‹ Œuvres complètesChapitre 137 sur 183 · SUR LA CONVERSION DE MADELEINE · texte numérisé non relu

SUR LA CONVERSION DE MADELEINE

analyse- Sujet. C'est pourquoi je vous déclare que beaucoup de péchés lui sont remis, parce quelle a beaucoup aimé. ^ Le désordre de Madeleine fut d'avoir beaucoup aimé, et la sainteté de Madeleine consista à aimer beaucoup. Dans un moment l'amour chaste du Créateur la sanctifia, en la guérissant de l'amour impur des créatures. Miracle de l'amour de Dieu, dont je prétends faire le sujet de ce discours. Miracle que Dieu, par une providence singulière, a rendu public, afin que les pé.lieurs eussent dans cet exemple un puissant motif de confiance et un parfait modèle de pénitence. Madeleine est la seule qui parai^e dans l'Evangile s'être adressée à Jésus-Christ pour lui demnnder la guérlson de son âme et sa conversion. Voyons par où elle y parvint. Ce sera pour nous une leçon sensible et touchante.

Divi.siON. Les péchés de Madeleine lui furi;nt-ils remis parce qu'elle aima beaucoup, ou aima-t-elle beaucoup parce que ses péchés lui avaient été rerais ? Lun et l'autre est vrai, et exprimé dans l'Evangile de ce jour. En deux mots, ses péchés lui furent remis, parce qu'elle aima beaucoup d'un amour pénitent : première partie. Elle aima beaucoup d'un amour reconnaissant, parce que ses péchés lui avaient été remis : deuxième partie.

Pkemière partie. Les péchés de Madeleine lui furent remis, parce qu'elle aima beaucoup d'un amour pénitent. Il ne s'ensuit pas de là que Jésus-Christ ait été prodigue de sa grâce: car je prétends que ce seul amour de Madeleine fut la plus parfaite satisfaction que Jésus-Christ pûtatlendre de cette illustre pénitente. Je distinguedans Madeleine quatre clioses que lEvangéliste nous fait remarquer : son péché, la source de son péché, la matière de son péché et le scandale de son péché. Or, l'amour quelle conçut pour Jésus-Christ, cet amour pénitent, 1" expia son péché, 2" purifiala source de sonpéché, 3» consacra à Dieu la matière de son péché, 4" répara le scandale de son pécbé.

1° Son amour expia son péché. Le péché de Madeleine fut le libertinage de seimœurs. Ne disons rien de plus, puisque l'Evangile nous marque seulement, en général, que c'était une femme pécheresse; ou, pour nous servir de termes moins odieux, disons que son péché fut son amour-pro|)re et son orgueil. Car, dit Zenon de Vérone, elle ne fut libertine que parce qu'elle s'aima avec excès, et qu'elle fut vaine. Or, l'amour pénitent de Madeleine substitua à cet amour-propre une sainte haine d elle-même, et à cet orgueil une profonde humilité.

SUU LA CONVKÏISION DE MADKF.FJNE. fJOl

EIIp ;iim« : ùitfxit ; vt, pnr tim fon^i'iiuciiro m'ccugiiirp, illc romnipiira h «p linïr. Car, nimnnt «on Dieu, te Dieu fie pnroté et tif .siiinlt'tt', et no voj.mt iLiiih t'Ilf que ((nriiiiliuii fl quo (U'hoidir, ((iiiiiiiciil iiiirail-i'll« |iu ne ko p.is li;iir elle-riit;ni<', el tie piuli(|Ut'r luis liés lors ce qui Minldiiil ne conv( nirqu'iuix jlnics |Mrfailes, »avoir : le reiiomiiucnl kho't-mèmt, le tlélittlieuicnt ue soi-iiuMiie, l.i mort ii sui-iiiôiiie ?

Elle aîmn : l)ilfrit;c\ ilu moment ([u'clle iiini.), elle ressa iravoir res soin» (•xe"SHi'"H d'une ftntîilc l)eaul<Mlonl elle »el.iil toujours oiiu|m'i). Vo\ei-hi aux pieds de Jt'>us-(:iiiisl, les {licvenxi'iiarB, le visiiRc al)allu, Ici yeux bais^nés de iainieii. Uue c<' Tisage dont j'ai iW- idolAiiT, tl (iiie je nie suis laul lilom'e d tiiil cliir par de damnableH urlilices, suit touverl d'un éternel opjirobre I Ainsi partait U biiuluMiiruse l'aule, et tel fut le seiilinieiit de Madtleiue.

Elle aima: Dilrrit ; et parce qu'elle aima, elle voulut laire à Dieu une n paration folennolle des attentats de «on orgueil. Ptoslernée aux pieds du Sauveur, ellesc souvint runibiiMi elle avait été jalouse d'avoir elle-même des adorateurs dans le momie; comMen eilc avait par là oulra^-é Dieu, et eomliien d'àmcs elle avait perdues. Voilà sur quoi elle se tonloudil mille Coi*,

Elle aima : Dileiit ; el toutes ses iuju>tices furent expiées, tous ses crimes lui lurent pardonnes. D'où nous devons conclure quel est l'efliiace et le mérite tlo l'amour de l>ieu.

2° Son amour purilla la source de son péché. Cette source était son rœur, un cœur sensible et tendre. Or, elle toiirn.i toute cette sensibilité et celte tendresse vers Dieu. Mais, mou Dieu, qu'il y a de douceurdans votre providence et dans votre Kigcsse d'avoir tellement disposé les choses, que, sans changer de ii;.lurel, et avec le même cœur que vous nous avez donné en nous formant, de pécheurs nous puissions devenir justes, et de charnels des hommes parfaits cl spirituels 1

3" Sen amour consacia la malière de son péché. J'apiielle la iiiatic're de son péché, tout ce qui servait Ji ses plaisirs et à son luxe. Klle avait aimé les parfums, et tout ce qui flatte Ns sens; mais il ne m'a|)parlienl plus, dit-elle, de clierclior les délices de la vie. Cela convient mal ;i une pécheresse, el encore plus mal ii une pécheresse pénitente. Touchée de ce sentiment, elle apporte avec elle un parlim précieux, elle le répand sur les pieds de Jésus-Chrisi, elle les essuie avec .«es cheveux. Je ne m'arrêterai point ici, femmes mondaines, à vous marquer tout ce (|u'il y ai» retrancher dans l'extérieur de vos personnes, et tout ce qu'il faudrait sacrifier ;i Dieu. Cette morale ne serait pas iiidi<;ne de la chaire, puisque les Pères de l'Eglise et même les apôtrPg sont '.entrés en de simhlahles détails. Je laisse tout cela néanmoins, et je vous renvoie ii vous-mêmes |»ouren juger. El si vous me tépondiei que telle et telle chose ne sont point des crimes, je vous dcmamlerais si cequi excite tant dépassions, ce qi j entrelient la mollesse, ce qui nourrit l'orgueil, peut être indilTérenl. J'irais plus loin, et je vous montrerais que c'est parle retranclienient des choses permises qu'on doit réparer les péchés commis dans les choses défendues. Maisceque j'ai à vous dire est eneoie plus important, et dans un mot comprend tout: aimez comme a aimé Madeleine; et quand le feu de l'amour de Dieu sera Iden allumé dans vos cœurs, vous verrez alors tous les sacrifices que vous avez à faire, et tous ces sacrifices ne vous couleront plus rien.

4" Son amour répara le scandale de son péché. Elle aima : Dilexit ; et autant qu'elle s'était déclarée pour le monde, autant voulut-elle se déclarer pour Jésus-Christ. C'est pour cela qu'elle le vint trouver dans la maison de Simon le pharisien, el au milieu dune nombreuse assemblée. Quoi qu'on en puisse dire, je ne me" persuaderai jamais qu'une âme soit bien convertie et bien pénitente tandis qu'elle aura honte du service de Dieu, tandis qu'elle ne tâchera pas à ramener par son exemple dansles voies de Dieu tant de pécheurs qu'elle a égarés, tandis qu'elle craindra les discours du monde et qu'elle en sera toujotirsesclave. Deixième partie. Madeleine aima beaucoup d'un amour reconnaissant, parce que ses péchés lui avaient été remis. Il n'y a que l'amour, dit saint Bernard, par où nous puissions rendre en quelque sorte la pareille à Dieu. Ainsi, par exemple, quand Dieu me juge, je ne puis entreprendre de le juger ; mais quand il m'aime, je puis l'aimer, et il veut même que je l'aime. Voilà par oii Madeleine témoigna à Jésus-Christ sa reconnaissance. Dans les âmes lâches la vue des péchés remis ne produit ou qu'une fausse sécurité, ou qu'une oisive tranquillité. Mais que fit Madeleine ? Parce que ses péchés lui avaient été pardonnes, 1° elle se dévoua, par un attachement inviolable, au Fils de Dieu, tandis qu'il vécut sur la terre ; 2° elle lui marqua une fidélité héroïque dans le temps de sa p;,s!-ion et de sa mort; 3" elle demeura avec une invincible persévérance auprès de son tombeau, 4° elle le chercha avec t»ute la ferveur d'une épouse, et d'une épouse passionnée, quand elle le crut ressusciU'. Quatre eiTets de sa reconnaissance. 1» Madeleine convertie n'eut plus désormais d'atlachcment que {our Jésus-Christ. Elle le suivait, dit saint Luc, dans ses voyages ; elle employait ses biens pour lui : Etministrahat ei de facultatihus suis. Elle se tenait à ses pieds, écoutant sa parole et la méditant : Sedcns secus jicdfs Dommt, audiehat verbum HHus. Elle laissait à Marthe les soins domestiques, et ne s'occupait que de son adorable Maître. Ainsi en use une âme vraiment pénitente. Plus tant de soins qui regardent le monde, IPg bienséances du monde, les prétendus devoirs du monde. Se tenir auprès de son Sauveur, converser avec lui, le nourrir dans la personne des pauvres, le recevoir souvent chez elle et dans elle par la communion : voilà désormais sa vie et à quoi elle se borne.

%" Madeleine convertie marqua à Jésus-Christ une fidélité héroïque dans le temps de sa passion et de sa mort. Ses disciples l'ab andonnèrent ; mais 3Iai!eleine sans rien craindre demeura au pied de la croix, et avec qui ? avec Marie, mère de Jésus, comme si la pénitence avait alors en quelque sorte égalé l'innocence. Madeleine savait trop ce qu'elle devait à ce Dieu crucifié, pour s'éloigner de lui lorsqu'il consommait sur la croix l'ouvrage de son salut. C'est dans cette constance que parait la vraie fidélité. Car n'être fidèle à Pieu qu'autant qu'il nous fait trouver de goût dans son service, c'est ne payer le plus grand de tous les bienfaits, qui est la grâce delà conversion, que d'une reconnaissance apparente. Ah 1 Seigneur, doit dire comme David ou comme Madeleine un i)écheur réconcilié avec Dieu, mon péché m'est toujours présent pour me relGaMr lotte mon indignité et toute votre bonté, et pour m'in^pire^ par cette double vue un zèle et un courage toujours nouveaux.

3° Madeleine convertie demeura avec une invincible persévérance auprès du tombeau de Jésus-Christ. Là, ^combien de fois se fit-elle, pour sa propre instruction, ces divines leçons que l'Apôire, dans la suite, devait faire aux fidèles pour leur sanctification : Tous êtes morts, et voire vie est cachée avec Jésus-Christ en Dieu. Vous êtes ensevelis aicc Jésus-Christ. Uori sphhneWe à quoi elle se condamna ; mais, affreuse mort pourtant de femmes qui voudraient vivre à Dieu, sans mourir au monde el à elles-mêmes. Il n'appartient qu'à l'amour de Dieu, à un amour reconnaissant, d'affermir une âme contre l'amour du monde et l'amour de soi-même, et de nous faire prendre le sentiment de saint Paul : Mihi vivere Chrislus est, et mori lucrum.

4° Madelaine chercha Jésus-Christ ressuscité avec toute la ferveur de l'amour le plus généreux et le plus ardent. Avec quelle générosité s'offrit-elle à l'enlever elle-même, si elle était assez heureuse pour le retrouver ! Et ego eum tollam. Dès que Jésus-Christ se fit connaître à elle, quel fut le ravissement de son âme ! Sainte ferveur que nous voyons encore dans les plus grands pécheurs, lorsque, de bonne foi revenus à Dieu, ils considèrent dans quel abîme ils s'étaient plongés et par quelle miséricorde la grâce les a sauvés.

Quoi qu'il en soit, voilà, pécheurs, l'avantage que vous pouvez tirer de vos péchés mêmes. Ils vous ont séparés de Dieu ; mais du moment qu'ils vous sont pardonnes, ils peuvent servir à vousaltacher plus étroitementà Dieu, et à vous élever même au-dessus de bien des justes.

SEIUION POUR LE JEUDI DE LA ClNOUlf:ME SEMAINE.

Propter q\tod dico libi, Ttmitlunttcr ei ptecata mulla, quoniam âilezil multum.

C'est pourquoi Je tous déclare que beaucoup do péchés lui sont remis, parce qu'elle a beaucoup aimé. (Saint Luc. cliap. vil, 47.J

C'est ce que le Sauveur du monde répondit au pharisien, en parlant de celle femme péclioresse dont notre Evangile nous représente ;uijourdhui la conversion. Réponse dont je me sers, non pas pour faire l'élope de celte illuslre pénitente, mais l'éloge du divin amour qui la sanctifia. Le désordre de Madeleine fut d'avoir beaucoup aimé, et par un changement visihle de la main du Très-Haut, la sainteté de Madeleine consista à aimer beaucoup. Son amour en avait fait une esclave du monde ; et par un ellél merveilleux de la grAce, son amour en fit imc prédestinée et une épouse de Jésus-Christ. Ce qui avait été son crime devint sa justification ; et l'amour chasle du Créateur fut le remède salutaire qui la guérit dans un moment de l'amour impur et profane des créatures. Miracle de l'amour de Dieu, dont je prétends faire le sujet de ce discours; miracle que Dieu, par une providence singulière, a voulu rendre public, afin que les pécheurs du siècle eussent dans cet exemple et un puissant motif de confiance et un parfait modèle de pénitence. Un puissant motif de confiance, pour ne pas tomber dans le désespoir, quelque éloignés qu'ils puissent être des voies de Dieu ; et un parfait modèle de pénitence, pour ne pas donner dans une dangereuse présomption, en comptant sur la miséricorde de Dieu. Car, c'est ici que je pourrais bien dire à une âme mondaine, troublée des remords de sa conscience, ce que saint Ambroise dit à l'empereur Théodose : Qui secutus eserrontem, sequere pœniteritem. Ce saint évêque parlait de David ; et moi, mon cher auditeur, je parle de Madeleine, et je vous dis : Si vous avez eu le malheur de suivre celte pécheresse dans les égarements de sa vie, rassurez-vous, puisque, toute pécheresse qu'elle était, elle n'a pas laissé de trouver grâce devant Dieu. Mais d'ailleurs tremblez, si, l'ayant suivie dans ses égarements, vous n'avez pas le courage de la suivre dans son retour. Car que doit-on et que peut-on espérer de vous, si vous ne profitez pas d'un exemple si touchant, après qu'il a converti tant d'âmes endurcies, et s'il ne lait pas sur vous les plus fortes impressions ? Madeleine est la seule qui paraisse, dans l'Evangile, s'être adressée à Jésus-Christ sans autre vue que d'obtenir la rémission de ses péchés. Plusieurs, encore charnels, recouraient à lui pour des grâces purement temporelles, pour être guéris de leurs

maladies, pour être délivrés du démon qui les tourmentait ; mais Madeleine, déjà chréliennc et d'esprit cl de cœur, ne cherche, en cherchanl ce Sauveur des hommes, que la guérison de son Ame ; et convaincue que son péché est son unique et souverain mal. elle ne lui demande point d'autre miracle que celui de sa conversion. Voyons par où elle y parvint, et implorons auparavant le secours du Ciel par l'intercession de la Mère de Dieu. Ave^ Maria.

C'est une question qui se présente d'abord, et dont la difficulté, fondée sur l'Evangile môme, a besoin d'éclaircissement : savoir, si les péchés de Madeleine lui furent remis parce qu'elle aima beaucoup , ou si elle aima beaucoup parce que ses péchés lui avaient été remis. A en juger par les paroles de mon texte, la première de ces deux propositions est incontestable, jniisque le Sauveur du monde déclare en termes ( xprès que parce que cette pénitente a beaucoup aimé, beaucoup de péchés lui sont pardoimés : UemiltuMur ei peccata multa, quoniam dilexil muUum '.La seconde, quoique contraire en apparence, n'est pas moins certaine, puisque c'est une conséquence nécessaire du raisonnement que fait ensuite le Fils de Dieu, et qu'il tire de la comparaison de deux débiteurs, dont l'un à qui l'on remet plus, se croit plus obligé d'aimer que l'autre à qui l'on a moins remis. D'où " Jésus-Christ j^rétend conclure que .Madeleine aimait donc plus que le pharisien, parce qu'on lui avait plus pardonné de péchés : Quis ergo eum plus diligit ?... œslimo quia is cui plus donavit 2. Il est aisé, chrétiens, de conciUer ces deux [)ropositions; et pour les réduire à un point de morale où je me renferme, mais qui sera d'une grande instruction, disons avec saint Chrysoslome que l'une et l'autre est également vraie : c'esl-à-dire qu'il est également vrai, et que Madeleine obtint la rémission de ses péchés parce qu'elle avait beaucoup aimé, el qu'elle aima beaucoup parce qu'elle avait obtenu la rémission de ses péchés; en sorte que le pardon que Jésus-Christ lui accorda fut tout ensemble el l'effet et le principe de son amour. Pour mieux eidendre ma pensée, distinguons un double amour de Dieu ; l'un qui précède la conversion, l'autre qui la suit; l'un que j'appelle amour pénitent, et l'autre amour reconnaissant; l'un qui fit rentrer Madeleine en grâce avec Jésus-Christ, et l'autre qui la fit pleinement correspondre à la grâce qu'elle avait reçue de Jésus-Christ. Appliquez-vous. Madeleine encore mondaine et pécheresse, lassée de

• Luc., Tll, Al. — Ibid., 43, 43.

SUR LA CONVKUSION DK MADKIJ-iINR.

inaichor ilans la voie de pordilioii. si; sciilil toiu'héo tout c\ coiip (le repentir, mais (l'un repentir pli'iii de coutiaiu-e, et c'est ainsi (piVllc plut an l''ils de Dieu. Madeleine eonvertic, et sensible i\ l'insigne laveur qu'elle venait d'obtenir par le pardon de ses crimes, l'ut Itxd à coup |)énétrtS' de la plus i>;u-faite reconnaissariec et ne pensa pliisiin'ù se dévouer pour jamais au Fils de Dieu. Or, voil;\ par où je résous la dilTicuUé que j'ai d'abord proposée. Car je dis que ce fui l'amour pénitent de Madeleine qui la réconcilia avec Jésus-Cbrist; et j'ajoute qu'inie si prompte réeoneilialiou avec Jésus-Christ excita dansson cunir l'amour reconnaissant, qui l'altacha pour toiiji)urs à col adorable et aimable Maître. En deux mots, ses péchés lui turent remis parce qu'elle aima beaucoup de cet amour qu'inspire la vraie pénitence; ce sera la première partie : et elle aima beaucoup de cet amour qu'inspire la recoimaissance, pari'e que ses péchés lui avaient été remis ; ce sera la seconde. L'une justifiera la miséricorde du Sauveur envers Madeleine ; l'autre vous apprendra comment .Madeleine s'acquitta de ce qu'elle devait à la miséricorde du Sauveur, et c'est tout mon dessein.

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