MYSTERES. SERMON 11. SUR LA CIRCONCISION DE J.-C
f(>mmor\(;a dôs lors à faire de sa p.irl toul ce 4Hruii Dieu-Homme pouvait faire pour nous sauver : n'esl ma première proposition ; et jiarce qu'il n'est pas moins vrai qu'en étalilissant la circoncision évan';éli()ue, il nous a enseigné, comme léijislateur et comme maître, tout ce que nous devons faire de nuire part pour mériter nous-inémes d'être sauvés : c'est ma seconde proposition. Appliquez-vous à la suite et à l'ordre de ces deux pensées. Le salut de riioiiune déjjcnd lit cssenliellement de deux causes : de Diiii et de l'hoanne même: de Dieu, qui en e--t le principal auteur, et de l'iionime même, (jui en doit être le coopérateur. Car, comme dit saint .\uç;ustin, Dieu, qui nous a créés sans nous , n'a pas voulu , quoiqu'il le pût absolumenl , nous sauver sans nous. Il fallait donc ((uc Jésus-Christ , pour être parfaitement sauveur, non-seulement en fit luimême la fonciion, mais qu'il nous apprît quelle devait être, pnur laccomplissenieiit de ce grand ouvrai;e, notre coopéraliou. Or, je prétends que dan-» ce mystère il s'est admirablement acquitlé <le cesdeuv devoirs : du premier, cti s'assujetlissant à la circoncision de l'ancienne loi , qui était la circoncision de la chair; et du second, en nous obligeant à la circoncision de la loi nouvelle, qui est la circoncision du cœur.
Voilà de quoi nous lui serons élernellement redevables: il nous a sauves, <t il nous a donné un moyen sûr pour travailler noug-niêmes à nous sauver. Si donc il ne nous sauve pas , ou si nous ne nous sauvons pas nous-mêmes, notre perte, dit le prophète, ne peut venir que de nous : l'crdilio tua, Israël [Ose, Xlll), et c'est ce que nous avons infiniment à craindre. Il acommencé à n lus sauver par l'obéissance qu'il a rendue à la loi de l'ancienne circoncision , vous le Mrri'z dans la première pirlie ; et il nous a (loiiiié un moyen sûr pour nous aider nousmêmes à nous sauver, par la loi qu'il a établie de la circoncision nouvelle , je vous le monircrai dans la seconde partie. C'est lout mou dessein , pour leqml je vous demande et j'attends de vous une l'avorable attention.
Pni£MU':llE l'AIlTIE.
Oui, chrétiens, c'est eu se soumetlant à la circoncision de l'ancienne loi , que le Fils de Dieu s'est montre véritablement sauveur; et c'est , à proprement parler, dans le niyslère de ce joui', qu'il a coonnencé à en exercer l'office : écoutez-cu les preuves. Car, au moment qu'il fut circoncis , il se trouva dans la disposition prochaine et nécessaire pour pou\oirêtre la viclime (lu péché. Au moment qu'il fut circoncis, il oITiit à Dieu les prémices de son sang ailorable, qui devait êlre le remède du peclié. Au moment qu'il fut circoncis , et en vertu de sa circoncision, il s'engagea à répandre ce même sang plus abondanmient sur la croix, pour la réparalion entière du péché. Trois choses à quoi la rédemption du mimile était attachée , et dont la foi nous assure que le salut des hommes dépendait. Trois raisins solides, que je vous prie d'approfondir avec niui, et qui
vont vous faire comprendre, mais d'une manière sensible , sur quoi est fundée celle mystérieuse liaison qui se rencontre entre, la circoncision de l'enfant et l'imposition du nom de Jésus : Circumcidilur et vocalur Jésus.
.\u moment que le Fils de Dieu fut circoncis , il se trouva dans la disposition prochaine et nécessaire pour êlre la victime du péché , cl par conséquent pour être parfaitement sauveur; car, pour sauver l'homme tombé dans la disgrâce de son Dieu , il fallait satisfaire à Dieu dans toute la rigueur de la justice : Dieu le voulait ainsi . el c'esl un point de religion qui ne peut être contesté, l'oiir offrir à Dieu celle satisfaction rigoureuse, il fallait un sujel capable de souffrir el de mourir : la croix et la mort étaient les moyens choisis pour cela dans le conseil de la sagesse éternelle : toutes les Ecrilures nous renseignent. Pour être capable de souffrir et de mourir, il fallait au moins avoir la marque du péilié : la chose est é\i(l'r.t,', et c'est sur (|uoi roule toute la Ihéologie de saint Paul. Cette mar()ue du iiéché ne devait êlre imprimée sur la chair innocente de Jésus-Christ que par sa sainte circoncision ; et en elïel , la circoncision , quelque sainte que nous la concevions dans la personne du sau \eur, était en soi. et selon l'inslilulion di- \ine, le sacrement et le sceau de la justification des pécheurs. Que s'ensuil-il de là'/ vous prévenez déjà ma pensée : il s'ensuit »|ue, avant que Jésus-Christ lut circoncis, il lui inaïuiuail , pour ainsi dire, une condition sans laquelle il ne pouvait pas encore être la viclime de ce sacrifice sanglant et doulour('ux que Dieu exigeait pour noire rédcm()lion. Celle condition, c'est-à-dire ce pouvoir prochain d'êlre imiiK) é comme victime pour nos péchés, était la suile du mystère (le sa circoncision; et c'est ce que \\^,vangélisle semble nous déclarer parées paroles : Pos((/uam consummali sunl ilics itt circumciderelur puer, vocalum est nomcn ejns Jésus : Liirsque le temps de la circoncision de l'enfant fut venu, et qu'en effet on l'eut circoncis, on lui dunna le nom de Jésus. 0)mme si l'évangélisle nous disait : Jus([uela , (juelque perfection et quelque mérite (lu'ilcût.il ne portait pas encore ce nom, parce qu'il n'avait pas encore lout ce qui lui élait nécessaire pour être actuelleineiil sauveur : mais, après la circoncision, il eut dioil d'êlre appelé Sauveur, parce (lu'il no lui manquait plus rien pour l'être. Donnons à celle \érilé plus d'étendue cl plus de jour, i Pour sauver des pécheurs el des ( oiipables (ceci vous surpreiulia , chrétiens, mais c'est votre religion ([ue je vous expose), pour sauver des pécheurs el des coupables, il fallait un juste; mais un juste, dit saint Augustin, sur qui pût touiller la malédiction que traîne après soi le péché et le châtiment (jui lui est dû. Or ce jusie , c'était Jésus-Christ : il ne (levait pas êlre pécheur; comme pécheur, il eût clé rejeîé de Dieu : il ne sulfisail pas (pril lût |U!,le; comme juste, il n'aurait pu êlre l'objet des vcnj;eanc< 3 de Dieu :
DS7 . ORATEURS SACHES. nOURDALOUE. 888
mais, en qunlil6 de nK'ili.Tlcur, il (lovait, Cdiii qui ne connaissait point le pc(li(^, a élc
quoique exempt de péiliô, et qui)i(iue im- fait péc lié pour nous : c'est-à-dire celui qui
précâblé uiôme, tenir une esp(^(e de uiilicii ne connaissait point le péctié, a paru devant
entre l'innocence et le péclié ; et ce milieu Dieu cotunie s'il eût él6 lui-niêuie le péclié,
entre l'iunoci'nce et Ir (léciié, ajoute saint cl a été traité de Dieu comme le péché mêuie
Aiit^ustin, celait qu'il cûl la marque du pé- subsistant eût pu mériter de l'être : Eum
ché. Ainsi il fallait ijue .lé-us-Clirib.t l'iil juste qui non nuvcrat pcccalum, pro nobis pccca-
en vérité, et pécheur en appirence; juste tuinfrit.
en vérité, pour pouvoir justllier les boni- Or, dans quel moment de la vie dn S.iuines ; et pécheur en apparence, pour pou- veur cette étonnante proposition ful-elh- Voir attirer sur soi les châtiments de l>icu. exaetementet spécialement \éririée;et(iuand Car Dieu, tout inité (lu'il était contre les peul-on dire que Jésus-(]iirisl s'est pour la lioinines, ne pouvait s'en prendre à Jé^us- première fois présenté aux yeux de son Père, Christ, tandis ()u"il ne voyait en lui que jus- comme s'il eût été \n péché même? au nmtice et que sainteté ; et celte irrépréhensible nient de sa circoucisiou : je m'explique. Dès sainteté de Jésus-Christ, quelque désir qu'il sa naissance il était homme; mais il n'avait eût d'expier nos crimes, le rendait incapa- rien encore alors de commun avec les pé- Ide d'en subir pour nous la peine. Que fait- cheurs. Son incarn.ilion , l'œuvre par excclil donc? Il prend la forme de pécheur, et par leuce du S.iinl-Esprit ; sa génération dans le là il se met en étal d'être sacrifié pour les sein d'une Vierge toujours vier'jf', son entrée; pécheurs ; car c'est poui' cela, dit saint Paul, miraculeuse dans le moiule, loul cela l'éloique Dieu l'a envoyé re>étu d'une chair seul- gnail des moiiulres apparences du péché, blable à celle du péché : Dcns FiUum stuiin Mais aujourd'hui, dit saint liernard, (ju'il se. V'iltens in simili/udiiipin cnniis prccnli {lioni., soumet à la loi île la circoiuision , cette loi VIII). Expression^ diiul les manichéens alm- n'ayant été faite que pour les pécheurs, il saient, lorsqu'ils concluaient de là que Je- par,iît pécheur. Le voilà donc dans l'étal où sus-Christ n'avait eu (lu'unc chair appa- Dieu le voulait pour l'immoler à sa justice, rente; au lieu que les Pères se servaient du Avant qu'il subit cette loi, Dieu ofl^cnséchcrnicme passage pour conihaltrc l'hérésie des chait une victime pour se satisfaire, et il n'en manichéens , et pour prouver contre eux la Irouvaitpoint : Suprr quo perçut iam[Isai.,\)''. >érilé et la réalité de la chair de Jésus- disait-il par un de ses prophètes : sur qui dé- Christ. \ln effet, raisonnons comme saint chargcrai-jc ma colère, et sur qui dois-ji; Augustin, l'Apôlre ne dit pis précisément frapper? Sur les coujiables, qui sont les péque Dieu a envoyé son Fils avec la resseni- cheurs? quand je les aurais tous anéantis, blance de la chair : (rt ."iiniliiuilinnit caniis ; ma gloire n'en serait pas réparée. Sur ce il s'enmivrail que Jésus-Chrisl n'aurait pas juste, qui vient de paraître dans l'obscurité été vraiment homme , et cela seul saperait d'une étable? c'est mon Fils bien-aimé, en le fondemenl de tout le chiisli misriie : mais qui jo me plais somerainemenl , cl en qui il dit que Dieu l'a envoyé avec une chair par là même je n'a])erçois rien qui puisse semblable à celle du péché : In similititili- mériter ma vengeance. Voilà, mon Dieu, où lient farnis peccnti, pour maïqucr que la votre justice en était réduite; et, jusqu'à chair de Jésus-Christ a eu l'apparence et la l'accomplissement de ce mystère, il n'y a>ail marque du péché , sans avoir jamais cou- point encore de Jésus (|ui pût être pour nos tracté la tache du péché: et c'est ce que nous péchés l'hostie de propilialion que vous défaisons profession de croire. U n'en fallait man liez. Le Messie qui venait de paraître jias davant.ig' , reprend saint Augustin, atin au monde , pour être trop saint, n'était pas que Jèsus-Clirist fût en étal de soufl'rir pour encore en état d'être pour nous un sujet de nous; car il y a, dil ce saint docteur, entre maléiliction : Faclus pro nobis malediclum Dieu et le péché , une telle opposition, que (6^l/((^, 111) ; et, pour être trop digne de volro l'apparence seule du fiéché a suffi pourobli- amour, il ne pouvait encore ni ressentir ni ger Dieu à n'épargner p.'s même le Saint apaiser votre courroux; mais maintenant des saints, piur le déterminer à exécuter qu'il porte, coumie circoncis , la marque du sur la chair innocente de Jésus-Christ Par- péché, souiïrez , Seigneur, que nous vous le rêt de notre condamnation. Oui, mes frères, disions avec confiance, nous avons enfin un parce que ce Dieu-llomme est couvert de Sauveur. N'ous demandez sur qui vous frapl'ombre de nos iniiiuites , Dieu le livrera à perez pour vous veufi^vr : Supir quo percula mort , et à la morl de la croix; cl parce liain? c'est sur ce divin enfanl; car il a cré- (lu'il a consenti à paraître criminel , il sera sonnais tout ce qu'il faut et tout ce que ^ous traité comme s'il l'était. Vous diriez, à en- pouvez désirer pour tirer de lui et pour vous tendre parler l'Ecriture, que Jésus Christ, donner à vous-même nue satisfaction entière, en conséquence de ce mystère, ait été , non- Il a la forme d'un pécheur pour éprouver la seulement pécheur, mais le péché même, rigueur de vos jugements ; et il a la sainteté parce (lu'il en a pris le c iractère el la niar- d'un Dieu pour mériter vos miséricordes: en que: h' uni qui non noreral pcccalum , pro faut-il davantage pour nous sauver? Vengeznoliis peccdliini fccii (Il Cor., V). Ce sont les vous donc, ô mon Dieu! pourrais-jc ajouter termes de saint Paul qui, pris à la lettre, avec respect, vengez-vous au\ dépens delà pourraient nous scandaliser ; mais qtii , dans chair de cet Agneau, qui devient aujourd'hui le sens oilhodoxe, expiimcnt une d s véri- semblable à la chair du péché, cl qui, par léi> les plus thrélieniK'b elles plus édinantes. celle icss.uibbuce mêuiej ^c lrou\ceuc!at
OSI MÏSri RKS. SERMON II. Sl'K LA C.IRCO.NCISIO.N O:: J. C. 930
ir<*irc la piécieiisfl matière de ce Rraml sa- leur sang : Fa incidcbant se, juata linnn iTilico qui doit (lélruire le péciic. CVsl ainsi suum , ciiltiii' cl Imireolis, iloiirc jinfiinclcque le Fils île Dieu si- met, eu voulaul èlro rentur sinKjniiie (111 l{<'/)-, W'III). !\!.ii.s aiicireoncis, dans la disposilion prociiaiue cl jounlliui nous voyons un Dieu qui , p.ir iiéci'fsairc pour sauver les Iioiniues. l'exit^s d'une ardenle charité, se lail eircoii- Mais en d; nieure-t-il là? non, chrétiens, cire pour sauver son peuple. Qu;'lie opposisa charile va plus avant : il ne se contente lion entre Jésus-Christ et Itaal, ou |)lutôl p is d èlre en état de nous sauver; il veut dés entre les adorateurs de Baal et ceux du vrai anjourd'luii eu faire l'essai, et dans sa cir- Di u! Dans le trniplc de Ilaal , les hommes « oneisiou il en trouve le moyen. Comment rcji.iml.iienl leur sang pour leur Dieu; et cela".' en offrant à Dieu les prémices de son il.nis le tcni|]le du vrai Dieu , c'est Dieu s.ino' , qui devait être le prix de notre salul. même qui verse son san;; pour les homincs. Il est vrai, disent les théologiens, que la là, un peuple idolâtre déchirait sa chair moindre action du Fils de Dieu, eu égard à pour plaire à une fausse divinité; et ici , le la (lignite de sa personne, pouvait suffire Dieu incarné n'épargne pas sa propre chair pour nous racheter; mais, dans l'ordre des pour faire un peuple !ulèle. Un sang impur décrets divins et de celte rigide satisfaction ofl'i it à Raal , voilà le mystère de l'impiété ; à la(iui'!le il s'était soumis, il fallait (luil lui le sang d'un Dieu cjui nous purifie, voilà le on coulât du sang. Ainsi élait-il aiiélé dans iiiyslère de l'amour divin. Mais aussi , poiirle conseil de Dieu que ce serait lui qui paci- suit saint Augustin, d(Vons-iu)us reconnaîlro lierait par son sang le cit I et la terre, lui qui que, dans celte; opposition ou dans ce paralp r son sang nous réioiuilierait avec sou lèle, toute la gloire (sl tlu c6lé de Jésusl'i'Tc : Pucificans pcr siinguincin crtiiis ijtts , Christ; carj.uuais la supc istition n'adonné sivi' (juœ in terris, sivc quœ in cirlis suiil {Cu- à lîaal, ni aux autres dieux des nations, le loss., I); et que ce traité de paix entre Dieu titre de Sauveur; il était réservé à Jésuset nous ne commencerait à être ralilie que Chiisl seul, et ne convenait qu'à lui. Les (]uand le sang du Hédctnpteur aurait com- païens, connue le uiéme saint docteur le nuMicé à couler : d'où \ienl que lui-même il monireéviilenimcnt dans son admiralilc traité l'appelait le sang de la nouvelle alliance: de It Cité de Dieu , les (laïens étaient plulùl Jlic est satujuis mens yoviTcstaiiunli{.]Iallli., les sauveurs de leurs dieux, (jue leurs dieux XX\'I). Ainsi élail-il ordonné que dans la n'étaient leurs sau\eurs; mais ])our mius, loi même de grâce nul péché ne serait remis reprend-il, nous adorons un Dieu, et un Dieu sans effusion de sang : Sine san(juinis rlJu- sauveur; et de ces deux qualités , l'une nous .yone non sit remissiu [Ueb., IX), «t (pie le sert pour conclure l'autre ; car nous conipre- .sang de Jésus-Christ aurait seul la vertu de nous que Jésus-Christ n'a rien épargne pour ii<)us purifii r et de nous laver : Sinii/uis Jcsu nous sauver , parce ((u'il était nolie Dii u, et Chrisli plii ejits cmunclut nos ab onini peccalo nous ne pouvons plus douter (|u'il ne si>it (1 Jo(/»., 1). Ainsi la fol nous apprend-elle notre Dieu, puisqu'au prix même de son sang «lue l'Fglise, lonune épouse du Dieu sauveur, il a voulu nous sauver, devait lui appartruir par droit de conquête, Cependant, me diiez vous, ce n'était pas mais que ce dioil ne serait fondé que sur à la circoncision du Fils de Dieu, mais à sa l'acquisition ((u'il en aurait faite par son mort , qu'était attaché le salut du monde: Siin'^ : Ecclesidm, (jiiain acquisivit sanf/uine j'en conviens , mes chers auditeurs; mais siio (Ad., XX). Or, c'est ici que la condition convenez aussi , et souveui z-vous de c que .s'exécute; et quand je vois, sous le couteau j'ai ajouté; savoir, que la circoncision fut de la circoncision, ce Dieu naissant, je puis pour le Fils de Dieu un engagement à la vous dire bien mieux que Mo'ise : Jlic est mort. Souvcnez-vnus qu'au uuiuieut qu'il lut siinfjiiis fœderis. quod pepiijit Dominus vubis- circoncis, il s'ohligea soU nnelleuient à cnncu)« (/i'arof/., X\1V). Voici le sang du testa- sonuuer sur la croix le sacrifice sanglant ment et de l'alliance que Dieu a faite en votre dont il ne faisait alors que la première olilal;neur. C'est donc proprement eu ce jour que lion, et delà, rcconnaibsez avec moi que le conuuence la rédemption du monde, el que saUit du monde (ut donc ciicori' uneionle Fils de Dieu [u'cnd possession de sa ijua- nexion essentielle avec notre mystèiC. Ce no lilé de Sauveur, puisque c'est eu ce j;.ur qu'il sont [loiiit ici mes jiropres pensées, ni des en fait les premières fonctions, et (juil entre spéculations; c'est l'expresse doctrine de dans le sanclu.iirc, non plus avec le sang des saint Paul, lorsqu'il déclarail aux (lalates (pio houes et des taureaux, mais avec son (iropro tout homme qui se laisait circoncire, en sang, en vérifiant à la lettre celle parole de vertu de la circoncision même, se chargeait r.\pôlre : Pcr propriam sangitincm introivil d'accomplir toute sa loi : Teslificor vmni in sancta (Ilcb., IX). Ahl nies frères, s'écrie liuinini circumcidenli se, (/wnium dcbitor est s:iint Augustin, que cette conduite de Jésus- universœ legis facicndœ ( C'//"^, V) ; consé- Chrisl est dilTérent" de celle qui nous est re- queiice onéreuse, dont le Fils de Dieu fut présentée dans l'Histoire sainte au troisième bien éloigné desedispenser,puis(iu'il|)ri;tcsta livre des Rois! Nous lisons que les prophèles dejniis hautement qu'il était venu pour lacet les prêtres de Bial, dans la cclèliie contes- complissemenl de la loi. Or, l'accon.plis-etalion qu'ils eurenl avec Elle , se faisaient à nient de la loi, dit s.unl Jérôme , par i.ippoit eux-mêmes, par un zèle superstitieux , et à Jésus-Christ, celait l,i mort de Jésos-Ciirist pour honorer leur dieu, dr douloureuses in- même : i-.ir Je>us-(;h: is' était la liu d.' la loi ; cis;oa'^, jusqu'à ce qu'ils fussent cuu\erls de Finis cnim l-fjis ChiiAtii' [Rom., X) ; el il
On.MEtinS SACRES. nOiriPALOUE.
n't-n dovait être la fin que pnr In consommation du sncrifici- de son humanilé sainlc. Ainsi, du momont qu'il sosoumil à être rir- «oncis, il i'cHjiagca , par un padc solennel, à dire crucifié ri à mourir : pourquoi? parce que son crucifiement et sa mort étaient le terme < t connue le dénoûment de toute la loi, dont il s'imposait le fardeau, et dont, selon l'expression de l'Apôtre, il devenait, par sa circoncision Icdébileur universel iDcbitor univcrsœ lefjis faciendœ.
Concluons, après saint Bernard, que c'est donc avec justice <]ue le nom de iésus lui est donné. Ali! dit ce Pure, nous ne devons pas considérer ce Sauveur comme les autres : car mon Jésus n'est pas sembliible à ces anciens sauveurs du peuple de Dieu, et ce n'est pas en vain qu'il porte ce nom:iVcr/îte tnini, ad int:(ar prioruni, meus isle Jésus 710mcn vanumuul inane portât [Bern.]. Il n'eu a las seulement l'ombre comme ceux-là, mais a vérité : Non est in eo magni nominis umlini, scd Veritas {Idem). Ouand les princes naissent sur la terre, nous les appelons rois, monarques , souverains ; mais ce sont des titres pour signifier ce qui doit être un jour, et non pas ce qui est. Bien loin d'être en état de gouverner les peuples , ils ne sont pas encore en état de se connaître, cl, •l.ins cet âge IcnJre et sans expérience, leur l'iililesse les réduit à se laisser conduire par leurs propres sujets , avant qu'ils puissent (es conduire eux-mêmes. Mais Jésus-Christ ne conimenceà prendre laqualité deSauveur qu'au marnent (lu'il commence à en l'aire l'exercice, et dès ce jour on peut dire de lui (C que l'Ecriture a dit du brave Eléazar, au premier livre des jMacliabées : Dédit se ut lilieraret populuin sunm, et aequireret sibi nomen œlcrnum {l Maehab.,\l). 11 n'est pas jdus lot né, qu'il se livre pour le s.;liit des siens , et pour s'acquérir nu notn immortel, qui est le nom do Jésus. N'est-ce p,:s pour cela, clirétiens,(iui' ce nom lui a élé si cher, <t que, (l.ins l;i pcnséi' de saint Jérôme, il lui a tenu lien (l'iMic récom|iense proportionnée à toutes les buiiiiliations de sa circoncision çt à tous les travaux de sa vie ? N'est-ce pas pour cela (|u'il l'a porté sur la croix comme nu diadème d'Iionneur , et (lu'ay.inl soulTi rt (|Me les Juifs lui rernsassent de\aiit Pilate le lilre de roi, il ne permit jamais (|u'ils lui coritestassenl le nom de Jésus "? N'est-ce [).is pour cela qu'il a l'ait publier par toute la terre l'e saint nom , ce grand nom, cet auguste nom : n'est-ce pas , dis -je, parce (ju'il n'est rien de plus naturel ((uc de se glorifier des noms (lu'ou s'est acijuis par sa vertu, iilmùl que de ceux qu'on tient du hasard 00 du boulieur de la naissance'? Or, l'Hoinnie-Dieu n'a possédé le nom de Jésus que par litre de loiuiuèle : il l'a mérité en sauvanl les pé- I lieiii s , et il commença à les sauver en voulant répandre son sang et subir la lui de la circoncision.
Mais quoi! mon Dieu, y av.iil-il dom- pcuir M)U. tant de gloire à racheter de \i\> esda- M'>? trouviez - .()i:s tant de grandeur à VOUS abaisser si profondéuicut iiour eux , et
des hommes valaient-ils un sang an.«si précieux que le vôtre? Oui, mon cher audiliur. voilà ce que valait votre âme, et ce qu'elle valait au jugement même de votre Dieu : c'est ainsi qu'il l'a estimée, et en donnant sou .'ang pour elle, il n'a pas cru trop donner ; car son amour, tout libéral qu'il est, n'est pas prodigue. Toujours dirigé par sa sagesse, il conforme les moyens à la fin, cl puisqu'un Dieu souffre déjà pour votre salut , il faut que votre salut soit le juste prix des souffrances d'un Dieu. Or, mes frères, est-ce là l'estime que vous en faites vous-mêmes, esl-ce de la sorte que vous eu jugez? Saint Augustin disait : Voyez ce que > olrc âme, ou plulôl ce que le salut de voire âme a coûté au Dieu sauveur qui s'en est fait la victime , et par le sang qu'il a versé, vous apprendrez quel bien il a prétendu acheter : )■((/'' quanta émit, et videbis quid émit ( Aug. ) Mais je dis, moi : Voyez en combien de rencontres vous l'avez sacrifié, ce salut, en combien de rencontres vous le sacriliiz tous les jours à un vain intérêt, à un plaisir profane, cl même si abominable; cl de là tirez, à votre confusion , celte Irisle conséquence , que le premier de tous les biens, le souverain bien, est de tous les biens le plus méprisé. Car si vous l'estimez, je ne dis pas autant qu'il le mérite, puisqu'il est audessus de toutes nos vues , et que Dieu seul en peut connaître tout le prix, mais du moins autant que vous le pouvez , et que vous le devez, pourquoi l'oubliez - vous, pourquoi rexposcz-vons, pourquoi y renoncez-vous si aisément? Doù vient que, donnant tout au monde, et faisant tout pour des alTaires temporelles, vous ne failes rien pour celle-ci ; que vous n'eu voulez presque jamais entendre parler; que vous craignez ceux à (jui le zèle inspire de vous en représenter les conséquences et do vous y faire penser ; que toules les pratiques chrétiennes, la prière, la niéditation des vérités élermdles, l'assiduité à la iiarole de Dieu, la lecture des bons livres, l'usage d<'s sacrements , moyens de salut si nécessaires, que lout cela vous fatigue, vous ennuie, ^ous rebute? .\li! mes chers auditeurs, quelle opposition entre ce Dieu circoiuis et nous, et eu cela même qn(>l aveuglement de notre part, et quel renversenieiil! 11 lait s.i gloire cl son plus bel emploi de nous sauver, et nous nous taisons un jeu de nous perdre. Lui était-il donc plus iiiiporlanl d'être sauveur, qu'il ne nous importe d'être sauvés? S'il est sauveur, est-ce pour lui, et si nous sommes sauvés, u'est-ca pas pour nous-niêiiies ? Sans être sauveur, en eûl-il été moins heureux , en eûl-il élé moins Dieu? et, sans être sauvés, (juc pouvons - nous être , et qiu\ analhèaio doit tomber sur nous? Cependant, pour être sauveur, rien ne lui parail ditlicile, et, pour être sauvés, tiuit nous devient impossible. .Mais ne nous y lrom|ioiis pas, et ne croyons pas qu'il xuille nous sauver sans nous. Jil'ai dit, et je ne puis trop vous le redire : il veut bien sans nous faire les premières avances; il veut bien sans nous s'imiiioleJ
MYSTEUES. SERMON II SLT. L\ CT.CONCISDN HE J.-C.