‹ Œuvres complètesChapitre 142 sur 183 · SUR LA CONVERSION DE MADEI>EINE · texte numérisé non relu

SUR LA CONVERSION DE MADEI>EINE

vu'ii ;tibi sacrificabohostinm taudis • : Vous avez roinpu mes lions, Soiiçneiir, je ne penserai pins qu'h vous oflVir tous les jonrs de ma vie nn sacrifice (le lon.ti'ges. Car si j'enlreprenais encore de satisfaire i\ toutes les vaines et |)rélen(lncs bienstSmces du monde; ri je nren{,'a;ieais ;\ remplir cent devoirs imaginaires, (|ui passent pour devoirs dans le monde, mais dont le monile môme est le premier h déplorer et i\ condamner l'excès ; si je voulais me livrer h tant de distractions qu'attire le commerce du monde ; que me resterait-il pour mon devoir essentiel et capital, qui est de régler ma vie, en sorte que toute ma vie soit un témoignage perpétuel du souvenir que je conserve des miséricordes infinies de mon Dieu, et des péchés sans nombre qu'ils m'a pardonnes ? Si les conversations, si les visites, si les plaisirs môme honnêtes, si le jeu, si les promenades partageait ut encore mon temps, et que par complaisance, par faiblesse, peut-être par une oisivité habituelle, je voulusse remplir mes jours de ces amusements mondains sans en rien retrancher, comment mavie|serait-elle un sacrifice de louanges et d'actions de grâces, tel que Dieu l'attend de moi, et tel que je le lui promis si solennellement en me convertissant à lui? Non, non, conclut celte âme dans le sentiment d'une vive reconnaissance, ce n'est plus \h ce qui me convient ; mais me tenir en la présence de Jésus-Christ connne Madeleine ; mais écouter comme elle la parole de Jésus-Christ, qui m'est annoncée ; mais nourrir comme elle Jésus-Christ, et le soulager dans la personne de ses pauvres ; mais travailler comme elle à lui préparer une demeure dans mon cœur, et le recevoir souvent chez moi et dans moi, voilà à quoi je dois me borner. Et pourquoi ce Dieu de bonté, malgré tant de maux que j'ai commis, m'a-t-il encore laissé des biens, si ce n'est afin que j'aie en main de quoi racheter mes péchés, et que je contribue par mes aumônes à le faire subsister lui-même dans ses membres vivants ? Pourquoi ce Dieu-Homme résidet-il personnellement dans nos temples et sur nos autels, si ce n'est afin que chaque jour, dégagée des pensées du siècle, je me fasse aussi bien que Madeleine un exercice de me tenir à ses pieds, de converser avec lui, de lui ouvrir mon cœur, et de lui dire sans cesse comme le Prophète : Oblivioni [detur dextera mea ; adhœreat lingua mea faucibus meis, si non meminero tui 2 : Que ma main droite, Seigneur, s'oublie elle-même, et que ma langue demeure attachée à mon palais, si j'oubUe jamais les grâces dont vous m'avez

} Psalm., cxT, 17. — » Ibid., czxxti, 6 6.

comblée et les bénédictions de douceur dont vous m'avez prévenue.

Madeleine convertie fit plus encore : elle marqua au Sauveur du monde une fidélité héroï(|ue, dans le temps même de sa passion et de sa mort. Ah ! mes frères, s'écrie saint Chrjsostome, le grand exemple, si nous en savons profiter, (;t si nous y faisons tonte l'attention qu'il mérite ! Le troupeau de Jésus-Christ s'était dispersé, les apôtres avaient pris la fuite, saint Pierre après sa chute n'osait plus paraître, les colonnes de l'Eglise étaient ébranlées, et Madeleine avec la mère de Jésus demeurait ferme et intrépide auprès de la croix : Stabant autem juxta crucem Jesumaterejus et... Maria Magdniene >, Madeleine avec la Mère de Jésus ! Madeleine auparavant pécheresse, avec Marie mère de Jésus, toujours sainte ! comme si la pénitence avait alors, en quelque sorte, égalé l'innocence et participé à ses droits ; comme s'il y avait eu entre la pénitence et l'innocence une espèce d'émulation; comme si le Fils de Dieu, après Marie pure et exempte de tout péché, n'avait point trouvé d'àme plus inébranlable ni plus consLintc dans ses intérêts, que Marie délivrée de la corruption et de la servitude du péché. Mais ne vous étonnez pas, poursuit saint Chrysostome, d'une telle constance. Madeleine savait trop ce qu'elle devait à ce Dieu crucifié, pour s'éloigner de lui lorsqu'il accomplissait sur la croix l'ouvrage de son salut. Elle savait trop ce qu'elle devait à la croix de ce Dieu mourant ; que cette croix avait été par avance la source de son bonheur ; qu'en vertu des mérites anticipés de cette croix, Jésus- Christ lui avait dit : Femme, vos péchés vous sont remis; et que c'était enfin sur cette croix que cette parole si salutaire allait être authentiquement confirmée. De là, bien loin de se scandaUser comme les disciples, ni d'avoir comme eux horreur de la croix, elle la révère, elle l'adore, elle s'en approche, elle l'embrasse, elle la serre étroitement. On dirait qu'elle y est attachée par les liens invisibles de son amour et quelle ait droit de dire, aussi bien que saint Paul : Christo confixa sum cnici ;Mon partage et ma gloire est d'èh-e crucifiée avec Jésus-Christ. Ainsi ce fut sur la croix que Madeleine reconnut plus que jamais Jésus-Christ pour son Sauveur; et ce fut pareillement sur la croix que Jésus-Christ reconnut Madeleine, si j'ose user de ce terme, pour son amante la plus zélée et la plus fidèle.

En effet, chrétiens, être fidèle à Dieu dans l'affliction et dans la souffrance ; être constant dans son amour, tandis qu'il noua éprouve par

}JoaA., xix,a^

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