‹ Œuvres complètesChapitre 115 sur 183 · B — TOM.I · texte numérisé non relu

B — TOM.I

immense des miséricordes divines; mesuronsen, s'il est possible, et la hauteur et la profondeur; et puisque Marie en a reçu la plénitude, pour parler utilement de la grâce, implorons le secours du Saint-Esprit par l'intercession (\a cette Mère de grâce, en lui adressanHes paroles de l'ange : Ave, Maria.

Disposer tout avec douceur, et tout exécuter avec force, ce senties deux excellentes propriétés que l'Écriture attribue à la sagesse. Mais il n'y a, dit saint Augustin, que la sagesse de Dieu à qui ces deux propriétés conviennent tout h la fois dans le degré de perfection qui nous est exprimé par ces paroles : Sapientia nUiuijil a fine usque ad (inem fortiter, et disponit omniri suainterK En effet, la sagesse des hommes étant aussi bornée qu'elle est, se trouve sujette à deux défauts tout contraires. Est-elle douce dans sa conduite, il est à craindre qu'elle ne devienne faible dans l'exécution. Est-elle efficace et ferme dans l'exécution, il y a danger qu'elle ne soit dure dans sa conduite. Sa douceur, quand elle prédomine, se tourne en mollesse, et s;i foi ce dégénère dans un excès de sévérité. Mais il n'appartient qu'à la sagesse de Dieu de réunir parfaitement ces deux vertus, ce semble, si opposées. Car elle a seule l'avantage, non-seulement de ne séparer jamais la douceur de la force, mais de trouver sa force dans sa douceur, et, par un secret inconnu à tout autre qu'à elle, de faire consister sa force dans sa douceur même. Or, ce que l'Écriture nous dit ,!e la sagesse de Dieu, je puis le dire cgaieMicut de la grâce, puisque la grâce dont je parle u'.uit en nous que comme l'instrument de celte sagesse souveraine, qui est eu Dieu la cause pnn* cipale de notre salut.

Et voilà, chrétiens, l'idée la plus juste que je puisse vous donner de la grâce de Jésus- Christ : en voilà les deux caractères, dou -eur et force. Douceur de la grâce, dans la manière engageante dont elle dispose le pécheur à sa conversion. Force de la grâce, dans les éljunantes victoires qu'elle remporte sur le |)éclie(rr au moment de sa conversion. Or, sans clier-

' Sap., vui, 1.

SERMON POUR LE VENDREDI DE L\ TROISIÈME SEMAINE

cher n aiilic preuve, il me siiflit tic vous proposLM' itour exemple de l'un cl de l'autre celte leiîime de noire Evan}j;ile; car vous verrez d'abord cpielle lut l'aiinaljlc conduite de la gr;k'c IMJur gagnei' le cœur do celle péclieresse ; vous jugerez cusuiie <juel fut le nicrveilleux pouvoir de la grâce, par l'aduiirable cliauge/neut qu'elle opéra dans le cœur de celle péclieresse : Attingens a fine usqite ad finem forliter, et dispouens umnia suavitcr. La grâce de Jésus-Cln isl, cuiplojaiit tous les charmes de sa douceur pour convertir la samaritaine : ce sera la première partie. La grûce de Jésus-Christ, par son efficace et par sa force, convertissant en etTet la Samaritaine, et de l'abîme du péché où elle était plongée, l'élevant tout à coup an comble de la sahiteté : ce sera la seconde partie. L'une et J'aiûre renferme tout mon dessein, et va l'aire le partage de ce discours.

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