C.xnVME. SERMON X\XV!. Sl'Il l.\ PAIX ClIRF.Tir.NNF
jlir un esprit (l;iiis de plus gramles in iiiiiéludes , quand il n'est pas régie p,ir l!i fi.i.
N'oilà, cliréliens, l'état déplorable où était saint Augustin a\anl sa conversion. lorsque, par un ^ain orgueil , il vnu'ait décider et juger en nijûlre. au lieu de s'instruire avec Il docilité et riuiniilité d'un disciple ; car c'est lui-niènie qui le confesse , dans le livre qu'il nous a l.iisï-é touchant l'iilililé de la foi. Je passais, dit-il, de sccle en secte et d'opinion en opinion, selon les divers niouvenienls de mon esprit ; tantôt je me détlarais pour Tune, ( t tantôt pour l'autre ; il n'y en avait pas une (jne je ne voulusse embrasser, et pis i:ne que je ne voulusse abandonner. Aujourd'hui j'étais njanichéen , et demain je ne l'étais plus ; je désespérais ir.èiiic souvent de parvenir jamais à la vérilé , et, après un long combat , fatigué de mes propres |)rnsées, je me laissais einpo:ter au seuliine'.it des académiciens, (lui ne tenaient rien deicrlaiu dans le monde, aimant mieu\a\(C eux douter de tout que de [irononcer avi c 'es autres sur des proliabilité>:i'(rpcHii'/(i i-((/ciia- Inr non posse omnino invcniri quucl (juivrel)(i:n, mdijniijuc (Inclus coijitationiim tncannn ii>i:c(ulcmicuniinsenlentiamfercbanluri.iug). i^ur ((uoi , en passant , vous remariiuerez iiu'au moins saint Augustin n'était pas sujet à ce vice si commun dans notre siècle, de se préoccuper d'un seulimcnl sans eu vouloir écouter d'autre; de croire loujouis une chose, parce qu'on l'a crue d'abord , ou de n'y acquiescer jamais, parce qu'on l'aune fuis combattue; de s'entéler (ju'elle (St , laiCi! ('(U'on \eut qu'elle soit; de la contredire avec obstination . parce qu'on a intérêt qu'idlc ne soit pas ; et, quelque parti qu'on prenne, de se faire un fauv honneur d'y demeurer, sans avoir d'autre règle de sa ciui luiie (ju'un attachement opiniâtre à son sens ; car voilà, mes cliers .-lUilileurs, ce qui produit tous Ips jours parmi nous tant de <iésonlres. Saint Augustin, dis-je , n'eut pas au moins C( lie l'ail. lesse, dans le lemps mémo (|u'il n'avait pas ( ncorc soumis son es|)rit à i'empiie (!e la foi ; car il examinait tout , <t n'ct lit prévenu de rien. Mais, par un défaut tout o[ipo-é à celui-là , à force d'esaminerelde donner, dans l'examen (ju'il fai-ait, trop de liberté à sa raison, il ne trouvait plus rien à quoi se fixer, el c'est ce qui l'embarrassait et ce qui le Iroublail. Vojezces prétendus esprits forts du monde, qui, pour a\oir peu de reli'^ion, raisonnent élerr.ollcîiient sur la riligion. Quoique ce ne so.l [las, comme saint Augustin , par une abondance de lumières, cl qu'il y ait communément dans leur libiTlinage plus d'igmiranre que de doute, c'est là qu'ils en viennenl. Ils raisonnent, mais sans savoir eux-mêmes ce (lu'ils croient et ce qu'ils ne croient pas, in- <ertains de tout , et ne convenant jamais du [irincipe auquel ils veulent s'arrêter: détruisant aujourd'hui ce qu'ils avaient hier avancé; parlaul tantôt d'une façon et tantôt l'.e l'autre . .selon «lu'ils se sentent poussés - I que le caprice les urporle. D'cù est ve-
nue celle confusion , (jui a paru de lnut letnps dans le progrès des hérésies, cl qui lit en particulier (lu luthéranisme un monstre à cent téli's . par la diversité des factions (lui le paitagèrent? de l'orgueil de la raison humaine. Chacun s'érigeait eu m.iîire , el d gmatisait à sa mode , et chacun voulait être écoulé. L'un prenait la réformatinn dans louîe sa rigueur, l'autre radoucissait el la niodérait; celui-ci, à que- ((ue prix que ce fût, vimlait sauver la ré.ilite dans le sacrement de Jesus-l'hrist , celui-là ne la pouiail soufïrir. De là naissait la division des esprits, de là les schismes des Eglises, de là les guéries dans les Etats. Or, ce qui est arrivé dans une même scile, c'esl ce (jui arrive à toute heure dans un mène esl'i it; el l'expérience nous fiil voir qu'il se divise lui-même et qu'il se confond, dès (]u il est assez malheureux pour ne s'attacher pas à la simplicité de la foi.
Quand il n'y aurait (jne la curiosité ùt'. savoir qui, toute défeclueuse qu'elle est. passe pour un droit et pour une prérogative dont la raison de I homme se prévaut, avec ceîti! insatiable avidité d'acquérir sans cesse de nouvelles connaissances, pourrions -nous espérer de procurer la paix à notre csptil '.' Car, comme dit saint Thonins, raisonner, c'est chercher, cl ( liercher toujours , c'esl n'être jamais content. Il faut ilonc, pour nicllre notre esprit en possession de celle bienheureuse [laix à laquelle il aspire, quelque chose deslable, qui arrête el qui borne, sa curiosité, quebiue < Imsc de certain , ijui remédie à ses inconstances, quebiue diese d'iiifaillilde qui corrige ses erreurs. Or, ce sont les trois caractères de la foi ; car la foi boiiie noire raison, en réduisant tousses discours à ce seul [riniipe : C'est Dieu qui l'a dil ; c'est Jésus-Chrisl , la sagesse do Dieu n;êine qui a pailé, el ne lui peruietlanl jamais de passer outre. D'oîi vient que 'l'eituilicn disait , qu'apiès Jésus-r.brist la curiosité ne nous était plus d'aucun usage , el que l'exercice nous en était interdit de| uis que l'Evangile nous avail été annoncé : Nubis curi(ixif(t!e opiis non a^l post. Clirisliim, nrc inrjiiiyilioiie pusl Evdinjtliitm {Tcriull.). Or, si en cela noire raison parait céder ses droits , parce qu'elle se retranche dans des limites ([ue la nature ne lui prescrit pcdnt, du moins e-t-il vrai qOe, dans ce retranchement (lui lui est volontaire, louies ses inquiétudes cessent , et qu'elle y trou\c un parfait repos.
De plus, la foi reniéclie à ses inconstances, el cel I n'est pas Uioins évident; parce qu'il est cle la substance même de la foi divine de nous mettre dans cette s.iinle disposition d'esprit, où nous renoncerions plutôt à toutes le s lumières de la nature et à toutes les connaissances des sens , ciue de ne pas croire ce que nous croyons ; car qu'est-ce que d'être li'lèle, sincMi d'être disposé de la sorte'.' Or, ce c|ui détermine ainsi notre esprit est €."• qui fait sa paix. Enfin , la hn , par un don de grâce qui lui convient uniquement, assure la raison de l'hoaiuie conUe le mcusouïe el
9ot OR ,TEt RS SACRES. BOtiRD.W.OtJE. e.VJ
l'orriur. |iaicc qni'lli.' p>l ausvi inf.iilliblcqiio f?r;'ice; rar r"csl-ù dire qiio parla fui nous DJL'U m("'iiie. Nonseulomeiil iiifaillibli- en soi, devons cire coninic des enlaiits peur ne plus puisqu'elle est iimiHnliaU'iiienl loiulée sur raisonner avec Dieu qu.nul il lui a plu do lauloriléetsur la rcvélalion il'!Di('u;mais in- s'expliquer et de se déclaier <à nous ; niaii< faillible même parrappoil à nous, puisqu'elle ()uc nous devons être raisminablcs pour disnous appli(iue celle ro\élalion [>ar des règles rerncr si ce que l'on nous projjose esl de si saintes i|ue si,p:ir impossible, nous élions Dieu ou de quelqu'un aul()|■i!^é de Dieu ; eu lrom[)és. Dieu sérail res[ionsab!e de nos er- un mot, (|ue nous devons éirc raisonnables rturs, suiva/it c<'tle consolante parole de avant la foi (l non pas dans l'exercice arluel Richard de Sainl-Viclor : Domine, si error est de la foi ; raisonnables pour les préliminaiijucm ciedimua, n le deccpli sitmiis [liichar- ns de la relijjioii et non pas pour l'acle es- <Ihs a S. Vie.) : Oui , Seigneur, s'il y avait de seiili; 1 de la religion ; rai.-o nables pour aprillusiou dans noire foi , ce si'rail à vous que piendre à croire el pour nous disposi r à nous aurions droil de ixuis en prendre. Or, i roiro, et non pas pour (roiie en e4îel. Or, ce droit qu'a nuire raison d'eu appeler à Dieu ce Icmpéranienl el ce mélange de raison ri. comme à son g.ir.inl , el de faire fond sur sin de foi, de raison et de religion, de raison el infaillibililé , c'est ce qui l'assui e dans relie d'obciss ince , c'est en quoi consiste le repoi paixdonldependson bouhcurets.i perre( lion, d'un esprit judicieux el bien sensé.
lit voiià ce que j'appelle le d ui do Dieu cl Ce n'esl |ias assez : noire foi n'esl pas imla béatilu le de la foi dans u:i esi)ril soumis à prudente, puisqu'elle est fi ndée sur des mo- Dieu. Car, c'est un abns, cliréiiens, dont il lifs qui ont convaincu les premiers liononca '•^l im] ortanl ((lie nous nous déliompions , du mon.le , qui ont persuade les osfirils le.'i de se figurer (jui; notre foi soit une foi iguii- plus délicals, qui ont con\erli les plus librrranle, qu'elle s.oit une foi imprudente, qu'elle lins el les plus impies , el qui ont fait dire à soit même une foi aveugle en toiiles manie- sainl ,\uguslin qu'il n'y avait qu'une folie cxres , comme les manicbéeiis voulaient le per- liénie qui [lùl résister à l'Evangile. Ne serail- >iiader à sainl Augustin, pour le déiourner il jias bien étonnant que ce ijui a paru folie du parti calliolique. Non. cette foi surnalu- à ce docteur de l'Eglise, nous parût sagesse, re'lc dans son objet, daii.s son molifeldans el iju'on appelai imprudence' ce qu'il a rr- !-ou principe , n'esl point une foi ignoranle , gardé conune la souveraine raison? Enfin , j)iii>que, a\anl que de croire, il nous est notre foi n'est point une foi aveugle en toute pi'rmis de naus éclaircir si la chose csl ré- manière, puisqu'à l'obr.curiié des mystères vriée de Dieu, ou si elle ne l'est pas. El en ()u'elli' nous révèle, elle joiiit une espèce d'écela je puis dire, sans parler leméraircmenl, udence, el c'est l'évidiMice de la re\élatiou que la foi qui me fait clirelien , tout obéis- de Dieu ; concevez , s'il vous plaît , ma santé qu'elle est , ne laisse pas d'cire raison- pensée. Je dis une espèce d'évidence, inble et qu'en sacrifiant même ma raison , parce qu'apiès les motifs qui m'engagent à elle se roser\c toujours le pouvoir de raison- croire, par exemple , l'incarnalion ou la réncr. J'avoue (lu'ellc no peut jdus raisonner, surrec:ion de Jésus-Cbri- 1. quoique le mysquaiid elle connaît une fois que c'est Dieu tèrc d un Dieu fait lioinuie.le mystère, d un qui parle, parce que Dieu n^' prclend pas nous Ilonuue-Dieu re.''suscilé, me soil obscur eu rendre compte de ce qu'il a fait, ni du- ce qu'il lui-mémc, la révélation de ce mystère ne a dit; mais il ne veut p; s aussi que non- lui me l'est pas. El en cITct, si, ju ur confirmer d limions créance sans r.iison et sans discer- la vérité de ce myslère , Dieu, an moment uement, puiscju'il nous défend au contraire que je parle, faisait un miracle à mes yeux, de croire à tout esjirit, et (junn des écurils il ii;e serait éNidciil que ce mysière m'est rcqu'il vcxU que nous évition- le plus , est de vêlé de Dieu, cl celle évidence ne répugnenous exposer indiscrèleaient à prendre la rail ni à la qualité ni au mérite de ma foi. parcde d'un liomme pour 11 sienne. A'oilà Or, j'ai des niotifs plus forts et plus prespoiir(]uoi il nous permet , ou , pour luieux sanls pour m'en convaincre que si j'avais \u dire, il nous (ommande de raisonner; n'es- ce miracle: el je puis dire, aussi bien que limant pas , dil saint Jérôme, qu'il soit indi- le plus saint de nos rois, qu'il ne me faut eue de sa grandeur d'en passer par une point de miracles , parce que la voix de l'Eli lie preuve : l'rubate spiriltts, si ex Ueo sinl glise , celle des propbèles et tant d'autres lé ( I yofOi, n'), ( t de se soumeltre, en un sens, inoignages ont quebiue chose de plus auà notre raison, av.iiil iiue d iddiger noire Uientiquc pour moi. Pourquoi donc ne ronraison à se sonmeltrc à lui. Et c'est ce que clurais-je pas que j'ai comme une évidence le prince dis a[ôlresasi bien exprimé dans delà révélation divine au mili«Hi des lénèbrcs ••■es deux mystérieuses paroles, lorsiiu'il nous de la foi ■?0r cela, joint à toul le reste, atliève exhorte à devenir, par la foi. comme des de calmer mon esprit.
enfants , mais conune des enfants raisonna- Au coniraire , si je sors des voies de la foi,
blés. Il semble, dil saint .\ngusli.i, qu'il y de ces voies simples et droites, je IouiIk;
ail en cela de la conlradiclion ; car, si nous dans un labyrinthe où je ne fais que (oiirier,
.>^ouinies des enfants, commenl pouvons-nous (|iie me fatiguer, sans jamais trouver d issue.
Cire raisonnables? el, si nous sommes rai- H faut pour y renoncer, à cette foi, que je
soimablos, commenl pouvons-nous être des me porte aux plus grandes exlrémilés : à ne
enfants? mais ce (pii est impossible d.in> jilus reconnaiire de Dieu , à ne plus recon-
lordre de la nature, e.sl Ir devoir le plus iia n,.iiie de Sameur llomine-Dicu, à démentir
turel cl le plus intelligible dans l'ordre de la tuu? le.' prophèUs qui l'ont promis , à lu'in-
9S3 f:\nEME. SEUMON XXXVI. sijii LA PAIX (iiRi: II; nm:. 9r,i
scrirc en faux oonlic loiilcs l's F.criliiios , ;"i de leur rcproi hrr It-iir iiiri édtililc. Ce qui les
Irailcr tous les évani;olisl' s (ritupos'.cms , à t-diilirma, ce fui co don de foi cl ilc soumis -
rombaltre Iniis les iiiirarli-s di- Josiis-CliiisI , sioii (luc le Saiul-l'^spi il leur apporta du (iid,
à loutrediro Unis li'S hisloiicns sacrés cl pro- lorscpi'il descciidil visildcinciit sur eux. Or,
fanes. Or, pour eu venir là. cl pour y dimcu- sans avoir vu , je puis avoir eel cspril dii
icr, «lueis coinhats n"y a-l-il pas à soulenir et soumission aussi bien (lue les apôlres , cl
de quels flols de pensées un cspril ne doil-il nième encore plus que les ap(')liVs , parce
pas être agile? M" '' y ^ bien plus de soumission à croire
Kl écries, dirais-je à un libertin, dans sans avoir vu, (lu'à croire quand on a vu.
celle conlrariétc de sentimcnls qui esl cuire Ainsi, je puis élrc , dans rexercicc de ma
vous cl moi, qui de nous deux expose d.ivan- foi, encore plus heureux que les apôlvc.
Ia|;e, cl qui de nous deux doil plus craindre? Alil mes ( hcrs audilcurs , quel repos pour
M>l-ce moi (|ui crois ce que la religion m'en- nous si nous étions bien persuadés de ce
scifine, ou n'csl-cc pas vous qui n'en (Toji z principe! Quelle paix , si nous a\ions sacri-
lii'u? est-(e moi qui me soumets à croire pour lié à Dieu loulcs ces vaines curiosités dont
conformer ma vie à ma créance, ou n"esl-(e nous nous occupons; celle déman;;eaisou
pas vous qui ne voulez rien croire, pour vi- de savoir et d'apiirofondir cei lains points que
vre dans le liberlinaj;e? En croyant ce que I>ieu a voulu nous tenir caclies et où nous
je ciois , tout ce qui peut m'arri>er de plus n'entrons jamais que pour nous rendre mal-
l'àclieiix , c'est de me priver inulileuunt cl heureux ; celle force d'esprit prétendue diml
sans fruit, pcn.lanl la vie , de certains plai- nous nous llallons et dont nous voulons ac-
sirs défendus \):\r la loi que je professe , et (luérir l'cslimc aux dépens de notre foi ,
défendus même parla raison. Voilà le risque parce que nous ne pouvons pcul-élr(! pas
.'eul(iucje cours , sup[)osc ([ue ma créance l'aeciuérir par une autre voie; celle liberté
ne fût pas bien établie. .Mais vous . si ce que présomptueuse de parler de loul, de disputer
vous ne croyez pas ne laisse pas d'élre vrai, sur tout, qui va peu à peu à éleindre la re-
>()us \ous mettez dans le dansier d'une dam- ligion dans nos cœurs I Car voilà ce qui nous
nilion éternelle. Telle est la l'ilTérence de nos perd. C'est ce qui a perdu tous ces espriis
(oudilions; moi qui liasanîe peu (si toutefois superbes qui oui voulu se donner l'essor et
j" hasarde en eff l (jucliiue chose), je vis sans s'élever trop haut. Us .«c sont épuisés à rai-
iuquiélude; mais vous qui hasardez tout, sonner, mais en vain. Afirés s'être bien lour-
puisque vous hasard, z une éternité, vous mentes, ils onl été contraints d'a\ouer(ine
d(Mez élre en de |)erpéluelles alarmes. la religion n'clail point l'ouvrage de l'homme,
Ciinc lions donc avec leSiuveurilu monde : et ils se sont repentis cent fois d'avoir coin- Jirnli qui non riderunt, et crciliilcrunt [Jnnii., rnencé à y loucher. Luther le disait lui-même, XXj; Heureux ceux (jui croient cl qui croienl et, quand on lui demandait son avis sur sans avoir vu! Heureux ceux (jui croient, je ne (]uel(|ue arlii le de la religion , il était le prcd s pas seulement parcequ'en soumettanl leur micr, comme son histoire nous l'apprend, A raison à la loi, ils en corrigent toutes les ini- conse.ller de ne pas suivre sou exemple et perfections; je ne dis pas parce (ju'au lieu de se Icnir à la grande règle de la soumission, d'une raison faible el aveugle, à la(|uellc ils Soumission à la foi , nécessaire pour a>oir renoncent, ils entrent par l.i foi en commu- la paix de l'esprit, cl soumission à la loi, nicalion d( s plus pures lumières de re«[)ril nécessaire pour avoir la paix du cœur : c'est de Dieu, mais parce qu'en captivant leur la seconde partie, cspril sous le joug de la foi, ils l'établissent seconde partie. dans une paix in.illérablc, cl heureux ceux H esl impossible de résistera Dieu et d'agui croient sans a\oir vu, parce (juc moins voir l.i fiaix ; mais il esl aussi comme imposils onl besoin de \oirpour croire, plus la silde de n'avoir pas la paix, (|uaiul on est parpaix de leur espril esl solide el constante. f.iitement soumis à Dieu. Deux mérités de la Non, non, chrétiens, ne pensons pas que les loi, el dont la première esl conçue dans les apolres aient été plus privilégiés que nous , propres termes de l'Ecriture : (Jais resliiil ci, parce qu'ils ont vu le Fils de Dieu sur la et pucein habniC {Joh., IX)? Où est l'hotnme terre el iiu'ils onl éié témoins de ses miracles. qui ail eu la témérité de se soulever contre Le Fils de Dieu lui-inémc nous dit aujour- Dieu, et au même temps l'av.intage de Iroud'hui loul le conlraire,el il nous assure ([ue, ver la paix? C'est le défi (\uc Job f.iis.iit aux si nous savons profiler de n(;tre condition , pécheurs, [irétendanl qu'il n'y en avait point elle peut êtie en cela plus heureuse : ISnili d'exeui|)le. Ouand le Saint-Esprit ne nous iiui non vidcnmi, et crciliderunl {Jonn., XX). I'."urail pas dit, l.i raison seule jointe à l'cx- Ce n'est point proprement la vue des mir.i- périence suilirait pour nous en convaincre ; des (]ui donne i\ un espril celte paix cl celte car, comme dit saint Augustin, Dieu étant le tranquillité dont nous parlons, c'est la sim- souverain bien de l'homme, la béatitude de pie soumission à la loi. Les apôtres avaient l'hounne, la fin dernière de riiomme, el , par \n tous les miracles que Jésus Christ axait conséquent, le centre du cœur de l'hotnine . opères pcudanl sa vie, et ccpeiidanl ils n'en il est impossible que le cœur de l'homme ait furent pas tnnins troublés au temps de sa jamais du repos qu'autant (ju'il est uni h passion. Ajuès sa résurrection même, (jH'd- D.eu : or, cette union du cceur de l'homnic qu'il leur eût tant de fois apparu, leiiis cî- avec Dieu ne se peul faire dans celte vie que prits n'élaicnl pas encore bien lassuiés.el par un assujetlissement volontaiie à la loi de 1h Sauveur, eu un ntanl au r:el, f'jl (.-bliye Pieu. Quand un oléaiL'iit esl hors de son cen-
?5.1 OP.ATEURS SACRES. DOCUDALOUE. Ç\J
lio, lYil-il il'.iillciirs (l.Dis le lien !c phis npréa- s.ins sorlir liors i!o Iiii-môinp , soii dcjà liiilili", il iTy (Iciiieure qu'avec des violences ex- iiiêiiio son lournunl : Jiifslstt, Domiiic, ctsic lii^Mies ; el quand une partie ilu corps liu- e^t, ut omnis (iHimnx inordi iilus pœna sit ipniain est lioia de sa place, quoi que vous fas- se yibi {Aug.). Xèrilé que le SaintE-^pril a siez pour la snulaj;er, elle y ressent des duu- vouUi nous faire coniiireiulrc , mais par un leurs éternelles : or, telle est, c!néli<'ns, la Irait de la plus sublime et de la plus (li\iue situation du cœur de riiomuie (luind il est éloquence; e'cst au livre île la Sagesse nù Saséparé de Dieu par le péché. Dieu était son lomon parlant de< pécheurs, disait à Dieu : eeutrCjCl il l'a (luitlé; sa place, dis;ins mieux, Nun ctiiin impossiliilis mit omnipotcns mantts son devoir était d'être soumis à Dieu, et il a tau iimnittcre illis mnlliladiiiein ursoruin nnt voulus'eleverconlic Dieu. Avcccela (luoiqu'.l vovt (jeneris ira pîciuis iijnolns bcstias (Sup., ail tous les plaisirs du monde, i! n'y aura ja- XI) ; car il vous élaii ai.-é , Sei;;neur, de leur mais (le lrani|uillité ivi de paix pour lui. \'A envoyer des monstres pour les dévorer, et c'est ce que saint Augustin concluait si bien votre main loule-puissantc pouvait former parcesadmirables pareil s que vous avez cent des créatuics dune nouvelle espèce pour les lois Ciitcndues, quand il disaità Dieu : 7''(C(.</t exterminer et f:our être les insltumenls (t nos, Domine ad le, et irreiitiielum est cor nos~ comme les ministres de votre colère. Mais , iiHiit, douce rrtiuiesciit in le lAu'j.).iyebl[)DUV parce qu'en châtiant les hommes, vous ne \0'.is-nu'ine, Seigneur, que vous noisa\cz cherclu z point prccii-éinent à faiie éclater faits ce que nous sommes, earnoui ne sonmies voire grandeur toute-; uissanle, et qu'il vous que pour vous conm.c vous n'èlc-i <iue pour suifit de leur faire sentir lis cHels de volie vous-uiéme ; et en cela nous pouvons dir.; justice i-ou\eraiue; vous vous contentez de que nous avons une îin aussi noble que vous- les punir ()ar cela même (|ui fait leur crime, nièine. Or, celie fin est quelque chose de si et vous n'avez qu'à les abandonner à euxcssentiel et pour vous et pour nous, que, tout mêmes pour en lin r une pleine vcngeame : Dieu que \ous êtes, vous n'avez pu nous Scd cl sine his uno fpirilu poterant occidi , faire pour un antre que pour vous, puisque prrsccalionem passi ah ipsis faclis snis{Ibid.). vous cesseriiz d'être Dieu , si nous pouvions Voilà, chréiieiis, l'idée (jne le Saiiit-I^spril être pour nu autre que pour vous, qui êtes nous donne de l'étal des pécheurs, voilà noire Dii'u : Feci^Ui nos. Domine, ad te. Voilà ronin;ent il nous les représenle : comme des un grand principe, chrétiens; et que s'ensuil- hommes livrés à eux-mêmes, comme des il de là? ceque saint Augtistin ajoute : Ll ir- hommes persécutés par eux mêmes , comme rii/aietam est cor nostrum , doncc rciiuiescat dis lioiimics révoltés contre eux-mêmes, in le. Nous sommes faits pour vous, notre après qu ils se sont révoltés contre Dieu : cœur e^l donc nécessaireinenl dans linquié- l'trsecutionem passi i.b ip.^is faclis suis. Imi Inde et dans le trouble, dés qu'il ne se repO'C effet le remords du péché a toujours été II pisenvous. Et commentserepi^ e-t-ileiiDieu? plus immédiate et la plus infaillible peine du par une obéissance fidèle à la loi de Dieu. I.e péché: Prima illii\ct ina.rima peccali pana, est pécheur veut \ivredansriudépendance, et dès peccasse. C'est ainsi qu'en parlait un païen , là il se i)récipite dans un' abine de malheur, et la raison môme lui inspirait ce senlimcnl. dès là toutes les créatures s'annen', i our Jl.iis il n'y a qu'à consuller l'expérieiue ainsi (lire, conire lui; dès là les prospéiités pour en être encore plus sensiblement coumêmes qui sont pour les autres des dons île vaincu. G..r voyons-nous que les pécheurs Dieu, se tourn nt pour lui en chàiimenls ; du siècle jouissent d'une vérilable jiaix '.' dès là l'aflllclinn de l'esprit cl ramcrluac peut-être en ont-ils les ;ipi aieuces: mais eu du cœur le vont chercher et le trouvent, ont-ils le fond? Qu'est-ce que leur vie ? Con- !'ù!-il aucomb'e du bonheur humain, en sorte cevez-le bien : lui esclavage où ils gémissent qu'il peut bien d:re comme David : Triliula- sous la tyrannie de leurs passions et des viliu et ar,(juslia inienerunl me ( l's. CXVIU) ; ces qui les dominent ; une (lé|)endance perdes là sa raison devient son ennemie , sa fui le condainiu', sa religion l'effraie, sa conscience le déchire, son [écbé lui e.st un sup- au e.iprice. à la vanité, à la légèreté, à l'inplice iné\ilabl.' qui le suil partout. Qaand il rulèliié même; un engagement à souffrir n'y aurait point d'autre misère que île n'être beaucoup pour se d.iiimer et pour se perdre; jjlus dins l'ordre établi de Dieu, iiue de n'a- car ne croyez pas qu'en secouant le joug ^\i^ \oir plus de part à la prot ction de Dieu, que Dieu, ils en soient [>ius libres. Pour une serti être exclus du nombre des ser\ileurs de \ilude honorable à laquelle ils renoncent, Dieu, des amis de Dieu, des enf.mls de Dieu ; ils se réduisent dans la servitude la plus hon- (|ue (Je pouvoir faire celle triple réllexion et teusc; et pour les croix salutaires dont ils de la faire souvent malgré soi : .le suis l'ob- ne \eulent point, ils en ont d'inutiles à porjet de la haine de Dieu , je suis acluellement 1er, mais bien plus dures et plus ()esantes qui exposé aux coups de Dieu : cela seul, vi\c- les accablent. Qu'esl-co qui leur vie? uiu' ment coni'u, n'est-il pas capable de faire dans suite de désordres qui les rendent également l'àmc du pécheur une espèce d'enfer ? criminels et malheureux, parce que c'est, Or cela, mes frères, reprend saint Augus- par exemple, une ambition qu'ils ne peinent lin, est de la justice et de la loi éternelle de s itisfaire,uueavarice qui ne dit jamais : C'est Il l'.ovideucc ;cir vous l'avez ainsi ordonné, assez ; une délicatesse et un amour-propre Seigneur, et l'ariêt s'exécute tous les jours , qui leur fait sentir jusqu'aux plus légères 'iue tout csnnt qui se révolte contre ^oub alteialcs du mal, une iab u^ic nui les dévore»
péluelie du monde et de ses lois, un assnjettissenuMit servile à la créature, c'esl-à-dire
9;;7 C. ,liKM!:. sl.l'.MON WWI. SUH l.A PAIX mUliriENNf. li.',8
imc liaiiic ijui les cnvf.iiiiu'. iiiic culôie nui < ruil ili' loiir iiiisrn', ilc co qu'i'l,!»! iiialliiMi-
li s Ir.iiispoi'lc, [);!r('f (lu'il-. ili'-iri'iit loiijiiurs ieii\ d.ins Iciii' idée, ils passent pDtir lieu-
(i- qu'ils n'oul p;is il qu'ils in' se coiilcnUMit iiu\ dans lello d'aulrui; c'osl-à-iiiio ik> ct;
jamais do ce ((u'ils oui , qu'ils pri'iuionl om- (ju'etaut malin ureux \('i il.slileini'iil, i's lut
lira^e do l'un, qu'ils l'uitu.'nl des iutrigurs laissent pas d'èlie lieureux en apparence.
roiîlrc l'autre, q.i'ils ro"q)ent avec celui-ei , Car ce qui fait leur honheur i>n leur niai -
qu'ils sont pleins d'aniniosilc contre celui-là, lieur n'e.-t pas l'opinion et l'iilée d'autrni ,
qu'à peine eu!f-inèines ils peuvent se sup- mais leur propre opinion et leur propre iilée;
porter, tant le péché leur attire de ( liagrins, et (juand IdUs les hommes du monde couipi-
'!e dé|;oûts, de mortifications , de traverses : reraient à les liéalilier, cela n'empèclie pas
('••nlrilio cl infdicilas in viis eontm, et lidin qu'ils ne se consuiui'iil de chagrins, et (in'as-
ptiris niiti cd'jnovcruni [I's. \I1!). !l n'y a. dit sujcllis, comm;* ils soiil, à la loi du péclie ,
le prophète royal, «jne malheur et (lu'at'llic- i's ne se crucifient eu\-mèa;es. Ov, \()3anl
lion dans 1( urs \oies. Et comment auraient- cela, dit saint Amhroise, que |iuis-je ju;;. r ,
ils la p,:ix , puistine, bii n loin d'y parvenir, sinon (jn'il y a une Prcuidence, mais une
ils ne savent pas n;ème par quel clieuiin on y I'i()\ ideiice de miséricor<le aussi bien que d<;
arrive, et qu'ils ne la connaissent pas'? jnslice, qui ne permet pas que les pécheurs
Mais enfin, medirez-vou-, ces pécheurs du Koùlenl le repos ((u'ils s'étaient laussemenl
••irc'e ont Si uveul tout ce (jui fait les hommes promis'? Car enfin, cet avare el ce volup-
h. nrcux dans celte vie: ou les voit riches, lueux en sont d s preuves invincibles : j'es-
puissants, élevés ; le monde les honore, et il lime l'un conleni, el il ne l'e^t pas ; je crois
s 'Oilile ((ue le n.onde n"e-l t'ait (juc jiour eux. l'autre à son aise, et il soufl're pins ipie moi.
i^lihien! mou cher aiuli'e ir, je veux qu'ils A nsi ils détruisent le jui;ement (]ue j'en l'ii-,
>olenl tels (jue vor.s vous Ici fii,M;rez. l'eut- par leur projire jngemenl, ou, si vous vou-
élre en fat.dr:ii;-il beaucoup rabattre ; mais lez, ils rét'uteut mon erreur par leur expe-
qu'ils soient ce (je-e vous p'usez, et encore rience véritable ; ce sont les paroles de saint
pUis, s'il est possible: j'y consens. Vous dites Ambroise : Ilœc viilcns naja, si potes, diviin
(lue c'est là ce qui fait les hommes heureux juilicii rcmuncxilioncin; nain i!te tuo ii/fcrtii
dans cette vie ; et moi, je prétends qi;e ce bcatus cfl, et suo vii^er ; tilii dires viileliir,
qui fait le bonheur des honunes dans cette sibi paiipcr est, et sic tuum jiidicium suo rc'
vie, n'csl rien pa^é isément de tout cela. \'ous fellil {Aiiibr.). Il n'y a (lu'nni^ chose qui scin-
diles ([u'avec l.i mo'ndre partie de ce (ju'ils ble contraire à ce que je dis, cl c'est que les
ont, vous seriez content ; el moi, je soutiens pécheurs eux-mêmes |]réteiulenl (ju'ils ont
(|i:e (juaiul vous en auriez cent lois davan- la paix: car ils le |irétendenl ()ur|qi;e!'o;s.
lage, vous no le seriez pas si vous n'y ajou- M.iis prenez garde, s'il vous pl.iîl : oul'o
liez ([uelciue chose de l'ius ; el ce surplus ciu'ils le prétendent raretiienl, outre (juils ne
•nie vous y ajouteriez, pourrait, sans tout le prétendent pas constamnienl, outre (pie,
cela, vous rendre heureux, ^'oilà des prin- (luaiul ils le prétendent , c'est lors()u'ils
cipcs bien opposés. Mais, pour vous couvain- sont moins en étal d'en bien juger, parce
cre de ce que j'avance, el pour vous faire au (|ue c'est communément dans l'ardeur
même temps reconnaître l'erreur où vous du crime, et dans l'aveuglen-enl actuel du
êtes, je m'en liens encore à l'exiiérience. péché ; outre cela, j'ose dire qu'ils ne le pré-
r.ar rex[iériencc nous lait voir lous les jiîurs te. ;denl jamais, que leur cœur, par un lé-
des hommes contents sans tout cela , et des u'.oignage secret, ne leur fasse sentir la
liominrs malheureux avec tout cela ; ou plu- fausseté de leur prétention. C'est de ((uoi 1(>
tôt un nombre infini de malheureux avec Saint-Kspril m'assure par le prophète Jéié-
loul cola, el beaucoup de contents sans tout mie : Diccntes: Pox, pnx, et non crut pnx
cela. Ex[iérience dont les pa'ions eux-mêmes [Jerem.W]: Ils se vantent d'avoir la paix,
sont convenu'^, et sur laquelle leur pliiloso- et ils se répondent iutcrieuremenl à eux-
pliie a tiiomjihé; mais dont je lire, moi <;ui mêmes qu'ils ne l'ont pas. Ils voudraient
n'ai point d'aulie philosojihie que celle de bien se persuailer (jue c'est une vraie paix ;
I î'vangile, des conclusions chrétiennes qui mais ils sont forcés de reconnaître que ce
m'edifi;!)! el qui me coe.solenl. Car il m'est n'est qu'une paix chiméri(iue : Pas, pox ; et
ev idenl, par là, qu'il n'y a doi;c rien sur la non erat pux. Du reste, quand ils auraient la
terre qui puisse remplir mon cœur; (|u'il y [laix de la manière qu'iU l'enlendenl, ne sc-
a que!(;iio chose de [dus grand que tout ce rail-ce pas une paix plus funeste pour eux
que je vois qui doit l'aiie mon souverain que tous les troubles, puisque ce serait la
bien; cl que c'est nni(inemenl, (ui dans la paix dans le péché; caria paix dans le pe-
posse-sion ou d ins la poursuite de ce sou- ché, si dans le péché toutefois il y en a, c'est
V erain bien que je dois cherchi'r l.i paix. Or, ce qui met le comble à rcndurcisscmeni, el
ces maximes éternelles dont j'étais déjà per- ce qui rend, sans un miracle de la grâce ,
suadé d.uis la spéculation, me deviennent la pénitence comme imjiossihie.
sensibles dans l'usage du monde et dans la Où trouver donc la paix du cœur? je vous
(Oiinaissance que j'en ai. Combien de ridies, l'ai dit, mes chers auditeurs , dans l'a-isuji'l-
par exemple, qui, m.ilgré leur bonne for- lisscmenl à la loi de Di( u. Hors de là ne le—
lune. s'estimiMit malheureux et i\\:\ le sont [lérons pas :* Pnx mullu diliqcnlibus ie<inn
eu elTel? .Mais ils passent |)our heuicux dans lniiin{Ps. C.WIll). <^)ui, mon Dieu, disait l)a-
l'opinion du un)iule. .\li ! mes frères, reprend vid, c'( si pour ceux (jui aiment votre loi
jainl Chrjsobtumc, r'cA encore là le sur- ou'il y a une jiaix lulciieure; cl il n'ebl pas
059 OllATLUiiS SACHES. UOUHDALOL'f. %(>
juste, ni mônie possible qu'il y en ait pour règne en moi, et , par une suite naturelle,
il'autrcs qiKï pour eux, parce ipic voire loi il me fait refluer nioi-in("'fn(' sur nioi-niénic.
étant, coninu- elle Ttsl, le principe de l'or- Voilà, clirélii iis , le hiiMiiicurcux état des
(Ire, elle est esseutielU ment le principe île Ll justes ou des pé» lienrs mêmes, quand ils ont
paix, l'aix inébranlable du côté de Dieu, trouvé la paiv de Dieu, en se réconciliant
iuébranlabiedu folé du procliain.cl inébrau- avec Dieu. Je ne parle pas seulement d'un
lable de notre part même. Saint Paul, qui dctiail loule% les créatures
l'aix inébranlable du côlé de Dieu. Car, de le troubler dans la possrssiou de cette
que peut-il m'arriver qui puisse troubler ma paix. .Je ne parle pas des martyrs , qui , par
paix avec Dieu quand je me soumets à sa un miracle de la grâce, au milieu des sup-
loi? S'il m'envoie dis afil étions , je les re- plices , goûlaienl sensiblement celte paix,
çois comme des éjireuves (ju'il veut faire de Je parle de tous les cbréliens , qui , dans la
ma fidélité ; s'il me suscite des perséculions. i)ratiquc des vertus, sont fidèles à Uieu ,
je le bénis ; cl, au lieu de me [ilaindre, je cl persévèrent dans son amour. Oui, mes
m'en fais, comme clirélien , des sujets de cliers audiieurs , voilà votre étal quand vous
joie ; s'il m'ôlc les forces cl la santé, ne marebez dans l.i voie de l'innocence et de
pouvant plus agir pour lui, je me console la pénitence ; voilà l'avant. ige qui vous re-
d être au moins en état de souffrir pour lui ; vient, quand vous tenez ferme dans l'ob-
s'il me survient des perles , je le remercie servance de celle divine loi, dont je puis
de ce que, ne pouvant plus l'bonorcr de bien dire ce que S.ilomon disait autrefois de
mes biens , je puis encore le glorifier par la sagesse ; Veixrtint rniln omnia bona pa-
ma pau\reié ; si ma réputation est altaquée, riler cum illa (Snp.\'l\). S'il vous reste en-
je me réjouis d'avoir do quoi lui faire un sa core dans la \ie des diflicultés cl des peines,
crifice de rli irilé et de patience ; si rien de <c n'est point par(e que vous êtes soumis à
ce (juc j'enireprends ne me réussit , je l'a- celle loi , mais au contraire , parce (lue vous
dore , sûr ()Ue ce qu'il en ordonne esl mcil- ne l'êtes pas. Ces chagrins cl ces peines ne
leur pour moi que h' succès le plus favora- viennent pas de votre soumission , n)ais du
ble. En un mol, je ne veux plus que ce (ju'il défaut de soumission. Car, si votie sonmis-
veul , 1 1 de la ii'an.ère qu'il le veut , et dans sion était parfaile , dès là ces | ciucs el ces
les circon^lances (]u'il le veut : ce qu'il ne chagrins cesseraient. Voilà l'état, ô mon
veut pas, je me fais un plaisir cl un me- Dieu 1 le dirai-je?où, (luoique indigne de
rite de ne le pas vouloir : ce qu'il me dé- vos misériconlcs , il me semble ((ue je me
•end , je nie le défends à moi même ; el, en suis quelquefois trou\é moi-même, il où
tout"s choses sa volonté devient la mienne ; je me trouve encore (]uaiid je me tourne
cl comme sa volonté est dans une éternelle vers vous. Quoique je ne puisse savoir avec
paix , en y conformant la mienne , je jouis assurance si je suis en giàcc , et digne d'a-
de la paix de Dieu, ou plutôt Dieu lui-mc:r.e, mour , permettez-moi néanmoins , Seigneur,
selon la paride de Saint Paul , esl ma paix : défaire ici celle confession pub i(iue. Je no
lp:<e cniin est par nostra [lipltrs. II). s lis si vous êtes conlenl de moi ; el je recon-
Paix inébranlable du côlé du |ro( bain. Car, n lis même que vous avez bien des sujets
soumis ((ue je suis , cl obéissant à la loi de de ne 1 être pas : mais pour moi , mon Dieu ,
mon Dieu , il n'y a j lus rien en moi de tout je dois conl'esscr à V()lre g'oirc que je suis
<e (]ui altère la paix parmi les hommes, content de vous, et que je le suis parfaite-
c'esl-à-dire il n'y a plus en moi de ces res- ment. Il vous importe peu ijue je le sois ou
sentiments, plus de ces envies, plus de ces idu ; mais, après tout, c'est le témoignage
^ollpçons, plus de ces haines, plus de ces le plus glorieux que je puisse vous rendre,
enllures de cœur, plus de ces fiertés, plus Car, dire que je suis conlenl de vous, ee>l
de ces aigreurs qui sont comme des semen- dire (]ue vous êtes mon Dieu, puiscju'il n'y
ces de division cl de discorde : j<! conserve la a qu'un Dieu qui puisse u.e contenter. Or ,
paix avec loul le monde, même avec ceux si,loul imparfait que je suis, je ne laisse
qui ne veulent pas la conserver: Cum liis pas de me trouver dans cille disposition,
(pli oclerunt paccm, eram pacificit!^{ Ps. CXI.\); que sera-ce de ces âmes saintes et ferventes
je ne blesse personne , je ne juge personne, (]ui vous servent avec une entière fidélité '?
je ne veux me venger de personne , parce El si, dans celte vie, on peut goûter une telle
que la loi de Dieu , à laquelle je me suis in- paix, ((u'est-cc que la paix qu'on goûle
violablemcnt allaché , m'interdit toute veii- dans le ciel en vous possédant ? Ah ! Cliré-
geance , tout jugement, toute injure que je tiens, animons aujourd'hui notre langueur ;
pourrais faire aux autres , cl qui les pourrait cxcitons-la par ce motif. Il esl intéressé ;
soulever contre moi. mais Dieu veut bien que nous nous en ser-
Paix inébranlable de ma part môme : com- vions , et que nous agi.^sions par inlérél, ment ? parce (jue cette soumission à la loi (luand notre intérêt est joint avec le sien. de Dieu tient toutes mes passions dans le Attachons-nous donc à Dieu ; cherchons calme, ou du moins toutes mes passions su- notre paix en Dieu, puis(iu'elle n'est nulle jelles à ma raison ; cl , dès qu'elles sont pari ailleurs. Nous ne l'éprouvons ((ue Irop ; une fois sujettes à ma raison , elles ne trou- et, ce qui esl à craindre pour nous, c'est ((ue blent ()lus mon cœur ; la ccdère ne m'eni- notre expérience ne fasse notre condamnaporte plus , la tristesse ne m'accable plus ; lion. Puisque le monde ne peut nous donner j'obéis à Dieu , et (|uand j'obéis à Dieu , Il paix , et quw <elle paix n'est point dans toutes mes jiassions m'ebéisscnt ; Dieu le monde ,, n ■ nous obstinons pas à l'y vou-
■ 01 MYSTF.UF.S. AVr.miSSEMF.NT. 9G2
loir Inniv. r. i.liorclums-l.i où l'ilc est . ri «l'i de l'cspril cl la i).ii\ 'lu cd'iir : (Jaiviimiinc
Dieu 1';! mise. Or, il ne 1';» miso que dans hnnc re<jitlnm scculi fini- in t , ])(ix per iZ/os
hii-m<''inc , cl il n'a pu la nicllre .lillciiis. {Gnldl.W}- lU non-sculcinenl nous aurons
Chcrclions-Ia dans une parfaile soumission la paix , mais raliondanre de la paiv on
à la loi el à la loi. Si nous sui>oiis celle don- celle vie , el la félicilc élrmclle dans rau'.re,
Mo ii^^le, nous aurons lonl à la l'ois la paix où nous conduise , elc.