‹ Œuvres complètesChapitre 123 sur 183 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Je trouve la pensée de saint Chrysoslome bien juste et bien vraie, quand il dit que les temples où nous nous assemblons pour adorer Dieu, sont tout à la fois et l'ornement le plus auguste et l'opprobre le plus visible de notre religion. L'ornement le plus auguste, puisqu'ils sont tous les jours sanctifiés par le sacrifice d'un Dieu Sauveur ; et l'opprobre le plus visible, puisque ce sacrilice, tout divin qu'il est, sert si souvent, non par lui-môme, mais par notre libertinage, d'occasion aux chrétiens pour déshonorer la maison de Dieu. Ainsi parlait ce saint évêque, en gémissant sur les scandales qui se commettaient au pied des autels, et dans le sacrifice de la loi de grùce. A quoi j'ajoute la pensée de Guillaume de Paris, que je vous prie de remarquer, parce qu'elle me parait également solide et touchante. Car, dit ce savant homme, quand nous aurions vécu, selon l'expression de saint Paul, sous les éléments du momie, c'est-à-dire sous les figures de l'ancienne loi, et que nous n'aurions point eu d'autres sacrifices que ces sacrifices imparfaits dont Dieu avait établi l'usage par le ministère de Moïse, il faudrait toujours y assister avec crainte et tremblement ; il faudrait toujours respecter ces chairs mortes, toujours révérer ces taureaux égorgés et sanglants, toujours se prosterner devant ces autels chargés des oblalions et des prémices de la terre. C'étaient des créatures, il est vrai ; mais ces créatures étaient les victimes et les holocaustes du Dieu vivant, et cela seul les élevait h un ordre supérieur et les consacrait. Aussi, mes frères, poursuit le même docteur, voyez avec quelle révérence Dieu voulait que les juifs entrassent dans le sanctuaire, pour lui offrir leurs sacrifices et le sang des animaux qu'ils immolaientJ

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