‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 92 sur 132 · MVSTKUES. SF.iiMON V. fl'R !.A PASSION i>E J. C. j^-^g · texte numérisé non relu

MVSTKUES. SF.iiMON V. fl'R !.A PASSION i>E J. C. j^-^g

cl, pour les fliiKcr, i! consonlil m(*ino qu'ils fiT.iicnt-ils pas , et quels m.ni\ irniiiiérlii-jiigt'.'issciil lo Fils (le Dieu sclmi leur lui : .te- r.iifiil-ils [as ? M ils, paico (ju'ils en dcnicuciiiilc cuin vos, el srciiniliiin lc(jn» re^liiitn jii~ l'ciit l.'i, cV'sl-.i-iiire parco ([uo ce ne sont (licule {Jtinii., \\\l\). Je dis p(ilili(|iic zilci- (im- des iiileiilioiis, ([u uni- faililesSi' pilovaliln p.oiir les inlerêls du iiioiuie , car, dès (pi'il i.iid vaines et iiiiiliies, el «lui, iielant pas à eiUeiidil parler de (Icsar , el du rappurt (]Ui' l'epreine do la p()li;i,|ue du siècle, ne sont celle cause pouvail avoir à la personne de suivies de nul elïct; a\cc ces bonnes inlence prince, il leiilra dans la salle (le l'auiiieiice, lions ils se Ironvenl cliar(;és de\afit Dieu il fil paraître de !'< inpressenienl el de l'ar- d un noiiilue iiilini de péchés, qu'ils comdeur, il recommença riulerrofjaloii'O, il ne niellent à Ions niomenls, sans se les impulcr témoigna plus à Jésus-Cliri>l II même bien- jamais. D'autant |)lus criminels, (ju'ils ne voillanci' ; au contraire, il lui parla avec em- sont pas seulement responsaliles de leurs pire, il l'inlimida, il le menaça, pour mon- propres ini(iuilés, mais des iui(iuités d'autrui; Ircr combien il avait à cu-ur tout ce qui re- et que les intentions (ju'ils oui eues de faiie gardait les intérêts de César, et combien il le bien el de s'opposer au mal, les coiidamdcférait à re seul nom. Je dis poliliiiue siib- nent par eux-mêmes , parce (]ue , les avant lile el artifieieuse, luuir accorder les inlerêls eues siiux'renuMil, et ne les ajanl jamais eues de Dieu avec cens du monde: voilà pour- ellicacement , ils se sont eux-mêmes jugés , •inoi il C)nilamna Jésus-Cbrisl à une san- ot ont employé contre eux-mêaies l'inlcrilé glante cl boiiteuse llagellalion ; espérant par de leur raison et la droiture de lear cœur. lA d'une pari lui sau\er la vie, el de l'autre On sait assez que ce (juc je dis est l'écueil conlenler les Juifs; mais ini prenant pas de leur condition, cl l'un des endroils par où garde (pi'en voulant conlenler les Juifs il (ai- m-il-îré leur giandeur, ils soni plus à pliin-

sail le dernier oulia;;c à Jesus-lllirist , (l dre. On sait (|ue ceu\ (pi'ils écoulent, el qui

([u'eii voulant s un er Jésus-i'dirist, il ne cen- abusant de leur conliance, senciit d'obsla-

tenlerail jamais les Jiiil's. Je dis pidiliiiu • de- clés à leurs justes inlenlions sont cncor(i

terminée à tout pour son iîiterêl propre ; «ar plus coupables (ju'eux ; mais cela les justide-

Ics Juifs le pressant lonjouis, el lui dé( la- l-il, el de bonnes intentions anéanlies ou

rant (jue, s'il bésilail à prononcer l'arrêt de par d(! [K-rnieieux conseils, ou par une sa-

inorl, ils reijarderaient ce refus comme un gesse humaine , peuvent-elles leur tenir lieu

altenlal contre l'empereur, il conscnîil ;'j d'une légitime réparalion auprès du prochain

tout ce qu'ils lui demandèreni, aimant mieux qui en a sonfl'ert? non, chréliens , point

perdre Jé.sus-Chrisl (]ue de se perdre soi- d'excuse en cela pour eux. Ils ont beau dire

même, et consiTver sa fortune, que de cou- comme l'ilate : Innoccns ei/u siim a saïu/uine

server sa ronscienee et son honneur. jusli liujns [Mutl/i., XXVII); ils ont beau

Kiu:ore une fois, chréliens , ne voilà-l-il comme lui, se laver les mains de tant d'in-

pas dans la personne de ce juge, minisire de justices et de violences : dès qu'elles sont

l'ini(iuilé, une peinture achevée de la [lolili- autorisées de leur nom, ils eu doivent êlre

que du siècle? Car prenez garde que ce ne garants; et, quel(|ue lnuani,'i; (|u"ils se don-

l'ul point lignorance de Pilalc (jui le porti à nenl d'avoir été bien inteniionnés, on leur

une telle exlrémilé; ce ne fui point la préoc- dira toujours : Sdiif/uis rjus super vo.f ilbitl.).

eupation de son esprit ni la malice cle son t)ui , vous élirz b:en disposés ; mais le saut;

cd'iir, mais ce fut une fausse prudence, el il de ce pauvre (jne vous avez laissé opiirimor,

ne parut en celle occasion le fihis injosle et mais le sang de cette vcu\e (lue vnus avez

Je plus corrompu des hommes, que parce '''''luilonnée , mais le sang de ces misérables

<|u'il éliil un sage mondain. 11 avait pour doat vous n'a vcz pis pris la cau^e en main

Jésus-Christ les inlenlinns les plus droites, ce sang,dis-je, retombera sur vous <t vos

il cheri bail les moyens de ie délivrer, il pro- bonnes dispo il;ons nudrunl leur voix plus

Icsla plus dune l'ois qu'il ne trouvait point f.irle pour deaiander à Dieu veii 'cance de

de cri ne en lui ; el, l'.our s'en déclarer plus voire inliilélilé. "

hautement, il lava ses mains devai.t le peu- Ah ! chrétiens, n'allirez pas sur vous une

pie, en disant : Je suis innocent de la mort si alTreuse lualédiclion. L'a>anla"e de vos

de cet liamme. Cep; niant c'c^l lui ([iii l'a foiidilions , si vous voulez bien le "i-econnaî-

sarrifié : pourijiioi? parce iju'il n'eal pour le tre , c'est que votre honneur, selon les idées

Filsdenieuqucdebonnesinlenlions,ctriende mémo du mond', est allaché à voire con-

plus. Or, avec de bonnes intentions, observez science, et que votre coiisiience est insépa-

celti! réilcxion de saint Augustin, si propre , rabie de votre honneur; que vous no pouvez

ou à vous édifier, ou à vous faire trembler; renoncer à l'un sans renmicer à l'autre et

avec de bonnes intentions on peut faire et on que par là les seules vues di: nionJe même

fait lous les jours les plus grands nnux ; vous mettent dans une heureuse nécessité

avec de bonnes inlenlions on commet des d'agir en chrétiens. Ouoi (pa'i! eu soit soyez

injustices énormes; aveu .do bonnes inicn- zélés pour Dieu, et Dieu le sera pour' vous -

lions on se damne et on se perd. El tel est , intéressez-vous pour Dieu, et Dieu s'inléres-^

mes chers auditeurs, le désordre, ou, si vous sera pour vous; exposez-vous, et. sil'est né-

voulez, le malheur des grands. Dieu leur cessaire, perdez-vous pour Dieu, et Dieu fera

ayant donné des âmes nobles el nalurelle- des miracles pour vous. Voilà ce iju'uu apAlre

nienl vertueuses, ils ont, aussi bien que appelle la religion pure el sans laciie; el voilà

l'ilate, lie bonnes inlenlions; el si ces in- ce que vous devez établir comme lé fonde-

loulions étaient secondées, quels bieas no m. ni '?• sjn'.icl do toute vulrc Cuad^aile. Ken-

1059 ORATEUKS SACU! S C01U\DAL0UE. fO&O

(loz à Césnr ce qui osl dû à Césir, c"esl-à- corps do plusieurs saints ensevelis dans le (lue aux h'immes ce qui est dû aux liouiines , soinun'il de la mort ressusiilèrciil. Noiail-il aux ^raiiils ce (jui csl dû aux grands ; mais donc, pas é\ideiit alors que le jugciiienl du ne séparez jamais ce que vous leur devez di; monde commençail ? Jl ne reslait plus ijue ce que vi)U^ devez à Dieu : el souvenez-vous de voir le Fils de IHonime assis sur la nuée; de la belle maxime de saint Jérôme, que tous (|ui lui doit servir de trône : mais, au lieu de les intérêts (le (]ésar sont bien les inlerêls de le voir sur cette nuée, on le \03ail sur la Dieu, mais que les inlérèls de Dieu ne sont croix; et la croix était le premier tribunal l>as toujours ceux de César. où, comme ju^'e de l'univers, il devait pro- Si vous vous laites, mon cber auditeur, noncer des arrêts de vie et de mort; (k; vie Tcstlave des bonnnes aux dépens de votre eu laveur di's élus, de mort contre les réconscience , en se servant de vous, i!s vous i<ri)U\é» : O iiieffobilts gtoria pussioins,in(]iia mépriseront ; mais, en clirétien el en bomrnc ri tribunal Dûiiiini, el jucliciiim niinidi , et (le bien, faites votre devoir, au hasard de leur jwlcslas est crucifixi ! s'écrie le sav.int (lé|ilaire; quand ils vous liaïraient , ils vous |iape saint Léon.O passion adorable etnijs- Jionorcront. Or, il vaut encore mieux 6lre téricuso, ([ui nous a fait voir par avance, et lionoré d'eux , quoique ha'i , en faisant son même qui nous a fait sentir la rigueur infidcvoir que d'en cire aimé el méprisé eu ne nie du ju2;enient que nous attendons, la sainle faisant pas. Que dis-je'? si vous le faites t( te du .Maître devant qui nous devons comconstanuuent , et qu'ils en soient persuadés , paraître, cl le pouvoir suprême de ce Dieu ils vous aimeront cl vous lionorcront tout cri:c fié, qui, tout mourant qu'il était, ne ensemble, el votre probité connue vous atti- laissait p is, selon saint Paul, d'être le Dieu rcra de leur pari plus d'estime et plus de vivant, entre les mains duquel il est lirriLle, confiance (ju'un dévouement lâi lie el sans mais infaillible de tomber ! bornes à toutes leurs volontés. Craignez de C'est pour cela, dit saint Augustin, el celle leur déplaire, j'y consens, et vous le devez ; lemarciue est essentielle à mon sujet, c'est mais ne le craignez jamais quand il faudra jiour cela (jue Jé^us-Clirist, malgré l'opjjosileur déplaire pour ne pas déplaire à Dieu. lion des Juifs, et par une destinée bien sur- Telle est la vraie piété : par là vous vous prenante, fui proclamé roi sur la croix : Et préserverez de la corruption des jugements iiiii)o>:Hcrunt super cnput ejus cattsam ipsius (lu monde, el par là vous éviterez la rigueur seriiilam: llic est Jésus Nnzavinus rrx [Mullli. du jugement de Dieu : jugement commencé XW'II). Qualité qui lui avait été disinilé.! dans la passion et à la mort de Jésus-Christ, jus<]u'al;irs , mais qui lui fut jnridie.uenient comme vous l'allcz voir dans la seconde ace udée: pour(]uoi'? parce ()ue c'était là qu'il partie. commençait à exercer la fonction déjuge: SECONDE PARTIE. Car. qui d;l roi, dit juge absolu, juge né. Ce n'est pas sans raison, chrétiens, mais juge sans appel et eu dernier ressort. I)'(u'i par une providence de Dieu toute parliru- \ient (jue, dans la deNcription du jugeniofil, liére, que les mêmes signes qui doivent pré- je dis de celui (|ui se fera à la lin des sièc'es, céder le jugement universel parurent visi- l'évangêliste ne donne point au Fils de Dieu blemenl et distinctement à la mort de Jésus- d'aurc litre que celui de roi : Tudc dicct Christ, puisqu'il est de la foi que la mort de lier liisjiui a sinislris ejns eruni ( Mullli , Jésus-Christ lut comme la première scène de XW" ). i'renez garde, mes frères, coiilinue ce jugement général du monde, ou, pour saint .Vngustin : roi au Calvaire, el roi sur arler plus siniplemenl, puisqu'elle fut déjà le 'riialicu-dansson dernier a\énement, parce e jugement nuMue du moiule: Nuncjuillciuin t\uc c'est au Calvaire (|u'il a usé preniiéreesl mundi [Joan., Xll). U y aura , disait le ment du pouvoir de juger que lui a\ait Sauveur, instruisant ses a|)ôtres, el les pré- donné le Pérc céleste, et sur le Tliabor (pi'il parant à ce dernier jour i|ui doit décider du eu doit linirrexercice. Apiuofondissous celle sort de Ions les honunes, il y aura des prodi- importante vérité , car ce qui rendra le jugeges dans la nature : le soleil s'obscurcira, la ment de Dieu si terrible, ce ne seront jioinl terre tremblera, tous les éléments seront ces signes extérieurs dont l'ésangélislc nous dans la confusion, les morts sortiront de fait une si vive peinture, mais la venue d'un leurs tombeaux : et alors on verra le F'ils de Dieu sauveur, transformé dans un Dieu l'Hammc venir sur une nuée ave une grande vengeur, dans un Dii u animé de co'ère, et puissance et une grande majesté. Pour vous, armé de foudres pour les lancer sur b s péajoutait ce divin Maître, parlant d.ins la prr- cheurs. Or, de même en est-il du redoutasonne de ses disciples à lousies fulèles, quand ble mystère de la passion, que nous ccléces choses arrivenml , ne craignez point; lirons. Que le sob il s'obscurcisse, et qui' les Kia'is levez la tête, parce que votre lédemp- étoiles tombent du ciel, disait éloquemment lion approchera. Or, sans attendre la fin (lu saint Chrysostomc, ce n'est point (e(|ui me monde, nous voyons déjà toutes ces choses trouble (juaiul je pense au jugemeni d-rarrivées, ( t nul de ces signes n'a man(iue à nier; mais le sujet de ma crainte el de ma la passion de Jésus-Christ. Car, au moment frayeur , c'est de pen«er que le même Dieu «lu'il expira, le soleil, par le miracle le plus (jui m'a sauvé, descendra en personne pour étonnant, el conlro toutes les lois de la na- méjuger. Ainsi parlait ce saint docteur; et turc, parut éclipsé; la terre, par un prodi- uioi, par la même raison, je dis aujourd'hui : gieiix tiemblcment, fut ébranlée, les pierres Que la leire Iremlile, cl que les pierres se se fendirent, les sépulcr. s s'ouvrirent, les fondent, ce ucst point là de quoi je suis luu-

jOf.l MYSTERES. SKRMON V. SL'R LA PASSION DE J.-C. lOGÎ

( lu'' ; mais ce (lui me pénôd-o et ce qui nie et de mourir : I\l polrslalnn dcdil ci judi-

S iisilà la vue de Jesus-Clirist expirant, c'est eium faccrc (/nia [''ilinx lio}iiinis est ( Jaini.^

la ré!l;'\ion que je fais , iiiu-seiilenient que V). Vn sorte (jne la u'.èiiie croix qui fui

le même Dieu qui me sauve et qui meurt le irônc de son iiumililé, de sa palicme ( t

pour moi, est Ci'lui qui tue |u;;pra et qui me de sa charité, par une couséciueiice iiéees-

coiulamuera, mais (lu'il tue coiulamne ac- saire, de\ietit à ce momi'Ut-là même le siéj;e

lui'lleiueul. et qu'acluellemciit il me jui;e eu de sa justice pour condamtuT les iiauteiirs

me sauvant et ei\ tuouraul [lour moi. Voilà, de notre (U'îjueil, les délicatesses de notre

si j'ai le don d'inteUi^ence, et si je sais dis- amour-propre, la dureté de notre cœur, l'I

cerner les œuvres de Uiru, ce qui doit me les sensualilés de noire chair. lia l'allu q\i'il

faire frétnir. fût l'homme de douleurs, et traité comme le

Car il est vrai, tues cliers aiulileurs, que dernier des ho u^s, pour être en posses-

ce Dieu, devant qui tious craitrnons tant sion de dire aux amliitieux cl aux im[iudi-

vous et tuoi de répoudre, (|nei(iue sévère cl qucs : Vœ vobis. J'ai doue eu raison de vous

quel(]Ue inllexiblc (lue lums le concevions, le représenter, tout crucifié et tout tnourant

ne [irononcera contre 1rs hommes d'autres qu'il est, comme jugeant et réprouvant le

aricts de réprobation que <eux i]u'il aura monde, el d(^ conclure avec lui-même : JSunc

]irononcés el si^Mié> de son sang;, en acco:n- jiKlicium est mundl.

pii'isanl rouvia!.'e de noire léilemptidii. Il csl (le ne sont point làdc vaines spéculalions,

vrai que si sou jni^cnient doit êtie exact cl ni de simples idées (pu- la pieté ins|)ire. Trois

rigoureux, c'est p.ir le rapport qu'il aura à circonstances essenlielies , spéciliées dans

son crucilicmenl el à sa mort, lui lin , il est récriture pour nous inarquerlejusenienl do

vrai que la dernière malédiction (lu'il don- Dieu, vont vous convaincre seusililemcal de

nera aux pécheurs di; la terre, quand il Iriir ce tjne je dis. Car il est de la foi, première

dira : Retirez-vous de moi, maudits, ne sera circonstance, que, quand (ouïes les nations

«jirune ratifiealiou générale de lonles lis de la terre seront assemblées pour suliir ce

malcdiclions parliculièrcs (ju'il aura données jugement divin, le signe du Fils de l'Homme

en mourant aux ennemis de sa croix. Eu ef- paraîtra dans le ciel : Tituc pnrrhit si(jnum

fit, (jue fera-t-il lorsqu'il jugera les vivants Filii Hontinis in rielo (Matlh., XX\') ; et se-

cl les ntoris "? ce qu'il faisait en publiant au Ion tous les Pères de l'iiglisc, ce signe du

monde son Kvangile, et en fulminant contre Fiis de l'Homme dont parle révangelisle ,

les mondains ces fameux analhèmes, (juand c'est la croix du Sauveur. Pouripioi paraî-

il disait : Vœ voliis ( Lac, \\ ) : Malheur a Ira-l-clle dans le ciel, demande saint Chry-

\oiis. Or, c'est sur la croix , reprend saint soslome , el après lui sainl Hilaire? pour

.lérôme, qu'il lésa fulminés solennellement séparer ceux que le Sameur, alm'S reconnu

el aulliriitiquement ; c'est sur la croix qu'il cl déclaré juge, renoneera el rejettera de son

a eu droit de ilire, et qu'il a dit : Vœ mundo royaume, d'avec (eux ijuil courdunera, el

( Mallh., X\'lll ) ; Malheur à vous, âmes ([u'il recevra au nombre de ses prédestinés ;

s usuelles et voluptueuses, qui, quoique pour nous être confrontée, si je puis ainsi

chargées de crimes, secouez le joug de la parler, el pour faire, ou notre justifit alion ,

pénitence, el ne respirez que la joie cl le ou noire condamnation, selon la conformité

plaisir. Malheur à vous, rii lies avares, qui, ou l'opposilion ([ui se trouvera entre elle et

relenant \i)s biens sans jamais les répaniire, nous; par conséquent, pour s:giii(ier et pour

ou les faisant ser\ir à ^ i)s passions, èles in- exécuter au nié ne temps, jjar une action se-

sensililcsaux misères des |)auvres. Malheur à cièle el intérieure, !a sentence définitive qui

vous, escknes de l'ambition el de la gloire, répriuivera les impies. Point doue de litre

qui, vous croyant (oui permis pour vous di' damnation plus efficace el plus forte con-

élcver, sacrilicz à >otre fortune votre con- Ire une àiue pervertie par l'esprit du monde,

science et voire religion. Malheur à vous, que la croix de Jésus-Clirisl ; et celte croix,

cœurs durs et insensibles qui, ti'aitanl de après avoir été le supplice du Dieu S.iuveur,

faiblesse l'oubli des injures, vous faites de la sera éternelleinciil celui deriionime réprouvé

vengeance un faux honneur et un faux et [leidu. Oui, clireliens, c'lsI de quoi l'K-

Irioinpbe. Malheur à vous, homicides des vangile ne nous permet pas de ilouler ; c'est

âmes qui, par vos artifices et vos scandales, ce iiue tous les saints, éclairés des lumièr s

l'ailes périr celli'S (;ue je suis venu rai heler. de la grâce, ont considéré dans le jugeiiienl

C'est sur la croix, dis-je,(]uc cet Homme- de Dieu avec plus d'horreur, <|uand ils ont

Dieu, avec aulaul de raison que d'.iutorité, médité ces paroles : Tanc parebit i^iijnam

parlant, ou plutôt agissant, non pas en sim- Filii llominis.

pic législaieur, mais en juge, et en juge ir- Or, dites-moi, ce signe véritable du Fils

réprochable, frappe de tous ces analhèmes de l'Homme ne [laraîlil pas dès aujourd'hui,

autant de mauvais chrétiens qu'il y en a qui et dès aujourd'hui, ne sépare-t-il pas les

se les attirent. S'il n'était moulé sur la croix, superbes d'avec les humbles, les vindicatifs

ces analhèmes, quoique sortis de sa bouche, d'avec les miséricordieux, les sensuels d'aéturaicnl moins de force ; disons tnieux, s'il vec les pénitents? L'Kglise, en nous le prou'élait tiKmtc sur la croix, ces anathèr.ies ne posant sur nos autels comme l'objet de notre

seraient jamais sortis de sa boudie, puisque culle , ne nous obligc-t-elle pas à regarder iio'iis savons qu'il n'a reçu le pou\oir ilc juge ce signe comme l'élendard qui partage déjà que parce (]u il était Fiis de l'homme, el ca- le christianisme en deux trou|)es, aussi cou- Pulile, co:u!!ie Fils de l'hoinuie, de ïoiiffrir Iraircs eue celles qui nous seul tiésigncLS

10 Pô

CnATKlT.S SAC.P.F.S. DOimnALOliE.

sijus fCS symboles myslôrii-tix des lirehis ol tics boucs V l'iirlons sans ligure : icUe croix. tinc nous révérons, n'a-l-ciilc p.is ilcs maintenant tout ce qui conbterni'ra, tout ce qui désolera, Uml ce qui accablera h'S âmes mondaines au tleriiier avénemenl de .lésus- Clirisl? et, quand elle partira a la lin des siècles , aura-l-cl!e quelque clioso de plus .•iffieux; je dis de plus affieux pour un damné, que ce qu'elle a pour un pécheur dans le niyslèrede ce jour? Si préjenti'meul il n'en est pas ému, ce pcciiour dont je parle, comme il lésera alors, n'est-ce pas l'cITclde son endurcissement? Mais approche, lui dirais-je , s'il y en avait ici quelqu'un de ce caractère, et plut à Di(U qu'il n'y en eût qu'un seul! approche; et, quelque endurci que lu sois, rends par ton expérience pioiue un témoignage sincère à la vérilé que je le prêche. Pourras-tu aujourd'iuii te présent r devant la crois de ton Dieu? Possède d'une passion criminelle, cl livré à un amour impur, pourras-tu , selon l'usage de IKglise, l'adorer el ne te pas confondre en l'adoianl ? Celle croix, tandis que tu lui rendras ce devoir apparent de la nligion, ne le reprochcra-l-elle pas tes abominations et les scandaleux altacliemenls? Ne le convaincr.i-l-clle pas des extravagances de ton orgueil , des dérégleuienls de ta cupidité , des injusliccs de tes projets et de tvs entreprises , el ne renversera-l-elle pas tous les prétextes dunt lu voudrais inutilemeni justifier devant Dieu, et ton impénitencc , el Ion péché? Pourrastu, en te prosternant devant elle, soutenir les pres-antes accusations cju'elle formera contre loi? Or, voilàce (jne j'aiipcHe lejugeuionl du pécheur: Nunc judiciani csCmundi. {Joan., Xll.) Homnu's de Galilée, direnl les anges aux apôtres, en les voyant sur la monlagne appliqués à contempler la gloire de Jésus-Ciirist dans sa bienheureuse ascension : hommes de Galilée, pourquoi vous arrèlez-vous à regarder vers le ciel? Ge Iriomphe de votre Mailre n'est pas ce qui doit occuper vos esprils; mais pensez à ce (|ue nous vous annonçons, et ne l'oubliez jamais ; savoir : que ce Jésus viendra lel que vous l'avez vu monter : Ulc Jcsus qui assumplus cj'f rt vobis, sic véniel t/uemailiiiodiim vidisiis enm(Act., 1). Permettez-moi, mes cliers auditeurs, de vous adresser les mêmes parcdes. Non, cliréliens, ne vous arrêtez iiuint aujouid'hui à ad:nirer la grandeur el la pidl'ondeur des mysières ([ui s'accomplissent dans la passion d'un Dieu mourant: ne vous contentez pas de regarder la croix de Jésus- Clirist couuue la source de son élévation cl de la vôtre; <l, si vous avez que'aïue senliiiu-nt de piclé , ne vous en tenez point à une vaine el stérile cmnjjonclion <|ue la solennilé de ce joui' excile comauinément dans les cœurs. (]e que j'ai à vous annoncer est bien plus digne de vos rellesions, cl plus digne mênu' d.' vos larmes : el quoi? c'est que ce.iésus(jue vous voyez élevé sur la<'riiix : Jiic Jésus qiti assumplus est, non-seulement viendra, mais viendra de la mèuic so:lc (lue VOUS le voyez, c'est-à-dire, armé coiilie

l'impiété, de la croix même sur laquelle il meurt : Sic vcnieC ■.juein(idinoii\r^i vidistis eum. Quelque languissanle el quidiiue assoupie (juc soit votre foi, celle préiliction que je vous fais ne doit-elle pas la réveiller? Mais voici un motif plus pressant (]ue j'y ajoute : ( est que ce .lésns ebvé de lerre comuie il le paraît maintenant à vos yeux : llic Jésus (jui (issumptas est, ne viendra pas seulement, mais e^t déjà venu, puisque sur la croix il a dé|à fiiit loul ce que pouvait faire un Diiu de plus juridique el de plus fort pour la destruction de limpiété et pour la réprobation du monde, lui sort", dit saint Augustin, que le nmnde se trouvera déjà tout reprouvé, el 1 impiété loule délruite, quand ce Jésus brillant de gloire viendra pour la scco;ide fois : llic Jésus qui assumplus est, sic véniel iiuemadiiiodum vidisiis eum. Je le répète, cliréliens. voilà ce qui doit jeter dans nos âmes l'épouvante cl 1 1 terreur, si nous savons peser les ciioses au poids du sanctuaire.

lit en effel, seconde circonstance qui se rapporte à la pr<'mière , il est de la foi que le dési'spoir des damnés , S(don la parole de sainl Jean, sera de voir le Dieu qu'ils auront outragé, perséeulé , crueilié ; et une des raisons [lourquoi le Sauveur du n'.oude, après sa résurrection , conserva les cicatrices et les vestiges de ses plaies, lut de le-s produire aux impies quand il les jugera , comme autant de bouclies ouvertes pour leur condamnation : Videhur.l in quem tiunspxerunt [Juan. XIX) : Ils verront celui qu'ils ont percé lie leurs traits ; el cilte seule vue , par les violents remords qu'elle leur causera , par la douleur profonde où elle les plongera, par les fureurs secrètes qu'elle leur inspirera co:ilre eux-mêmes, leur tiendra lieu de conviction et de punition: l'idcltunt ia qtiem Iransfixeiunt. La vue des liémons . cxèeuteurs de l'arrêt de Dieu, ne fera tout au plus sur <"ux qu'une légère im])ressioii. Mais celle d'un Dieu immolé pour eux , celle d'un !>;cu porl.inl encore les marques de sa bonté el de leur ingraliUnle , celle d'un Dieu qui, leur découvrant ses plaies, semblera leur dire : N'oilà ce que j'ai souffert pour loi , c'est pour toi que ce côté a elc ouv crt , pour loi que ces pieds et ces mains ont clé percés; ces plaies claienl des sources intari5sai)les , où il ne tenait qu'à loi de puiser les cauK de ma grâce; je voulais par là le donner entrée d.ins mon cœur, mais ton endurcissement a rendu inutiles tous les desseins de ma miséricorde : réponds-moi donc, âme insensée, qu'ai-je |iu (aire pour Ion salut que je n'aie pas fait , et que n'as-lu pas fait ou voulu faire de tout ce (jui pouvait contribuer à la perle? Celle vue, dis-je, accompagnée de ces reproches , sera plus insoutenable que la vut; même de l'enfer. Or, dès c<' jour, les réprou'.és du siècle et les mondains ont h soutenir celle vue ; et quand l'Eglise, selon sa religieusecouluuie, leur découvrira le visage de ce Christ (]ire!!e tient depuis si longtemps voile, ce qu'a dit saiiil Jean ne s'accomplira-l-il pas? Vide-

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MYSTllRKS. SEP.MON V. SI n I.A PASSION UV. i C.

bnnt in quetn Iriinufixerunt [lliid.) : Ils le verront c<' Dieu, |uMcé d'iino laiico cl do clous , (hi iiiriiis ils (Ml verront la tiiîtire , el elle sufiir.i pour leur reprorlier leur inscnsiliililé, l'abus qu'ils foui des grâces divines , et l'oubli de leur salut où ils ont vécu et où ils veulent vivre. Ils le verront : Vidrbunl : et , pour peu qu'il leur reste de religion , la vue de ce S.uiveur, dont les plaies sanglantes demandent justice et crient plus huit (jue le sang d'Abel , remuera tous li's ressorts de leur consrieuce , elles reinpliia de (rouble et d'elTroi : Videbunt in qurm Irmisfixerunl. Ali! Seigneur, s'écriait Job, qui m'accordera par grâce que je sois caché dans les ombres de la mort, jusqu'à ce que votre colère soit pussèc"! Qitis inihi hoc liiiiuat ut in itiferno prolegns me , rt (ihscoiulas vie, douer pertransedi fwor (mis? [.I (d). \\\ .) ('.ouiiiii' si le tombeau, tout alîreux qu'il est, élail un asile à rechercher, quaiid il est question de se mettre à couvert des veux et do l.i présence d'un ji'ge aussi courroucé que le sera Jésus-Christ. Ainsi parlai! ce saint patriarcbe. Et moi , si j'étais assez ninllieureux I our être de ces chrétiens du siècle dont je déplore ici le sort , concevant Jésus-Cliist criiciné plus redoutable pour moi que Jé>us- Cliiiil gloiieux , je lui dirais aujourd'hui dans le même esprit : Oui , Seigmur, c it inziiioi , s'il est nécessaire, dans !e loud des abîmes, e! que je sois env( lop[)é des plus soiuhris ténèbres, plutôt que de vous voir, pécheur el impénitent que je suis, sur celle croix où mes péchés vous ont all.iclié, et qui me n Irace li.ute rini()uilé do ires désordres , cl toute la justice de vos divins jugements : Videbunt in quem trans/ixerunt. (Joan. XIX.) Pourquoi ne le dirais-jc p.'is , puisque c'est \f conseil qu'il donna luimême aux fillis de Jérusalem, lorsque, marchant vers le Calvaire , il lesn\crlitde pleurer et de ne (las pleurer : de ne pis pleurer sur lui , qui par sa morl allait être glorifié , mais i!o pleurer sur elles-inèm s et sur leurs enfants, parce que le temps approchait où les liommes auraient sujet de dire: Montagnes, tombez sur nous; rouvreznous , collines , et défendez-nous du triste spectacle qui va se présenter à nos yeux , c'est-à-dire, de la vue d'un Dieu mour.int pour le monde, et par sa mort mé:nc jugeant le monde.

Al hevous, chrétiens, et suivons celte pensée. Les prophètes nous apprennent , Iroisiènie el dernière circonstance, (jue le jour du jugement doit élre singulièrcm "ni et par excellence le jour des vengeances du Seigneur : Dies itliioiris (Jerein.. XLA'I) ; jour que Diiu adoiiné pour p'.inir toutes les ini- (juilés des bonimes , jour qu'il a consacré à SI justice la plus rigoureuse , jour (]u'il a choisi enlre tous les autres jours pour se satisfaire el pour tirer raison des injures qu'il a reçues. Or, il est d'ailleurs évident que jamais Dieu , à proprement parler et dans la rigueur, n'a bien conunenré à pc venger que dans la passion de Jésus-ChrisI ; pourquoi? parce qu'il n'y avait quf 'es souf-

OraTECBS SiCBÉS. X!\'.

frances de Jésus-Christ qui pussent élre une réparation suilisanle du péché, l.e déluge avait inondé la terie; le feu du cid avait consumé Sudomc : mais le feu du ciel et la déluge, tant d'autres flé.iux que Dieu jusqu'alors avait employés , el dont il s'était servi contre les pécheurs, n'avaient é!é pour lui que des essais de vengeance ; j(! dis plus : ré'eruiié des peines (lue souffriront les réprouvés, quelque infinie qu'elle soii dans sa durée, ne sera jamais par raiijiorl à lui une V. ngeance compléle, puis(]ue ces! pour cela même qu'elle ne finira jamais. Il fallaii dans la plénitude des tem|is un sacrifice plus parfait, el qui, par son mérite et sa dignité, rét iblîl pleinement les intérêts de Dieu aux. dé[iens de l'h inime. il fallait qu'un Dieu- Homme mourût, afin qu'il lût \rai une fois de dire que Dieu élail salislail. Oi-, cfesl ce qui s'accomplit auJDurd'hui. A'oici donc ce jour si clairement pré\u, et si distinctement marqué par Isaïe, lorsque, envisageant le Sain our ensanglanlé el défiguré sur la croix, il lui mettait d.ans la bouche ces paroles : Dies enim ullianis in corde meo, (lies rcdemnlionis meœ venit {Isa., LXIII) : l.e jour de la \ciigeaiiceest venu et (jucl est-il. Seigneur? celui de la rédemplion. Prenez garde, chrétiens, il ne sépare point ces deux jours ; et. bien loin de les séparer, il les confond eii quelque sorte, et exprime l'un par l'autre : pourquoi? parce qu'en elTel.dil saint Augustin, Dieu n'a été vengé que dans le moment où l'homme a élé racheté. D'où il s'ensuit que le jour de la rédeni|>liiin a été celui de la ^engeance, el, par une conséijuence nécessaire, que le jour de la passion de Jésus-Christ a élé celui du jugement du momie. Jugement du monde, vengeance de Dieu i|ui s'exécuta dès lors dans le cœur adorable du Sauveur, el dont nous n'atlendons plus que la manifestation : Dies nllionis in corde meo. dies redemptionis meœ vnil. Vengeance dé Dieu, qui commença par le juste el par l'innocent, mais qui se terminera par les coupables. Car si le bois vert est ainsi traité, ajouta le Fils de Dieu aux femmes de Jérusalem, que sera-ce du bois sec? c'est à-dire, si l'unique du Père et le Saint des saints", parce qu'il aeu l'ombre du péché, elqu'ils'est revêtu d'une chair semblabloâcelledu péché, a essuyé tant de rigueurs, que sera-ce dû péché même? que sera-ce de ceux qui en ont toute la malice, de ceux en qui le péché règne, el qui font régner le péché par leurs scan-^ d.iles ; de ceux dont la chair corrompue et dissolue esl une source de péchés; de ceux qui semblent n'avoir de raison et de liberté que pour se rendre rebelles à Dieu el csclade leurs sens; de ceux qui, non conlenls d'être pécheurs, se plaisent à l'être cl se glorifient de l'êlre ? que peuvenl-ils el que doivent-ils attendre, après que le Dieu des vengeances a si peu épargné celui uiême qui, malgré l'apparence du péché, ne laissait pas d'élre toujours l'objet de ses complaisances? En voulez- vous voir, chrétiens, quelques effets particuliers? je dis quelques eîTcls particuliers de ces vengeances divines (ioû! vous [Trmtc-qualre.)

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ORATELTIS SACRES. BOL'RDALOUE.

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éWi menacés : ne quillons point notre myslt*ie, mais considérons ce qui se passe à la niorl (lu Siiuvcur, et tremblons. Il meiirl en réprouvant les Juils et leur annonçant leur ruine future; ruine temporelle, ruine spirituelle. Or, si s,i mort, reprend saint Augustin, a ser\i, contre son inlenlion même, à la réprobation dis Juifs, combien plus servirat-elle à la répr<ibalion des mauvais chrétien^? II meurt en réprouvant Judas, et l'abandonnant d'aboni à son avarice, et ensuite à son désespoir. Il meurt en réprouvant un criminel crucifié a\ee lui, et le laissant mourir dans son endurcissenicnt et dans son impéiiilcnce. Mais (]ue fais-je, mes cliers auditeurs, et, dans ce jour de salut, dois-je vous renvoyer tous sans consolation ? Le jugement de Dieu ne sera pas t<'rrible pour tous les liommcs ; il y aura des élus et des saints, pour qui même il sera glorieux; el, tandis que les réprouvés séclieront de peur, les justes triompheront de joie. Or, il en est de même, par proportion, de ce mystère. Jésus- Christ ne paraît pas tant après tout sur la croix pour condamner les hommes, que pour les convertir, que pour les toucher, (jue pour les sanctifier, (^uc pour répandre sur eux les dons de sa grâce et pour leur assurer le ciel ; cl c'est encore à ces hommes que j'ai droit <le dire : Nunc judiciitm est muiuU {Joan., XII) : Voici le jugement du monde; non plus un jugement de rigueur, mais un jugement lie faveur. Appliquez-vous, je finis : car Jésus-(jhrist meurt en promettant sa gloire à ce criminel pénitent, qui se tourne vers lui et qui lui demande d'être reçu dans son roy.iunic. Or , un arrêt aussi favorable et aussi décisif que celui-ci : Bodie mecum cris in paradiso {Luc, XXIII), n'était-ce pas quelque chose encore de [)lus exprès que l'invitation qu'il fera à ses élus, quand il leur dira : Vcnite , hencdicli (Matlli., XXV) ? Il meurt en convertissant d:'s gentils, c'est-à-dire des infidèles, et leur ouvrant les yeux, leur communiquant le don de la foi, les appelant à son liglise ; témoin le centenier et ceux d(! sa troupe, qui s'en reiournent glorifiant Dieu et reconnaissant le Sau\eur, tout mort qu'il est, pour vrai Fils de Dieu. Il meurt en sauvant ceux qui le crucifient, en pardonnant A ses ennemis , mais d'un pardon sincère et efficace, qui va jusqu'à les gagner, jusqu'à en faire des saints, jusiju'à elTacer par son sang le péché même iju'ils ont commis en le répandant : Isle saiigids sic fusus est, dit saint Augustin , ttl iiisnin pcccatum posset dclere (juo fasus est [Aug.). C'est donc ici le jour du salut, el de votre salut, pécheurs, si vous en voulez profiler. Le Di. u qui meurt sur cetlo croix y a établi le trône de sa nli^éricorde. Approchez, on vous y appelle. Allez recueillir ce sang divin ; c'est [lour vous qu'il coule: allez vous jeter entre les bras de ce Dieu mourant; ils sont ouverts pour vous recevoir. Ahl Seigneur, vous ne m'en dés.ivouerez point, et vous ratifierez la parole (jue je leur donne en votre nom. Vous vous souviendrez que vous êtes encore plus sauve\ir (iue uige. Aumoaicnt que Icpécli.-ur viendra

à vos pieds confesser son injustice et la pl.urer, vous vous attendrirez tout de nouveau sur lui, vous le comblerez de l'abondance de vos mérites; et, par la vertu de ces mérites infinis, il sera purifié, il sera justilié, il sera remis en grâce , il rentrera dans tous si'S droits à l'héritage éternel que vous lui avez acheté, et où nous conduise, etc.

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