‹ Œuvres complètesChapitre 151 sur 183 · SERMON POUR LE DIMANCHE DES RAMEAUX · texte numérisé non relu

SERMON POUR LE DIMANCHE DES RAMEAUX

Cependant, cln-r'tiens, prencz-voiis garde à celte parole: Vcntil libi ? Peut-ùlre n'y pensezvous pas ; mais que ne compjenez-vous le don excellent qu'elle renferme ! Elle vous fait connaître que cet nommc-Dlcn dans la communion vient non-seulement ù nous et pour nous, mais pour nous uniquement et singulièrement : en sorte que, si nous étions seuls dans le monde capables de participer à ce mystère, il sortirait encore du sanctuaire oii il réside et des tabernacles où il repose, pour venir, avec toute la plénitude de sa divinité, prendre place dans notre cœur. Et, en efiel, combien de lois vous a-t-il honoré de cette grâce, sans que nul autre que vous se présentât pour y avoir paît? et combien de fois a-t-on pu dire que c'était pour TOUS seul qu'ilquiltait l'autel, et qu'il était porté comme en triomphe par les mains des prêtres : Ecce rex tuus venit tibi? De vous apprendre en détail les avantages que vous devez tirer d'une union si intime avec lui, c'est ce qui demanderait un discours entier. Mais je manquerais à mon sujet et à ce qu'il me fournit de plus remarquable pour votre instruction, si je ne vous disais pas que le Sauveur vient à nous pour opérer invisiblcment dans nos ûmes les mêmes miracles qu'il opéra visiblement sur les corps, après son entrée dans Jérusalem. Car l'Evangile ajoute que tout ce qu'il y avait de malades, d'aveugles, de paralytiques parut devant lui, et qu'il les guérit : Tune accesserunt cœci et claudi, et sanavit eos ^. Or ce n'est point une conjecture, c'est un point de foi que l'effet propre de la connnunion, ou plutôt la présence de Jésus- Christ par la communion, est de guérir nos infirmités spirituelles, ces faiblesses, ces langueurs, ces dégoûts pour le bien, ces inclinations au mal, à quoi une ûme juste et convertie peut encore être sujette. Et pourquoi ne le ferait-il pas ? il guérissait bien les maladies les plus désespérées par le seul attouchement de ses habits: aurait-il moins de vertu quand il nous est substantiellement et si étroitement uni? Oui, chrétiens, il veut guérir ces restes de corruption que le péché, quoique effacé par la pénitence, aurait laissés dans votre cœur; et si vous né l'empêchez point d'agir, il fera dans vous des prodiges qui édifieront toute l'Eglise, et qui vous surprendront vous-mêmes. De violents et de passionnés que vous étiez, il vous rendra doux et modérés ; de sensuels et de voluptueux, patients et mortifiés ; de vains et d'ambitieux, humbles et soumis ; enfin il vous transformera en d'autres hommes. Allons donc à lui, mes frères ; allons lui Uocoii-

vrir toutes les plaies de nos Ames, et lui dire comme le Prophète: Sana me, Domine, et sanahor ' ; Seigneur, vous voyez l'état oij Je suis : me voîlii attaqué de bien des maux. Mais guérissez-moi, et je commencerai h jouir d'une santtparfaite : Sana me. Domine, et sanabor ; Je suis aveugle , éclairez-moi ; je suis inconstant, affermissez-moi ;je suis faible, fortifiez-moi. Il n'y a que vous, ô mon Dieu, qui puissiez opérer ce miracle ; et toute autre guérison qui ne viendrait pas de votre main ne serait qu'une guérison apparente : Sana me. Domine, et sanabor. 11 faut donc que vous y travailliez vousmême ; mais pour y travailler efficacement, Seigneur, c'est assez que vous disiez une parole. Prononcez-la cette parole de grûce : Tantum die verbo"^. Dites h mon âme que vous êtes son salut , et elle sera sauvée Die animœ meœ : Salus tua ego sum 3. Il le fera, chrétiens, il vous sauvera : mais du reste , après vous avoir donné l'idée d'une bonne communion dans la manière dont les disciples reçurent le Fils de Dieu, voici l'idée d'une mauvaise communion dans la manière dont il fut reçu des scribes et des pharisiens. C'est la seconde partie.

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