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VIE DE BOURDALOUE
qiio Dion lui confiait pniirlf-ur sanctifioation, I( lirait et soiiHrail dis comniodilésdo la vin ; quanti sa charité l'obligeait do s'y assujettir, c'était toujours pour conduire plus aisément les séculiers ù la perfection.
Il n'entrait dans le soin qu'il prenait des âmes nul des défauts de la direction. Il était sans intérêt, sans ambition, sans curiosité, sans [)olitique, sans égards que ceux d'une charité noblement exercée. Il n'avait nul ménagement que ceux d'une prudence purement chrétienne, et cette conduite exacte et pieuse l'a conservé exempt de toutes les attaques de la médisance ; jamais réputation ne fut plus entière que la sienne. Aussi l'estime que ceux qu'il conduisait avaient pour lui, était moins par goût que par vénération. On ne le regardait point par les endroits brillants de son mérite, mais par sa doctrine et par sa vertu : ces deux rares qualités lui assujettissaient jusqu'aux esprits rebelles à la direction. Il était le fléau des âmes endurcies; il les confondait par la vérité, d'une manière à convaincre leur esprit, en sorte que leur cœur était troublé, s'il n'était pas converti, et c'est une salutaire inquiétude que le remords.
Pour les âmes justes que Dieu confiait à ses soins, il ne les menait point par la voie de l'étonnement. Comme il ne leur faisait voir leur force que dans la toute-puissance de Dieu, et leur espérance que dans sa miséricorde, il leur inspirait l'humilité et la confiance, illeur faisait obtenir les grâces nécessaires à leur état. Aussi a-t-on vu, sous sa conduite, des Ames héroïques voguer avec intrépidité sur cette mer du monde, et arriver au port avec innocence et fidélité. Dieu accordait cette récompense au zèle qu'il avait pour le salut des âmes. Il lui donnait quelquefois la consolation d'admirer sa miséricorde dans des personnes qui, s'étant rassasiées du monde sans en être dégoiitées, semblaient être confondues avec sa corruption, et ne pouvaient plus s'élever au-dessus d'elles-mêmes ; cependant tout d'un coup elles cherchaient le royaume de Dieu et sa justice, et elles faisaient au milieu du siècle des œuvres de pénitence qui pouvaient servir de modèle aux solitaires les plus retirés. •Mais aussi quelle application, quelle affection ce zélé confesseur ne montrait-il pas pour ceux qui se mettaient sous sa conduite. Il ne ménageait ni ses lumières, ri son temps ; il se donnait très-parfaitement à ceux à qui Diau avait ôté toutes choses. Il était si zélé pour les vrais chrétiens, qu'il leur accordait