‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 90 sur 132 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Non, chrétiens, jamais la Providence n'a donné au monde un modèle plus achevé de celte véritable sagesse qui consiste à clie:cher et à Iroiivi r Dieu, que celui qu'elle nous propose dans la personne des Mages. Iixaminons tous les caractères de, leur foi, d.ins son commencement, dans son progiès, et dans sa perfection. Dans son ccimmencemen!, c'est-à-dire dans la promplilude avec laquelle ils se deteriiiinonl à suivre la vocation divine qui leur est marquée par l'étoile , et dans le courage qu'ils lont paraître eu abandannant tout peur obéir à l'oiilie da

îflOS

MYSTKllES. SKUMUN lil. SUil I.El'IPIlAMIi;.

î^ii-ii. D ms son progrès, c'esl-à-dirc d.uis {,•1 <o.i>taiioe qu'ils Icmoigncnt, lorcjuc l'étoile vitMil à s'éclipser, s'iiirortnanl avec, soin (lii lieu où est né l'enfant ([u'ils cherclient, le rrconnaissaiit pour roi des Juifs jns(]n'au milieu de Jérusalem, et même au milieu de la cour d'Héroile, et déclarant avec une sainte lilierté qu'ils sont venus pour lui rendre leurs hummages. Dins sa perfection, je veux dire dans l'almirahle disceriHMuent qu'ils font de Jésus-C^lu isl, tuse scandalisant point de l'état pauvre et luimble où ils le trouvent; au contraire, coiu'luanl de là même qu'il est leur S.iuvcur, l'adorant en esprit et en vériié; cl, par les mystérieux présents qu'ils lui ofl'rml, lui donnant autant de preuves de leur parfait dévouement cl de leur rdij^ion. CIumchez-vous Dieu de bonne foi, mes cliers auditeurs, et voulez-vous savoir comment on le trouve? en voilà toute la science cl tout le secret. Ne disons plus après cela (jue les voies de Dieu sont des vo'es (d)scures et inconnues : elles nous sont ici révélées trop clairement et trop distinclemcnt pour avoir droit de ti-nir désormais un Ici laii^an;e. Ne Jious plaignons plus des dillicullés qui s'y rencontrent, et des égarements ((ui y sont si ordinaires : après l'exemple de ces Mages, (jui n'y ont marché avant nous que jiour nous y servir de guidi s , nos plaintes seraient également vaincs et injustes. Supl)Osé l'excellent modèle que Dieu nous met devant les yeux, nos erreurs, en matière di' s ilut, ne peuvent plus èire excusables; f l si, malgré tant de lumières, nous S(uun,es assez malheureux pour ne pas trouver Dieu cl pour nous perdre, c'est à notre iulidélilé, c't st à notre làchclé, c'est à notre inconstance, c'est à nos respects humains, c'est à notre orgueil, c'est à noire avarice et à un altachenient opiniâtre aux biens de ce monde, c'est à nous-mêmes enlin ([ue nous devons imputer notre malheur. Allenlion. chrétiens : ceci me fournit pour vous des leçons bien importâmes.

Promptitude à suivre la vocation du ciel : ce fut le premier effet de la foi des Mages, el le premier trait de cette haute sagesse, qui, par un changement divin, d'infnlôlcs qu'ils claient, les mit en état de trouver le Dieu sauveur. Dès qu'ils virent son étoile, ils partirent pour aller à lui : Viilimus slcllnm ejus, el venimus [Maltli., 11). Ils ne balancèrent point, ils ne délibérèrent point, ils ne s'arrélèrenl poini, ni à former de vains projets, ni à prendre de longues mesures. Attentifs a l'éloiie qui les éclairait, cl uniquement appliqués à chercher celui (ju'elle leur annonçait, ils hâtèrent leur m.in he : pourquoi ? parce qu'ils étaienldéjà remplis de cet esprit et de celte sagesse surnatucilliî qui conduit les élus de Diiu. Or, comme remarque saint Chrysoslomc, cbrrihcr Dieu de la manière efficace et solide dont le cherche une âme fidèle, ce n'est plus raisonner ni délibérer, c'est exécuter et agir : d'où il s'ensuit, dit ce saint docteur, que qu.ind on délibère, (juandon consulte et qu'on raisonne, qccl-

(|ne intention qu't)n ait de Irmivei Dieu, hchercliant toujours, ou, pour mieux dire, S' ll.itlant toujours de le cher( her, <ui \\v. le trouve jamais, ^'oilà sur (|uoi fut fondée la promptitude desMages. Ils ^irent l'étoile ; et, animés d'une foi vive, pressés d'un désir ardent d'arriver au terme où l'étoile les appelai!, ils n'écoulèrent rien de tout ce qui pouvait les rclenir : Vidiiiins, cl rcniinus : Nous avons vu, et nous sonuues venus. Paroles, ajoute saint Chiysostome,qui expriment admirablement la force et l'opération de la grâce, puisqu'il est vrai que dans l'affaire du salut, tout dépend de (crtaines vues à (juoi la grâce est attachée, (ui plutôt en quoi consiste la grâce même. Ainbuhile dian lu- (Tin lidbetis (Juan., XII) : Marclnz, disait le Fils de Diiu, pendant que vous a\ez la lumière. Or, c'( st ce que l'ont à la lettre ces s.iges prédestinés de la genlililé.lls ni.nclicnl, parce <|u'une luniièr(> secrèlc pénètre intérieurement et louche leurs cœurs, tandis (jii'un nouvel asire brille exlérienrement à leurs yeux. Ils mirclnnl, parce ([Ue celle double lumière leur l'/iil connaîlre la naissance d'un Dieu et d'un Siineur: d'un Dieu qui, ne se contentant plus d'être connu dans la Judée, veut r(Ci'voir les hommages iia toutes les nations : d'i:n Sau\eur (jui les a (hoisis, et qui vent commencer par eux à montier qu'il n'est pas seulement \(miu pour Israël, mais pour Ions les jieuples de la terre. Ils marcheni, et l'cxlrême diligenre dont ils usent est autant une preuve de leur sagesse, (]ue de l'activité di' leur zèle; ils s'euipresseat de cber( lier leur salul, en clierclianl celui (jui en est l'auteur, et (jui en doit être bientôt le consommateur : Vidimus, et venimus.

Ainsi agissent les Mages : mais, nous comparant avec cu\, mes cliers auditeurs, (juel est ici le premier et le grand désordre (|ue nous avons à nous reprocher ? Ne sonl-ce pas les retardeinents élernels, les relardements affectés, les relardements léméraires et insensés, que nous apportons tous les jours à l'exécution des ordres de Dieu, et â ce que la glace nous inspire? Peut-être y a-t-il des années entières ([ue Dieu nous appelle, cl que nous lui révisions. Elevés dans le christianisme, nous avons pour marcher plus de lumières que les Mages : notre foi esl plus établie, plus formée, plus développée ; nous connaissons beaucoup plus distim lement qu'eux les volontés et les desseins de Dieu sur nous. Pour une étoile qu'ils voyaient, mille r. lisons nous convainquent, mille exemples nous confondeni, toutes les Ecrilures nous pjirlcni : liiit de docleurs nous instruisent, lanl de prédicateurs nous pressent, nous soliicitent, nous exhortent, mais en vain, parce (jue nous différons toujours. Ne dirons-nous jamais comme les Àlages : Vidimus, et venimus : Nous avons vu, et nous sommes venus? Oui, j'ai vu, ou je vois aujourd'hui ce ([uc Dieu demande de moi ; et c'e^l pour cela que dès aujourd'hui je m'engage et je commence à l'aciomplir : car, ([uc sais-je si je le pourrai dcn:ain ? ([ue sais-je

OKATEUUS SACIitS. UUUI'.DAl.OlE.

si je serai ilemain aussi (niiclié de la vue que Dieu m'en donne? que snis-je si rc rayon de grâce fera dans mon âme la même impression ? que sais-je si la lumière de ma fol, après lant de délais qui l'atTaihlissent peu à peu, ne \iendra point toul-à-fait à s'éleindre? q;ie sais-je si, niellant par là le comble à mes iniquités, je ne tomberai point dans cet aveuglement fatal dont Dieu punit les rœurs rebelles, et si riiabilude que je me fais de temporiser cl de ne jamais rien conclure ne sera point enfin la source de ma réprobation? Ahl suivons celte lumière favorable qui luil encore pour nous. Marchons, de peur que les ténèbres ne nous surprennent, cl ne remeltous point à un autre temps ce qui doit avoir la [iréférence dans tous les temps, ou plutôt ce qui doit être l'alTaire de tous les temps. Dieu m'éclaire mainlenaiil, et je ne puis savoir s'il m'éclairera demain, ni s'il y aura même un lendemain pour moi. Mais, quand je le saurais, devrais-je et vondrais-je me prévaloir contre lui de sa patience, et abuser de sa miséricorde pour l'offenser toujours avec plus d'obstination? Promptitude à suivre la voix de Dieu dès que Dieu nous la fait entendre, c'est la première leçon que nous fait l'exemple des Slages ; et courage à surmonter pour cela toutes les difficultés qui se présenlent, c'est la seconde. Car, pour suivre l'étoile, et pour répondre à la vocation du ciel, les mages, au«si bien qu'Abraham , furent obligés d'abandonner leur pays, leurs maisons, leurs familles, et, selon la commune tradition, leurs royaumes et leurs étais. Us durent faire dès lors ce que saint Pierre cl les apôtres firent dans la suite des années; c'esl -à-dire , ils durent quitter tout pour .lésus-Chrisl , el ils eurent droit les premiers de dire comme saint Pierre, el même, dans un sens, avec plus de mérite que saint Pierre : Ecce nos reliiiiiimus umnin, et secutisumu^ t' {M(inh.,W\). Or, leur courage à prendre une telle résolutitm, leur détachement héroïque, en séloignanl de ce qu'ils avaient de plus cher, eu essuyant les fatigues d'un long voyage, el en sacrifiant de la sorte hur repos, c'esl ce que je puis considérer comme une seconde démarche de leur foi naissante , el comme une nouvelle preuve de cette éminente sagesse qui leur fit trouver Jésus-Chrisi. Car il est aisé , dit saint Chrysostome, de suivre le mouvement lie la grâce, quand il n'en coûte rien à la nature, el d'obéir à l'inspiration de Dieu, quaiul il ne s'y rencontre nul obstacle de la pari du monde. Le mérite de la foi cl de la sagesse chrétienne est de renoncer même , qulind il le faut , à ce qu'on aime plus lendremcnt, de quitter ses habitudes, de rompre ses liens, de se priver des commodités et des douceurs de la vie, el de se faire certaines violent-es.sans lesquellrs on ne parvient point au royaume de Dieu. C'est alors , poursuit saint Chrysostoiue, que la prudence de la chair est encore bien plus subtile elplus arlifi( ieuse pour nous détourner de la voie où Dieu veut nous conduire. C'est alors (joe , J're.nanl le parti de notre amour-propre, tlle

tâche à nous persuader qu'il y a de l'indiscrétion dans un renoncement si général cl si absolu. C'esl alors que, tirant avantage do notre faiblesse, elle nous représente ce parfait détachement comme une entreprise audessus de nos forces, el (jue nous somme» incapables de soutenir; en un mot, c'esl alors qu'étouffant les sainls désirs que Dieu, par les vives lumières de sa grâce, avait excités dans nos cœurs, elle nous rend lâches, froids, languissants dans une affaire qui demande loute notre ardeur el tout notre zèle. S'il s'agissait d'un intérêt du monde, celle prétendue impossibilité que la prudence humaine nous oppose, ne nous ferait pas balancer un moment. Pour une fortune temporelle, et pour satisfaire notre ambition , nous serions prêts à tout, nous oserions tout, nous nous exposerions à tout ; mais, parce qu'il s'agit de l'œuvre de Dieu el de notre conversion, tout nous effraie, et tout nous devient impraticable. Or, c'est celle lâcheté que la foi doit combattre en nous, si nous voulons imiter l'exemple des mages; el par là même, encore une fois, nous devons juger si la voie oîi nous marchons est la voie de Dieu. Car l'illusion la plus grossière est de nous flatter d'avoir trouvé celte voie de Dieu, tandis (]u'il ne nous en coûte nul effort. Il y a, pour y entrer cl pour y demeurer, des sacrifices à faire ; el nulle voie n'est sûre pour nous qu'autant que nous les faisons à Dieu ces sacrifices, ou que nous y sommes efficacement el sincèrement disposés. Revenons à notre modèle, cl voyons le progrès de la foi des mages.

Ils arrivent à Jérusalem ; el l'étoile, qui jusque là leur avait servi de guide, par une conduite de Dieu toute particulière , vient tout à coup à disparaître. Que ne pouvaientils pas penser? que ne devaient-ils pas craindre ? Leur foi n'en dut-elle pas être ébranlée, troublée, déconcertée ? Mais non, chrétiens , la tentation la plus dangereuse, l'épreuve la plus subite el la moins attendue , le prétexte le plus spécieux qu'elle leur fournil pour penser à leur retour , rien ne les fait changer de résolution. A quelque prix que ce soit, ils veulent trouver le Dieu qu'ils cherchent. Ils ont vu son étoile, el ils ont senti l'onction de sa grâce, c'est assez. Si celte étoile ne paraît plus, c'esl un secret de la Providence, qu'ils adorent, mais dont ils n'ont garde de se faire un sujet de scandale ; c'esl une occasion que Dieu leur donne de lui marquer leurfidélilé,el ils comprennent qu'il faut en de pareilles conjectures se soutenir par la constance. Sans donc se troubler, sans se rebuter, ils espéreront, aussi bien qu'Abraham, contre l'espérance même ; ils continueront leur marche , sûrs du Dieu qui les a appelés , et comptant qu'au défaut de l'étoile, il leur tracera lui-même le chemin.

Or, c'est en cela que paraît le don de sagesse, d'intelligence, de conseil, dont ils sont remplis ; el voilà, mes chers auditeurs, comment notre Dieu tous les jours e.n use avee nous. Après nous avoir attirés à son service, el nous y avoir engagés , il retire, pour un

1009 MYSTERES. SERMON III. SUR L'EPIPIIAINIE. lOlO

temps , C(>rliiiios grâcos sensibles dont il capables par leur rnra(li\rc de les in-

iious avaiC d'ahonl prévenus. Nous ne sen- struire; c'est pour cela (ju'ils parlent, (ju'ils

tons plus ces louches secrètes (]ui nous ren- consultent, tiu'ils ne se donnent aucun repos,

daient son joug aimable, et ((ui nous taisaient Autre preuve de leur sagesse, dont il faut

lourir comme I)a^id, avec une sainte allé- que nous profilions ; careu (]nelque état d'a-

gresse, dans la voie (le ses commandements. veuplemeiit et d'obscurité (;ue je loinbc, en

Ainsi délaissés au milieu de noire course, et , cinelque ignorance des voies de Uieu que je

pour ainsi dire, abandonnés à nous-mêmes, puisse être, en (]ue!(iue désordre même que

noustombonsdansdesétalsd'obscurilé, de lé- lût ma l'oi, si je cherche Dieu dans la sinqjli-

nébres, de sécheresse , de dégoût ; et alors , cité du canir, il est sûr que je le lrou\erai :

non-seulement Dieu nous éprouve , mais il c'est lui-méine qui me l'a dit, cl sa parole y

veut que nous-mêmes nous nous éprouvions. est exjiresse : In >:iiiiplicilatc tordis qiurrile

Car si ces grâces sensibles nous étaient ton- iltuiii. tiuoniam iiii-cnitur ah ils qui non Icn-

jours présentes, si nous ne iierdioiis jamais tant iilum (Sap. I); c'est-à dire si je lecher-

de vue cette étoile lumineuse qui l'ut le pre- ilie sincèrement, et avec une intention pure

n)i.er attrait de notre conversion, quoi que et droite, si je le cherclie avec humililé, si

nous fissions pour Uieu, nous ne pourrions je le cherche avec confiance, si je le cherche

ni répondre de nous à Dieu, ni, dans le sens avec persévérance, il est sûr que je ne serai

que je l'entends, nous assurer de noiis-mê- [)oiut coufomlu : Qui susiincnl te , non con-

nies; c'est-à-dire, notre ferveur dans cet état fundentur {Ps. XXIV), et qu'il ne niaïujuera

nous devrait être suspecte; la sensibilité et pas : Non dcrcHifuisli ipuvnnti's le (l's. IX).

rabondance des consolations divines nous II est sûr que mon àme , eu le ciieri liant ,

donnerait, ou devrait nous donner, une dé- vivra de la vie des justes : Qwrriie Denin, et

fiance raisonnable de notre vertu ; au moins rivet unimn vestra (l's. LXVIII). Il est sûr

est-il vrai que notre foi n'aurait pas celte qu'à mesure que je le clien lierai , '}i' m'.if-

fermelé qu'elle doit avoir pour être une foi ferniirai dans la i)ratii|ue du bien et dans

parfaile et digne de Dieu. Il faut donc qu'elle l'horieur du vice : Qiuerite Domininn et con-

soit éprouvée; et par où'? par ces délaisse- firmamini {Ps. t]I\). Oracles de l'Iù-iiturc ,

nienls et ces privations si ordinaires aux dont il ne m'est pas |)crmis de douter. Or,

âmes les plus justes ; et, si nous ne sommes est-il rien de jilus propre à m'eneourager

pas encore assez forts pour dire à Dieu ce dans le soin de chercher Dieu, et d'étudier

que lui disait le prophète royal : Proba me, les voies de mon salut'/ N'ous me direz que

Domine IPsal. XX\') ; Kprouvez-moi , Sei- vous n'avez point assez pour cela de péné-

gneur, il (aut qu'à l'exeiMple des mages, nous tralion, et que vos lumières sont trop lai-

soyons assez saintement disposés pour per- blés. Je le veux, mou cher auditeur ; mais

sévérer dans les épreuves ou il lui plaît de vous avez, aussi bien (jue les mages, un

nous mettre; il faut que le souvenir des lu- moyen facile pour éclaircir tous vos doutes,

mières dont nous atous été touchés nous et pour vous tirer de l'ineeililude où vous

tienne lieu de ces lumières mêmes , quand pouvez être. Il y a dans l'Kglise tie Dit u des

Dieu vient à nous les ôter, et qu'il nous suf- docteurs et des prêtres comme il y en avait

fisc de pouvoir dire : Vidunus siellnm ejus ! alors ; il y a des hommes établis pour vous

{Mailh., XXII.) Je ne vois plus ce qui in'ex- conduire , et qu'il ne tient qu'à vous d'éiou-

cilait autrefois et ce qui m'attachait à Dieu; 1er. Interrogez-les comme vos jières, et ils

mais je l'ai vu, mais jeu ai connu la vérité vous diront ce que vous avez à l'aire : ]ii-

et la uécessilé , mais j'en ai été persuade. terî'ofjd patrem luum, et ativunliubit tihi ; ina-

Or, tout ce que j'ai vu subsiste cncor<' ; et , jorcs tuos, et dicent tibi [Dent. XXXII). Al-

puisqu'il subsiste encore, qu'il subsistera lez à eux comme aux ministres du Sei^^neur;

toujours, et qu'il aura toujours la même leurs lèvres, dépositaires d(; la science, vous

force, pourquoi ne fera-t-il pas toujours sur enseigneront la science des sciences, (jui est

moi la même impression, et ne me servira- celle de trouver Dieu. Pouvez-vous l'ignorer

t-il pas toujours de molif pour m'animer, et avec cela, et avec cela pouvez-vous inêuu!

de règle pour me conduire? Raisonner de la vous y tromper sans vous rendre absolument

sorte, el, indépendamment des goûts et des inexcusables?

consolations intérieur! s , tenir toujours la Les mages nous apprennent (|uclque chose même roule, el agir de la inèn)e façon, c'est encore de plus : et quoi? à chercher Dieu là, clirclieus , que je reconnais la sagesse de avec un généreux mépris de (oiis les respects l'Evangie, et ce (|uc nous ne pouvons assez humains et avec une iilierté digne de la sainadmirer dans les mages. leté du christianisme que nous professons. Cependant, (jue font-ils pour suppléer à En fut-il jamais un tel exenqiie? Au milieu l'éloile qu'ils ne voient plus? Ils se servent de Jérus ilem et en la présence d'IIéroile, ils des moyens naturels que leur fournit la Pro- demande nt où est né le nouveau roi des Juifs, vidence. Ils savent (juc le Dieu qu'ils cher- Sans nul ménagement de politique, ils dédient se plaît en effet à être cherché , et qu(' clarent qu'ils sont venus pour l'adorer. Unic'cst à ceux ([ui le cherchent qu'il se décou- quement occupés de celle pensée, ils ne compvre plus volontiers. C'est pour celaiiu'ilss'in- lent pour i ieu toutes les considérations du forment exactement du lieu de sa naissance ; monde qui pourraient refroidir leur zèle, c'est pour cela qu'ils ont recours aux pré- (Ju'IIérode s'en offense el (|u'il se trouble, que Ires et aux docteurs de la loi, comme à ceux la sy nagogui's'cn scamlalise el qu'elleen murqu'ils supposent plus iiitelliEjents , cl [ilus mure, qu'on pense et qu'on dise deux tout

CltATELRS SACHES. ti'JlU.OALOUE.

fi que l'on voudra, ni la censure des Juils, ni la nialignilé d Hérodo, ni la crainle de lui d^'plaire, ni le danger qui les menace, rien ne les empêchera de rendre à ce Sauveur et t\ ce Dieu naissant le cuile qui lui est du. Est-ce ainsi, mon cher auditeur, que vous l'honorez? est-ce ainsi que vous pratiquez les devoirs de votre relii;ion? est-ce ainsi que vous êtes, quand il le faut être, lihre cl sincère adorateur de Jésus Christ ? Combien de fois un respect humain a-t-il retenu votre foi dans Tesclavage? combien de fois, jusque dans les sacrés mystères, lorsqu'il s'agissait d'adorer le même Dieu qu'adorèrent les mages, avez-vous été un lâche prévaricateur? combien de fois, à la face des autels, la crainte de passer pour un homme régulier et pieux vous a-t-elle fait oublier que vous étiez chrétien, et, par une faiblesse scandaleuse, vous a-t-elle l'ait paraître impie? combien de fois une honle crimineile vous a-l-i lie f.rmé la bouche dans les occ.isions où il fallait s'expliquer hautement et parler? Oli était alors celle liberté chrétienne d mt vous deviez vous faire, et devant les hommes et devant Dieu, nou-seulement une obligation, mais une gloire ? où était cet esprit de religion qui devait vous élever au-dessus du monde ? sonl-ce là ces saintes victoires que la foi doit reinjiorler? El lue c est vicluria quœ vincil munilum, fidcs nosira (1 Joan., V). Ce l>oint de morale occuperait un discours entier; je le laisse, et, pour vous faire voir la sagesse des mages d.ins tout son jour, je passe à ce que j'appelle la perfection de leur foi.

Perfection de leur foi. Entrons avec eux dans l'élable de Bethléem : car ils y arrivent enfin après tant d(! peine et tant de périls. Or, quel spectacle pour les rois, qu'un enfant couche sur la [laille et dans une crèche? mais, sous des dehors si vils etsi méprisables, le discernement qu'ils font de ce Sauveur n'est-il pas I effet de la plus éminenle sagesse? Us le n connaissent dans. la pauvreté et dans la misère, dans l'enfance et dans j'infirinité, dans l'humiliation et dans le plus piolond abaissement. Bien loin que cet état où ils le trouvent altère leur foi, ils en sont louches, ils en sont édifiés; et, pénétrant le mystère, ils découvrent sous ces voiles obscurs le Messie promis au monde. S'ils n'eussent eu qu'une foi faible et chancelante, l'élable, la crèche, les langes de cet enfant les eussent rebutés, leur raison se serait révoltée, leur sagesse alors toute mondaine leur eût inspiré du mépris pour un Sauveur réduit lui-n)ênic en de telles extrémités, ils auraient dit ce que dirent ensuite les Juifs : Xolttiints hnnc reijnni'c aapcr nos (Luc, XIX) : Nous ne voulons point d'un maître s ins bien, s.ins forces , sans pouvoir , sans uojm , dénué di' tout : ([u'il paraisse sur le trône , et (ju'on nous le fasse voir revêtu de gloire fl de majesté, et nous nous soumetlrons : voilà comment ils auraient parlé, et ce qu'ils auraient pensé. Mais, pane (ju'ils sont animés d'une foi vi\ c, d'une Toi parfaite, d'une fyi divine, ils en jugent tout ;;utrcment Il>

concluent que Jésus-Christ est roi par luimême; c'est-à-dire que, pour se faire rechercher et obéir en cette qualité, il n'a nul besoin de toutes les marques extérieures cl de tous lesorncuienls de la ponipe humaine. Si les autres rois en étaient dépouillés, auraient-ils autour d'eux ces troupes de clients, et ces cours nombreuses qui remplissent leurs palais ? Ce n'est pas sur cet éclal et sur cette grandeur apparente qu'est fondée leur royauté; elle vient de Dieu, qui leur a fait part de sa puissance; mais, après lout, si leur royauté s'attire tant de respects, et si le monde lui rend tant d honneurs, c'est parce qu'elle est accompagnée d'une splendeur el d'une magnificence qui frapp.e les yeux ; aulieuque, sans cela, ce roi nouvellement né se fait respecter el honorer par les rois ir.émes. Ils concluent qu'il est roi des esprits et des ccpurs, puis(|u'il les a si miraculeusement éclairés, inspirés, touchés. Les plus grands rois de la terre n'ont pas ce pouvoir, ils régnent sur nous, dit saint Jérôme: mais Jésus-Christ règne dans nous, et il n'apparlient (ju'à lui de s'insinuer comme il veut dans les âmes, et de leur donner telle impression qu'il lui plaît. Ils concluent qu'il est roi universel, roi du ciel où il vient de faire éclater un nouvel aslie, et roi de la terre où il lait sentir sa souveraineté et sa préseme aux nations m6m(> les plus reculées ; roi des Ju fs et des gentils, de tous les éiats et do toutes les conditions, puisque, de toutes les conditions et de tous les étals, il a également appelé à lui el les grands et les i elils. C'est, dis-je, ce qu'une sagesse loute cé- Ic.-le leur découvre, et c'est avec la mène sagesse et la même foi qu'une âme qui, par un retour sincère et par une pleine consécration, s'attache désormais à ce Sauveur qu'elle a retrouvé, lui dit, comme ces bienheureux Mages (car je ne puis douter que (e ne lût là leur sentiment) : Rex rf(/um, et Uominus iloiniiunilium {Àpoc, X\l) : vous êfej le Uoi des rois, el le Maître des maîtres ; vous serez le mien en particulier. Trop longtemps le monde a exercé sur moi sa tyrannie, trop longtemps ilm'a lenu dans une rude servi ■ lude,el soumis à ses lois, ou plutôt à ses bizarreries et à ses caprices : il faut enfin secouer un joug si pesant el si honteux. V^ous régnerez dans mon cœur et sur mon cœur : Vous y régnerez seul et seul vous en réglerez lous les désirs, toules les vues et tous les desseins. Ainsi le pensent les Mages, el ainsi, mes chers auditeurs, devez-vous le dire vous-mêmes, et encore plus le penser.

Perfection de leur foi. Non contents d'honorer Jésus-Christ comme le souverain monarque du monde, ils l'adorent comme leur Dieu. Non contents de lui rendre un culte extérieur en se prosternant devant lui : Et procidciitcs [Mallli., II), ils lui rendent un culte intérieur, et l'adorent en esprit en vérité : Ailoruvcritiil eum {Ihid.). Car ce fui un culte religieux, et, pour être un culte religieux, il devait partir du cœur. Combien de faux adorateurs dans le christianisme? c'est le vrai Dieu ([u'ils adoieiitj my.is sans l'u,-

M\STEUES. SEUMON 111. SLR L'EriPlIAME.

lîorer comme lo vrai Dieu ledoitélre: poiir- (jiKn ? pnrci' (]irils ne l'iidorcnl que par cou- (uiiie, parce qu'ils ne l'adoreiu que par cérémoiiie, parce qu'ils ne l'adorent que par je ne sais «luelles hienséanees à (jnoi ils ne veulent pas manquer, 'andis qvc l:ur cœur porte ailleurs tontes ses pensées cl tons ses vœux; c'est-à-dire «m'ils sont chréiicns en apparence , mais s.;ns l'f'lrc en elTcl. comme les ma|:es commencèrent à ledevenir. Perfeciion de leur foi : que présentcnl-ils à Jésus-Chrisf? el, suivant l'explication des Pères et des interprètes, que de inyslères sont renfermés dans les trois offrandes (ju'ils lui font! Toute l'idée de Jésus-Christ mcnie y est exprimée d'une n anière sensible, sa divinité, son humanité, sa souveraineté : sa dviniié, par l'encens, qui n'est dûqu'àUiru; son liuieanité, par la myrrhe, qui servait à emb.iunier et à conserver les corps ; enlîn, sa souveraineté, par l'or, qui est le trihul ordinaire (lue nous payons aux princes et aux monarcjues : Et ope) lis lltcsaiitis sais, olitidernnl ei vntncra, aurum , tlnis et niiji'rluim. {Miitlh. , 11.) \'oilà les grandes vues que leur donna une sagesse supérieure à toulc la sagesse du siècle ; el ce fut dès lors (|ue le Sauveur des hommes put liien diie qu'il n'avait point trouvé tant de foi même dans Israël : Non l'nveni tanlam fidem in Israël. {Mattli., Vin.) En effet, demande saint Augustin, que devons-nous plus admirer, ou la foi des Mages, ou l'aveuglement el l'infidelilé des Juif-."? Les Juifs av;:ient au milieu d'eux le Messie, el ils ne le connaissaient pas : les iMagcs en étaient éloignés; et, malgré la plus longue dislance des lieux, ils viennent le chercher dans la Judée, el ont le honheur ile l'y l ouvcr. Les Juifs le renoncèrent , quoique né dans leur pays; et les Mages, qMoi(|ue étrangers ra<li>ièrenl. Les Juifs, d.ins la suite des années le crucifièrent, lors iD^'iiie qu'il opérait les plus grands mir.icles ; el !cs Mages, tout enfant qu'il était encore, se dévouèrent à lui, lors même (lu'il u'élait pas en élal de [irononcer une parole. Ceux-ci le virent .'■ur la paille, réduit à la pins vile condition des lioumes. eiccpend.inl ils s'Iiumilicrint devant lui comme devant un Dieu; ceii\-là, témoins des hautes mervei 'es dont il él.iit l'auieur, le virent at:ir en Dieu, el loulefois ils ne lui rendirent pas iiièmc les devoirs de juslice et de ciiari'é ([u'on ne peut sans crime refuser à un Immrne. Mar(ji!e é\iilenle, reprend saint Augustin, mais effet terrible de leur endurcissement.

Alil mes frères, n'est-ce point une image de ce qui mois arrive à nous-mêmes, ou de ce qui doit bienlôl nous arriver '.' jus(iue dans le sein de l'Kgiise et dans le ccnlre du chrislianisme, avons-nous la même foi que les M'ges? ou, si nous croyons comme eux, •igissoMS-nons comme eux , el cherchonsnous Dieu conime eux? Ils furent, ces s; inîs mages, sc'ou la pensée cl revpres-.ion <lis l'ères, les prémices de r.olre vocation .à la foi : c'est par eux que Jésus-Christ voulut comuiencer à nous IransinetUe ce préci. ux

trésor de la foi, dont il les fil déposilaires : c'est par eux qu'il cooimença à suhsliUn r les gentils en la place des Juils, ou plutôt qu'il voulut associer les gentils el les Juifs dans la uiêmc créance. M.iis, au lieu d'imiter ces gentils fidèles, nous imilons les Juifs incrédules. Nous sommes les peuples de Dieu, et à peine connaissons-imus Die\i ; ou si nous le connaissons, nous n'y pensons pas ; ()U, si qucliiuefois nous y |>ensons, ce n'e^t (]ue pour rendre nutie m.ilice plus ohsiince en nous éloignant de lui, el ne reloumant [iresque jamais à lui. Il est vrai que nous avons reçu la foi que les Juif- ne voulurent pas recevoir; mais ce riche héritage, comment l'avons-nons conservé, connu ni l'.-ivons-nous cultivé, quels fruits en relirons nous, et comment le faisons-nous profiler? Car, qu'esl-ce mainlenant que la foi des chréiicns, celle foi si pure, si ferme, si généreuse, si agissante dans les mages ; mais dans nous si liinguissanle, mais dans nnus si paresseuse el si lenle, mais ('ans nous si stérile, et dépouillée (le toutes les annres (|ui la doivent accompagner, et qui la vivi fient dev.inl Dieu? Or, ne craignons nous point (]ue Dieu ne prononce enfin contre l'Oiis le même .-irrèl (ju'il prononi;a contr(^ les Juifs par la bouche de son apôtre : Vahii oporlelial pùnniin lo</:ii rerbum Dei; sed , quoniam repcllilis illaJ, et iinlignns vos judicdlis (Pteinœ ritœ , ecce conrerlimur ml (jcntes : sic eniin prcrcepit nuhis ûoiniuits. {Act., Xin.) Mes frères, leur disait saint Paul, c'était à vous qu'il fallait d'abord annoncer la parole de Dieu, puisque Dieu vous avait spécialement choisis; mais vous la rejetez celle divine parole, vous la méprisez. et vous ne voulez pas l'entendre. C'est une parole de vie, mais vous renonci z à celle vie éternelle où elle devait vous conduire. Le Seigneur donc nous ordonne de porter aux liai OMS le saint Evangile que vous refusez d'embr.isser : Ecce convrrlimur nd r/enles ; sic cniiit prœcepit nubis Doinintts. N'avons-nous pas, dis-je, sujet de cr.iindro que Dii'U ne nous traileiie la sorte? (]u'après nous a^()ir distingués entre les nations.iiu'après avoir fait luire sur nous sa lumière, et nous avoir donné la foi par prél'éren( e à lanl de peuples ((u'il a laissés dans les ténèbres, il ne nous enlève le talent qn il nous a confié, et qu'il ne le Iranspoile loin do nous dans des terres étrangères? N'est-ce point déjà même ce qui commence à s'accomplir? Nous enîendons parler des merveilles qu'opère la prédication de l'Evangile au-di là des mers; nous voyons partir d'auprès de noos des ministres de Jésus-Chrisl pour aller cultiver une chrétienté naissante au milieu de l'idolâtrie; le nom du Seigneur est porté aux exirémilésdu monde. Que votre lni^éri(■ord •, ô mon Dieu, en soit éteiiiellemenl bénie; el malheur à nous si nous avions sur cela d'autres sentiments. Mais, chrétiens, selon la parole expresse du Sauveur des hommes, tandis que les peuples de l'Orient entrent dans le royaume de Dieu, les enfants métne du royaume n'en seront ils point bannis? La

1015 ORATEURS SACRES. BOUUDALOUE. 1016

ruine des Juifs fil rabondance cl l'élévation au dessein de Dieu qu'elle roulait renverser, des gentils; et la richesse de tant de nations Quatre elTots sensibles de la justice divine, sur qui Dieu répand ses trésors ne fera-t- qui, par une singulière disposition de la Pioelle point notre pauvreté et noire misère? vidence. eurent dans Hérode leur entier ac- Si la foi passe en de vastes contrées où elle complissemcnl, et c'est en quoi consisti' le était inconnue, n'est-ce point qu'elle nous châtiment de la politique du monde. Appliquitle, après que nous ra\ons si long-temps quez-vous, mes chers auditeurs, à l'exciloutragée, si long-lemps déshonorée, si long- lente morale que j(î prétends tirer de là, et temps retenue "caijlive dans l'injustice cl que j'aurai soin ù'ahréger, pour ne passer dans l'iniquilé? Prévenons, mes chers audi- pas les liornes du temps qui m'est prescrit, leurs, cet affreux châtiment. Ranimons no- Jlérod.', quoiqui- élr.inj;er el usurjiateur, ire foi. cl suivons-la : c'est notre guide, c'est voulait régner dans la Judée, el sa p.ission noire étoile* ne la perdons jamais de vue. dominante fut une damnahic ambition, à la- Allons à Dieu, et n'y allons pas les mains quelle il sacrifia tout. C'est ce qui le pervcrvides. L'encens que nous lui devons présen- lit, ce qui l'aveugla, ce qui l'cndurcil, ce qui ter, c'est, selon l'explication de saint Gré- le préripila dans le plus profond abime de goire, la ferveur de nos prières; la m3rrhe l'iniquilé. Il sut que les Juifs aliendaienl un que nous lui devons offrir, c'est, suivant la nouveau roi, et, par une grossière erreur, pensée du même Père, la morlificalion de il crui que ce uou\eau roi venait le dépossénos corps el laustérilé de la pénitence; l'or dor. 11 n'en fallut pas davantage pour pi(iui'r t|u'il altend de nous, ce sont nos bonnes sa jalousie : sa jalousie imiuièle et tyranniœiivres. Avec icla nous le trouverons aussi que le porta aux derniers excès delà viobien que les .M.iges; et j'ai dit que c'était le leiicj el de la fureur, et lui inspira contre le souverain point de la solide sagesse des élus. Saint des saints une haine irréconciliable. A'oyiins maintenant dans l'exemple d'Hérode On lui dit que ce roi qu il craint doit être do quelle est l'aveugle sagesse des impies et la maison de David ; pour s'assurer donc, ou des réprouvés : c'est la seconde pariie. pour se délivrer de lui, it forme l'affreuse rc- SECOXUE PARTIE. solulion d'c xterminer toute la race de David. C'est un oracle de l'Apôire, et par consé- En vain lui remontre-t-on que celui (|u'il qucul un oracle de la vérilé élernelle, que la vent perdre est le Messie promis par les prosagesse de ce monde csl ennemie de Dieu. phètes, que c'est lui qui doit sauver et ra- Mais, comme elle est ennemie de Dieu, cette cheter Israël; il renonce à la rédemption sagesse mondaine, aussi Dieu en est-il cnne- d Israël plutôt que de renoncera son inteiét, mi; et c'est lui-même qui s'en déclare par et il aime mieux qu'il n'y ail point de Sauun de ses prophètes : Perdam sapienliam sa- veur pour lui, que d'avoir un concurrent. picntium ( 1 Cor., I ) : Je confondrai la pru- Bien loin de se préparer à recevoir ce Mesdence des prudents du siècle. Voilà, dit sic, el à profiler de sa venue, il jure sa ruine: saint Chrysostome, les deux caractères de l'arrivée des Mages à Jérusalem lui fait comcette fausse sagesse qui règne parmi les im- prendre qu'il est né; il emploie la fourberie pies, et qui est le principe de leur conduite. et l'imposture pour le découvrir ; il feint de Elle s'élè^e contre Dieu, et Dieu la confond; vouloir l'adorer, pour l'immoler plus sùreelle fait la guerre à Dieu , et Dieu la ré- ment à sa fortune; et, pour en élre le ineurprouve; elle voudrait anéantir Dieu, et Dieu trier, il contrefait l'homme de bien. Lorsqu'il la détruit et l'anéantit. Caractères dont l'op- se voit trompé par les Mages, cl frustré de position même fait la liaison, puisque l'un, son espérance, il lève le masque, il se livre à comme vous verrez, est inséparable de l'an- la colère et à la rage, cl, dans son emportetrc. Elle est enneuiie de Dieu, voilà son dé- ment, il oublie toute humanité. Les prêtres sordre; et Dieu, par un juste retenir, csl son qu'il a assemblés lui ont répondu que ce roi plus mortel ennemi , voilà son mallieur. Or , des Juifs devait naître dans la contrée de je soutiens que jamais ces deux caractères Bethléem : pour ne le pas manquer, il crde la sagesse du monde n'ont paru plus vi- donne que dans Bethléem et aux environs, siblemenl que dans la personne d'Hérode. on égorge tous les enlanls âgés de deux ans t]ar, quelle a clé la destinée de ce prince; et et au-dessous; el, pourvu qu'il s'affermisse a quoi sa 'Jélestable politique fut-elle occu- la couronne sur la tête, il ne compte pour pée'? Vous le savez, chrétiens, à former des rien de remplir de sang el de carnage tout desseins contre Jésus-Christ, à lui susciter un pays. Telle fut la source de son désordre: une cruelle persécution, à vouloir l'étouffer son .ambition le rendit jaloux, son ambition dès son berceau , el , par la plus abomina- le rendit cruel, son ambition le rendit impie, ble hypocrisie, à le rechercher en apparence son ambition le rendit fourbe el hypocrite, pour l'adorer, mais en elTel pour le faire pé- son ambition en fit un tyran, son ambition rir. C'est ce que j'appelle le crime de la sa- en lit non-seulement le plus méchant de tous gesse du siècle. Et que fil de sa part Jésus- les hommes, mais le persécuteur d'un Dieu : Christ naissant, ou plutôt que ne fit il pas il est vrai, et c'est cequi doit nous faire trempour montrer que cette prétendue sagesse hier, quand nous vojons dans cet exemple était une sagesse maudite et réprou\ée? \'ous ce que peut et jusqu'où va une passion, dès l'avez vu dans l'Evangile : il la troubla, il la qu'elle a pris une fois l'empire sur un cœur, rendit odieuse, il apprit à tout l'univers Mais il est encore vrai iiue l'ambilion combien elle est vaine et i!npuissanle conlie d'Hérode n'eut des suites affreuses, que parce le Seigucur; enfin il la fil servir, malgré '.lie, quelle fut conduite [)ar les règles (luue po-

1017 MYSTERES. SLUMON III. SUU L-KI'ir'IlA.ME. 101-:^

lili(iup humaine. Car, si Ilcrodc, dans sa ma- raffiné? Mais ce quo jo déplore cncon' liiiii lice, eût él6 un insensé, un emporté, un plus, combien d'esprits préoccupés et enléliommc volage et inconsidéré, il eût été. dans lés des erreurs du siècle, qui, à la lionle du sa malice même, moins opposé à Jésus- clirislianisme qu'ils priilessenl, se l'uni de (ilirisl, et moins ennemi de Dieu. Sa polili- tout cela mu» politique ; j(! veux dire qui, par (|ue fut couime la consuuunation de son iui- un reu^ erseineiit de principes, se l'ont de jiielé, et c'est ce qui mil-le C(unl)le à tous ses leur ambition mémo une vertu, une granvice-i. C'était un sage mondain : el, par là. deur d'âme, une supériorilé de génie; de souffrez ((ue je m'exprime ainsi, ce fut un leur iiijuslice, un talent, un art, un secret parl'.iil scélérat. Or, i c que vous concevez eu de réussir dans les affaires ; de leur duplilui de plus mousliueux et ce ()ui vous fiit cité, uiu' prudence, une scirucc du monde, plus d'horreur, est néanmoins, par propor- une habiielé ; (]ui, en suivant le mouvement tioii, ce ((ui se pa>se tous les jours parmi de leurs plus ardenles passions, se croient vous, et ce que vous avez même cent fois dé- souverainemrnt sages, alïecteut de passer testé dans des sujels jikis couununs , mais • pour tels, se glorifient et s'applaudissent de aussi réels. Car ne croyez pas, mes dii rsau- l'être; (jui se nn)quent de tout ce que l'Edileurs, qu'Hérode soit un exemple singu- crilure aiipeilc >iinpli(ilé du juste; (]ui ne relier, ni que son péché ait cessé dans sa pcr- gardent (piavec mépris la soumission el la sonne. On voit encore dans le momie des Hé- |)aticncc des gens de bien; qui li-ailent de; rodes, et des persécuteurs de Jésus-Christ : faiblesse la conduite li'une âme lidèle, modépeut-élre y sont-ils plus obscurs et plus ca- rée dans ses désirs, occu|)ée à régler son elles aux yeux des hommes, mais peul-élie ca-ur, tran(iuille dans sa contlition el .^incèfi! n'y sont-ils pas moins corrouqius, ni moins dans sa religion'? Car, voilà, mou Dieu, les criminels devant Dieu; cl ma d(Ui!eur est désordres de cette |)rudence charnelle qui d'être obligé de reconnailre (lue la même règne dans le monde ! Klle n'a pas épargné impiété se rcncm\elle sans cesse jusqu'au le Messie que vous y avez envoyé. Dès qu'il milieu du christianisme ; que, dans le sein « paru, elle s'est élevée contre lui, el lui a de l'Eglise, il se trouve em ore des houuues déclaré une guerre ouverle ; < t, depuis tant animés du même esprit, el pleins des mêmes de siècles, elle n'a point cessé de lui susciter senlimenls (jue cr roi infulèle, dont, au reste, des persécuteurs plus dangereux ((u'Herode

i'e puis dite ((ue jamais il n'eût perséculé le uu!me. Peut-être en voyez-vous dans cet au- 'ils de Dieu, s'il l'eût connu comme nous le diloire. Ab ! Seigneur, que ne puis-je les connaissons. Ce qui m'alllige, c'est d(- penser toucher aujourd'hui , cl leur imprimer une que je n'ex.igère point quand je parle de la sainle horreur de l'élat où les a réduits la sorte ; et qu'Hérode, dans l'opinion des Pères, f.iussc sagesse à laquelle ils se sont abauayant été le premier anicehrist, il s'en est donnés, cl qui les a perdus 1 depuis formé d'autres, dont le nombre croit Cependant, si la sagesse du monde est enchaijuejour: El nunc antichrisll mulli fcicii nemie de Dieu, j'ajoute que Dieu n'eu est sunC (1 Joan., H). Car, combien dans le pas moins ennemi; et c'est ici, chrétiens, monde, de faux clu'étiens, si j'ose le dire, que je vous demande une attention toule aussi anlccbrists qu'Hérode, et d'esprit et de nouvelle. Car, que fait Jésus-Christ naiscœur? Expliquons-nous : combien, dans le saut, pour confimdre la malheureuse polilinu)nde, de faux cbrèliens, aussi contraires que d'Hérode? En premier lieu, il la trouble : à Jesus-Christ, aussi opposés à SCS maximes, Audiciis uxlem llerodcs rcx , tuvbatus est. aussi ennemis de son humilité, aussi remplis [Mnlth., H.) (3e Dieu de paix, qui venait d'orgueil et de fierté, aussi ambitieux cl pour pacifier le monde, commence par y réaussi idolâlres de leur fortune, aussi jaloux ])amlre l'épouvante el la terreur : et comde leur rang, aussi prêts à tout sacrifier ment? voici la merveille : par soc seul nom, pour leur grandeur imaginaire? Combien de par le seul bruit de sa venue, parle seuldoule mondains du caractère d'Hérode, (|ui n'ont s'ilesl né.Choseétrange, ditsaint Chrysoslopoint d'autre Dieu que leur intéiêt ; qui ne me ! Jésus-Christ ne paraît point encore, il n'a connaissent ni foi ni loi, et ne distinguent point encore fait de miracles, il n'est pas enni sacré, ni profane, quand il s'agit de core sorti de l'ètablc de Bcllilécm ; c'est un m.iintenir cet intérêt; à qui cet inicrêt fait enfant couché dans une crèche, qui pleure et oublier les plus inviolables devoirs, non-seu- qui souffre; cl cependant Hérode est déjà lement de l.i conscience, niais de la probité dèroncerlé : le voilà déjà combattu de mille cl de l'honneur; en qui ce démon de linté- soupçons el d(' mille frayeurs : Audicm rturét étouffe non-seulement la charité, mais la Icm llerodcs rcx, tiirbatus est. Quoi qu'il eu piété el la compassion nalurcilc; que l'atta- soil de ce prince, et quel que puisse être l(j cbement à cet intérêt rend durs, violents, sujet de ses craintes, rien, mes frères, ajoute intraitables; qui, aveuglés par cet iuiérêl, le même saint docteur, rien n'est |ilus capirenoncent sans peine à leur salut, non pas blc de troubler la paix d'un mondain, que pour un royaume, comme Hérode, mais pour l'idée d'un Dieu pauvre et humble; surtout dévalues prétentions? Combien d'hypocri- quand, avec un esprit et un cœur possédés tes qui se couvrent, aussi bien ([u'Hérode, du monde, il ne laisse pas d'avoir encore un du voile de la religion pour arriver à leurs reste de foi, cl d'être toujours, quoique très^ fins criminelles; qui, sous les apparences imp.irfaitemeni, chrétien. Car, c'est alors que d'une tronipeuse piété, cachent la corrup- l'idée d'un tel Sauveur a quelque chose de lion d'une vie impure cl d'un libertinage bien désolant pour lui cl de bien effrayant.

1(119 ORATEUnS SACHES. BOLRDALOIJE. . 1020

(le rcsle de foi avec les smliineiils ri les la fin des siècles, vengera ce sang iiuincciil

maximes dun cœur mondain, ce resle de f>ii par le caractère d'ignominie qui se Irtuve

avec une ambition païenne, ce reste de foi attaché au si-ui nom d'Hérode, et qui ne

avec le désordre d'iuie passion déréglée, s'effacera jamais. Inévitable destinée du sage

voilii ce (|ui fait le trouble intérieur d'une mondain, qui malgré lui se rend odieux en

.line partagée entre le monde et sa religion. se cherchant lui-même. Qu'y a-l-il en effet

Si l'on ne cioyait point du tout ce mystère de de plus odieux dans le momie qu'un honune

l'huuiiiilé don Dieu, peut-être serait-on intéressé, qu'un homme ambitieux et jaloux ;

moins à plaindre : si '.m le croyait bien , et c'est-à-dire un liomme ennemi par [irofes-

(juc l'on conlorniât sa vie à «a créance, on sion de tous les autres houjnK s , je dis de

jouirait d un parfait repos. Mais, le croire, tous ceux qui peuvent lui donner (luelque

(juoique faiblement, ei, d'ailleurs, penser, ombrage, et s'opposer à ses prétentions ; un

])arler, agir comme si l'on ne le croyait pas, homme qui n'aime sincèrement personne,

c'est ce que le mondain prétendu sage n'a et que personne ne peut siiu-èrement aimer ;

jamais accordé ni n'accordera jamais avec un homme (jui n'a de vues que pour lui-

le calme. même, et qui rapporte tout à lui-même ; un

Et, en effi't, quoi qu'on fasse alors pour homme qui ne peut voir dans autrui la s'aveugler ou pour se dissiper, pour s'é- prospérité sans l'envier, ni le mérite sans lourdir ou pour s'endurcir, on sent, malgré le combattre; toujours |irêl dans la concursoi, un fond de trouble (\m subsisie, et dont rence à trahir l'un, à supjilanler l'autre, à on ne peut se défaire. (]ar, au moins, est-il décrier celui-ci, à perdre cilui-là, pour peu vrai que le mondain, avec ce resle de foi, ne <]u'il espère en profiler? Qu'y a-t il, encore peut rentrer dans lui-même, sans être alaruié une fois, non seulem: nt de plus haïssable de ces réllexions allligeantes : Si le Dieu (|ui dans l'idée du monde, mais même de plus vient pour me sauver est tel (lu'on m'assure, haï? Or, par là, dit saint ("brysostcune, le je suis un impie; si les maximes île ce Dieu monde, tout corronii)u (ju'il est, se fait luisont aussi solides qu'on me le dit, je sus même justice ; car voilà, par un secret jugenon-seuleuiiul un insensé, mais un ré- ment de Dieu, ce que le mondain veut être, prouvé; si je dois être jugé selon son Evan- et en même teirps ce qu'il ne peut souffrir ; gile, il n'y a point de salut pour moi, Or, ces ce qu'il entretient dans lui-même, et ce qn'il réllexions, dont je délie le pliis fier mondain delesîc dans les autres : comme si Dieu, (le pouvoir se défendre, doivent l'agiter, .ijoule ce Pèr.' , se (ilaisait à réprouver la poui' peu qu'il ail de sens, des plus mortelles sagesse du monde par elle-même ; au lieu inquiétudes. Avec cela, quoiqu'il s'efforce tjui' le inonde, quoique d'ailleurs plein d'ind'élouffer les remords de celte foi «lui l'ioi- justice, ne peut s'empêcher néanmoins d'iiiportune, il ri connaît bien par lui'méme mer dans les autres l'humilité, d'honorer dans qu'il n'en peut venir à bout : ou, s'il en 1rs autres le désiiilcressement, de respecter vient à bout, sa condition, pour cela, n'eu fl.ms les autres la droiture, la bonne foi, touest pas meilleure. Du trouble que lui causait les les vertus, et de rendre hommage par là sa foi, il tombe dans un aulre trouble encore môme à la sagesse chrétienne, plus déplorable, qui est celui de son incré- Jésus-Christ fait plus : il apprend à tout l'udulité. I^e seul doute si Jésus-(]lirist était né iiîvcis combien la sagesse du monde est vaine fit trembler Hérode ; le seul doute d'un mon- et inutile. Hérodc a beau chercher le roi dain, si ces maximes qu'on lui prêche ne des Ju fs, il ne le trouvera pas : il a beau sont pas les vrais principes (ju'il doit suivre ; user d'artifice en di>siinulant avec les maie seul doute s'il ne se trompe pas: le seul ges, pour les engager à lui en venir dire doute sur les risques qu'il court, et dont sou des nouvelles, les mages prendront une auliberlinage ne le peut garantir, tout cela !e Irt roule, et ne retourneront plus à Jérusadoit jeter dans une affreuse confusion de lem. Il a beau faire un massacre de tous les pensées, et former en lui comme un enfer. enfants qui sont aux environs de Béihiéem, Ah 1 disait le saint homme Job, ce sont deux celui (]u'il cherche n'y sera pas enveloppé, choses incompatibles que dêlre tranquille et !l en égorgera mille pour un seul, et ce seul rebelle à Dieu : Qiiis resistil ei, et pacem ha- dont il veut s'assurer est celui qui lui échapbiiil (Jub., l\)'! Hérode n'y put parvenir : pera : pourquoi? pane qu'il est écrit qu'il (jui le pourra? n'y a point de conseil ni de prudence contre

Je n'en ai point encore dit assez : outre le Seigneur : N<in est prudenlia, von est

que le Fils de Dieu, dès sa naissance, trou- consiliumcontraDominiimil'rov. XXI). Ain-

ble la politique et la fausse sagesse du mou- si, chrétiens, sans parler d'Hérode, jamais

de, il la rend odieuse. Hérode, comme per- le nmndain, avec sa prétendue sagesse, no

sécuteur de Jésus-Chrisl, est devenu I Imr- parvient ni ne parviendra à la fin qu'il s'est

reur du genre humain. Il a lout sacrifié à |)ioposée; car il se propose d'être heureux,

son ambiiion, mais sa mémoire est en .ibo- et jamais il ne le sera. Il sera riche si vous

minalion. Il n'a rien épargné pour satisfaire le vouiez, comblé d'honneurs si vous le vou-

la passion qu'il avait de régner; mais c'est îez ; mais, suivant les principes et les régies

pour cela que son règne, au rapport même lie sa fausse prudence, il n'arrivera jamais

des historiens profanes, a été un règne mcm- au bonheur où il aspire. Or, dès là sa si-

strueux. Il a cru pour sa sûreté devoir ré- gessi» n'est plus sage, puisqu'elle ne peut le

panilre du sang ; mais ce sang répandu criera conduire à son but. ^'érité aussi ancienne

ctcrne!!emcnt contre lui , et Dieu, iusqu'à (juel)icuuiéme,maisencore plusincoiitestaldo

1021 MYàTtUlCS. Si;ilM0N 111. SUU L'E1>11>11AME. 1023

ileptiisqueleFih di- Dicu;i él.ibli li l);^',.Hi;(lo !)oucho di- \o\i-c apôlre : PcrJam saiiienlium

destioiiiiiicsdansdos cIiososoùcM iilciiiincrLl 1.1 sniiienlinm, cl iinulcnliam prudenliam rc~

saj;isso du luoiidi' n'est d'aucun n^^'gc. (l.ir, jrrobiiho (i Cor. 1) : Je détruirai la sagesse

supposé, coninic rK\aiigilc nous l'cuM'i^ni', di's sagcsdu siècle, otjc !a réprouverai. (^oni-

(jue la béatituile d'un chrétien consiste à élro bien de preuves en a-t-oi! eues dans les âges

pauve de cœur, à soulïrir persécution pour précédenis. et conilden en avons-nous en-

ia jiistiie, à panlonner les injuies, in quoi core dans le nôtre? Combien de t'ois l'impie,

Il piuileuce du siècle nous peut-elle être de- selon le langage de l'Ecrilure, a-t-il vu re-

soriuais utile? Quelle prudiiice du siècle, dit tomber sur lui son impiété même; et coin-

saint Chrysoslomc. l'aut-il pour tout cela? blende l'ois s'est-il trouvé, par une secièlc

Usant de cette prudence, (luel avantage en ilisposilion de la Providence, engagé et pris

tirez-vous, et à quoi vous mènera t-elle ? Si dans le |iiége où il \ouIait attirer les au-

\ous vous servez de cette prudence de la très? Aman voulait perdre Mardocliée, et

chair pour satisfaire vos désirs, vous renon- tous les Juifs avec lui; mais, courtisan am-

ceri z à la béatitude i!u christianisme. Si vous bilieux, ce sera vons-méine qui servirez à

piéteiiilez à la béatitude du chrislianisniî', 1 établissementdecetle natiou que vous vou-

cette pruileiice de la chair n'y peut en rien liez exterminer ; vous-méaie qui servirez à

coniribuer. l'ar conséiiuenl elle n'est plus relever la gloire de cet homme juste (jue

|irudeitci!. ou p!u!ùl, de pruden.e (]u'elle vous vouliez opprimer; vous-même qui pé-

semldait être, elle devient folie, puisque, bien rirez, et qui périnz par le même sup()lice

loin de vous découvrir la véritable félicité, <]ue vous lui aviez préparé. L'orgueilleux

cl de vous aider à I i trouver, elle y devient veut s'agrandir, et c'est par là souvent (ju'il

un oiislacle; ce qui faisait dire à l'Apôlrc : est dépouillé; le voluptueux veut s.itisfaire

Nonne Detisislnllain fccil sapienliain htijus sœ- sa passion, et sa passion devient son bonr-

C«'î (1 Cy. I]? reau, et lui l'ail soull'rir les plus cruelles

Enfin, le Sauveur venant nu monde, fait peines. Effets sensibles de la suprême sa-

servir malgré elle aux desseins de Dieu la gesse de noire Dieul .Mais ijtie n'ai-je le

politique même du monde. Car, prenez temps de vous développer tant d'autres mys-

garde, il fallait que la naissance de Jésus- tères qui nous sont cachés : mystères pro-

(^lirisl l'ût jMibliée et cnnnue; et c'est la vio- fonds, et surtout mystères d'autant plus ler-

leiice et la tyrannie d'Héroile qui la rend pu- riblos, ((u'ils regardent, non plus la ruine

bii(iue. il Voulait éteindre le nom de ce non- temporelle, mais l'éternelle damnation du

veau roi d'Israël; et c'est lui (jui le fait cou- sage mondain.

naitre. 11 voulait (lu'il n'en fùl point parlé; Kenoneons, mes chers auditeurs, mais réel la voie (ju'il prend pour cela, est juste- nonçons |iour jamais et de bonne foi à cette meut le moyen d'en faire parler par toute sagesse réprouvée qui se cherche elle-même, la li-rre et dans tous bs siècles. Ouel bruit et qui ne cherche ((u'elle-même : en nous en effet et quel tumulte ! que de mouve- cherchant nous-mênu'S, nous nous perdons, ments différents et que d'effroi, lorsque tant Je me trompe : en nous cherchant nousde victimes innocentes sont impitoyablement nié nés, nous nous trouverons; mais le plus arrachées du sein de leurs mères, cl immu- gr/ind de tous les malheurs pour nous, est lées devant leurs yeux! Quels cris confus et de nous trouver nous-mêmes, puisiju'eii quels gémissements se firent entendre de nous trouvant nous-mêmes, nous ne pouloutes parts! Vox î« Ravin aiulila est, jilura- vous trou\ er que ce ((ue nous sommes ; c'e^ttas et uhdatHS multus [Mallh. II). Elait-il à-dire que confusion, ciue dé-'Ordre, que mipossible qu'une action si éclatante demeurât sère, que péché. Cherchons Dieu; et sans cachée? Etait-il possible que de la Judée penser à nous, nous nous liouverons sainelle ne passât pas bientôt dans les pays voi- lemenl, sûrement, heureusement en Dieu, sins, el de là chez les nations les plus éloi- Cherchons Dieu, et dès celte vie nous trougnées? Etait-ilpossible qu'on n'en voulût pas verons notre souverain bien, (jui ne peut savoir le sujet, et qu'on ne prît pas soin ilc être hors de Dieu. Et, parce que Dieu ne s'en l'aire instruire? Et, par une conséquence peut plus être désormais trouvé qu'en Jésusnécessaire, n'était-ce |ias là de quoi rendre Christ, à l'exemple des mages, pour trouver Jésus-Christ célèbre, el de (juoi l'aire admi- Dieu, cherchons Jésus-Christ. Et, parce (jue rer sa puissance, lorscju'on apprendrait (|ue Jésus-Christ ne peut être trouvé lui-mênu; des mages et des rois étaient venus l'ado- que dans les états où il a voulu se réduire rer ; qu'Hérode en avait conçu de l.i jalousie; pour nous servir de modèle, ne le cheichous qiiC. dans l'excès de sa fureur, il avait l'ail point ailleurs : c'est à -dire parce que Je>usles derniers efforts pour perdre cet enfinl; (Ihrist ne peut être trouvé {|ue par la voie cl que, malgré tous ses efforts, ccl enfant d'une humilité sincère, d'une obéissance Gsans armes et sans défense avait su néan- dèle, d'un véritable renoncen eut au monde, moins se dérober à ses coups? Sagesse ne le cherchons point par d'autres voies que adorable de mon Dieu, c'est ainsi que vous celles-là. Aimons-les ces saintes voies qui vous jouez de la sagesse des houuues quand nous conduisent à lui ; et puisiju'il n'y a plus elle se tourne contre vous, cl que vous cm- d'autre sagesse que la sienne, aitachonsnous ployez à exécuter vos inuiiuables décrets cela à celte divine sagesse : étudions-la dans les même qui devrait, selon nos vues faibles, les maximes de ce Sauveur, dans la pureté de arrêter. C'est ainsi que s'accomplit celle me- sa doctrine et de sa loi, dans la sainteté de îKice que vous nous avez fait c-iilcndre jiar la ses mystères, dans !a perfection de ses cxem-

10^23 ORATEURS S.VCRES

pies. Proférons celle snf;cssc chrétienne à touU' las.igcsse du niontle; ou pliilôl faisons profession de ne connaître point d'autre sagesse, pour pouvoir dire avec saint Paul : Nonjuflicavi me scire alit/uid intcr vos, nisi Jesuin CItrislum, et fitiiic crucifixam (1 Cor. Jlj.C'oslcetlesagessequi nous éclairera, celte sa^jesse qui nous sanctifiera, celte sagesse qui fera de nous des hoinnies parfaits sur la terre cl des bienheureux dans le ciel, où nous conduise, etc.

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