'hui, dans cet auditoire il dans celte cour, ce que l'eiont les anges dans le dernier jugement ! Une des commissions que vous leur donnerez, sera de ratnasseï' el de jeter hors de votre royaume tous les scandales qui s'y trouveront : t't mitlet aïKjelus suos , et colliijrnl de rcijiio ejits omiiia scanilala [Mutth., XIII). Que ne puis-je les prd'venir 1 (juc ne puis-je par avance exécuter l'ordre qu'ils recevront alors de vousl que ne puis-je dès maintenant, pour bannir tous les scandales, di-livrer votre 3'^glise de tous les scandaleux ; r.on pas comme vos anges extL'rminateurs, eu les répiouvant de voire part, mais comme |:redicateur de votre Evangile, en les coinerlissanl, en les sanctifiant I 11 ne tient qu'à vous , mes chers auditeurs, (jue mes v(Ciis ne soient accomplis. 11 y va de votre inlcrét el de voire plus grand intérêt, puisqu'il y va de votre saiul et du bonheur éternel que je vous souhaite, etc.

SIZRMON IV.

rot'R LE TUOISIÈME DIMAJiCUE DE L'aVENT.

Sur lu fausse conscience.

l)ixMunl(^rgo ci : Oiiises? ulresiioiisuni deniiis bis qui niiseï mit nos. yuid dicib de le ipsu? Ail : ligo vux claiiiaulis IM deseilu ; Oiriyile viam Uiiuiiu.

U'^ Juifs, drf}ii!és tic U sijiiaijnyiie, din'iil dune à Jcan- Baplhlc : (Jni eie -vuns '.' afin qiw nous fiiinsioiis •■endie répvn.sc à ccuj: qui nous oiUciivotics '.' Que dttcs-voiis iteivustiiéme '.' Je suis, réiiundit-il , lu viiix de eeliti ipii cric dans le dénert : Piépaicz In vuie du Seiijneur, el la leudez Uroile{S.Jean,clutp. 1}.

Ce n'était pas une petite gloire à saint Jean d'avoir été choisi de Dieu pour préparer dans les esprits et dans les cœurs des hommes les voies du Messie, dont il aniionçail la venue, el quand ce grand saint aurait entrepris de ramasser tous les éloges <iui convenaient el à sa personne cl à son minislèrc, il n'y aurait jamais mieux réussi (lueii laissaut parler son humilité, qui lui rend aujourd'liui malgré lui-mém,- ce lemoignagesi avantageux : Eijo vox ciumunlis [Joan., J) : Je suiî la VOIX de celui qui cric. Car pour être celte voix du précurseur, il laliait être non-aeulement prophète, et plus ([ue prophète, mais un ange sur la terre, puisque c'esl de lui, suivanl l'explication même du Sauveur du monde, que Dieu, par Malachie et en parlant à son Fils, avait dit autrelois : J'enverrai devant vous mou ange, ([ui vous préparera les voies : Hic csl ciiim de quo sci'iiilum eil : Eccc ei/o milt<) ongrlum miiiin qui jjrwjjurabil tium luaiii unie tc{l\Iulth.,\\).

Quoique je ne sois ni ange ni prophète, Dieu veut, mes eheis auditeurs, que jo rende à Jésus Christ le même oKice (|ue saint Jean, el qu'à l'exemple de ce glorieux précurseur, je vous crie, non plus comme lui dans le désert, mais au milieu de la cour: Dirigilc viiiin Domini [Joan., \). Chrétiens, quim'eeoulcz, \oici votre Dieu qui approche^ disposez-vous à le recevoir; et |)uisquil veut êlre|)iêveiiu, commenciz dès maintenanl à lui préparer dans vous-mêmes cette voie bienheureuse (|ui d lil I • conduire à vous el vous conduiie à lui. Cesl pour cela que Jean-Bipliste fut envo\e dans la Judée, el c'est pour cela même (jue je parais ici ; ces!, dis-je, pour vous apprendre quelle est celle voie du Seigneur si éloignée des voies du monde. Il est de la foi que c'esl une voie sainte, ei malheur à moi si je vous en donnais jamais une autre idéel .Mais il s'agit de savoir quelle eslceltc voiesainte, où nous devons marcher: il s'agit de connaître en même temps la voie qui lui est opposée, afin de udus en détourner. Etvoilàce (juej'ai eiiticprisde vous monlrrr, après (jue nous aurons imploré le secours du ciel, en adrc-ssanl A Marie la prière ordinaire : Ace, Marin.

Ne cherchons point hors de nous-mêmes l'éclaiicissemenl des paroles de notre Evangile. Ces voies du Seigneur que nous devons préparer, ce sont nos consciences. Ces voies droites que nous devons suivre pour nous nieltre en état de recevoir Jêsus-Christ, co sont nos consciences réglées selon la loi do Dieu Ces voi. s obliques (|uinous sommes ob^ ligésde redresser, cesoni nos consciences perverties cl corrompues par les fausses maximes du monde.Cette voie trompeuse dont les issues aboutissent à la mort, c'esl la cons( icnce aveugle el erronée iiue se fail le pécheur. Celle voie sûre el infaillible qui conduit à la vie, c'est la conscienre exacte el limorée que se fait l'homme chrétien. Tel est, mes chers auditeurs, tout le mystère de la prédication de saint Jean : Dirifjitr rium Domini.

Nos consciences sont nos voies, puisque c'esl par elles que nous marchons, que nous avançons, ou que nous nous égarons. Ce sont les voies du Seigneur, puisque c'esl par elles que nous cherchons le Seigneur el que nous le trouvons. Ces voies sont en nous, puisque nos consciences sont une partie de nous-ménies et ce qu'il y a de plus intime dans nous-mêmes. C'est à nous à les préparer, [uiisque c'est pour cela, dit l'Ecriture, quo Dieu nous a mis dans les mains de notre / cou^eil. Jugez si le précurseur de Jésus-Chri>t na\ ail doue pas de raison de dire aux Juils : iJirigilc viiiin Domini ; [uéparez la voie du Seigneur.

Or, pour vous aider à profiter d'une instruction si iiiiporlanle. mon dessein est de vous découvrir aujouid hui le desordre de la fausse conscience, qui est cette voie réprouvée el directement opposée à la voie du Seigneur. Je veux, s'il m'est possible, vous en préserver, en vous moîitrant combien il est aisé de se faire dans le monde une fausse conscience ; combien il est dangereux, ou,

OiUTF.ins SACIiF.S nOLK.O \l.(!l'K.

poar mieux dire, pernicieux d'iiç;ir scinn les principes d'une f.iusso conscience; enfin, combien devant Dieu il est inutile d'iipporter pour excuse de nos égarements une fausse conscience. Trois proposilioiis dont je vous prie de bien comprendre l'ordre (t lu suite, parce qu'elles vont faire tout le partage de ce discours. Fausse conscience aisée à former, c'est la première partie. Fausse conscience dangereuse à suivre, c'est la seconde. Fausse con>.cience , excuse frivole pour se justifier devant Dieu, c'est la troisième. Dans le premier point je vous découvrirai la source et l'origine de la fausse conscience. Dans le second, je vous en ferai remarquer les pernicieux effets, et dans le dernier, je vous détromperai de l'erreur où vous pourriez être, que la fausse conscience dût vous servir un jour d'excuse devant le tribunal de Dieu. Le sujet mérite toute votre attention.

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