‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 87 sur 132 · MYSTERES · texte numérisé non relu

MYSTERES

AVi:în!SSi:îMKiVT.

(1n s'élail bien altciuhi que les serinons du cher. Il cnmpril qu'il fallait ramonor à iui-

1'. Iliiurdalono seraient aussi favorable- même l'audileur ; cl qne, s'il n'esl réveille

niei\l reçus qu'ils l'ont éU". lui voici la suite, de temps en temps par une peinture de S' s

qui seniWe devoir soutenir tonte restinicijuc mœurs, qui le pique ri (]ui l'inléressi'. il

le public a conçue des premiers. Quiconque laisse Inentrtl son allcnlion s'é{;arer, nu s'af-

m(''nie a du };oûl pour les sermons, cl en sait fectionnc peu à ce qu'il enlend. Tellement

lairc lo discernement, trouvera dans ceux- que le prédicaleur doit à peu près se coin-

li cet avaninge, qu'étant d'un genre où il est porter dans la chaire, à l'égard des autres,

plus rare de réussir, laulenr en a pris le comme il se comporte à son é;;ard, cl pour

vrai caractère, et s'y esl tracé une niéthode son édification propre, au pied d'un oratoire

(|ui, pour être devenue conunune, ne lui en el d.ins la médilalion. L'n liiimtne qui niédili!

I si pas moins propre, puisciue c'est lui (lui sur un m3Slère, se le retrace d'abord dans

en a donné le modèle, ou, du moins, (jui l'a l'esprit, et en considère toutes les circons-

beaiicoup perfectionnée. tances ; mais, après cette première vue, f,ii-

Avanl le r. liourdaloue, les prédicalcurs saut un retour sur soi-même, et sccompa-

traitaienl les mystères de la religion d'une ranl avec h' modèle (|u'il a devant leîyeux,

iiian ère abstraite et sèche ; et, si quelques- il s'instruit, il se confond, il s'anime, il prend

uns les tournaient à la prali()ue cl à la mo- des résolulions el sort de la prière en dispo-

rale, ce n'était qu'en peu de mois et ((u'as- sition de les exécuter.

sez superficiellement. Ils expliquaient le 'J'el fut le plan que le P. Bourdalouc (nnd de cluKiue ii.j stère, ils en établissaient crut devoir suivre, (l c'esl |)ar là même enla vérité, ils en montraient les convenances, core qu'il se garantit d'un autre excès ; car cl, du reste, autant pour remplir leur sujet il est vrai (]ue les prédicateurs donneni ()Melet ne pas manquer de matière, (lue pour d)n- (luefois là-dessus dans nue cxlrémilé tout lier du jour el de la force à leuis pensées , o;iposéi'. Ce ne sont plus proprement les mvsils avaient recfuirs à de longues citations, tères (]u'ils trailcnl, mais, à l'occ-ision des soit de l'iùrilnre et des l'èrcs, soit même des mystères, de purs sermons de morale qu'ils auteurs profanes. Voilà ce que faisaient les fini. Une vertu qui éclate dans le myslère plus habiles, el ils en demeuraient là; de dont ils ont à parler el qui le distingue, c'esl sorte ((ue leurs iliscours ét.iicnl plutôt, à le à quoi ils s'atlaclient ; el en cela il n'y a bien prendre, des leçons de théologie que des rien qu'on puisse reprendre, ci qui ne soit luédications. selon les règles. Mais, après avoir proposé

D'autres moins solides , quoique plusdi- celle vertu comme le [loinl capital du mysserts, s'en tenaient aune simple exposition tère, el comme le fruit <|u'il en faut tirer, des mystères, el s'appliquaient d'ailleurs à l'envisager seule dans toute la suite du disla relever par tous les agrémi nls d'une élo- cours, el perdre absolument le myslère de culion, ou vive cl brillante, ou seulement vue, sans y revenir jamais, si ce n'est peiitexacle cl polie, mais souvent plus rcrher- être dans une courte conclusion, il parait cbée (jue nalurelle. Certaines apiilicalions de que c'esl manquer à un des devoirs b s plus ri''crilare assez ingénieuses, quelques coin- essentiels du ministère évangéliqiie. F.e miparaisons el quelques figures, quelques scii- iiislre de 1 Kvangile doit, av.inl loutescho^es, liments même dévots el affectueux, beaucoup instruire ses auditeurs de leur religion, el de lleurs, mais peu de substance el peu de ils n'en peuvent avoir qu'une ronnaissain e suc : c'était là que se réduisait toute leur Irès-imparfaite, si l'on ne prend soin de leur élude, et l'idée qu'ils se formaient de ce qu'il en expliquer les premiers pi incip 'S et les vcy a dans la religion de plus saint el de plus rilés fondameniales. qui sonl les mystères, auguste. Au milieu de cc^ deux extrémités, il y a

i>e P. lîourdaloue vit le défaut de cell-! un tempérament dont le P. lîourdaloue ne

Sjiéculation, trop vague pour arrêter les es- s'est guère écarîé. Il donne à un mysiè.e

prils, et pour faire sur les cœurs des impres- tout l'éclaircissement convenable ; mais il y

sious capables de les remuer et de les lou- joint ensuilo une morale t lute fondée sur le

ORATEL'nS SACHES KOUnDALULii. ni

rivsU''n' iiu'iiiP, ( t par le parfait rapporl q;i'il (li\or«[(('' dp viios, il Iroa^o lo'.il à la fois d ii;s

saïl tiouvcr cnlrn rim el l'aulrc, il l(>s a<- le iiiciiie iiiysièrc, cl pour les ïiands cl pour

soilil si bii'n ciiscinblc, que le mj.slcro sert les pctils, scion l( iirs siliialioiis ililTéreiilcs

«le preuve à la morale, cl que la morale est des règles de coiiduilc el d. s molils de saïu-

la 1 lus iiisle couséquiinc du myslèro. Il lail lificalion.

plus : oulre la prcuiicrc division de son dis- Ce qui ne fail pas moins ronnailre Télcn- ( Murs, lanlél en deux el lanlôt en tio s pro- due el la lecoiulité de son génie, ce sonl les posiliôns générales, souvcnl il sul)di^ise en- divers discours qu'il a eoniposcs sur les mécnre < liaque partie, cl ses subdivision^, qui mes sujets. Il y en a sur certains mystères sont autant de circonslances du mystère, jusqu'à (jnatre, cl, sur les autres, commimés'et iidrnl èualement el sur le mystèie el menl deux ou trois ; tous si coinplcls, qu'à sur la morale : d'où il anive qu'au même prendre chacun séparément, il semble (ju'il temps (lu'il développe par ordre tout sou y ail épuisé toute sa matière. Ce n'est pas, mjslére, il expose dans le même ordre cl au reste, qu'il ne fût queliiuefois oblige de déNclnppc toute la morale (jui y répond. rentrer dans les mêmes pensées ; car les su- On a pu voir par quclcjues-uus des sor- jets ne sont pas infinis : m.iis ces pensées, mimous de cet excellent |)rcdicatcur , (|ui ont ses sous d'autres jours, cl diversement ex- «lejà paru, comment il entrait dans le vé- primées, sans avoir le dégoût de la répéiirilable esprit des mystères el, sous quels lion, ont, au conttaire, une force el une traits il les savait représenter , mais on le giâce tcMijours nouvelle, verra encore mieux ici. Il est difficile d'en 11 faut, après tout, convenir que, sur le foncevuir dos idées plus justes, el d'en faire mystère de i'AscensiDn de Notre-Seigneur, (te plus grandes images. Non qu'il use pour le P. Bourdahme n'a pas tout à fait obcela de termes pompeux el d'amplifica- ser^é la meilidd" qu'il s'était prescrite. Ce lions, ni qu'il ail besoin de ces ornements sermon esl tout moral, cl, liors l'cxordect que Vart fournil à l'orateur comme des quelques endroit- très-courts qui regardent secours pour le soutenir: toute sa grau- le mystère, il n'y est parle que de la gloire «'.eur est dans les clioscs même» qu'il dit cl du tiel cl ilu mérite requis pour l'obtenir, (ju il tire de son sujet. Sans s'aireicr à cer- M/iis un des mystères où les prédicateurs se l.iiiies pcn-ces, ou toutes mystiques, ouscu- donnent plus aisément celle liberté, c'est, ce leuieiil pieuses , el sans les rejeter aussi, ni semble, celui-ci. L'aiid. leur y est assez actes alTaihlir en aucune manière, il n'avance coutume, et nul à cetlj léte n'est surpris rien qui ne lui paraisse solidement établi qu'on 1 entretienne du sou\eraiu bonheur eu dans la religion. C'est là qu'il se renier. ne, Jesus-Clirist nous a précédés, 1 1 qui est le cl qu'en prédicateur habile cl maître de smi terme de notre espérance. Quoi qn il eu soit, expression cl de ses tours, il accommode, un seul discours, qucKiue beau qu'il [misse

être, ni un cxeniplL- pai tieulier, ne peut prc-

par un don qui lui était particulier, au stvle cl à la dignité de l'éloquence claelieniie, ce

valoir coniie une ma\i i;e générale.

«lue la théologie a de plus profond sur nos On doit dire a peu prè^ la mcm ■ ciiose ihi mystères cl ce qu'cll.^ exprime méiiic dans second sermon de r.\ssomptioii de la \ iergc, le lani;a"e obscur cl, si ou l'ose dire, le pli. s et parce (juil a rapp.irt à un fait dont tout barbue. La fin de chaque mystère, les ues- le monde n'est pas instruit, eu dont la méseins (jue iJieu s'v est proposes, les adorables moire commence peut-être à s'eff.icer, il est perle'l DUS qu'où y découvre, le* avantages bon, [uiur rendre le sermon plus intelligiiik', (jui nous en re\iennenl, les dispiisitious né- d'ajouter a quelle occasion le P. Bourdacessaires p<jur le célébrer dignement et uti- loue le composa. H y a plusieurs aiiueiS lement, et enliii les cfl'ets de gtàicel de sa- qu'il parut un petit ouvr..ge int.tulé: ^i(.v lut qu'il doit opérer en nous, voilà sur quoi aulaluire de la Oienlicurcuse Vierge à ses itéroule tout sou discours, mais avec une soli - vols indiscicls , avec ces paroles de saint dite (lui convainc el avec une mijestc qui Paul au bas du titre: ^«c ro/)c ch/^c so/; rn/inspire de la vénération pour notre f.)i. so>i«a^/c II semblait que l'auteur n'eût eu L'esprit prévenu de la sorte na plus de en vue que de régler le culle de la Vierge, peine a se rendre ; cl le Ctt'ur, pénétre de ce mais ce libeile Icnduil à le détruire. C'est ce senli:iient de respect pour les mystères de (lu'aperfurent d'abord toutes les personnes Dieu, se porte de lui-mcine aux conséqucu- bien inleiitioniièis (jui prirent soin de l'exaccs cù le prédicateur le veut conduire. C'est miner, et ce qui alluma le zèle des viais cace qu'on éprouvera en lisant ces sermons. tholiques en France, en Italie, en Allemagne, Le p. Bourdaloue les a remplis dinslruc- en l^sp.igne el ailleurs. L'oum âge donc, tièslioiis propres à tous les èlats- Comme il iliei- injurieux à la ilère de Dieu, cl capable de cliait moins à plaire qu'à se rendre utile, et irouiiler la picle des lidè'.es, fut déféré de touque son zèle était universel, il avait soin do tes parts au saint siège , et authentiquome l pio;ortionncr sa morale à toutes les conili- condamné. Le 1'. 15 ainl.louc cnlreiirit (ie lions des hommes; et, ce qu'il y a mémo le oombatlre dans un sermon sur la dévotion d'assez remarquable, c'est qu'il ne jiarle à la Vierge, qui est celui même dont il s'agil. presque jamais en particulier à ceux que la Ce n'est ni une controverse de l'crole, ni Providence a di^stingues, ou par leur nais- une longue déclamation de la chaire, mais sauce, ou par leur rang, sa:is adresser en- un discours solide, où ces avis, prétendus satuile la parole aux auires (lUC Dieu n'a [las Jutaires, sontréluiès avec autant de modéraalnsi èle\és ; el que, par une merveilleuse Uon ctdebrlèveté,iiue d'ordre el de précision.

î)-r, .-,:■■ .,Ti;r.!:s. si.umo.n i. sim i..\ î^ativiik i»i: jksis c.iiinsr. ssa

Ou n (lé!il-.i'r(«si l'o-i nu-llr.iil Icscnnond I ('"avoir r;-tli> pnnivo do l.i Culolilô nvpc l.i-

lundi do rà.iuos au ran?; d -s ;iulr<'s, |i.!rci> (ludlo on lui donne les soruions du l'Oir

iiiril .si iuiparfiit ; maison a conclu qu'il Itourdalouc. Apres ces ihjsU'tcs, on se <li--

iic fallait pas romollre ni U- déplacer, cl l'on pose à taire paraîlre, le plus tôt qu'il sera

a ju"e niciine que le public serait bien aise possible, Ici i>ancjjynqiies des saints.

SKU.MDN I. Pctc tilii firjnnm II Dinniiw Dco lito {lsni.,\\\) ;

, ,..•.,,. r>i ■ . o!, sur le relus que (il Acliiz de deriiander

Sur la halniie de Jcsus-Clnisl. ^^. ^j^,^ , . p^^^, ^ ^^.^^^^ ,|„.|, ^^ ,„,,,.,j, j,.,^

Kl liT vnbissi,'iiiim : iiivc'tiii lis irir.iiUciii I :innis iinnlii- lentor le Si'isjneur, le SeiKuctii' lui-tnème lui iiiiii, iiinistiiin liiiirii'.ii'iiiii. donna, sans qu'il le \ (Milûl, un siçrne (;u'il ne Voici lit marque à iiwii vms comiiiiln': le Simveiir qui d,. mandait pas : /'ce/)/*';- Imc ilabit Doininiis ,ou^cst,i,':c\'>Ji]urims trouve ez unenfimtemmMllolé ■ ,,,,, ,ian,tm ilbiil.y C'i St ainsi, clirc- ^ tiens, que Dieu dans ce invslere en use a Sire, cst-i! donc vrai que le Dieu destiné noire é^.inl. Poir nous faire entendre que le p^nr nous sauver, que le Médiateur des ■^lessie est né, il nous donne un signe, mais honiines, que le Ti's uniciue du l'ère, faisant un sijçne que nous ne demandions pas, iii\ sou entrée d.ïiis le u'ionde, y dûl être recon- siiinc que nous n'attendions pas . un signe nu i>ar des langts et pir une crèche'' K-l-il auquel nous ne pensions pas : je dis |dus , \r.ii <iuc ce devaient cire là les inaniues de nu signe que nous ne voulions pas, et coniriî .sa venue, et «ine ce Messii-, dont les propliè- lequel il prévoyait bien que le monde «^c rétcs avaient si magnifi lucmcnl parle, qut; ce voilerait. t^'|ieiidanl c'est lui-mèine qui nous Messie envoyé de i)ieu pour un si iinporîani I(> donne, lui-méine ciiii le choisi! pour nous: dessein, ne devail èlre disiingué dans sa Proplrr lioc (li'Oil Ituminits ipsc voliis sii/ntim. naissance que par Ihumililé et la pauvreté'.' Ml il est iiucstion de savoir si nous avons N'oilà. mes Itères, dit saint Augustin, ce ((ui droit de le rejeter, cl si le choix qu'a laii Dieu a causé le scandale l'es Juif^. 1 s attendaient de ce si;;ne doil Iriuiver tant de contradiclicui lin Sauveur, mais ils supposaient qu> ce dans nos esprits. Or, je |iié!eiids (]ue jamais S iiiveur vi^'nlr.iit dans l'cclil de la majesté; conlr.idicliou n'a été plus mal fondée : pour- (lu'il serait riciie, puissant , heureux ; (]u'il quoi? parce que jam.ais signe n'.i élé plus rétablirait vi-iblcmenl sur la terre le royaume raisoiiiiablc, plus saini , plus di\in, ni p.ir d'Israël ; (lu'il comblerait ses sujets de biens conséquent plus digne, et du choix de Deu, et de prospérités. IMévenus cju'ils él.iicnt de et de l'approliation des hommes, que celui de CCS espérances , on leur a annoncé i\in' c^ la pauvreté et de Ihumililé de Jésus-Chrisl. Sauvciirélait nédans l'obscaritéd'une élable, lù:uutez-en la preiveqiii va faire le partage ot c'est ce qui les a non-seulcincnt troublés, de ce discours. Le signe que l'ange donne mais choqués, mais révoltés. Ce scandale a au\ pasteurs, en leur ■'innoncanl la n.aisp.'issé jusque dans le chrislianisme : l'enfance sancc de Jésus-Christ, est le signe du Dieu et la créclic d'un Dieu , voilà par où a com- sauveur : HKutits est vohia lindic Sitivalor, et iiicncé parmi les chréliens l'inlidélilé de l'hé- Imc vuliis nijnum {Luc, II): Il vous est né lésie. Olez-moi, disail , au rapport de Ter- un Sauveur, cl voici la marque à quoi vous luliieu , l'imp e Marcioi» , ôlez-moi ceslaiigs pourrez !c lecanniilro. C'est donc par raplionlcux cl celle crèche indigne du Dieu luie | ort à l'orfico du Sauveur (]ue noas devons j'adore : Aufcr a nohis punnos et dtira prie- ciusidérer ce signe. D'où je conclus d'ab:ir(l sepia [TerluU). .Viiisi parlai! cet iiérésiaiqiic (]L:e c'est, de tous les sign.'S ([Ui' Dieu ail jasi ininslcmenl ( Isi faussement préoccupé cou- mais donnés aux hommes, le plus .idmir.ilile ; Ire b's hassosses apparentes de Jésus-Christ pourquoi? parce que c'est le signe le plus naissant. Or, ce qui a scami.ilisé les Juifs, ce naturel et en nicmc lemps le plus cfiicace q'ii a servi de fond à l'erreur des premiers (|ue Dieu ail jamais employé |iour découvrir lié;étiqu('S, c'est ce (]ui nous Iroubie encor£ aux hommes les richesses de sa grâce, el [lonr aujourd'hui. Car c'est là le signe que ludrc leur faire sentir les clfels de sa miséricorde, orgueil combat inlériiuremenl , le signe (jui 1) ux (lualilés qui distinguent ce signe, sigi.e blesse noire amour-jiropre, el cintre lequel le plus naturel et signe le plus cHic ace : le «I s'élève, le signe que noire raison niéme a plus naturel, c'esl-à-dire le ])Ius pro[ire à bien de 11 peine à ne pas condamner ; eu un marquer cl à bien faire connaître la (liosi; mot, signe qui devait èlre, selon le prophèic, qu'il signifie ; le plus elficace, c'esl-à-!ii c le cl ijui sera io:!Jours pour le monde un sujet plus propre à opérer même ce qu'il signifie. l'.e con!r.:diciioii : S/iyiîiim ciii conlradiciinr Non, chréliens. Dieu avec toute sa sagesse [Luc, 11). (v'nonilaiit, chrétiens, c'est à ce ne pouvait aiijourJ'Iîui nous donner un signe signe qu'est allaihé notre salut, et c'est de ni plus nalurel , puisqn il nous marque parlà que dépenilenl les fruits de grâce i]iic nous f.iiieincnt que le Sauveur est né, et pourquoi devons retirer de ce mystère. 1! est donc de il est né : première parlie ; ni plus e'fi'ace, mon devoir de juslIHer, si j ose parler de la pa snu'il commence déjà à produire dans le* soite, ce signe adorable, cl c'est coque je cs|)rils et dans les cmirs les merveilloiix vais faire après que nous aurons rendu à^Ia- cftVls pour lcs(juc'ls le Sauveur est né : série l'hommage ordinaire. Atr, Marin. condc parlie. Couformilé de ce signe avec hi Dieu, parlant au roi d'Israël, lui dit: De- qn.aiilé de sauveur, vertu de ce signe dans les mande/, au Siigiieiir volrc Dieu qu'il vous miracles qu'il a opérés dès la naissance Ja "iissc voir u;i sii^no di' sa loiilc-puissance : Sair.our : c'est loul mon dessein

ORATr:i:r.s SACiiKs. iiOLi;i)Aî.ou"i:

riii'Mii.nî; l'AîiTi!'.

Il Cal M-.ii, cliiclicns, le s.iiiU cl plmicu'ï oiifaiil (loiil nmisci'lijbrons la n.iissaïu'o avail (lé promis au inoiicl(\ en (lualilc de Sauveur. Mais, selmi les priii(i|ies do la fui, il ne devait l'clre, cl luême, dans l'ordre de la juslicc, il ne pouvait l'clre <|u"à deux conditions : l'une, d'expier le péché, et l'auhe, de réformer l'Iioinuie pcclicur. Car Dieu voulait être satisfait; et, tandis que riioumie dcnieurail Jans la corruption et le désordre où ra\ait réduit le péché, il n'y .avait iioiiit de salut jiour lui. U fallait donc (;uc Jésus-tJirist, pour opérer ce salut et pour l'aire l'oflice de Sauveur, c'est-à-dire de Mé lialeur entre Dieu et l'homnic, donnât à Dieu d'une part toute la satisfaction qui lui était due, en portaiit la peine du péché; et de l'autre, corrit^eât dans i'honirnc les déré;;leuienls du péché. Or, pour nous marquer qu'il était prêt d'accomplir ces deux conditions, et que déjà mené il les accomplissait, je prétends, et vous l'allcz voir, qu'il ne pouvait choisir un signe plus naliirel que la pauvreté et l'humililé de sa naissance. Transeamus itsquc llclltleem , et vidcamus liocrerbumquod fticlumcsl{Luc.):ï'iii-<u\s eu esprit jusqu'à lîelliléem, et, à l'exemple des pasteurs, conlempiant avec les yeux ilo la fui ce que nous j voyons aujourd'iiui , cl ce que Dii'u nous y fait connaître, lâchons de nous former l'idée d'un des plus grands mystères de notre religion.

Comme Sauveur, le Fils de Marie devait expier le péché cl étic la victime du péché. Pouvait-il pour cela se produire au monde dans un étal plus conveiiahle que celui où la Providence l'a fait naître : disons mieux , (|ue celui où par son pioprc clmix il a \oulu naître? ce fui là, ce lui dans l'élalile de Hflhlecm, <iue, hrû'.é de zélé pour les inlérêls de Dieu, il termina les anciens sacrifices, cl, comme souverain prêtre de la loi de grâce, il en clahlil un nouveau ; là que, la crèche lui servant d'autel, il lil à Dieu pour la première foi si ohla lion solennelle de sa personne; I.i , comme le porle le texte sacre, (|ue sou liuinanité lui tenant lieu de tahrrnacle, d'un lahernac'.e vivant , qui n'avait point été fail par les mains des hommes, mais qui était l'ouvrage du Saint-Esprit, il jiarul, non [dus avec le sang des houes et des taïue.iux. mais , avec son propre sang : cl , pour |iarler en termes plus simples, là (lu'il se mil en de\oir délie déjà l'agneau de Dieu, cet agneau sans tache (jui devait salisfaii'e à la justice divine par Ini-iiiénie cl aux dépens de lui-même. Dieu ne voulait plus de toutes les autres vietiiiies ; mais ce coiiis lendre cl délicat dont il avait revêtu sou Fils unique, était la vraie lioslie (\ui\ altendait depuis lanl de siècles. Or, la voilà enfin, celle lioslie pure, sainte, digne de Dieu ; la voilà qui commence à êlre imiiio'.ée. Ainsi les Pères de l'Fglise l'onl-ils conçu, et ainsi ïerlullici» s'en expliiiuail-il ((uaiid il nous donnait celle excellente idée de Jésus -Chiisl : ,1 pailu viryincri cjfcclus liosiia {Tcitull.) : un Sauveur aussitôt sacrifié (ju'il est né, aussitôt offerl à son Père qu'il Cst sorti du sein de sa mère. Car ne ^ous

imaginez pas, dit saiiil (!hrysoslome , que riiiiiMolalion de cet agneau de Dieu ail élé la dernière aclion de sa vie, ou du moins qu'elle n'ait élé que la dernière. Si c'est par là qu'il voulut linir, ce fut aussi par là (juil voulut commencer; c'esl-à-dire, s'il acheva son sacrifice sur la croix, il en consacra les prémices dans la crèche.

Oui, mes frères, ce fut dans sa sainle nativité que ce Verhe fait chair commença le sacrifice qu'il devait consommer aul^alvaire. Il ressentait déjà ces divins eiiipresscmenis dont il donna dans la suite de si sensihlcs lémoignagcs à ses discijiles, (]uand il leur disait : lliiplismo habeo bniUizari; cl quomodo coarctof usfjtte dnin per/iiinlur (Ltic, XII )1 Je dois être haiilisé d'un haplême (c'èlait le haplême douloureux de sa passion et de sa mort); cl que je nie sens jiressé jiisiju'à ce qu'il s'accomplisse 1 Ce terme roarclor, selon la belle remarque de saint Amhroise , ne pouvait mieux s'ap(iliquer ni mieuj se rap|)orler qu'au mysière de la crèche, où toute |j majesté de Dieu élait comme resserréii dans la pelilessi- d'un enfant, et où tout le zèle de Jésus-t^lii isl, ce zèle immense, se trouva en quelque sorte contraint et gêné, parce que le lemps n'élait pas encore venu de le faire paraî re cl de le déployer dans toute sou étendue : lit quomodo coarclur xisque dum perfuiaturl II les resscnlait, dis-je,c;'S saints empresseinenls, et il n'attendit pas que son sang fût enlièremenl formé dans ses veines pour se livrer comme une viclime. A quoi donc re Dieu nouvellement né pens i-l-il dès le momenl de sa naissance, à quoi s'occupa celle grande âme renfermée dans un si pelil corps? appliquez-vous, mes chers auilileurs , à nue vérité si louchante. One f.iisait Jésus-l.hrist d. MIS la crèche? il réparait par ses humiliations tous les outrages (|ue lorgueil des hommes avait déjà faits ou devait faire encore à Da'U ; il relahlissait l'empire de Dieu, il rendait à Dieu toute la gloire ijuc le péché lui avait ravie. Que faisait Jésus-Christ dans la crèche? il apaisait Dieu, il désarmait la colère de Dieu, il al'.ir.iit sur le> liommes la plénilude des miséricordes de Dieu. Disons qu.lque chose de p'.us p.irliculier. Que faisait Jesns-Chrisl dans la crèche? Il ex|)iait tous les crimes dont les hommes étaient alors et dont nous-mêaies nous devions êlre \u\ jour chargés (le\ anl Dieu : nos révoltes con- Ire Dieu, nos désolieissances à la loi de Dieu, nos résistances opiniâtres aux inspirations de Dieu, nos ingratitudes envers Dieu, nos froideurs, nos relâchements dans le culte de Dieu. Il payait les dettes infinies dont nous devions être comptables à la justice de Dieu : et voila ce qu'il nous annonce par le signe de SI pauvreté, par le signe de son huinilitê, par le signe de sa morlilicalion : El lioc wbis siijuum.

lui cITel, que nous apprend autre clto^e cet étal pauvre où il se réduit, cet état hiimhie où il paraît, cet état sonlTranl où il naît, sinon (ju'il vieiil faire pénitence pour nous, et nous apprendre à la faire? Fcoiilez ceci,

MTSTF.r.F.S. SECMON I. SL'H I,\ NATIVlTi; \)V. J^Si S-('i:r>IST.

flirolicMis. Je dis nous rippromlie à In f.iiro : caic'csl aujKurd'Iiiii (pio l)ioii \oiil (iiio imus concevions une h.iutc iiloi', une iiléi' jnsie île celle sainle vcitii : en voici le signe, en voi( i la mesure el le nnulèle. Un Dieu liunnlié et anéanti , un Duu pleurant et vers.int des larmes, un Dieu soulïranl. Oui, dil saint Clivsostoine, couché dans la crèche, il faisait pénilcnce pour nous, parce qu"il s.ivail que nous étions incapables île la faire sans lui, et que notre pénitence s ins la sienne nous eût été absolument inutile, puisqu'elle cûl clé indigne de Dieu. Et il nous apprenait à la faire, parce qu il voulait que uuus c:>nnu-sions l'indispensable nécessité où nous sommes irOlre pénilenls comme lui; el qu'il savait que sa pénilcnce, sans la nuire, quelque mérite qu'elle pût avoir, ne nous serait jamais appliquée, ni jamais par rapport à nous ne serait acieplée de Dieu. C'est là, ilis-je, ce qu'il nous enseigne, et la crèche n'en estelle pas la marque la plus convaincante? Mais comment encore nous l'eiiseigne-t-il, cette pénitence'? Ah! ciiréliens, élevi z vos esprits au-dessus des bassesses apparentes de ce nivslèrc. Il pleure nos péchés, (lue nous ne pleurons pas nous-mêmes ; (>l il les pleure doublemoni, parce que nous ne les pleurons pas nous-mêmes. Mystère adorable el capable d'exciter dans nos cœurs les senlimcnls de la plus vive contrition. Car, prenez garde, mes frères, c'est la remarque de saint Bernard : si Jésus-Christ naissant pleure dans la crèche, il ne pleure pas comme les autres enfants, ni par le mèni ■ principe ijuc les autres enfants : Ploral (jtii/ipe Cltristus^sf d non tit ccelcri, aut celle non ijuare cœteri [ISem.). Les autres enfants pleurent par faiblesse, cl celui-ci pleure par raison, pleure par amour el par compassion; les autres pleurent leurs projires misères, et celui-ci pleure les nôtres; les aulres pleurenl paice ([u'ils portent l.i peine du péché, it celui-ci parce (ju'il veut détruire le péi lie et l'cIViiei' par sis larmes. Or, ces larmes d'un Diiu, ajoute le même Père, me causent tout à la fois, et de la douleur, et de la honte : Porro lacnjmie iftœ, fratres , et dolorem milti pariimt el putlurcin (Idem) : de la honte, (|u ind je considère que le Fils unique de Dieu a compati à mes maus, iju'il en aelé si \ivemenl louché, cl que j'y suis moi-même si insensii*b'; quand je fais réflexion qu'un Dieu a pleuré sur moi, cl que je ne pleure pas sur moi-même, au contraire, que je soutiens avec une affreuse indolence, avec une tranquillité et un endurcissement monstrueux, le souvenir de mou péché, dont je devrais faire la matière éter- M(>lle de mon repentir et de mes pleurs ; de la douleur, quand je pense qu'après avoir fait pleurer Jésus-Christ dès son berceau, je lui en donne encore tous les jours de nouveaux sujets; que, pouvant le consoler par la réformation de ma vie , j'insuite, pour ainsi dire , à ses larmes par mes désordres ; cl qu'au lieu qu'il a prétendu détruire le péché et l'anéanlir, je le fiis revivre dans moi cl régner avec plus d'empire que jamais. S;ir quoi ce grand saint s'écri.iit : 0 duriita cor-

Or^teurs saches. 'SW

dis met [Ideiii] ! O dureté de mon ro'iir, jusqu'à quand résisteras tu à la charité d'un Dieu, à la péirlence d'un Dieu, au zèlr d ut Dieu, et au zèle d'un Dieu pour toi-même? Cœur de pierre 1 quand l'amolliias-lu , et quand devienilras-tu ce cœur de chair qiiei Dieu promettait à ses serviteurs; c'est-àdire ce cœur tendre pour ton Dieu, ce cour sensible aux impressions de son amour, auK. mouvements di" sa grâce cl aux inlêrêts do sa gloire? Car voilà, chrétiens, les sentiments dont saint lîernard était pénétré en contemplant la crèche de lîethléem. C'était nn homme séparé du monde , crucifié au monde, mort au monde, c'était un saint; si donc il parlait de la sorte, et s'il le pensait, nous, bien éloignés de la sainteté de sa viu el des ferveurs de sa pénilencc, que de>onsnous dire, el surtout que devons-nous penser? Il y a plus encore-, après avoir expié lo péché , Jêsus-Chrisl devait sauver cl réformer l'homme pécheur, ou pinlot il de\ait sauver l'homme pécheur et le reformer en expianl noire péché et en satisfaisant à Dieu : Quia nalia est voliis Itoilie Sidvalor (Luc U). Ne regardons point cet enfant enveloppé de langes comme la sidendcur de la gloire du l'èit-, comme le créaleur de l'univers, comme le Seigneur de toute la terre , comme le roi des siècles , et comme le juge des vivants et des morts. Il est tout cela ; mais ce n'est siuis aucune de ces qualités qu'il vient do naitrc. Envisageons-le comme sauveur et.

comme réformateur de l'homme, cl \oyons si le signe (juil choisit pour nous annoncer sa venue n'est pas de tous les signes le plu» convenable cl le plus conlorme au dessein qu'il s'est proposé. C'est un Dieu né pour nous sauver : et, ce qui nous perdait, chrétiens , ou plutôt ce qui nous perd encore tous les jours, vous le savez, c'est un attachement criminel aux honneurs ilu sièilc, aux richesses du siècle, aux plaisirs du siècle. Trois sources de corruption, trois prin- ( ipes de la réprobation des liomuies. f)r, <iue fait Jésus-t^lirist ? il \ienl au monde avec le signe de l'humililé, avec le signe de la pauvreté , avec le signe de la mortification. Prenez garde : ji' dis avec le signe d'une humililé sans bornes: pourquoi? pour l'opposer à cet e ambition démesurée qui nous fait rechercher les honneurs du siècle , et (;ui est une de nos passions les plus dominantes. Je dis avec le signe d'une pauvn'té volontaire : pourquoi ? pour l'opi oser à ce désir insatiable des birns de la Irrn^ et des richesses du siècle dont nous sommes posséilés. J.; dis avec le signe d'une entière morlilicatiou : pourquoi? pour l'opposer à cette mollesse qui nous corrompt et qui nous rend esclaves lie nos sens. Pcnl-il mieux nous inaïqncr qu'il est ce Sauveur par exielleiice, qui doit délivrer son pi^uple de la servitude de l'enfer et de la tyrannie du péché? Conduite adorable de noire Dieul Si ce Dieu sauveur avait paru au monde avec des signes tout contraires à ceux qu'il a pris pour nous déclarer sa naissance, nous eùl-il jamais persuadé ces grandes vérités, à quoi , de {Trente et une.^

n-| ORVTF.IT.S SACIU.S. noinDAI.OlI'. CTi

iiolro propre avril , notre saint es( nllaché? qu'à se les allirer, n'ait on uic que l'accroi^- •le ni'('\p!iqne. S il eûl i)ris pour .siçnnc de sa sèment de sa fortune, ne puisse rien soulTiir venii",au lieu de l'olisiurilé de l'élal)lc et au-dessus de soi, se pi(|iie d'aspirer à tout, de la pauvreté de la crèrlie, l'érlat et la ne borne jamais ses prétentions, dise lou- ^loire , l'opulence et les aises de la vie, jours dans son cœur : .4,';fe«f/(/m (/.«i/., XIV): nous eût-il j.ini.iis persuadé riiiiniililé de Je n'en demeurerai pas là; se pousse par cœur, la pauvreté de cœur, le delàchenient brigue et par intrigue là où il se defic que i'i la haine de nous-mêmes: et d'ailleurs , son mérite le puisse élever, et se plaigne de sans nous peisu nier tout cela, nous eûl-il l'injustice du siècle quand, par les voji s les sauvés? Le voyant rii lie cl dans l'abnn- plus obliques, il désespère dy parvenir; no «lame, le voyant sur le trône et dans la regarde ce qu'il est déjà qu'avec indifférence grandeur, le voyant d.ius le faste , dans la et avecdégoûl, et ce <|uil \oudr;iit être qu'apunipe , aiirious-nous été touchés des niaxi- vec des inipatientcs qui le trould ni, des innus de sou Evangile, de cet Evangib^qui quiétudes qui le dévorent; (ju'un chrétien, devait condamner notre amour- propre? dis-je, avec la foi d<' ce grand mystère que Oiiehiurs leçons ([u'il nous eût faites tou- nous célébrons, ait le cœur [>lein de ces senchanl le mépris du monde (I le renoncement liincnls, s'en fasse des régies de vie cl sa au monde. 1 en aurions-nous cru? quehiuc croie sage et liabile de b s suivre, ah! mes assurance (|n'i! nous eût donnée du bonheur cliers auditeurs, ce sont des contradiclions de ceux (jui soulTrent cl qui p'ourent , nous que je ne comprends pas. Mais d'où viennentcn serions-nous tiius à sa parole? De sa elles, res contradictions, (|ue d'uiKMpposili'ii doctrine, n'en aurions-nous pas appelé à secret' à ce S'gne vénér.ilde de l'humilité son exemp'e ; et , quoicine l,i conse(|uence d'un Diiu naissant ? Si ce s'gUi' trouvait d.ins de sou exeoip:e à sa docîrine no fût p.is nos esprits toute la docilité que la foi dejuste par rapport à nous , cussions-uous eu nianiie, ces conliadictions cesseraient et noassez d'équité p(«ur in" nous eu pas préva- Ire amliilion serait pour jamais détruite. Or, loir? A'ous annonÇiiut aujourd'hui un lel du inomenl que ce signe détruit l'ambiliou Sauveur, et avec de telles marques, serais- dans nous, nous ne pouvons plus douter que je bien reçu à vous prêcher la sé\érilé chré- ce ne soit le signe du Dieu Sauveur, tienne, et osirais-je m'élever contre votre 15 lisonnons tant qu'il nous plaira ; malgré luxe, contre vos délicatesses, contre tous tous nos raisonnements, ce sigiœ de la pailles désordres d'une cupidité avare ou son- vrelé d'un Dieu confond l'aveugle cupidité suelle? mais mainlen.mt (pie je vous an- de> hommes, et il n'y a point de riche monnonce un Sauveur né dans une crèche, et dain, pour pu qu'il ait encore de christiaréduil à une extrême misère; mais, main- ni m.', qui ne soit aujourd'hui troublé, alarlenant que je vous le présente, ce Sauveur, mé. consterné de celle pensée : Le Dieu que tel qu'il a voulu être , et tel (lu'il est en effet, j'adore est venu me s.uiver par le renon(cs.ins secours, sans biens , sans aulorilé, meut aux richesses, et sa pauvreté est le signo sans crédil , sans nom , exp )s6 dès sa nais- qu'il m'a donné di- mon salut. II est vrai (Jug s.ince à toutes les injures d'une saison ri- le moe.de, sans ég.ud à ce signe, ne laisse goureuse, à peine couvert de quelques mi- pas de persister dans ces maximes, qu'à quelsér.iblrs langes , n'ayant pour lit que la que pris que ce soit il en f.iut a\oir, ()i;e la paille, cl pour d'nieurc qu'une vile retraite grande science est d'en aïoir, ([ue la vraio et une etald ■ , (;ue!s reproches n'ai-je pas sagesse est de s'appliiju.T à en avoir, qiio droit de vous faire ? quels arrêts ne puisje tout est permis et IioiiikMc pour en avoir, (las prononcer contre vous? je dis coiilr.- qu'on ne peut jamais en avoir l;o > ni ir.emi! vous , m indaius ambilirux el entêtés d'une eu avoir assez , que les hommes ne valent ni vaine ;;iMndeur; je dis contre vous, mon- ne sont estimés qu'aulant qu'ils en ont ; mais il.ains avides cl iuléri ssés ; je dis contre \ eus, il n'est pas moins vrai, répond saint Bernard, mondains amateurs de vous-mêmes et vo- que dans tout cela le jugement du monde est lupJuetix. réfuté, csl renver>é, est réprouvé par.lésus- ('areiilin, mes chers auditeurs, raisonnons Chris! : Seil in Itis uintiibus judicium iiiinvli tant (|u'il nous plaira, ec signe de l'humililé nrguilur, subvcrliliir, confnlnlur (Bern.), et 'l'un Dieu confond aujourd'hui malgré nous que le signe de la crèche suflil pour donner tout l'cugueil du monde, el, p lur | eu qu'il de l'horreur de ces damnables maximes. O •, nous reste de religion, il est impossible qu'à ce signe peut-il confondre des maximes aussi l.i vue de la crèche nous soulenions l'énorme d imnr.liles que celles-là, el n'être pas le sicontrailiclion qui se trouve entre cet orgueil gnc du rédempleur qui vient sauver le mondu monde et notre foi. (Ju'un juil ou ciu'un de? Il est vrai que, malgré ce signe, les ripaïen soit livré aux désirs d'une amliiliou ches du siècle ne laissent pas de s'applaulir déréglée, je ne m'en étonne (las, c'est une de leur prospérité et d'en faire le sujet de suite naturelle de l'incrédulilé de l'un el de leur vainc joie; m.iis aussi est-ce pour oda, I.) vanité de l'autre; mais qu'un (luétien ((ui ajoute saint liernaid, que Jesus-Cbrist, (M^n f.iit profession d'à lorer un Dieu humilié et son lierceau, leur dit anathème, et que de sa anéanti, disons mi' ux, qu'un chrétien qui, crèche, comme du Irihun.il de sa justice, il dans l.'i personne de son Dieu, fait profession leur prononce .lujoui d hui ces arrêts de condadorer l'humiliation même el l'anéantisse- damnation: Yw vnhis (tivitibus {f.'ic, Vlj I ment même, soit dans sa propre personne I\l ilheur à vous, riclies avares; malheur à idulâ rc des honneurs du umndc, ue pense vous, ritlus injustes; inalli'.ur à vous, ri-

MYSTEUES. SERMON I. SL'U LA NATIVITE DE JESIIS-CIIKIST.

elles orpriicillcux ; malheur à vous, riches iiispnsiiiles et sans miséricorde 1 c'est- à-ilirc iiialheiir à la plupart de vous, car c'est là que vous condiiiscnl coiumuuénicnt ces biens périssables que vous possédez, ou plutôt qui vous possédeni plus que vous ne les possédez vous-mêmes. Or, dans le dessein qu'avait le Sauveur du monde de lancer un jour contre les riches ces formidables analliémes, par quel signe plus naturel pouvait-il les y prcjiarer que par le sij;ne de sa pauvreté, et dés là n'élaii-ce pas un signe de salut pour eux, puisqu'eu les préparant à ces anathèmis, il leur apprenait à s'en préser\ei?

Uaisunnons lant(|u'il nous plaira, malgré toutes nos vues mondaines, ce signe de la niorlificalion d'un Uiou confond aujourd'hui la mollesse du monde ; et il n'y a point d'âme sensuelle, pour peu qu'elle soit encore susceptible des saintes impressions de la grâce, qui, s'appli(iuaiit ce signe et le considérant, ne rougisse de ses délicatesses ou n'y renonce même pour jamais. Or, de là j'ai droit de conclure que c'est donc un signe de rédemption. Car ce qui corrompt plus souvent une âme et ce qui la rend esclave du péché, c'est rattachement à son corps , celte vie molle dont on se fait une habitude, cette condescendance éternelle aux désirs de la chair, cette attention à la llalteret à ne lui rien refuser, à lui accorder tout ce qu'elle demande et plus qu'elle ne demande ; cette superiluité d'ajustements, de parures, de propretés, de commodités; cette horreur de la souffrance et ce soin excessif de prévenir et de fuir tout ce qui pourrait faire de la peine et mortifier : voilà ce qui entretient dans nous le règne de cette concupiscence charnelle qui souille les âmes. Or, je défie Pâme la plus asservie à ses sens de pouvoir se présenter devant la crèche du Sauveur sans avoir honte d'elle-même. On lâche à justifier tout cela et à s'en faire même une conscience; car qu'est-ce que la fausse conscience n'e\cuse pas? Mais il est question de savoir si l'on peut avec tout cela être conforme à ce Dieu, dont la chair innocente et virginale doit être le modèle de la nôtre. Or, le voici lui niêine, reprend saint IJernard, qui vient nous assurer du contraire; lui-même, qui est la sagesse de Dieu, vient nous détromper de toutes nos erreurs. Cette sagesse (jue Dieu tenait cachée dans son sein se découvre pour cela visiblement à nous ; parce que nous étions charnels et que nous ne comprenions rien que de charnel, elle veut bien s'aci omiuoiler à notre faiblesse, elle prend un corps, elle se fait chair, et, re- »êlue qu'elle est de ni>tie ciiair, elle nous ptêclie hautement et sensililcnienl (jue cette vie douce et commode est la voie infaillible de la perdition, (|u'il n'y a de salut que dans la pénitrnce, et ((u'une partie essentielle de la pénitence est de mater sa chair et de la crucifier avec ses vices. Car \o;là, mes frères, ce que la sagesse incarnée nous dit aujourd'hui; voilà ce que nous annoncent l'élable, la crèche, les langes, toutes les circonstances qui accompagnent la naissance

de cet adorable enfant : Hoc prœdicat slabii» lum, hoc clamai prœsepe. hoc lacrymœ eiangelizant {Hem.). Oui, Seigneur, c'est ce que vous nous faites entendre, et, quand vous parlez, il est juste que vous soyez écoulé, il est juste que toute la sagesse du monde s'anéantisse et rende hommage aux saintes vérités que vous nous révélez ; il est juste que, renonçant à ses lumières, elle avoue que ce signe de la crèche avait plus de proportion que tout autre avec l'office de sauveur que vous veniez exercer. Si ^ous aviez pris, 6 mon Dieu, ce signe pour vous, il pourrait ne pas convenir à l'idée que nous avons de votre sainteté et de votre suprême majesté; mais, le prenant pour nous, nous reconnaissons que c'est le signe qu'il nous fallait, puisque c'est par là que tous les dérèglements de notre esprit et tous les emportements de notre cœur devaient être confondus. N'est-ce pas même, ainsi que l'ange semble nous le déclarer par ces paroles : liC hoc robii sigmtin {Luc, II), comme s'il nous disait : C'est uu signe, mais un signe pour vous, et non pour lui, un signe pour vous faire comprendre ce qui vous a jusqu'à présent perdus et ce qui doit désormais vous sauver? Si vous étiez venu, ô n.on Dieu, pour être le sauveur dis anges, peut-être ce signe n'aurail-il pas été propre pour eux ; mais il était propre pour des hommes superbes, pour des hommes remplis de l'amour d'eux-mêmes, pour des hommes dominés et corrompus par l'avarice : Et hoc vobis signum. Ce signe de la crèche, reprenait Tcrlnllien, par rapport à mon Dieu, paraît indigne de sa grandeur; mais ce qui me parait indigne de lui est nécessaire pour moi, ce qui fait en apparence sa confusion est le remède de mes criminelles vanités, ce qui est le signe de son humiliation est le sacrement de mon salut : Totum hoc dedecus sacramcnltim esl meœ salulis (Tertull.). Et parce que le Dieu que j'adore ne peut être aujourd'hui ce (lu'il est que pour mon salut, parce qu'oubliant en quel(|ue f,içon (|u'il est le Dieu de tous les êtres, il sn contente d'être le Dieu de mon saiul; parce qu'en vertu de ce mystère il scinblc que mon salut ne soit pas tant pour sa gloiic (|ue sa gloire pour mon salut, puisqu'il la sacrifie à mon salut, il veut bien prendre ce signe si salutaire et si nécessaire pour moi, tout humiliant qu'il peut être pour lui. Ainsi, mes chers auditeurs, malheur à nous, si nous rejetons ce si;.Mie; malheur, si nous ne l'honorons qu'exlerieurenienl ; malheur, si, Juifs encore d'esprit et de cœur, nous nous eu scandalisons 1 0 prwsrpe sptetididuin, 0 felices paniii {A)nbr.)l O glorieuse crèche! s'écriait le grand saint Auiliroi.-e , et devons-nous nous écrier après lui, ô heureux langes I 6 précieuses marques de la venue de mon Sauveur et du dessein qu'il a de me sauver 1 Signe !e plus naturel, mais en mê/nc temps signe le plus efficace, puisqu'il commence déjà à produire les merveilleux ofTels pour lesquels le Sauveur est né, comme je vais vous le montrer dans la seconde partie.

On.VTEURS SACHES. BULUD M.nL'E.

ro

SECdM)!: r\nTiE.

Non, ilirélicns.à cii jniior pnr rcxpc'riincc cl p.ni- l'événemcnl, j.iiii;iis Dieu, tout Dieu «lii'il est, n'a donné aux hommes de signe plus efficace, ni d'une plus surprenanle verlu, qne celui qu'il nous donne dans la naissance de son fils. Car, malgré les oppovilioiis et les con(radiclions du monile, ce sigiii" a saiiclifié le mon.le et tous les élats (lu monde. Miracle dont je ne veux point d'autre preuve (jne l'élahle de Bitliléem, puisque c'est là ipie, maljjré l'inlitiélité du monde, ce signe de i'enfancc de Jesus-Christ .'i rempli les ij^noraiils et les simple* de la scieme de Dieu, et a captivé les sages et les savants sous l'otiéissance de la foi : là que, malgré la cupidité du monde, ce signe de li [lauviclé lie Jé:>us-Christ a fait aimer aux pauvres leurs misères, et a détaché les i ichcs de leurs richesses : là que, ni.ilgié l'orgueililu monde, ce signe des ahaisscmeiils de Jésu^-Christ a éie\é dans l'ordre de la grâce de vils sujets, et a persuadé aux grands et aux puissants du siècle de se faire petiis et humbles devant Dieu. Donnons jour à ces pensées. Qu'avez-vous compris, quand j'ai dit le monde sancliiié, et sanctifié dans tins ses états, sinon ces changements tout div'n<, ces effets surnaturc's qu'a opérés la n.:i^sance du Fils de Dieu dans toutes les conditions qui partagent le monde; c'est à-dire la sinijdicité éclairée, et la prudence humaine ohligéo de renoncer à ses propres vues ; la pauvreté reconnue pour héalitude, et l'opulence consacrée à la piété cl à la religion; la bassesse rendue capable de servir à Dieu d'instrument pour les pins grandes choses, et la grandeur soumise à Dieu par la grâce de l'Evangile, et dévouée au culte de Dieu? Car ce sont là les merveilles que l'é- Jahle de Bethléem nous découvre si nsibleinent, d'une part dans les pasteurs, et de l'autre dans hs Mages ; et c'est aussi ce que j'appelle le miracle de la sanclilication du Eiioiide. Dans les pasteurs, nous voyons des iioinmes grossiers devenus spirituels et iiiiclligents ; et dans les Mages, des hommes intelligents el spirituels devenus dociles et ndèh s ; dans les pasli ors, des pauvres glorilianl Dieu et s'esiimant riches ; et, dans les Mages, des richis pauvres de cœur, et se dépouillant sans peine de leurs trésors : itans les pasteurs, des sujets méprisables selon le monde, choisis pourétre les premiers apôtres de Jé>us-Chri>l ; et dans les M'iges, des grands de la terre humiliés et prosb rués .,ux pieds de ce nouveau .Messie. Miracle subsistant, qui de l'etable de B.'lh'éeiM s'est lépandu par un autre naracle dans lout le monde chrétien. Miracle qui va vous taire voir la verlu loute-puissanlede ce signe par où l'ange annonce aujourilhui la venue du Sauveur : Natus est rouis liadie Salcdior, et kocvohis sigiium {Liic.,]ï). .\ppii<)uez-v(ius, mes chers auditeurs : tout ceci renferme pour nous des instructions bien solides et bien importantes.

Des simples et des ignorants ( car, puisque Jésus-Christ dans le mystère de ce jour,

leur a donné la préférence en les appe'ant les premiers à sou berceau, il est jnsie de commencer par eux ), des simples éclairés de Dieu, des pauvres glorifiant Dieu, et d.ins leur condition, s'estimant riches, c'est ce qui paraît dans les pasicurs, et ce qne le signe de la pauvreté de Jésus-Christ opéra di\ inemont dans leurs personnes. Ils passaient la nuit dit l'évangéliste, à garder leurs troupeaux, lorsque tout à coup ils se lrou\ent investis d'une lumière céîesie (|ni les frappe: l'I claritas Dei circumfnhit illos ( Jbiil. ). Pénétrés de cette lumière, et intérieurement émus, ils se disent l'un àlaulrc: Allons, voyons ce qui est arrivé, et insiruisons-nous de ce que le Seigneur veut ici nous faire connaîire. Ils viennent à Bethléem, ils entrent dans l'élable, ils aperçoivent l'enfant dans la crèiJie: el à la vuf de ce signe, ils ( ompreiinent que c'est le Yerbede Dieu, ce ^'erbe inrréé, m is fait homme pour sauver les liiiinnies : V/'/ro/r.s- cognoici uni de vcrbo r/iioil dictiim cral tilis de pncro hoc { Ibid. ). Prenez garde, s'il vous plaît : ce signe de la crèrhc ne les troubb' point, ne li s rebute point, no les scandalise point; au contraire, c'est par là qu'ils discernent le don de Dieu ; c'est par ce sicne qu'ils se sentent excités à bénir le ciel. Car ils regardent ce Dieu naissant, nonseulement comme leur consolation , mais comme leur gloire : ils se tiennent honorés de lui être semblables, ils découvrent en lui leur bonheur, et les prérogatives infinies de leur condition. Touchés donc de ce signe, ils adorent dans Jésos-Clirist la pauvreté , qui jusque-là avait élé le sujet de leurs chagrins et de leurs plaintes. l's s'en retournent comblés de joie, contents de ce qu'ils scmt, déplorml le sort des riches de Jérusalem , b en loin de l'envier ; hriireux, en qualité de pauvres, d'être les élus d'un Dieu pauvre comme eux, et les prémices de sa rédem|)tion : Elrevcrsi s>inl f/lorifîcantes et laudante/i Deum ( Luc, II ). Ce n'est point encore assez pour eux de l'avoir connu, ce Dieu pauvre; ils l'annoncent de toutes parts, ils publient les merveilles de sa naissance, et tous ceux qui les écoutent en sont surpris et ra\ is : Et omnes qui audierunt mirati sunt ( Ibid. ). Qu'est-ce que tout cela, demande saint Chrysostome ? par où ces bergers dans un moment sont-ils devenus si intelligents et si spirituels '? d'où leur est venu ce dcn de pénéiralion, cette science de Dieu dont ils sont remplis"? comment l'ont-ilssi tôt acquise, et où ont-ils appris le secret de la communi- (]uer si aisément el si parfaitement aux autres ? .\h 1 mes frères, reconnaissons ici la Pi-ovi'li'nce, et rendons-lui avec des cœur-; dociles les hommages de noire foi : lout cet;» C't le merveilleux effet de la crèrhc du Sauveur, et voici comment : compreni /. tl goûlez cette moralité si essentielle au christianisme que vous professez.

La pauvreté, dit saint Bi rnard, abondiit sur la terre ; mais on n'en savait pas le prix ; et c'était de là néanmoins (ivte dépendait le salut de la plus grande partie du momie , puisque, dans l'ordre des conseils de Dica ,

MVSTLUES. StUMUN i. sLK LA NATIViri; DE JESUS-CIIRIST.

la plus grande partie du monde devait avoir la pauvreté pour partage Que fait Jésus- ("lirisl? il \ ienl apprendre au monde à l'esliiner : celle pauvreté était un trésor caihé , (lue chacun possédait sans le connaître, ou, pour mieux dire, que les homnies tout mondains et tout charnels possédaient malgré eux et sans le vouloir : il vient leur en donner une juste idée, et leur en moulrer la valeur. El, en cITet, à peine a-t-il paru avec les marques précieuses de la pau\reté, (jue voilà des hommes, quoique charnels, persuadés du prix ineslimablede ce trésor, ra\is de l'avoir trouvé, ])rè's à tout quitter pour s"eu assurer la possession, louant Dieu d'y èlre parvenus : Gloripcanles el luudantcs J>ciiin ( /6k/. ). Parlons plus clairement. La pauvreté abondait sur la terre; mais, comme .■■joute saint Bernard, ce n'était pas celle qui (levait liéalifier les homnies, et servir de titre pour l'héritage du royaume de Dieu. Car, (ju'était-ce que la pauvreté qui régnait sur la terre'? une pauvreté dont on gémissait , dont on rougissait, dont on murmurait ; et celle p ir oîi l'on devaitcnirer dans le royaume de Dieu, était au moins une pauvreté acceptée avec soumission, soufferte avec résignation , convertie par un saint usage eu bonédittion : or, voilà celle dont le Fils de Dieu lève aujourd'hui l'étendard, en projiosant le signe de la crèche ; et vous savez avec quelle ardeur et quel zèle cet étendard a étésui\i. Donnons encore à ceci un nouvel cclaiicisscinent. Avant Jésus - Christ on \oyait des pauvres dans le monde, mais des jiauvres reprend saint Dernard, qui s'estimaient mallKUreuv (le l'être; des pauvres qui, souffrant toutes les incommodités de la pauvreté, n'en avaient ni la >erlu ni le mérite, et qui, n'ayant pas les a>anlages des richesses, en avaient toute la corrup>ion et tout le désordre ; des pauvres sans humilité, sans piété, souvent sans conscience el sans religion ; des pauvres dont l'indigence et la misère n'empêchait pas te liberlinajc dr-s iiupurs, et qu'elle rendait au contraire plus viiieux et plus ilissolns ; en un mot, des pauves réprouvés de Dieu, par l'abus qu'.ls faisaient de la pauvreté même, ^'oilà dj ([uoi le monde était plein,et iirallait,poursanctilier le monde, des pauvres d'un car.iclère tout dilïérerh c'e^t-à-dire des pauMcs aimant li'ur [auvreté, profitant de leur pauvreté, Iiinorant Dieu, el remerciant Dieu dans leur f)-iiivrelé; des pauvres en qui la pauvreté lût le fond d'une vie pure et innocente; des paavres ap|)li(|ués à leurs devoirs, vigilants, fiTvenls, laborieux ; des pau\res(ionl la religion fil respecter la comliiinn. 1 1 dont la condition fût un état avant. igeux pour la religion. Or, grâce à celui dont nous célébrons la naissance, c'est par l.i vertu de sa crèche que le monde a vu (le semblable s pau- ^res ; et l'on peut dire que par là ce signe de la crèche a ( hangé la face du monde, puisliue partout où il a été reconnu, la pauvreté, sh.ingeant de nature et de (lualilé, a rempli le mnniic de justes, de saints, de prédestines; au lieu qu'auparavant elle le remplis.- ait

d'hommes inutiles, d'hommes vagabond:, et souvent de scélérats.

Sortons de l'étahle de Bethléem, el , p.ir une autre preuve encore plus louchante , convainquons-nous de celle vérité. Qui a faii dans l'Eglise de Dieu tant de pauvres volontaires, dont la sainteté, aussi bien que la [)r(i-' fession, est encore de nos jours l'ornemeii*. du christianisme'? la vue de la crèche de Jéstis-Christ. \oilà ce qui a peuplé le monde chrétien de ces pauvres évangéliques, qui , par un esprii de foi, se sont fait un bonheur el un mérite de (luitter tout et de se dépouiller lie tout. Le monde profane les a traités de fous et d'insensés ; mais, en vue de cette crèche, ils ont tenu à honneur d'être réputés fous et insensés dans l'idée du monde profane, pourvu qu'ils eussent rav;intage d'être en cela même plus conformes à ce Dieu naissant. Des millions de fidèles, d'opulents qu'ils étaient, ont renoncé, pour le sui\re, à touti; l.'i fortune du siècle; (Jes hommes comblés de biens ont, à l'exemple de Moïse, préféré les misères de ce Dieu sauveur et celles de son peuple, à toutes les richesses de l'Egypte ; des vierges illustres par leur sang oui sacrifié , pour devenir ses épou>es, les plus grandes espérances; des princesses, fiour se rendre dans sa maison d'humbles servantes, ont abandonné toutes leurs prétentions et tous leurs droits. Tel est le miracle dont nous sommes témoins ; et, malgré l'iniquilé (lu monde, ce miracle subsistera jusqu'à la fin des siècles; c'est-à-dire jiisqu à la fin des siècles, il y aura des pauvres pai laits, des p.iuvres héritiers du royaume cé'este, et cohériliers du Dieu pauvre qui est venu leur eu tracer le chemin et les y appeler.

Peuples qui m'écoutez, voilà ce qui doit vous remplir d'une confiance chrétienne et vous consoler : vous professez une religion qui relève votre bassesse, ((ui honore votio |iau\ reté, qui béatifie vos misères, et qui vous Cl découvre les avantages dans la personne d' votre Dieu. Vous êtes peu de chose selon le monde; mais c'est parla même qu'il ne lient qu'à vous d'être les sujets les plus propres ;iu royaume de Dieu, puisque Dieu se. plaît à répandre sur vous les richesses de sa gràic. Si vous connaissiez !e don précieux que vous possédez et qui cl en vous, si VOUS s.uiez estimer votre pauvreté ce qu'elle vaut, \ous ne penseriez qu'à bénir le ciel ; cl, vous félicitant vous-ieêmes do la conformité de votre état avec l'état de Jésus-Christ . \ous goûteriez sensildcment ce que \otre infidélité a tant de peine à compi^eiulre, el peul-êlre à croire, je \eux dire le bonheur et le |)rix de \ otic condition.

\u conlraire, grands du monde, sages du monde, riches cl puissants du monde, voilà \otre humiliation et ce (|ui doit vous faire marcher dans la voie de Dieu avec crainte et avec trenibleiienl. Vous adorez un Dieu qui, se faisant homme, n'a rien voulu être de ce que vous êtes ; et qui, par un dessein particulier, a affecte d'être tout ce que vous n'êtes [las; un Dieu qui ven.mt au monde, a méiuiiC to^to la 'fraudeur cl toute l.i prosfC-

ORATEURS SACRF.S. BOLKDALOUE.

rilc humaine, les regardant comme des obstacles à la fin de sa mission; un Dieu qui, dans cette vue, a appelé les pauvres et les petits prt'férablemenl à vous, et qui par là ( oserais-je me servir de ce terme , si je n'a- Yais de quoi vous l'adoucir ) , qui, ilis-je, par là, semblerait presque vous avoir dédaignés : car, en qualité de prédicateur de l'Evangile, nous ne pouvons, mes frères , disait saint C jprien, quelque zèle et même quelqueics[)i et que nous ayons pour vos personnes, vous dissimuler cette vérité aflligeante : mais écoulezmoi et comprenez bien l'adoucissement. Car il n'est point absolument vrai que ce Dieu }iau\ re aii en effet rebuté ni dédaigné la grandeur du monde, et j'avance même que, bien loin de la dédaigner, il a eu dans sa naissance des égards pour elle, jusqu'à la rechercher et à se l'attirer; mais c'est ici que je reconnais encore la vertu miraculeuse du signe de la crèche, et que j'adore les conseils de Dieu. Comme la vertu de ce signe a paru dans les petits, en les élevant aux plus hautes fonctions de l'apostolat; dans les simples, t-n les éclairant des plus vives lumières de la foi ; dans les pauvres, en les enrichissant des plus précieux dons de la grâce : aussi , par un autre prodige, ce même signe de la crèche ji-t-il fait paraître sa vertu dans les grands , ••n les réduisant à s'abaisser devant Jésus- Christ; dans les sages, on les soumettant à la simplicité de la loi ; dans les riches, en les ttttachant de leurs richesses, et les rendant pauvres de cœur. C'est de quoi nous avons la preuve dans l'exemple des mages , mais une jireuve à laquelle je défie les cœurs les plus endurcis de résister, s'ils s'appliquent à ei\ sentir toute la force. Car Jésus-Christ nait dans la Judée; et des mages, c'est-à-dire des hommes savants, des puissants, des opulents du siècle, des rois même viennent des extréwiités de l'Orient pour le chercher. Après yvoir abandonné pour cela leurs Etats, après avoir supporté les fatigues d'un long voyage, après avoir essuyé mille dangers, ils arrivent à Bethléem , ils entrent dans l'èlable, et là tjue trouvent-ils ? un enfant couché dans une crèche. Mais cet enf.int, est-ce donc le Dieu «lu'ils sont venus retonnaîlre'? Oui, chrétiens, «'est lui-même, et c'est justemiMit à ce signe de la crèche qu'ils le reconnaissent. Sans tl'-'iibérer, sans examiner, dès qu'ils l'aperçoivent, ils se prosternent devant lui ; et, non conti'nts de lui sacrifier leurs trésors en les fui offrant, ils lui sacrifient leur raison en l'adorant.

Ah 1 chrétiens, achevons de nous instruire dans cet excellent modèle que Dieu nous propose. 11 est vrai , les mages ne voient qu'une crèche et qu'un enfant ; mais c'est la merveille de Dieu que ce signe de l'enfance et de la crèche de Jésus-Christ ait assez de pouvoir sur leurs esprits pour leur faire ado- Xer dans cet enfant ce qui semble moins digne de leurs adorations, qu'il fasse assez d'impression sur leurs cœurs pour en arracher dans un moment les passions les plus vives et les pins enracinées, cl qu'il soit assez efficace jDiir les humilier sous le joug de lu

foi. Après cela , douterons nous que ce signe ne soit le signe du Dieu siuveur? Je prélends que ce seul miracle de la conversion des mages est un témoignage plus éilalant que tout ce que Jésus-Clirisï fera jamais; et que Ics aveugles-nés guéris, que les morts de quatre jours ressuscites, ne seront point des signes plus authentiques de sa divinité et Je sa mission que ce qui paraît dans l'étable de Belhléom; c'est-à-dire (jue des grands du monde, ([ue des liches du monde, que des sages du monde, soumis à l'empire de Dieu. C'est un grand miracle que des hommes simple> et ignorants comme les pasteurs, par viennent tout à coup à la connaissance des plus hauts n)yslères et soient rem|)lis des lumières divines ; mais un miracle s.ins contredit encore plus grand, c'est que îles hommes versés dans les sciences humaines, et adorateurs de leur fausse prudi'nce, y renoncent |)our ne plu> suivre que les vues obscures de la foi. Car, entre la sagi'sse du monde et l'obcissauce de la foi, il y a bien plus d'opposition qu'entre la simplicité de l'esprit et les lumières du ciel, puisque Dieu prend plaisir à se co;nmuniquer aux simples : El citm siinplicihus sermocinalio ejns ( Prov., III ). Quand donc je vois des bergers éclairés de Dieu, connaissant le Verbe fait chair, et l'anuouçanl, le glorifiant, j'en suis moins surpris, p irce que ce sont là les voies ordinaires de la Providence; mais, au contraire, la sagesse du monde étant si opposée aux révélations de Dieu, voulant raisonner sur tout, voulant avoir l'évidence de tout, voulant décider de tout selon ses vues, ce qui ni'élonne, c'est de la voir si docile dans les mages et si souple. Frappé de ce changement, j'étends, s'il m'est permis, la proposition de Jésus-Christ, lorsqu'il disait à son Père : Conplear tibi, Pater, quia abscondisli liœc a sapienlilms cl prudcnlihiis, cl rcvclusti ea parvalis ( Malth., XI ) : Je vous bénis, mon Père, de ce que vous avez caché toutes ces choses aux sages et aux prudents du siècle pour les révéler aux petits. Car je dis à Dieu : Soyez éternellement béni. Seigneur, de les avoir révélées aux savants et aux sages; et, quand je le dis ainsi , je ne dciruis en aucune manière la parole du Fils de Dieu, puisqu'il a fallu, pour recevoir celte foi et pour croire ces ineffiiblcs mystères, que les savants et les sages soient devenus petits comme des enfants : t't rcielasti ea parvulis. C'est un grand miracle que des pauvres, tels qu'étaient les pasteurs, ai)prenneiit à estimer la pauvreté, jusqu'à s'en faire un bonheur et un sujet d'actions de grâces; mais un miiacle sans doute encore plus grand, c'est que des riches se détachent de leurs richesses, et deviennent pauvres de cœur: car il est bien plus difficile d'allier ensemble l'opulence et la pauvreté du cœur, que cette même pauvreté du cœurest une pauvretéréelleet véritable. Que des bergers donc, nés dans la disette, accoutumés à vivre dans l'indigence et à manquer des commodités de la vie, se bornent à leur élat et en soient contents, c'est ce que j'ai moins de peine à comprendre ; mais la possession des richesse» étant un poison si sublil jiour

S81 M\STr:r,i;s. slumon i. slu la nativiti: de jesls-ciiiust. 9:2

corrompre lo cœur, cl une amorcn si puis- Voilà, mrs rlicrs nuilitours, ce qu'a j.u op6saiile pour le surpcmlrc fl pnur l'aUac'icr, rcr le sijjuc tir la cioilu', et ce qu'il doit clique les mages, je veux ilire (iiie des riches core opérer d iiis chacun de vous, si vous 6leigiient dans eux loule afl'eclion à ces biens voulez ((ue cç soil poui' vous un signe de satrompeurs et euclianteur-i ; (ui'ils déposcut lut. Il laul (ju'il corrige toutes vos erreurs, leurs trésors aux pieds de Jé>us-(]hiisl pour el qu'il \oiis faste prendre des maximes t ul'eii rendre maître, et (juils conseuteiil à tes conlraires à la sagesse du nioiule ; il l'aul n'avoir plus désormais , s'il le faut, d'autre (juil amollisse le feu de celle avare convoiliérilage sur la terre (jue sa pauvreté; qu'au tise (lui vous consume, el qu'il vous dégage moins dans leur estime ils la prélèreni, celle de tout- aitaclie aux hieiis p<^rissal)les du jiainre'é clirélienne . à loule la fortune du monde; il laul (|u'il répi iiiie vos ambilieu\ inonde, c'est ce qu • je ne puis assez admirer, désirs, cl ([u'il bannisse de votre nrur toutes Toiichc de ce |)rodige, je m'adresse à vous, lis vanités el tout le fasledu monde. Aulrericlies; et je ne vous dis plus, comme saint ment, craigni'z la verlu de ce signe, bien loin 3acqU( s : Tremblez , gémi-sez, dé[)!orez le il y mellre volrc conliance; car ce signe d(î malhiMir de votre vlÀ : Agile nuitc , diviics , salut pour les autres ne pourrait èlrc pour pliiitile ulutdiitain miscriisvrstris [Jncob.,\); \ous <iu"un signe de réprobation : signe v6mais je vous dis : l'ienez conliance, el conso- nerahle et tout divin, en ([iioi con^iiti; le calez-vous ; car Jésns-Chii>t est venu appe'er r.iclère propic du chrisiianismc , et par où et sauver les riches aussi bien que les pau- d abord il s'est fait connaître. Mais grâces vres. Mais du reste, quels riches ? observez- soient rendues au Uieu immortel qui nous le bien, et voilà en quoi ce que je dis s'ac- fait voir encore anjoiud'hiii, pour noire concorde parfaitement avec ce (jue dit ce saint solalion, ce signe respecté, ré\éré, adoré par Apôtre. Car ces riches (iue Jésus-(>hrist reçoit le premier roi du monde; je veux dire qui à sa suite, et à qui il destine sa gloire, ce nous fait voir le premier roi ilu monde ndèle sont des riches détromjiés du vain éclat di s à Jésus-Christ, déclaré pour Jé^us-Chrisl, richesses; des riclics prêts à lui sacrifier sainlement occupé à éteiidie la gloire de Jetoutes leurs ricliesscs, des riches pauvres de sus-Clirisl, et à comballre les ennemis de sou volonté et en esprit, et disposés, (luand il lui liglise et de sa foi. L'hérésie abattue, l'iinplaira, à l'être [lour lui et coumi;- lui, réelle- piété réprimée, le dsiel aboli, le sacrilège rcinent et en cffit. chert lie el hautement vengé, tant d'autres C'est un grand miracle qui', malgré la bas- inonsires, d()ul Votre Majesté, sire, a purgé scssc de leur condition. Dieu ail snsciié les l.i France, et qu'elle a bannis de sa cour, eu pasteurs |iour être comme les premieis ai ô- seront deternelles preuves. Le dirai-je , très du Messie, el pour publier dans le monde néaniiioins;el pourquoi ne le di ais-je pas, sa \enne; mais un miracle encore bien plus puisqu'il y va des intérêts du Seigiieur, et grand, c'est que, malgré l'orgueil pies(|iie que je parle ilevanl un roi à qui les inléiéls inséparable de la puissance humaine. Dieu, du Seigneur sont si durs? de ces monstres dans les mages , ait inspiré aux pniss ni,', du que \utreMajesté poursuit, et contre qui elle, siècle tous l( s seiiliments de la >r.iie liumi- a déjà si heureusement employé son autorité lilé : car riiumilité dans la grandeur est le royale, il en reste encore, sire, (jui dem.uiciief-d'œuvre de la grâce; ainsi, sans me dent \ olre 7èlo >l tout votre zélé. L'Ecriturt; ronteuler de vous dire avec l'apôtre saint me détend de les nommer; mais il me suilit Paul , que Dieu a choisi les faibles pour cou- que Voire Majesté les connaisse et qu'elle fondre les forts, el les petits pour humilier les déteste. Elle peut tout, et la seule horles grands : Infirmu iitundi elejil Ueiis ut reiir ((u'elle en a conçue sera plus elûcaee coiifitnilal fuiiiit ( i Cur., I ) ; je puis ajouter que toutes les lois pour en arrêter le cours, qu'ila pareillement choisi les forts pour ins- Ils ne soutiendront ()as sa disgrâce, ni lo truirc les faibles , cl les grands pour ser\ir poids de son indignation ; et, quand elle voude modèles aux petits. Mais, du reste, quels dra, ces vie s honteux au nom cliiéiicii cCïgrands ? prenez garde, voiii réclaircissement seront d'outrager Dieu et de scandaliser les de ma pensée, et par où elle convient avec hommes. C'est pour cela, sire, que le ciel celle du maître des gentils : des gr,:nds des- vous a placé sur le trône; c'est pour cela rendus volontairement et par leur choix , au <]u'il a versé si aliondammeiit sur votre perrang des petits ; des grau;'s prévenus d'un sonne sacrée les dons de force, de sagesse, saint nié[uis pour toule la pompe qui les en- de piété qui vous distinguent entre tous les viroune, et plus petits à leurs yeux, qu'ils ne monarques de l'unixers; mais c'est par la sont gr.inds devant h s hommes ; des grands inêuie aussi que Votre .\4,ijeslé attirera sur qui ne prisent leur grandeur qu'au ta ni ([ u'elle elle toutes les héuédiclioiis d ant Dieu récompeut servir à s'abaisser plus profondément pensa autrefois la religion de David : car jo aux i)ieds de l'IIoumie-Dieu ; des grands ja- le protégerai, dit le Seigneur, parlant de ce loux, non de leur gloire, mais de la gloire de saint roi, je l'appuierai, ma main s'éleiidra Dieu; préparés à tout entreprendre, non pour le secourir cl mon bras le fortifiera ; pour dominer, mais pour obéir à Dieu ; non j'exterminerai ses ennemis de devant ses |)our se faire honorer et craindre, mais pour yeux, toutes ses enlrepriscs réussiront, cnlaire honoier et craindre Dieu ; non pour se fin j'en ferai mon fils aîné, el je l'élèverai chercher cux-niêmes et leurs propres avan- au-dessus de tous les rois de la terre : £t ego •agi s, mais pour maintenir les droits et 1rs priinotjenilum ponnm illiim cxcclsum prœ reiuléiêis de Dieu. [jI^jus Icrr'.cll'suL LXXXMIlj ; oracle aciCii:-

ÎISj

OUATKLRS SACr.ES. UOUUDALOL'E.

p!i dans Voire Majesté encore plus visiblcliiL-nl que d;ins le religieux prince en faveur iliiquel il fui d'abord prononce. Nous n'en douions poinl, sire : voilà d'où soiil venus et d où vienneul sans interruption ces prospéliles el ces succès qui onl étonné toute l'Europe, efdontlc bruit s'est répandu jusqu'aux rxlréniités do la terre. A ces succès, 6 mon l)i ul à ces prospérités passées, vous en ajouterez de nouvelles ; vous bénirez toujours un roi dont le premier soin est de vous iionoreretde vous servir; dont le souhait le plii.s ardent est de faire de sa cour une cour

< hrélicnnc , de son royaume un royaume ihiétien, et du monde même, s'il en était maître, un monde chrétien. Ainsi pourrcz- Vdus, sire, attendre tout d'un Dieu à qui vous donnez tous les jours des marques si sensibles de votre piété, et qui tous les jours vous donne des marques si éclatantes de sa ))rolection. Il n'en demeurera pas là; l'avenir répondra au passé, et l'éternilé bienheuleuse mettra le comble à de longues et de j;'orieuscs annérs : c'est ce que je vous souli.iile, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

SI':UJ1(3N 11.

Sur la circoncision de Jésas-Christ.

Poslquani coiisuniiiiali SLiiiLcIies ocio, ul circiimciclcri'iiir purr, vociluni osl iioiiieii cjus .lesus, c|uoiJ vocaluiii csl ibaiigelo iniusiiiuiii iii iileio coniipcrottir.

lorsque le lii(ii:cme jour fui arrivé ou l'eiifmit (lei'iiitélre <■( concis, on le no iniKt Jésus, ainsi ciue l'ange l'uvniLmarqué avant qu'il eût été coinu cluns le sein de îUine, s(i mère.

(S. Luc, c//. 11).

L'ange n'était que le ministre choisi de Dieu pour apporter du ciel ce nom de Jésus; mais Dieu même en était l'auteur, el il n'appartenait qu'à Dieu de le pouvoir être. C'est-à-dire que Dieu seul pouvait donner à l'enfant qui venait de naître le nom de Sauveur, nonseulement parce qu'il fallait pour cela une autorité supérieure à celle des anges el des hommes, mais parce qu'il n y avait (jue Dieu iini pût parf.iitcment cnmprendre lnut le sens

< t toute l'étendue de ce saint nom : nom divin, qui ne peut être prononcé avec respect que par un mouvement particulier du Saintl''spiit : Nemo polrsl dicere, Domimis Jésus-, ■iiist in Spirilii Saurio (1 for., XII) ; nom \énérable, (jui fait lléchir tout grnou et qui humilie liiute graii'.lenr : Jn noniinc Jesii ontnc ycnu flcclntur [l'hilip.. H) ; nom sacré que l'enfer redoute, et qui sullit pour mettre en fuite les démons : In nomine mco d(vinonia tjicicnt [Dfarc, XVI) ; nom plein de force, et «•Il vertu duquel se sont faits les plus aulhenliques et les plus éclatants miracles : Jn nomine Jesn CItrisli sunji: et amlndd [Acl., 111) ; nom salutaire dont les sacrements de la loi nouvelle tirent toute Icureflic.ice : His aiiditis bnpliznbanlurin nomine Doinini Jesn. (.1(7., XIX) ; nom loul-piiissant auprès de Dieu, et (lont le mérite inlini engage le l'ère célo^l'■ à exaucer les prières des hommes : Qiodcunvjav peticrilis Palreni in nomine mco, ttaliil vohis {Joan., XIV); nom glorieux que le zèle apostolique a porté aux gentils elaux

rois de la Içrre : Vas ekctionis est mihi iste, 7it portet nomem tneitm coram gentibus {Ad., IX) ; nom pour la confession duquel les saints se sont fait, el un honneur, el un bonheur de souffrir les plus sanglants affronts, et d'être exposés à tous les outrages : Jbunt gaudentfs, quoniam digni luibili sunt pro nomine Jesu contumcliam piiti [Àct., V) ; enfui, nom incomparable el unique, puisqu'il n'y en a point d'autre sous le ciel par <\u\ nous puissions être sauvés : Nec enini aliud nomen est sitb eixlo dutum liominihus, in quo nos oporteat salvos ficri [Act., IV) ; tel est le nom, mes chers auditeurs, que reçoit aujourd'hui le Fils de Marie : Yocatuni est nomen cjus Jésus. Mais pourquoi, demande Suint Bernard, ce nom si auguste est-il attaché à la circoncision ? car il semble quo la circoncision con- >ieiine plutôt à celui qui doit être sauvé, qu'.iu Sauveur même : Circumcisio quippe inaijis solvandi quam S(dcatoiis esse videtur (llcrn.). (Juellc liaison y a-t-il donc entre ces deux mystères"? pourquoi allcnd-on que l'enfait soit circoncis, pour lui donner le nonj de Sauveur, et quel rapport le nom de Sauveur peut-il avoir avec la circoncision de l'enfant? C'est l'importante question que j'en> l reprends de résoudre, el qui servira de fonda ce discours, où j'ai à vous instruire des vérités du cllri^tianisme les plus essentielles. J'ai besoin pour cela du secours d'en-haul, et je ne puis mieux l'obtenir (jue par l'intercession de celle qui a reçu la plénitude de la grâce. .Ave, Maria.

Pour vous faire d'abord concevoir le mys- (cre que nous célébrons, el pour vous en donner une juste idée, je me représente aujourd'hui le Fils de Dieu sous deux qualités différentes, que l'Ecriture lui attribue, et qui, réunies dans sa personne, ont fait, si j'o^e m'cxprimer de la sorte, tout le plan de sa religion. Car je le considère, avec saint Paul , comme consommateur de l'ancienne loi , et comme fondateur ou instituteur de la loi nouvelle : comme consommateur de l'ancienne loi, il obéit à la loi; et comme fondateur de la loi nouvelle, il établit et il impose la loi ; conmie consommateur de l'ancienne loi, il accomplit la circoncision des Juifs, el comme fondateur de la loi nouvelle, il vient publier une autre circoncision bien plus parfaite, et qui est celle des vrais chréli' lis. lîn un mot, comme consommateur de l'ancienne loi , il est lui-même circoncis selon la chair ; el , comme fondateur de la loi nouvelle , il nous apprend cl il nous oblige à être circoncis d'esprit et de cœur. Voilà , mes cheis auditeurs, à quoi se réduit tout le mystère de ce jour; mais voilà , au môme temps, par où je réponds à la difficulté de sailli IJernard, el en quoi je découvre le rapport (ju'il y a entre la circoncision et le nom de Jésus. Comprenez-le bien , s'il vous pi îl : Circumcidilnr puer, et rocntur Jésus (Hem.) : On circoncit renf.int, el on le nomme Jésus, c'esl-à-dire Sauveur. Pour- (|iioi Sauveur au moment qu'il est ( irconcis? parce qu'il est certain i|ue Jésus-Christ, en se soumctlanl à la circoncision judaïque j^

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