SERMON VI
Sur la Passion de Jésus-Christ.
Pi'ccala noslra i| se pei-uilit in corpore suo super lignuni; ut, poccalis iiiorlui, juslilis vivamus.
C'i'.s7^ lui qui a porté nos pMics en ioii rirps sur la croix, iifiii qu'climlinurls pour le péché, mus vtions pour la iustu\'(S. Pierre, cil. U).
Sire, voilà le précis de tout le mystère qui fait aujourd'hui le sujet de la dévotion publique et qui cause dans l'LgIise un deuil si universel. Nous célébrons la passion d'un Dieu mort pour nous, d'un Dieu qui nous a aimés jusiiu'à se fiire la victiinede notre salut, jusqu'à se rendre analhème devant le ciel, pour en attirer sur nou^; les plus ahinidintes bénédictions, jusqu'à vouloir étro traité comme pécheur, tout Dieu qu'il était, et à se charger de toute l'ignominie et de toute la pi'ine de nos pé. liés. Car, quand Jésus-Christ eût été pécheur, quand il eût été le péché même, paraîtrait-il d.ins un autre état que celui où nous Talions considérer; et pouriiuoi s'cst-il soumis à un si rigoureuxchàtiment, sinon, ajoute le texte sacre, afin que nous soyons guéris par ses plaies, afin que nous soyons lavés dans son sang', afin que nous soyons justifiés par l'arrêt de sa coiidamnation , et que nous trouvions dans sa mort le principe de notre vie'? Tel fut, dis-je, l'excès do la charité d'un Dieu, et d'un Dieu Sauveur; mais, tandis que l'amour d'un Dieu le rend si sensible à nos intérêts, que serait-ce si nous devenions insensibles à ses s uffrances ? C'est, chrétiens, ce que je regardi'iais dans vous comme un caractère de réprobation ; et la menace que Dieu faisait aux Israélites ne s'accompliraitcUe pas à votre égard : .ininia ijwe ufjJicta non fwril die liac, peribit de populis suis, ( Levil., XXIII. ) Dieu voulait qu'au jour solennel destiné pour les expi.itions de son peuple, chacun prit des senliinenls de douleur ;el s'il y avait une âme assez endurcie pour n'entrer pas dans l'affliction commune, il ordonnait qu'elle lût exleroiinée et qu'on ne la comptât plus p irmi son peuple. Or, voici, mes chers auditeurs, le grand jour des expiations, puisque c'est le jour où Jésus-(^lnÏNt a expié par sou sang tous les péchés des hommes. Et, par consé<iucnl, c'est en ce jour que Dieu a droit de nous dire : Anima ijuœ affliclanon fneril die Itac, peribit de populis suis. Cependant, mes Irèi'cs, il ne s'agit point préci.sénient de s'affliger cl de pleurer ; il s'agit de médiler el de goûter les vérités importantes (jui nous sont proposées ; il s'agit, pour ainsi parler, d'ouvrir le livre de l.i croix, qui est le grand lt\redeuulre [oictdc comprendre, aulantquo